LES SOINS HOMÉOPATHIQUES

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Français
192 pages
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Description

L'homéopathie est-elle une alternative à la médecine conventionnelle ? Comment se déroulent les consultations homéopathiques ? Quelle importance les homéopathes accordent-ils à l'éducation pour la santé ? Quelle idée se font-ils de la santé, de la maladie, de la prévention ? L'auteur présente le résultat d'une analyse rigoureuse d'entrevues menées auprès d'homéopathes québécois, et trace un portrait sans complaisance de l'homéopathie telle qu'elle se pratique au Québec et dans un grand nombre de pays occidentaux.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 1999
Nombre de lectures 232
EAN13 9782296364097
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LES SOINS HOMÉOPATHIQUES
Enjeux thérapeutiques et sociauxOdile Sévigny
Les soins homéopathiques
Enjeux thérapeutiqueset sociaux
Diffusion Europe, Asie et Afrique:
L'Harmattan
5-7, rue de l'École Polytechnique
75005 Paris
FRANCE
33.01.40.46.79.10
Diffusion Amériques :
Harmattan Inc.
55, rue St-Jacques
Montréal
CANADA
H2YlK9
1 (514) 286-9048
Mise en pages: Olivier Lasser
Sauf à des fins de citation, toute reproduètion, par quelque procédé
que ce soit, est interdite sans l'autorisation écrite de l'éditeur.
@ Harmattan Inc., 1998
ISBN: 2-7384-6642-7
Bibliothèque nationale du Québec du CanadaODILE SÉVIGNY
LES SOINS HOMÉOPATHIQUES
Enjeux thérapeutiques et sociaux
Éditions L'Harmattan L'Harmattan Ioe.
55, roe Saint-Jacques5-7, roe de l'École-Polytechnique
Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK975005 ParisÀ Maria et SergeREMERCIEMENTS
e remercie Anne Quéniart sans qui la thèse de
doctorat à l'origine de ce livre n'aurait jamaisJ
vu le jour. Merci également à Serge Chevalier,
Louise Dupuis, Robert et Thérèse Sévigny qui,
chacun à leur façon, ont contribué à cette ré#
flexion. Toute ma reconnaissance va également à
l'ensemble des homéopathes qui ont participé, de
près ou de loin, à la réalisation de cette étude.
Enfin, je voudrais souligner le travail de révision
et de relecture de Danièle Laflamme et de Da#
nielle Lafenière ainsi que le travail d'éditique
d'Olivier Lasser.SOMMAIRE
Préface 13
Introduction 19
CHAPITRE PREMIER
UN TRAITEMENT INDIVIDUALISÉ 29
LES PRATIQUES CLINIQUES 30
Les motifs de la consultation 30
L'information pertinente 31
La cueillette de l'information 34
La prescription de produits homéopathiques 40
L'évaluation du traitement 47
LA RELATION HOMÉOPATHE,CLlENT 50
CHAPITRE II
LES PRATIQUES ÉDUCATIVES 55
LA NÉCESSITÉ DE PRATIQUES ÉDUCATIVES 55
L'EXPLICATION DE L'HOMÉOPATHIE :
UNE TAcHE COMPLEXE 58
L'ÉDUCATION POUR LA SANTÉ
DANS LE CADRE DU TRAITEMENT 60
Les modalités du traitement 60
Les produits homéopathiques 63
L'ÉDUCATION POUR LA SANTÉ
DANS LE CADRE DE LA PRÉVENTION 64
Une approche individuelle de la prévention 64
La morale sanitaire 67
CHAPITRE III
LES CONCEPTIONS DE LA SANTÉ ET DES
PRATIQUES THÉRAPEUTIQUES 77
LA SANTÉ 78
Un état de bien,être 78
Une adaptation au milieu 84LES SOINS HOMÉOPATHIQUES
LA MALADIE 85
Un obstacle à l'action 85
Un temps de réflexion sur soi 87
88LE TRAITEMENT HOMÉOPATHIQUE
Les forces du traitement 91
Les limites du 92
LA PRÉVENTION 94
97L'ÉDUCATION POUR LA SANTÉ
CHAPITRE IV
LA RELATION AU CŒUR DES SOINS
HOMÉOPATHIQUES 101
