Autofluorescence du fond d'œil (Coll. Ophtalmologie)

-

Livres
161 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

L’examen en autofluorescence, imagerie récente, connaît un intérêt grandissant grâce à l’arrivée de nouvelles technologies, notamment l’ophtalmoscope à balayage laser (SLO). Examen non invasif mais souvent méconnu, il peut permettre d’emblée d’évoquer un diagnostic, guider la thérapeutique, là ou des examens plus invasifs comme l’angiographie peuvent échouer.
Autofluorescence du fond d’œil est un atlas qui a pour but d’illustrer les principales pathologies rétiniennes et choroïdiennes en autofluorescence. Il propose une collection raisonnée d’images, positionnant l’autofluorescence par rapport aux autres examens et, par une approche logique et didactique, guide le lecteur dans l’analyse, la compréhension et l’interprétation des images. Les pathologies bénéficiant de cet examen sont ainsi abordées au travers d’une iconographie de grande qualité : DMLA ; lipofuscinopathies ; hérédodégénérescences rétiniennes ; inflammations ; choriorétinite séreuse centrale ; épithéliopathie rétinienne diffuse ; pathologies vasculaires ; pathologies néoplasiques ; maculopathie aux antipaludéens ; drusen du nerf optique.
Cet atlas, travail de deux ophtalmologistes spécialisés en rétine médicale, permet au lecteur de se familiariser avec un nouvel examen qui doit faire partie de tout bilan de pathologies rétiniennes ou de baisse visuelle inexpliquée à fond d’œil dit normal.


Liste des abréviations
Chapitre 1. Généralités
Principes de l’autofluorescence
Un peu de physiologie rétinienne
Cliché autofluorescent normal
Comment analyser un cliché en autofluorescence
Chapitre 2. DMLA
Introduction – Épidémiologie
Autofluorescence
Autres examens pour le diagnostic/suivi
Chapitre 3. Lipofuscinopathies
Maladie de Best
Pattern dystrophies
Maladie de Stargardt, fundus flavimaculatus
Chapitre 4. Hérédodégénérescences rétiniennes
Dystrophies rétiniennes bâtonnets-cônes ou rétinopathies pigmentaires
Dystrophie des cônes
Dystrophies mixtes avec atteinte prédominante des cônes
Atrophie choriorétinienne pigmentée paraveineuse
Chapitre 5. Pathologies inflammatoire
Syndrome des taches blanches
Multiple Evanescent White Dot Syndrome
Choroïdite multifocale
Épithéliopathie en plaques
Choroïdite serpigineuse
Choriorétinopathie de Birdshot
Choriorétinite syphilitique
Chapitre 6. Choriorétinite séreuse centrale et épithéliopathie rétinienne diffuse
Choriorétinite séreuse centrale
Épithéliopathie rétinienne diffuse
Chapitre 7. Pathologies vasculaires
Occlusions artérielles rétiniennes
Occlusions veineuses rétiniennes
Chapitre 8. Tumeurs
Naevus
Hypertrophie congénitale de l’EP
Mélanomes choroïdiens
Chapitre 9. Lymphome vitréorétinien primitif
Généralités
Autofluorescence : intérêt diagnostique et de suivi post-thérapeutique
Autres examens
Chapitre 10. Maculopathie aux antipaludéens
Généralités
Autofluorescence
Autres examens
Chapitre 11. Druses de la papille
Introduction – Épidémiologie
Autofluorescence
Autres examens
Chapitre 12. Divers
Index

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 mai 2015
Nombre de lectures 390
EAN13 9782257706409
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0488€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

Autofluorescence
du fond d’œil

Marie-Laure Le Lez - Jérémie Halfon

Autofluorescence
du fond d’œil

Chez le même éditeur

Ophtalmologie pédiatrique et strabisme, coordonné par Mitra Goberville et Pascal Dureau
Volume 1.Examen ophtalmo-pédiatrique
Volume 2.Segment antérieur et annexes
Volume 3.Segment postérieur
Neuro-ophtalmologie
Volume 4.Amblyopie et troubles oculomoteurs
Volume 5.Traitement de l’amblyopie et du strabisme
Divers

