Tableau d'Essaouira-Mogador

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Français
328 pages
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Ce premier tome réunit des écrits de témoins du lointain passé de cet archipel en piémont de l'Atlas marocain, que le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah choisit pour fonder, en 1760, la cité qu'il baptisera Essaouira. Voyageurs, consuls, négociants, rescapés de naufrages : tous rapportent les hauts et les bas que connut le commerce maritime de cette cité portuaire durant le siècle qui suivit sa fondation, ses effets sur la population, et nous éclairent sur le quotidien des habitants.

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Date de parution 01 janvier 2015
Nombre de lectures 50
EAN13 9782336366708
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

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JeanFrançois Robinet
Tableau d’EssaouiraMogador
Écrits sur une ville marocaine et sa région Tome I
12/12/14 19:01
Tableau d’Essaouira-Mogador
Jean-François Robinet Tableau d’Essaouira-Mogador
Écrits sur une ville marocaine et sa région
Tome I
Du même auteur Esquisses pour Essaouira,Traces du Présent, Marrakech, 1996. Relation de l'Empire de Maroc de James Grey Jackson (trad. fr. deAn Account of the Empire of Marocco de J.G. Jackson), préf. de M. El Mansour, Institut d'Études africaines, Rabat, 2005. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05061-4 EAN : 9782343050614
Avantpropos
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a mosaïque de témoignagesrecueillis dans cet ouvrage – L e e documents allant duvsiècle av. J.-C. jusqu’au milieu duxx, qui évoquent le passé des Îles Purpuraires, le mouillage d’Amog-doul ; les convoitises dont les îles de Mogador furent l’objet ; puis la vie, les activités du port atlantique d’Essaouira fondé en 1760 par Sidi Mohammed ben Abdallah ; ou qui esquissent quelques-unes des traditions culturelles et religieuses pérennes de la ville, et son environnement tribal – ne saurait prétendre au titre d’histoired’Es-saouira, car point n’est besoin d’être un historien chevronné pour s’apercevoir que le regard des observateurs (quelquefois anonymes) qui nous les ont laissés, a glissé, sans s’y fixer, sur quantité d’aspects de son rôle politique et de son assiette sociale et culturelle. Du fait de l’appartenance de nombre de ces témoins aux continents européen ou américain, il advient que les images qu’ils nous en livrent soient entachées de préjugés, ou gauchies par les raisons mêmes qui les conduisirent à séjourner en ce lieu, défauts de vision qui, en particu-lier, pourraient laisser croire à tort que, quand bien même Essaouira a été une des villes les plus cosmopolites du Maroc, ce seraient des étrangers qui auraient été les principaux acteurs de son histoire. Deux causes majeures à l’incomplétude et au flou descriptifs nim-bant la silhouette de la ville qui s’ébauchera à travers les documents que j’ai glanés et réunis ici. En premier lieu, la place d’Essaouira dans l’histoire du Maroc ne saurait se comparer à celle qu’y ont tenue Fès, Marrakech ou Meknès ; on conçoit donc sans peine que les informations dont nous disposons sur la première de ces villes soient moins riches, moins fournies et moins aisément accessibles que celles portant sur les trois dernières ; et, comme on le verra dans le corps du présent livre, les analyses historiques les plus « pointues » se rapportant à cette cité reposent sur le dépouillement et l’analyse d’archives diplomatiques ou commerciales (d’accès limité), pratiques qui font appel aux ta-
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lents des historiens de métier, qualité à laquelle je ne saurais aucu-nement prétendre. En second lieu, les « regards » sur Essaouira-Mogador et son arrière-pays ici collectés sont, à de rares exceptions près, ceux que portèrent des étrangers y ayant résidé un temps plus ou moins bref, pour des raisons stratégiques ou politiques, diplomatiques ou écono-miques, qui, pour beaucoup – et ce, dès les premiers siècles – étaient porteurs des ambitions et des rivalités terrestres et maritimes des na-tions dont ils relevaient. Les premiers furent les Phéniciens ; vinrent ensuite les navigateurs ouvrant les routes des Indes Orientales et Oc-cidentales ; les premiers consuls appelés là par le sultan, fondateur de la ville, et simultanément, des étrangers mus