LA PERSPECTIVE DES SOINS 101
La relation thérapeutique 101
Les soins homéopathiques: engagement moral
et caractéristique de la vie 103
LA RELATION D'AIDE COMME ESPACE DE SOINS 106
Le pouvoir de l'individu 106
Les attitudes à la base da la relation d'aide 108
Les étapes de la relation d'aide 112
Les techniques de communication 113
La présence de l'autre 115
CHAPITRE V
LE TEMPS DES SOINS 119
LES RITUELS ET LES SYMBOLES 120
L'EFFICACITÉ SYMBOLIQUE 123
LES TECHNIQUES 127
La nature et l'usage des techniques 128
La finalité des techniques 129
Les symboles liés aux techniques 130
La transgression de la nature 131
La puissance 133
La crainte 135Sommaire
Conclusion 143
Annexe A . La méthodologie de recherche 155
L'ÉCHANTILLON THÉORIQUE 156
LA COLLECTE DES DONNÉES DE TERRAIN 159
Le contexte et les conditions des entrevues 160
Le rapport post,entrevue 161
LA PRÉSENTATION DES RÉPONDANTS 162
L'ANALYSE DES DONNÉES DE TERRAIN 163
L'analyse des cinq premières entrevues 164
L'analyse des dix dernières 167
LES AUTRES SOURCES DE DONNÉES 168
LA DIMENSION ÉTHIQUE DE LA RECHERCHE 170
LA VALIDITÉ DE LA RECHERCHE 170
Annexe B . Guide d'entrevues 173
Bibliographie 179
11PRÉFACE
'ai eu un moment le désir d'écrire sous forme de lettre cette
préface, afin qu'elle soit plus intime, qu'elle soit un peu un
dialogue, en réponse à ce qui est au cœur du livre d'OdileJ
Sévigny : la place de l'échange au cœur même des soins. De plus,
quel meilleur temps pour le dialogue que celui de la nuit, que
j'avais choisi pour ce travail de lecture et d'écriture, de la nuit
qui s'étire, qui trace un pont entre nos deux continents. Or, ce
livre traite aussi du temps: celui des soins, celui à prendre pour
soi pour pouvoir rencontrer l'autre. Cependant à la lecture j'ai
choisi une forme d'écriture plus classique, de crainte d'exclure le
lecteur d'un dialogue trop personnalisé. Je tiens à évoquer ce
désir pour souligner mon bonheur d'avoir à introduire ce livre, et
de sentir combien, sur des terrains certes différents, nos
expériences de recherche se répondent et se complètent.
C'est d'homéopathie mais surtout de soins qu'il est question
ici. Et peut-être jamais la pratique, la parole des homéopathes
n'avait été analysée de cette façon. Avec rigueur et scientificité,
certes, mais aussi de manière intuitive basée sur le vécu
personnel de l'auteur. Et c'est ce mélange qui, faisant appel au
raisonnement et à l'émotion, permet la lecture en creux des paroles de
ses interlocuteurs et donne tout son poids à cet ouvrage qui, en
plus d'être un livre très riche et sans doute unique sur
l'homéopathie, élargit de façon marquante son propos à ce que devraient
être les soins.
Il ne s'agit pas là de commenter la scientificité des théories
sur lesquelles s'appuient les homéopathes. Il ne s'agit pas non
plus directement d'entendre la parole des malades, des clients.
C'est d'ailleurs là quelque chose qui m'a un peu gênée au départ.
Et pourtant il apparaît vite que cette parole est présente au
premier plan, que ce n'est que d'elle qu'il s'agit, d'une parole unique,
insistant sur l'importance de l'individualité de chacun, à laquelle
13LES SOINS HOMÉOPATHIQUES
il s'agit de redonner sa légitimité. C'est sur l'écoute de cette pa~
role, une «écoute intégrale », dans son rythme et ses méandres,
dans l'acceptation de ses silences aussi, que se base le thérapeute
dans sa pratique.