Rétine, coordonné par Salomon Yves Cohen et Alain Gaudric
Volume 1.Techniques d’exploration de la rétine
Volume 2.Hérédodégénérescences rétiniennes
Volume 3.Pathologie vasculaire du fond d’œil
Rétinopathiediabétique
Volume 4.Inflammation
Volume 5.Œil et maladies systémiques
Anomalieset affections non glaucomateuses du nerf optique
Volume 6.Décollement de la rétine
Chirurgiemaculaire
Volume 7.Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)
Myopieet étiologies de la néovascularisation choroïdienne
Volume 8.Tumeurs choroïdiennes et rétiniennes
Divers

Œil et maladies systémiques, par P. Sève et L. Kodjikian
Cas cliniques en ophtalmologie, par Ch. Orssaud et M. Robert
Atlas de poche d’ophtalmologie, par T. Schlote, M. Grüb, J. Mielke et M. Rohrbach
Traité des maladies et syndromes systémiques, par L. Guillevin, O. Meyer, É. Hachulla, J. Sibilia
Traité de médecine, par P. Godeau, S. Herson, P. Cacoub et J.-C. Piette
Principes de médecine interne Harrison, par A. S. Fauci, D. L. Kasper, S. L. Hauser, J. L. Jameson, J. Loscalzo
et D. L. Longo
La petite encyclopédie médicale Hamburger, par M. Leporrier
Dictionnaire français-anglais/anglais-français des termes médicaux et biologiques et des médicaments,
par G. S. Hill
L’anglais médical : spoken and written medical English, par C. Coudé et X.-F. Coudé
Guide de conversation médicale français, anglais, allemand, par C. Coudé, F.-X. Coudé et K. Kassmann

Marie-Laure Le Lez
Ophtalmologiste
Praticien hospitalier, Service d’Ophtalmologie
CHU Bretonneau,Tours

Jérémie Halfon
Ophtalmologiste
Cabinet des Halles,Tours

Autofluorescence
du fond d’œil

editions.lavoisier.fr

Déclaration de conflits d’intérêts :
Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts avec le contenu de cet ouvrage.

Directeur Scientifique :Salomon Yves Cohen

Direction éditoriale :Fabienne Roulleaux
Édition :Brigitte Peyrot
Fabrication :Estelle Perez-Le Du
Couverture :Isabelle Godenèche

Composition :Nord Compo, Villeneuve-d’Ascq
Impression et brochage :Snel, Vottem (Belgique)

© 2015, Lavoisier, Paris
ISBN : 978-2-257-70640-9

Sommaire

Liste des abréviationsVII. . . . . . . . . . . . . . . .

Chapitre 1.Généralités . . . . . . . . . . . . .
Principes de l’autofluorescence. . . . . . . . . .
Un peu de physiologie rétinienne. . . . . . . .
Cliché autofluorescent normal . . . . . . . . . .
Comment analyser un cliché
en autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

1
1
1
4

6

Chapitre 2.DMLA .. . . . . . . . . . . . . . . . .8
Introduction – Épidémiologie .8. . . . . . . . . .
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8
Autofluorescence de la DMLA atrophique. . .8
Autofluorescence des néovaisseaux
choroïdiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12
Autofluorescence des décollements
de l’épithélium pigmentaire (DEP). . . . . . . . . .14
Autofluorescence des déchirures
de l’épithélium pigmentaire. . . . . . . . . . . . . . .15
Autres examens
pour le diagnostic/suivi15. . . . . . . . . . . . . . . . .

Chapitre 3.Lipofuscinopathies17. . . . . .
Maladie de Best. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17
Intérêt de l’autofluorescence 17. . . . . . . . . . . .
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18
Pattern dystrophies. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21
Dystrophie pseudo-vitelliforme de l’adulte. . .21

Dystrophie en aile de papillon . . . . . . . . . . .26
Dystrophie réticulée . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27
Pseudo-Stargardt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27
Maladie de Stargardt,
fundus flavimaculatus28. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28

Chapitre 4.Hérédodégénérescences
rétiniennes34 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Dystrophies rétiniennes bâtonnets-cônes
ou rétinopathies pigmentaires34. . . . . . . . . . .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39
Dystrophie des cônes. . . . . . . . . . . . . . . . . . .42
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43
Dystrophies mixtes avec atteinte
prédominante des cônes43. . . . . . . . . . . . . . . .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .46
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .46
Atrophie choriorétinienne pigmentée
paraveineuse46. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .46
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .46
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50

