Lumières et révolutions (1715-1815)

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Français
109 pages
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Description

En un siècle, la France, modèle de la monarchie absolue, est devenue un État constitutionnel. Comment cette mutation profonde s’est-elle opérée ? Comment sont nées les valeurs des Lumières et comment sont-elles devenues communes à la majorité des Français ? Qui sont ces hommes des Lumières qui renversent un roi, inventent une république puis construisent un Empire, sans jamais perdre de vue la finalité d’un bonheur universel ? Ce livre répond à ces questions en s’appuyant sur une historiographie récente et souvent polémique.
La conscience qu’ont les Français de l’époque, à tous les niveaux, de vivre ces révolutions intellectuelles et sociales a rendu insupportable l’incapacité de la monarchie absolue à se réformer quand elle a été confrontée à la crise : là est née la Révolution des droits de l’Homme. Les violences, les drames de la Terreur et des guerres napoléoniennes font partie intégrante de cette transformation profonde et durable de la France, dont la période révolutionnaire et l’Empire sont des moments d’expérimentation et de concrétisations, souvent tragiques, des idées des Lumières. Reste qu’encore aujourd’hui, les vibrations de cette explosion résonnent dans le monde entier.

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EAN13 9782130630913
Langue Français

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Une histoire personnellede la Francesérie placée sous la direction scientifique de CLAUDE GAUVARD
Sommaire
Couverture Page de titre Page de Copyright Introduction PREMIÈRE PARTIE - Le grand XVIIIe siècle 1715-1763 Chapitre I -Un temps de croissance 1 – CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE 2 – DE NOUVEAUX COMPORTEMENTS DÉMOGRAPHIQUES 3 – UN NOUVEAU RAPPORT À LA MORT 4 – LE DÉCOLLAGE ÉCONOMIQUE 5 – DE NOUVEAUX ÉQUIPEMENTS ET MATÉRIAUX 6 – LA PRÉSENCE FRANÇAISE À L’ÉTRANGER 7 – UNE ÉVOLUTION DU PAYSAGE FRANÇAIS 8 – UNE PROSPÉRITÉ PARTAGÉE Chapitre II -Le bonheur et l’énergie 1 – L’IDÉE DU BONHEUR 2 – UNE RUPTURE DANS LE RAPPORT À LA RELIGION 3 – DES STRUCTURES NOUVELLES 4 – L’IDENTITÉ DES LUMIÈRES Chapitre III -L’Europe française ? 1 – UN TEMPS DE PAIX RELATIVE 2 – LE MODÈLE FRANÇAIS DANS LE MONDE 3 – LE TEMPS DES INCERTITUDES DEUXIÈME PARTIE - L’impossible réforme de la monarchie 1763-mai 1789 Chapitre I -La constante réformatrice 1 – INTRODUCTION 2 – RENVERSEMENT D’UNE CONJONCTURE POLITIQUE Chapitre II -La réforme de l’État 1 – LES PARLEMENTS 2 – UNE RÉFORME NÉCESSAIRE Chapitre III -La réforme de l’économie 1 – LE MERCANTILISME 2 – LES LIBÉRAUX ET LES PHYSIOCRATES 3 – L’ACCEPTATION DE LA NOUVEAUTÉ 4 – L’APPARITION DU LIBRE-ÉCHANGE Chapitre IV -La réforme des esprits 1 – L’EXPÉRIENCE DE MESMER 2 – LA PLACE DE LA FEMME Chapitre V -Le talent conservateur 1 – L’ÉGLISE FACE AU DOUTE 2 – LES DISGRÂCES DE TURGOT ET DE NECKER 3 – LA RÉACTION FÉODALE 4 – LE CONTRÔLE DES ESPRITS Chapitre VI -Une crise de moins en moins tolérable 1 – LE « SEIGNEUR DÉFICIT » 2 – LE RETOUR DES CRISES 3 – L’APPEL AUX ÉTATS GÉNÉRAUX TROISIÈME PARTIE - Le temps des révolutions 1789-1799 1 – LA RÉVOLUTION DANS L’HISTORIOGRAPHIE 2 – L’ÉVOLUTION DE LA FIGURE DU MONARQUE Chapitre I -Une monarchie dans l’impasse
