L'arthrose - 100 questions pour mieux gérer la maladie

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Livres
174 pages
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Description



L'arthrose touche 68% des Français après 50 ans. Si vous en êtes atteint ou si l'un de vos proches en souffre, ce livre est fait pour vous.


En 100 questions, il vous aidera à faire un point complet sur votre maladie et ses traitements.


L'équipe d'auteurs (médecins rhumatologues, chirurgiens orthopédistes, kinésithérapeutes, assistants sociaux, infirmière, diététicienne) réunis par le Professeur Maxime Dougados est en contact quotidien avec les malades. De ce fait, les questions traitées ici sont réellement celles que se posent les patients... et les réponses données sont compréhensibles par tous.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 novembre 2008
Nombre de visites sur la page 836
EAN13 9782818800584
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Collection
« 100 questions pour mieux gérer la maladie »
Dirigée par le Professeur Maxime DOUGADOS

L'arthrose - 100 questions pour mieux gérer la maladie

Les réponses claires des spécialistes du groupe hospitalier Cochin - Saint-Vincent de Paul

MAXIME DOUGADOS

Le contenu de ce livre est rédigé sous la seule responsabilité de ses auteurs dont elle reflète l’opinion et l’expérience ; il ne saurait en aucun cas remplacer l’avis de votre médecin traitant.


Ce livre a été réalisé par les équipes de l’Institut de Rhumatologie du groupe
hospitalier Cochin - Saint-Vincent de Paul de Paris, sous la coordination
des Professeurs Maxime DOUGADOS, André KAHAN et Michel REVEL.
www.rhumatismes.net



MÉDECINS - RHUMATOLOGUES

Docteur Xavier AYRAL
Professeur Maxime DOUGADOS
Docteur Janine-Sophie GIRAUDET-LE QUINTREC
Docteur Marie-Anne MAYOUX-BENHAMOU


CHIRURGIENS - ORTHOPÉDISTES

Docteur Philippe ANRACT
Docteur Anne VIDIL


KINÉSITHÉRAPEUTES

Anne LAMBERT


ASSISTANTES SOCIALES

Patricia SERRES
Maryline DUBOIS


INFIRMIÈRE

Claudine GICQUERE


DIÉTÉTICIENNE

Céline PROVOST


SECRÉTAIRES

Malika BENAYAD
Martine ROUTIER

ÉDITIONS : MAXIMA - Laurent du Mesnil Éditeur

© Maxima, Paris 2008, ISBN : 978284001571 0

9782840015710

COORDINATION DE L’OUVRAGE ET RÉALISATION : KATANA santé


PHOTOGRAPHIES - ILLUSTRATIONS - RADIOGRAPHIES : © KATANA santé - © Fotolia © MVS - © Vincent Millet - © Brigitte Gervais - © Cofer - © www.rhumatismes.net

Sommaire


Page de titre
Page de Copyright
Préface
Que sais-je sur l’arthrose ?
Chapitre1 - MIEUX COMPRENDRE l’arthrose et ses enjeux
Chapitre2 - MIEUX COMPRENDRE comment les médecins appréhendent l’arthrose
Chapitre 3 - MIEUX COMPRENDRE la prise en charge de l’arthrose
Chapitre 4 - MIEUX COMPRENDRE comment vivre avec l’arthrose
Chapitre 5 - MIEUX COMPRENDRE les différentes localisations de l’arthrose

Qu’ai-je appris sur l’arthrose ?
Ce que mon entourage doit savoir
Lexique
Index - Recherche par mot clé

Préface

Monsieur Louis M., 64 ans, souffre d’une arthrose du cou depuis l’âge de 20 ans, du dos depuis l’âge de 50 ans et des genoux depuis l’âge de 60 ans. Pourtant, il arrive à maintenir une vie normale avec une activité physique quotidienne.


Témoignage…


“ Je souffre d’une arthrose cervicale ancienne, suite à un traumatisme cervical à l’âge de 20 ans (accident de plongeon) dans lequel j’ai abîmé 2 disques inter-vertébraux au cou. Cette arthrose cervicale secondaire, qui s’accompagne désormais d’un «bloc vertébral» (soudure de 3 vertèbres), a régulièrement fait parler d’elle, avec des crises douloureuses aiguës et des «torticolis» récurrents jusque vers l’âge de 40 ans. Le traitement de la crise consistait en des médicaments contre la douleur, des anti-inflammatoires et de la kinésithérapie intensive. Pour réduire la fréquence des crises, il m’a été conseillé une gymnastique quotidienne et une activité physique régulière, ce que j’ai fait.

Suite à une activité professionnelle intense, avec position de travail debout et penchée en avant, une arthrose lombaire, radiologiquement très importante, s’est progressivement développée au fil des ans, à l’origine de quelques épisodes douloureux. Grâce à ma gymnastique quotidienne, les douleurs ont finalement été peu gênantes. Actuellement, si elle est responsable d’une raideur certaine, cette arthrose vertébrale m’empêche de jardiner trop longtemps, mais moyennant quelques adaptations du geste technique proposées par mon professeur, je peux jouer au golf.