VI •Sommaire

Chapitre 5.Pathologies
inflammatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51
Syndrome des taches blanches. . . . . . . . . .51
Multiple Evanescent White Dot Syndrome51. . .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53
Choroïdite multifocale. . . . . . . . . . . . . . . . . .58
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58
Épithéliopathie en plaques65. . . . . . . . . . . . . .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65
Choroïdite serpigineuse. . . . . . . . . . . . . . . . .68
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .68
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .68
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .68
Choriorétinopathie de Birdshot . . . . . . . . .72
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .72
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .72
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .72
Choriorétinite syphilitique 77. . . . . . . . . . . . . .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77

Chapitre 6.Choriorétinite séreuse
centrale et épithéliopathie rétinienne
diffuse 83. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Choriorétinite séreuse centrale . . . . . . . . .83
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .83
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .83
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .89
Épithéliopathie rétinienne diffuse. . . . . . . .91
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .91
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .91
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .95

Chapitre 7.Pathologies vasculaires. . .97
Occlusions artérielles rétiniennes97 . . . . . . .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97

Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
Occlusions veineuses rétiniennes. . . . . . . . 103
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103

Chapitre 8.Tumeurs. . . . . . . . . . . . . . . . 107
Naevus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Hypertrophie congénitale de l’EP. . . . . . 107 .
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
Mélanomes choroïdiens. . . . . . . . . . . . . . . . . 110
Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112

Chapitre 9.Lymphome
vitréorétinien primitif . . . . . . . . . . . . . . . . 113
Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
Autofluorescence : intérêt diagnostique
et de suivi post-thérapeutique. . . . . . . . . . . 113
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113

Chapitre 10.Maculopathie aux
antipaludéens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123

Chapitre 11.Druses de la papille .. . 124
Introduction – Épidémiologie .. . . . . . . . . . 124
Autofluorescence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
Autres examens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124

Chapitre 12.Divers . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
L’AF en infrarouge. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144

Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149

Liste des abréviations

AF
APS
CMF
CRD
CRSC
CVA
DEP
DMLA
DSR
EEP
EOG
EP
ERD
ERG
FO
GPS
HDC
hyperAF
hypoAF
LF
MB
MEWDS
MIDD
OABR
OACR
OCT
OD
OG
OVR
PIC
PVRL
RP
SLO

Autofluorescence
Antipaludéens de synthèse
Choroïdite multifocale
Cone-rod dystrophie
Choriorétinite séreuse centrale
Champ visuel automatisé
Décollement de l’épithélium pigmentaire
Dégénérescence maculaire liée à l’âge
Décollement séreux rétinien
Épithéliopathie en plaques
Électro-oculogramme
Épithélium pigmentaire
Épithéliopathie rétinienne diffuse
Électrorétinogramme
Fond d’œil
Granular with peripheral punctate spots
Hydroxychloroquine
Hyperautofluorescence
Hypoautofluorescence
Lipofuscine
Membrane de Bruch
Multiple evanescent white dot syndrome
Maternally inherited diabete and deafness
Occlusion d’une branche de l’artère centrale de la rétine
Occlusion de l’artère centrale de la rétine
Optic coherence tomography
Œil droit
Œil gauche
Occlusion veineuse rétinienne
Choroïdite ponctuée interne
Lymphome vitréorétinien primitif
Rétinopathie pigmentaire
Scanning laser ophtalmoscope (ophtalmoscope à balayage laser)

Généralités

L’imagerie par autoluorescence (AF) est une
nouvelle méthode d’imagerie séduisante en plein
essor car elle permet notamment de cartographier
in vivo la distribution de la lipofuscine dans
l’épithélium pigmentaire (EP) et ainsi d’en apprécier sa
vitalité. L’acquisition est rapide, reproductible et
ne nécessite pas d’injection de colorant. Elle nous
apporte des informations au-delà des imageries
conventionnelles comme le fond d’œil,
l’angiographie et l’OCT qui donnent une description plus
anatomique. L’AF va permettre de comprendre
des mécanismes physiopathologiques, des
corrélations génotype-phénotype, d’établir des
diagnostics, d’identiier des marqueurs de progression
de certaines pathologies, de suivre l’eficacité de
nouvelles thérapeutiques.