Peu à peu, au cours d'un long processus, le patient apprendra
à se découvrir, à trouver son propre sens. Dans ce travail, le
malade et le thérapeute coopèrent. Il s'agit bien, et l'auteur in~
siste là~dessus, d'une relation de «partenariat et de coopéra~
tion ». Dans cette relation, le ressenti du client est fondamental.
Il n'y a donc pas une relation de pouvoir entre celui qui détient
le savoir et celui qui, parce que non médecin et de plus malade,
serait dans l'ignorance ou l'erreur. À ce propos, Odile Sévigny
sait marquer les nuances souvent délicates qui distinguent la
pratique des homéopathes amenant à une prise de conscience
progressive des voies de son propre cheminement intérieur, des
habitudes de vie qui lui conviennent ou au contraire qui le per~
turbent, d'un discours moraliste d'éducation pour la santé.
En fait, cette relation thérapeutique encourage l'autono~
mie, c'est~à~dire : «la capacité de déterminer seul ses manières
de penser et de choisir ses règles de conduite dans le cours du
processus thérapeutique.» Cependant comme le remarque
l'auteur, c'est plus une recherche d'autonomie par rapport à ses
propres conditions de vie que par rapport au thérapeute. Cette
dernière remarque est importante: c'est là que réside une des
qualités du travail. En effet, bien que manque certainement une
observation de la mise en pratique de ce discours - mais, dans le
cadre d'une thèse il n'était pas possible de tout faire et il valait
certainement mieux se centrer sur un point avec une analyse
rigoureuse plutôt que de s'éparpiller. Malgré l'empathie et la
sympathie certaines que l'auteur éprouve pour ses interlocu~
teurs, elle a su conserver la bonne distance par rapport à leur
discours.
Il s'agit donc d'une véritable relation, relation pour la~
quelle retrouvent leur sens profond des mots souvent mal uti~
lisés comme celui de «compassion», abusivement associé à la
pitié alors que c'est, que ce devrait être, tout à fait différent.
14Préfoce
J'ai été heureuse de retrouver dans ce travail toutes les notions
sur lesquelles Francine Saillant - qui nous a mises en relation
- a tant insisté: ainsi en est,il de l'importance pour les soins
de valeurs «féminines» (mais qu'en est,il véritablement de
cette notion culturelle du féminin?) «de tendresse, d'amour,
d'attachement à l'autre». Ce lien de sollicitude et de soutien
brise la solitude du patient et l'aide à relier ce que la maladie
avait disjoint ou ce qui, ayant été disjoint par la vie a causé sa
maladie.
Un des autres apports du livre est de montrer combien cette
relation d'aide constitue pour le thérapeute un travail sur sa
propre personne: «reconnaître les aspects de la personnalité du
client qui le déstabilisent et accepter de se questionner person'
nellement sur ses propres fragilités et blessures»; être capable
d'empathie avec le client, c'est-à-dire de comprendre de l'in,
térieur ce qu'il vit, mais tout en gardant sa propre identité, une
distance permettant d'éviter l'osmose. On constate alors
combien la médecine officielle ou conventionnelle est encore
loin de tout cela.
Prenant ainsi soin de l'autre, on prend aussi soin de soi, on
prend le temps de rester soi en étant près de l'autre. C'est aussi
à travers cette relation avec soi,même que l'autre est pris en
compte totalement, différemment de la médecine techniciste
où le soignant est souvent obligé de compter son temps.
En lisant ce texte j'avais souvent en tête ce que me
racontait un jour en Normandie une guérisseuse. Est bonne
guérisseuse une personne qui a elle,même éprouvé le mal, est
donc passée par cette étape initiatique de reconnaissance de
ses propres fragilités mais a trouvé en elle l'énergie de vaincre.