Le problème arthrosique le plus récent est survenu à l’âge de 60 ans, à la suite d’une chute d’un tabouret avec un choc direct sur mon genou gauche. L’arthrose modérée du genou, dont je souffrais de temps en temps, s’est alors exacerbée et j’ai souffert d’un gros genou douloureux, que 3 infiltrations intra-articulaires de corticoïdes et un traitement anti-inflammatoire, n’ont pas réussi à contrôler. Un scanner de mon genou a révélé l’existence d’une arthrose diffuse, avec plusieurs zones où l’os était «à nu», d’après le radiologue. Mon médecin m’a envoyé faire un lavage articulaire à l’hôpital Cochin où j’ai ensuite été pris en charge. Le lavage a ramené un liquide où se trouvaient de nombreux débris de cartilage, débris qui expliquaient la persistance de l’inflammation. J’ai ensuite fait une rééducation de stabilisation de ce genou. J’ai pris un anti-arthrosique d’action retardée pendant plus d’un an et j’ai adopté des chaussures à semelle souple, pour pratiquer la marche dans un premier temps. Au bout de 3 mois, j’ai été autorisé à reprendre le golf que je pratique actuellement 5 jours par semaine. La gêne que je ressens dans le genou est stable et ne nécessite qu’une prise de médicaments contre la douleur, parfois d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens. Je veille à maintenir une activité physique régulière et, les jours où je ne joue pas au golf, je vais faire une promenade, toujours avec des chaussures à semelle souple. Par ailleurs, je continue à pratiquer le plus souvent possible de la gymnastique pour entretenir la musculature de mon dos et de mon cou et limiter la gêne liée à cette arthrose.


Ce qu’en dit le Professeur Maxime Dougados, Institut de Rhumatologie, Groupe hospitalier Cochin - Saint-Vincent de Paul, à Paris


Cette observation d’une «arthrose de toute une vie» est intéressante à plus d’un titre et elle me permet d’approfondir 4 points majeurs pour une prise en charge moderne et efficace de l’arthrose.

  • En 1er lieu, l’arthrose n’est pas une maladie inéluctable liée au vieillissement. C’est un message qu’il ne faut pas prendre à la légère. Comme Monsieur Louis M., de nombreux malades souffrent d’une arthrose qu’il aurait été possible d’éviter, en ne s’exposant pas systématiquement au risque et à certains traumatismes «inutiles», en améliorant les postures professionnelles… C’est souligner l’intérêt d’inscrire les enfants dans un club de sport pour que des entraîneurs bien formés leurs apprennent les bases d’une meilleure protection articulaire. Et c’est aussi militer en faveur d’une approche plus dynamique de la médecine du travail, afin d’améliorer la compatibilité des postes de travail avec une bonne santé et de lutter contre la pénibilité de certaines professions.
  • Le 2ème message, également très important, est, qu’une fois installée, l’arthrose n’est pas pour autant obligatoirement gage de restrictions physiques. Certes, il arrivera que des poussées douloureuses rendent la vie d’un arthrosique pénible à certains moments, mais des mesures simples et adéquates permettront de faire régresser la douleur et pourront permettre au malade de mener une vie le plus souvent quasi normale. C’est ce que souligne très bien Monsieur Louis M. dans son témoignage. Le maintien d’une bonne stabilisation musculaire nécessitera cependant une participation physique active du malade, mais des adaptations dans le choix et la pratique de l’exercice physique nécessaire sont le plus souvent possibles.
  • Le 3 point-clé est qu’il n’y a aucun parallélisme entre les images qui sont visibles sur une radiographie et la douleur ou la gêne fonctionnelle. On peut très bien souffrir beaucoup d’une articulation, ou du dos, alors que la radiographie est normale et, à l’inverse, des images, «catastrophiques» selon le radiologue, peuvent très bien n’être associées à aucune douleur. De toute façon, ce ne sont pas sur ces images que le médecin et le chirurgien prendront une décision éventuelle de chirurgie. En médecine, comme dans beaucoup d’autres domaines, la prudence dans les mots devrait être la règle et beaucoup des patients qui viennent nous consulter ont été inutilement affolés par des expressions, certes imagées, mais excessives, alors même que les données recueillies lors de la consultation sont très rassurantes.ème
  • Enfin, le dernier message, mais qui n’est pas le moins important puisqu’il s’agit de l’objet même de ce livre, c’est l’information et la formation des malades atteints d’une affection chronique. Toutes les sociétés savantes en rhumatologie (française, européenne et américaine) recommandent une meilleure éducation du patient pour une prise en charge optimale de l’arthrose. L’éducation se veut être plus qu’une simple information. Elle sous-entend qu’une fois formé, le malade sera capable de mieux comprendre les phases et les enjeux de sa maladie, et donc, de mieux se prendre en charge sous le contrôle du médecin. L’objectif avoué est que le malade devienne réellement co-gestionnaire de sa maladie, tout comme notre témoin Monsieur Louis M.. Dans l’arthrose, ceci est d’importance car il s’agit d’une affection chronique pour laquelle nombreuses sont les modalités thérapeutiques en fonction des stades de la maladie. Vous devrez, par exemple, savoir adapter vos activités physiques au stade évolutif de votre maladie. Vous devrez être attentif à certains symptômes et ne pas vous affoler devant d’autres. Vous devrez pouvoir devancer un rendez-vous prévu en cas de complication et bien connaître la nature, les avantages et les inconvénients des médicaments qui vous sont proposés…

Ce livre, premier ouvrage d’une nouvelle collection santé “100 questions pour mieux gérer la maladie”, vous est destiné si vous avez de l’arthrose, mais il peut également servir à vos proches pour mieux vous comprendre et vous aider.