Principes
de l’autoluorescence

La luorescence repose sur le principe qu’une
molécule excitée par une lumière d’une certaine
longueur d’onde peut à son tour émettre un
signal lumineux que l’on va capter. On doit donc
utiliser une lumière d’excitation qui est fournie
par un lash, une diode ou un laser associé à un
iltre spéciique et un iltre barrière qui permet
de supprimer la rélexion de la lumière
d’excitation. L’AF est le signal récupéré après excitation
de structures naturellement présentes dans
l’objet étudié, par opposition à d’autres techniques
où l’on va ajouter artiiciellement un luorophore
(comme la luorescéine).

1

Dans l’œil, il existe une molécule, la
lipofuscine, qui peut être excitée par un large éventail
de longueurs d’onde [1]. On avait déjà remarqué
ce phénomène il y a un certain temps avec
l’angiographie à la luorescéine et les clichés réalisés
avant l’injection du colorant (iltres « DELORI »)
[2]. Mais il n’était pas toujours facile d’obtenir des
clichés de bonne qualité pour les rendre
facilement interprétables, ces clichés étant très sensibles
à la transparence des milieux et notamment la
présence ou non d’une cataracte (Figure 1-1).
L’arrivée de l’ophtalmoscope à balayage laser
(SLO) a marqué un tournant dans l’imagerie en
AF [3]. Le principe repose sur l’utilisation de
lumière monochromatique et d’une optique
confocale. On peut utiliser un système de sommation
et d’alignement automatique pour augmenter le
signal de l’autoluorescence et réduire le bruit de
l’image (Figure 1-2). D’autres appareils comme les
rétinographes de dernière génération permettent
également l’acquisition de clichés en AF grâce à
des iltres nouveaux (Figure 1-3).

Un peu de physiologie
rétinienne

L’intérêt de l’analyse de la répartition de cette
lipofuscine est qu’elle est un très bon relet indirect de
la vitalité du couple photorécepteur-épithélium
pigmentaire. Un des rôles de ce dernier est de
phagocyter les articles externes des
photorécepteurs. La lipofuscine est composée de résidus
lipidiques provenant de cette dégradation dans

2Autofluorescence du fond d’œil •

a

b

c
Figure 1-1.Variation de la qualité d’un cliché en AF en fonction des troubles des milieux. Cliché en AF d’un patient
jeune (a). Cliché en AF d’un patient présentant une cataracte importante (b) expliquant cette image faiblement contrastée.
Cliché en AF d’une patiente présentant une hyalite (c) expliquant ces zones hypoAF.

a

Généralités •3

b

c d
Figure 1-2.Exemple de sommation d’images en AF avec la technique de SLO. Le cliché (a) correspond à l’image brute, sans
sommation. Le cliché (b) correspond à une sommation de 5 images. Le cliché (c) correspond à une sommation de 10 images.
Le cliché (d) correspond à une sommation de 20 images. On peut voir ainsi plus de détails en diminuant le bruit environnant.

4Autofluorescence du fond d’œil •

a b
Figure 1-3.Comparatif d’un cliché enAF chez un sujet sain. Le cliché (a) est acquis avec la technique de SLO. L’AF est
diminuée au niveau fovéolaire du fait de l’absorption du pigment xanthophylle. Les vaisseaux rétiniens apparaissent
également très contrastés du fait de l’absorption par l’hémoglobine. Le cliché (b) est acquis avec un rétinographe avec iltre. On
ne retrouve pas l’effet masque du pigment xanthophylle et les vaisseaux apparaissent moins contrastés.