On disait par exemple que les guérisseurs de zona ne pouvaient
le guérir ou en soulager les douleurs que s'ils étaient passés
eux-mêmes par cette épreuve, et qu'ils ne pouvaient agir sur
des degrés de maladie «supérieurs» à ceux qu'ils avaient
euxmêmes éprouvés. Est aussi bon guérisseur celui qui, justement par
empathie (et c'est là ce que l'on nomme le don) éprouve le res,
senti de l'autre à travers son propre corps, sans nécessairement
15LES SOINS HOMÉOPATHIQUES
qu'une parole soit échangée. C'est là justement que réside la
compassion: prendre sur soi une partie du fardeau de l'autre
mais aussi avoir la force de ne pas s'identifier à l'autre, de ne
pas se laisser envahir par son maL
C'est aussi un travail sur l'angoisse: « reconnaître et
accepter sa propre angoisse pour laisser une place au tourment
de l'autre sans se réfugier dans des procédures techniques qui
le camoufleraient.» N'est,ce pas là l'inverse de ce que l'on en,
seigne maintenant aux futurs médecins? Les paysans que je
rencontrais autrefois en Normandie me disaient qu'une des
différences entre les guérisseurs et les médecins est que les
premiers, en plus d'avoir un langage commun avec eux, tra,
vaillaient à main nue dans un corps à corps avec le patient,
alors que les médecins s'abritaient derrière des linges, des
instruments.
C'est tout un travail, un travail épuisant me disaient les/
guérisseurs. Les homéopathes parlent d'énergie vitale, de for<?e
vitale qu'il s'agit de restaurer, mais c'est au bout du compte de
la même chose qu'il s'agit, de cette alchimie mystérieuse qui se
produit dans un rapport d'échange entre deux êtres où chacun
prend sa part.
On reproche souvent aux homéopathes une approche
préventive essentiellement centrée sur l'individu et qui
camouflerait les causes sociales de la maladie. Mais un des autres
intérêts du livre est de montrer comment, à partir de ce souci
centré sur l'individu, l'aidant à rechercher en lui,même une
réponse à ses maux, il trouve l'autre, la relation à l'autre, donc,
au bout du compte, le sociaL
Une autre contribution importante de ce livre est l'insis,
tance sur le temps. Puis'je me permettre ici un souvenir per'
sonnel? J'ai été étonnée, presque choquée, d'entendre un jour
dans une conférence une collègue, ayant enquêté auprès de
mères de «grands prématurés», affirmer que ces femmes avaient
bien avant cette naissance un rapport au temps perturbé. Ayant
été l'une de ces femmes, j'avais connu - je connais encore - cette
perturbation, ce rien qui se dérègle dans les moments de fatigue
16Préface
et de stress et qui fait ne plus savoir ni la saison ni l'année. Je
l'attribuais à cette rupture violente dans un temps dont le
déroulement se voulait harmonieux. Je me voulais, me pensais
une femme organisée, vivant harmonieusement les temps de
la grossesse, du travail, de la famille, des loisirs, des tâches
ménagères, un temps plein. Y réfléchissant, je m'aperçus que
je n'avais pas su prendre le temps d'écouter mon corps, ce qu'il
me disait, me demandait.
Cela m'a beaucoup fait réfléchir sur la nécessité de «prendre
son temps », sur le fait qu'une relation, indépendamment de sa
durée, a un temps, c'est,à,dire une histoire, un début, une fin. J'ai
aussi compris que le corps a ses temps, ses rythmes qu'il faut
savoir respecter: temps de la maladie, temps de la naissance,
temps de la jouissance, temps de la mort aussi, et qu'une erreur
de notre société est peut,être de vouloir rationaliser ces temps,
les uniformiser sans comprendre qu'ils remontent souvent très
loin dans l'histoire personnelle de chacun. Les soins homéo,
pathiques, eux, ne brusquent pas l'individu dans la lente pro'
gression de se découvrir soi,même en s'ouvrant à l'autre.
Un autre aspect essentiel du livre est l'importance accordée
à la dimension rituelle bien sûr, à travers le temps - et aussi à la
dimension symbolique. Est montré de façon convaincante le
lien nécessaire entre symbolique et technique, lien qui apparaît
aussi clairement à travers les thérapeutiques domestiques que
Francine Saillant et moi,même avons étudiées. À travers leur
discours et leur pratique, les homéopathes nous disent l'im,
portance de la signification non uniquement technique mais
aussi symbolique qu'a pour le malade le remède, le geste théra,
peutique. En effet, cet acte technique, peut, être justement
ajouterais,je du fait de sa technicité, de son caractère concret, a
pour fonction de relier ce qui est désuni.