par la perspective d’activités à visées ouvertement lucratives (les négociants européens du « Commercio ») ; d’autres qui y arrivèrent par accident (les res-capés de naufrages advenus à proximité des Îles Canaries). Pour la période plus récente, ce sont les regards d’explorateurs, de bota-nistes, géologues, cartographes – pour d’aucuns, français, dépendant d’organismes assujettis aux autorités coloniales établies en Algérie –, missionnés par leur gouvernement, et souvent donc, avant-coureurs de la pénétration que celui-ci projetait d’y entreprendre ; enfin, les regards portés par des civils (médecins, fonctionnaires, agents et contrôleurs de tout poil) ou des militaires installés ou appelés dans la région dans le cadre de l’administration du protectorat français ou des opérations armées qu’il y mena. Pourtant, les chroniqueurs et les historiens marocains des siècles passés – qui sont légion – n’ont pas manqué, eux non plus, de parler du mouillage d’Amogdoul, puis de la fondation d’Essaouira et des effets de cette initiative impériale sur la région environnante. Mais rares sont ceux de ces mémorialistes à avoir bénéficié d’une traduc-tion de leurs écrits dans une langue européenne ; ce qu’on ne peut que déplorer. En effet, les historiens modernes qui ont analysé et exploité ces sources d’expression arabe, nous laissent entendre que le point de vue de leurs auteurs sur le rôle de la ville au sein de la politique makhzénienne, tant au plan intérieur qu’extérieur, diffère sensiblement de celui qu’aux différentes époques, lui ont assigné des témoins étrangers occasionnels, à qui, le plus souvent, la pérennité ou les vicissitudes de l’État marocain, et les évolutions qu’en leur temps, connaissait sa population, n’importaient guère au-delà de l’intérêt propre qu’ils y trouvaient.
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Cette sous-représentation des sources écrites arabes s’aggrave en-core d’une quasi absence de sources historiques orales autochtones, cependant essentielles dans la description et l’analyse d’une commu-nauté à forte composante berbère. Les rares traces d’histoire orale qu’on rencontrera dans les pages à venir seront surtout le fait de e e chercheurs duXIXsiècle finissant et duXX, dont les méthodes d’in-vestigation s’inspirent de celles des anthropologues ou des linguistes, chercheurs liés, pour la plupart d’entre eux, à la pénétration colo-niale menée par les Européens en Afrique du Nord.
En organisant cet ouvrage, et pour pallier ces défauts d’approche, je me suis efforcé, par la rédaction de brèves notices introductives, d’éclairer le lecteur sur l’origine des textes retenus – qui, pour cer-tains, ne rapportent que des événements très ponctuels, voire anec-dotiques, relevant de l’« écume » de l’histoire –, sur leurs auteurs, et ai succinctement esquissé le contexte dans lequel ils sont à repla-cer. Quelques études d’historiens modernes, chartistes ou non, et de 1 sociologues permettront aussi de corriger le caractère descriptif de ces témoignages disparates au profit d’une analyse explicative. J’ai écarté de mon choix des auteurs de Mémoires ou de Relations, qui, sans doute conscients du caractère limité de leur information sur le sujet qui nous occupe ici n’ont pas hésité pour la compléter (sui-vant en cela la coutume de leur temps) à emprunter à certains de leurs prédécesseurs ; les citer eut donc été seulement redoubler les textes sélectionnés. J’ai aussi écarté des ouvrages, traitant principa-lement de géographie physique dont le contenu m’a paru par trop 2 technique .
Parmi les ouvrages arabes, anglais ou américains, hollandais, da-nois, espagnols, italiens auxquels j’ai emprunté, il s’en trouve à avoir profité d’une traduction française – qui, le plus souvent, a suivi de près l’édition originale –, dans ce cas, le nom du traducteur est donné dans la référence qui suit l’extrait de l’ouvrage cité, et le titre français indiqué est celui de ladite traduction. Lorsque le titre de l’ouvrage est donné en anglais, le lecteur pourra entendre que je suis responsable de la traduction proposée.
1. Moins nombreuses que je l’avais souhaité d’abord, protégées de reproduction qu’elles sont. À défaut de les citer, il en est fait mention dans les introductions liminaires, les notes, et dans la bibliographie figurant à la fin du second tome de l’ouvrage. 2. Ouvrages qui, néanmoins, sont eux aussi signalés dans la bibliographie.