Rédigé de façon pratique et pédagogique, il répond aux 100 questions les plus fréquemment posées par les patients vus lors de nos consultations à l’Hôpital Cochin.

En abordant les différents thèmes pouvant interférer avec la maladie arthrosique, ce livre a pour objectif d’améliorer votre connaissance d’une maladie qui est malheureusement chronique, mais qui ne doit pas vous empêcher de mener une vie quasi normale.


Bonne lecture !

Que sais-je sur l’arthrose ?

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RÉPONSES

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Chapitre1

MIEUX COMPRENDRE l’arthrose et ses enjeux

1 Qu’est-ce qui différencie l’arthrose des autres rhumatismes ?

On appelle rhumatisme toutes les maladies qui touchent le squelette et les structures impliquées dans sa tenue et sa mise en mouvement, c’est-à-dire les muscles, les tendons et les ligaments. L’ensemble  ? constitue l’appareil locomoteur. L’articulation est, en pratique, l’endroit où deux extrémités osseuses se rencontrent et sont mobiles l’une par rapport à l’autre.

L’articulation est délimitée par une enve- ? loppe étanche, la capsule articulaire, qui est tapissée en dedans par la

?membrane synoviale . La membrane synoviale secrète un liquide

? (le liquide synovial) chargé de lubrifier l’articulation. À l’intérieur de l’articulation, les extrémités osseuses sont recouvertes par le cartilage, une substance qui facilite le glissement des pièces osseuses l’une contre l’autre. Autour de l’articulation, se trouvent les ligaments et les muscles qui sont responsables de la mise en mouvement de l’articulation. Les muscles sont amarrés sur les os grâce aux tendons.

Ainsi, l’arthrose peut se définir comme une maladie du cartilage, ou «chondropathie» (chondro = cartilage, pathie = maladie). Cette atteinte du cartilage peut être due, soit à une anomalie qui siège en premier lieu dans le cartilage (on parle alors d’arthrose primitive), soit à une anomalie d’une autre structure, mais qui va entraîner une lésion du cartilage. Par exemple, une atteinte des ligaments qui maintiennent normalement l’articulation, peut se compliquer d’une instabilité de l’articulation, qui va entraîner secondairement une sollicitation anormale du cartilage et sa dégradation (on parle alors d’arthrose secondaire) cf. questions 8 à 14.


?signifie que lemotest défini dans le lexique

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À retenir

L’arthrose est une maladie du cartilage qui peut être due à une anomalie propre du cartilage (= arthrose primitive), ou bien à une anomalie des structures avoisinantes qui va entraîner secondairement une atteinte du cartilage (= arthrose secondaire).

i

Les principaux rhumatismes sont déterminés en fonction des structures qu’ils touchent en premier:

Quand l’os est atteint ↔ l’ostéoporose

Quand le cartilage est atteint + l’arthrose

Quand le tendon est atteint ↔ la tendinite

Quand la membrane synoviale est atteinte ↔ l’arthrite?

2 À quoi sert le cartilage ?

Le cartilage est un tissu vivant qui recouvre les surfaces de contact et de glissement entre les pièces osseuses de l’articulation. Il s’agit d’une sorte de gel (matrice composée de protéines retenant de l’eau), dans lequel des  ?cellulesassurent le renouvellement régulier de ses constituants. Ce sont les extraordinaires propriétés de glissement de ce gel (coefficient de friction 100 fois inférieur à celui d’un patin sur la glace) qui assurent une excellente mobilité des extrémités des os entre eux, dans l’articulation.

Son rôle ne se limite cependant pas à éviter le frottement des pièces osseuses entre elles. Le cartilage assure également une fonction d’amortissement des chocs entre les pièces osseuses de l’articulation (lors de la marche ou de la descente des escaliers, par exemple). Si l’on considère le rapport relatif entre le poids corporel et la petitesse des surfaces articulaires portantes concernées, 4 à 5 cm2 au genou par exemple, il est manifeste que les pressions mises en jeu sont très importantes : plusieurs dizaines de kilogrammes par cm2 de cartilage. Le cartilage est donc également un extraordinaire amortisseur biologique.

Au cours de l’arthrose, plus le cartilage s’amincit, plus il perd ses capacités d’amortissement, sans pour autant perdre complètement la capacité de glissement. Au maximum, chez certains malades, le glissement peut se produire, même sans cartilage, entre deux pièces osseuses bien lisses, mais, très vite, un cartilage arthrosique perd sa capacité à limiter l’impact des chocs articulaires.

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