1 – LA PRESSION DESÉTATS GÉNÉRAUX 2 – LA PRESSION POPULAIRE ET MÉDIATIQUE 3 – LA PRISE DE LA BASTILLE ET SES CONSÉQUENCES 4 – LA NUIT DU 4 AOÛT : FUITE DES ÉLITES ET CONTRÔLE DU ROI Chapitre II -Un pays en mutation 1 – VERS UNE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE ? 2 – LA FUITE À VARENNE, LE MASSACRE DU CHAMP DE MARS ET LA FIN DU RÊVE 3 – DE NOUVEAUX SYSTÈMES DE SOCIABILITÉ POLITIQUE Chapitre III -Une époque tragique mais fondatrice 1 – LA GUERRE BIENVENUE ET LA CHUTE DES BOURBON 2 – TROIS ANS DE BOULEVERSEMENTS 3 – LA RÉPUBLIQUE BOURGEOISE 4 – CONCLUSION QUATRIÈME PARTIE - Les convulsions nationales 1789-1799 Chapitre I -La question religieuse 1 – LA FIN DE LA FILLE AÎNÉE DE L’ÉGLISE 2 – LE SORT DU CLERGÉ 3 – LES JUREURS ET LES RÉFRACTAIRES Chapitre II -La violence révolutionnaire 1 – UN DÉCHAÎNEMENT POPULAIRE 2 – UNE VIOLENCE INSTITUTIONNELLE 3 – LES PRISES DE MESURES CONTRE LA VIOLENCE Chapitre III -La Terreur 1 – L’AVÈNEMENT DE LA TERREUR 2 – MONTAGNARDS CONTRE GIRONDINS 3 – RÉPRIMER LA CONTRE-RÉVOLUTION Chapitre IV -L’invention d’un monde nouveau 1 – UN NOUVEL ESPACE NATIONAL 2 – DE NOUVEAUX LIEUX D’IDENTITÉ NATIONALE 3 – LES MUTATIONS SOCIALES 4 – LES GUERRES DE LA RÉVOLUTION AU SERVICE DE LA NATION CINQUIÈME PARTIE - Le granit et le sang 1799-1815 Chapitre I -De la dictature à l’Empire 1 – LE TRIOMPHE DE L’EXÉCUTIF 2 – BONAPARTE ET LE BONAPARTISME 3 – L’EMPIRE 4 – PRÉSERVER ET STRUCTURER LES ACQUIS Chapitre II -Une société bonapartiste aux bases de granit 1 – LES INSTITUTIONS 2 – ÉDUCATION ET CODE CIVIL 3 – CAMPAGNES ET VILLES 4 – TENIR LES ÉLITES ET CONTENIR LES REBELLIONS 5 – NAPOLÉON EMPEREUR Chapitre III -La démesure tragique 1 – LA GRANDE ARMÉE 2 – L’EUROPE NAPOLÉONIENNE 3 – LA CHUTE ET LA MÉMOIRE CONCLUSION CHRONOLOGIE CARTES INDEX BIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE REMERCIEMENTS
DANS LA MÊME COLLECTION Présentation de la collection
ISBN 9782130630913
re Dépôt légal – 1 édition : 2014, janvier
© Presses Universitaires de France, 2014 6, avenue Reille, 75014 Paris
Introduction
Un siècle sépare la mort de Louis XIV du second avènement de Louis XVIII. Quand le premier meurt, la France est une monarchie absolue de droit divin, fondée sur une société d’ordres soigneusement définis, une puissance que toute l’Europe admire. En 1815, les plus ardents partisans de Louis XVIII n’ont « rien appris, ni rien oublié », mais la France est occupée par toute l’Europe ; la monarchie n’est plus absolue : le roi doit composer avec des pouvoirs dont la légitimité lui échappe et dont les ordres, malgré toutes les nostalgies, ne sont plus que des souvenirs. Durant ce siècle, la France a changé d’ère économique : son économie d’« Ancien Régime » dominée par une agriculture largement vivrière, un artisanat corporatiste, un commerce international fondé sur les protections et le monopole, est devenue une économie libérale, fondée sur l’initiative individuelle et le capitalisme, dans un pays où l’agriculture, toujours dominante, est devenue largement commerçante et où l’artisanat, privé des protections ou des carcans corporatistes, doit composer avec une industrie de plus en plus importante. On voudrait ici insister sur le fait que la Révolution a, de ce point de vue, accéléré ce processus de modernisation et en a, sur le plan des structures, permis l’achèvement. La société française a également été bouleversée en profondeur. Là encore, la Révolution et l’Empire ont achevé des processus que le siècle des Lumières avait e entamés. La richesse démographique du XVIII siècle, dont la dynamique se ralentit