Au fond, ce que ces homéopathes nous font redécouvrir,
c'est un peu ce que pratiquaient les médecins généralistes, une
relation construite dans la durée, dans une histoire commune,
mais différemment d'avec les médecins généralistes, une re,
lation dans laquelle il n'y a pas ou plutôt il ne veut pas y avoir
17LES SOINS HOMÉOPATHIQUES
de relation de pouvoir. Leur discours est beau, renvoie à de
nombreuses aspirations des patients certes, mais aussi de beaucoup de
soignants. Le rôle propre de l'infirmière ne réside-t-il pas dans
cette capacité d'écoute? Mais d'une écoute qui passe par une
écoute de soi, de ses propres croyances, de ses propres savoirs non
médicaux.
À côté de la médecine techniciste et de son pouvoir
croissant, il y a là un discours qui progresse, que l'on voit
apparaître chez les jeunes soignants, chez des médecins confrontés
à des maladies graves, comme le cancer ou le sida, sans
solution thérapeutique toute faite. Surtout le sida à cause de la
volonté des malades de se constituer comme partenaires à part
entière. Mais ces îlots différents sont fragiles, facilement remis
en question, difficiles à maintenir au sein de la médecine
techniciste, d'où l'importance de ce discours vigoureux des
homéopathes, même si leur pratique ne correspond pas toujours à ce
discours.
Merci donc pour avoir écrit ce livre. À sa lecture, on se
sent un peu transformé. Même si on n'est ni homéopathe ni
client d'homéopathe, on découvre que l'on peut devenir tout
à la fois thérapeute de soi et des autres, à condition de prendre
son temps, de savoir instituer une relation où chacun trouve
sa place, dans laquelle le lien social prend les couleurs du
symbolique.
FRANÇOISE Loux
Directeur de recherches au CNRS
Centre d'Ethnologie Française
Musée National des Arts et Traditions Populaires
18INTRODUCTION
epuis une vingtaine d'années, l'essor des thérapies
alternatives dans la plupart des sociétés occidentales
confinne l'existence d'un pluralisme médical. En effet,D
non seulement retrouve+on, au sein même de .la médecine
conventionnelle, diverses conceptions de la santé et de la
maladie mais on assiste aussi aujourd'hui à l'éclosion de nom~
breuses médecines alternatives telles que l'acupuncture,
l'ostéopathie, la naturopathie et l'homéopathie pour ne nommer que
les plus importantes. Ces pratiques alternatives de soins se
fondent sur une perspective holiste de la santé. Elles visent à
renforcer le potentiel d'auto-guérison et d'intégration de la
personne en proposant des interventions énergétiques,
physiques, psychiques ou spirituelles (Rousseau et al., 1990).
Le recours aux thérapies alternatives constitue un des in~
dices de l'ampleur de ce phénomène. Au milieu des années 80,
30 % de la population de la Grande-Bretagne et 45 % de la
population de la France avait eu recours aux thérapies alternatives
(Bouchayer, 1986; Murray et Shepherd, 1993). Aux Pays-Bas,
où la proportion des consultations n'a cessé d'augmenter depuis
1981, c'est 20 % de la population qui visitait annuellement un
thérapeute. alternatif au début de la décennie. Cela représente
13 millions de consultations (Menges, 1994).
Aux États~Unis, 12 % de la population a consulté un
thérapeute alternatif en 1990. Durant cette année-là, il y a eu
plus de consultations auprès de ces thérapeutes qu'auprès de
médecins de soins primaires (425 millions et 388 millions de
consultations respectivement). Les dépenses encourues auprès
des thérapeutes alternatifs (11,7 milliards de dollars)
correspondaient d'ailleurs aux sommes dépensées directement par la
population en frais d'hospitalisation (Eisenberg et al., 1993).
Au Canada, en 1994~1995, 15 % de la population de 15 ans
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