le compartiment lysosomial, qui seront
secondairement évacués hors de la cellule de l’EP vers la
choriocapillaire.
L’A2-E (N-rétinyl-N-rétynilidène éthanolamine)
est un des composants de cette lipofuscine et en
est son principal luorophore. Elle est composée
de l’association de deux molécules de vitamine A
aldéhyde avec une molécule de
phosphatidyléthanolamine.
Il est estimé que sur une vie entière chaque
cellule de l’épithélium pigmentaire phagocyte plus
de 3 milliards de segments externes.
On peut comprendre aisément qu’avec l’âge
le système se fatigue un peu. L’activité
enzymatique lysosomiale s’altère, entraînant une
dégradation incomplète de ces segments externes qui
s’accumulent dans la cellule, notamment l’A2-E
[4]. Il a d’ailleurs été montré que cette molécule
pouvait avoir un effet toxique altérant le
fonctionnement normal de la cellule et majorant
son accumulation dans le compartiment
lysosomial, empêchant sa dégradation et donc son
évacuation [5, 6]. C’est pourquoi l’analyse de
cette lipofuscine relète l’activité métabolique de
l’épithélium pigmentaire. Il existe une certaine
quantité à l’équilibre entre production et
élimination (Figure 1-4). Elle augmentera en cas de
dysfonctionnement de l’EP et diminuera avec la
disparition des cellules de l’EP et/ou des
photorécepteurs.

En dehors du processus normal de
vieillissement [7], la lipofuscine peut s’accumuler dans
le cadre de maladies rétiniennes dégénératives
comme la DMLA, les lipofuscinopathies (maladie
de Best ou maladie de Stargardt).

Cliché autol uorescent
normal

Le cliché en AF normal est une image en niveaux
de gris représentant ainsi la distribution spatiale
de la lipofuscine. Le fond rétinien apparaît alors
à un niveau de gris moyen appelé
isoluorescence [8].
Le nerf optique apparaît noir, par absence
d’épithélium pigmentaire et donc de lipofuscine.
Les vaisseaux sont associés à une diminution
importante du signal par absorption de l’AF par
l’hémoglobine. Il est possible parfois d’observer
une bande hyperautoluorescente sur les bords
des parois vasculaires.
Au niveau maculaire, l’intensité du signal est
plus faible comparée à la périphérie. Il est
suggéré que ceci soit lié à l’augmentation des dépôts
de mélanine et à la plus faible intensité de
granules de lipofuscine dans les cellules centrales de
l’épithélium pigmentaire. Au niveau fovéolaire,
le signal autoluorescent est encore plus diminué

Généralités •5

b

a
Figure 1-4.Schéma du couple photorécepteur/épithélium pigmentaire. L’EP phagocyte les articles externes des
photorécepteurs (a) qui vont être dégradés dans le compartiment lysosomial aboutissant entre autre à la formation de lipofuscine
(point jaune) qui sera secondairement évacuée vers la choriocapillaire et rejoindra la circulation générale. L’AF résulte
donc de l’équilibre entre la production et l’élimination de cette LF (b).

6Autofluorescence du fond d’œil •

par absorption du signal par le pigment lutéal
(exemple : lutéine et zéaxanthine dans la rétine
neurosensorielle) [9] (Figure 1-5). Il est à noter
que ce dernier phénomène n’est pas objectivé sur
les rétinographes de dernière génération, car les
iltres utilisés limitent la contribution du pigment
maculaire [10].
Il est également fréquent de retrouver une ligne
de démarcation en inférieur du nerf optique
donnant un aspect un peu plus hypoAF dans le
quadrant nasal inférieur [11]. Cela semble avoir une
relation avec la fermeture de la issure optique
mais les explications ne sont pas encore bien
établies (Figure 1-6).

Avec le temps il existe une augmentation
globale du signal de l’AF due à l’accumulation
physiologique de la lipofuscine.

Comment
analyser un cliché
en autoluorescence

L’analyse des images en AF peut être rendue assez
simple en comprenant et en suivant de façon
systématique les points-clés listés dans l’encadré
cicontre et résumés dans le tableau 1-I.

a b
Figure 1-5.Cliché en AF (a) en SLO d’un sujet sain. Il existe une hypoAF au niveau fovéolaire du fait de l’absorption
du signal par le pigment lutéal. Cliché en AF (b) en SLO également d’une patiente atteinte d’hypoplasie fovéolaire. Notez
l’absence d’hypoAF au niveau fovéolaire du fait de l’absence de pigment lutéal.

a b
Figure 1-6.Clichés en AF de 2 patients (aetb) montrant une ligne de démarcation dans le quadrant nasal inférieur (lèches).