dans les années 1780 et s’arrête ensuite, a favorisé la remise en cause des privilèges traditionnels de la noblesse et du clergé, engendrant une profonde redéfinition des élites sociales : l’enrichissement, la culture deviennent des moyens pour être intégré dans des élites nobiliaires redéfinies jusque sous l’Empire, tandis que le prestige du clergé a considérablement reculé. L’égalité des droits, valeur quasi inexistante au début de la période, devient grâce aux Lumières une des thématiques les plus fortes du combat politique et social, une revendication au nom de laquelle les Français dans leur ensemble entrent en révolution. Décrire en un petit volume ce siècle rompt avec les découpages chronologiques e classiques des manuels d’histoire : nombreux sont ceux qui évoquent le XVIII siècle (Daniel Roche, Jean-Pierre Chaline) ; nombreux sont ceux qui traitent ensemble la Révolution et la période napoléonienne (Albert Soboul, Hervé Leuwers) ; nombreux sont ceux qui traitent les deux épisodes séparément (Michel Vovelle pour le premier, Jacques-Olivier Boudon pour le second) ; e l’« Ancien Régime », souvent traité, recouvre traditionnellement les XVII et e e XVIII siècles (Hubert Méthivier, Lucien Bély), tandis que le « XIX siècle » (Claire Fredj) ou l’« époque contemporaine » (Serge Berstein, Pierre Milza) débutent en 1789 ou en 1815 pour s’achever entre 1914 et nos jours. Quelques-uns encore évoquent « l’ère des Révolutions » entre 1770 et 1848 (Jacques Godechot) ; le siècle 1770-1880 a fait l’objet d’un ouvrage intituléLa Révolution, de Turgot à Jules Ferry(François Furet). On a choisi ici de briser la frontière – considérée aujourd’hui comme une marche plus que comme une ligne – que représente le début de la Révolution française, parce que les révolutionnaires, les contre-révolutionnaires, les bonapartistes, les idéologues, les philanthropes, sont tous des hommes des Lumières menant en leur nom des combats contradictoires. La Révolution et l’Empire n’ont pas brisé les Lumières : ils en ont changé la couleur et l’éclat. La Révolution est une réalité profondément vécue ; elle est aussi le résultat d’un long travail, celui de la croissance des Lumières ; elle est encore la conséquence d’une crise profonde du système français. Les hommes qui la font et
qui font la France impériale ont tous vécu ce qu’on appelle l’Ancien Régime dès la fin de 1789, mais, dans leur jeunesse, ils ne savaient évidemment pas qu’ils allaient vers cette Révolution ; ils avaient en revanche conscience, plus que leurs aïeux du siècle de Louis XIV, que le bonheur et le progrès étaient possibles et souhaitables. Ils justifient pleinement ce découpage qui rompt quelque peu avec la tradition historiographique. Le plan retenu tente de mettre en évidence, dans l’unité de ce siècle, la réalité vécue des périodes : quatre parties sont donc relativement chronologiques. Le e « grand XVIII siècle » est une réalité vécue (I) ; la crise qui s’ouvre à partir des années 1770 l’est tout autant (II) ; la Révolution est ressentie comme telle dès la fin du printemps 1789 (III) ; Napoléon Bonaparte incarne la référence identitaire de la France jusqu’à Waterloo (V). La spécificité de la période révolutionnaire nécessitait une quatrième partie plus thématique (IV) : il fallait démontrer à la fois l’intensité des mutations qu’elle a connues et l’intensité des débats historiques, politiques, culturels qu’elle suscite.
PREMIÈRE PARTIE
e Le grandXVIIIsiècle 1715-1763