Critique du structuralisme à partir de Michel Foucault

Critique du structuralisme à partir de Michel Foucault

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264 pages
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Ce livre est une critique dialectique du systématisme foucaldien en particuluer et du structuralisme en général; il constitue un plaidoyer pour l'équilibre des paramètres en matière de compréhension et d'explication des phénomènes historiques et culturels. A l'encontre de la raison structuraliste qui tend à réifier le sujet humain, il revendique pour ce dernier une place inexpugnable dans les domaines de la pensée et de l'action.

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Ajouté le 01 novembre 2013
Nombre de lectures 68
EAN13 9782336328768
Langue Français
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Michel Ngueti
 Critique dustructuralisme  à partir deMichel Foucault
L’homme est-il mort ?
Préface d’Émile Kenmogne
Éclairages philosophiques d’Afrique
14/10/13 12:22
Critique du structuralisme à partir de Michel Foucault
Éclairages philosophiques d’AfriqueCollection dirigée par Émile Kenmogne La recherche et la production philosophiques en Afrique connaissent e depuis le dernier quart du XXsiècle une évolution considérable. Des recherches universitaires novatrices sur les problématiques du terroir africain d’une part, l’étude, la discussion et la remise en perspective des philosophies antiques, classiques et modernes des traditions occidentales et asiatiques par les Africains d’autre part, demeurent souvent ignorées. Cela s’explique soit par les problèmes d’édition en contexte africain, soit par la très faible mobilité de l’expertise africaine, soit encore par les difficultés réelles à faire fonctionner des universités en Afrique. L’examen de la diffusion de la philosophie africaine montre que si l’Europe paraît encore, plus à tort qu’à raison, résolument repliée sur elle-même, l’Amérique s’entrouvre aux philosophes d’Afrique. Quoi qu’il en soit, la collection «Éclairages philosophiques d’Afrique» de L’Harmattan Cameroun veut tirer les conséquences de la prise de conscience du besoin d’un dialogue sincère de l’écrit philosophique d’Afrique avec l’Occident et l’Asie. Elle veut surmonter les obstacles qui bloquent des «éclairs d’acier», pour emprunter cette image de J. Michelet dansLa sorcière:« Ce lieu, tout africain, a des éclairs d’acier ».
Michel NguetiCritique du structuralisme à partir de Michel Foucault L’homme est-il mort ? Préface d’Émile Kenmogne
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01931-4 EAN : 9782343019314
A mon épouse, A mes enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants, Avec mes vœux les meilleurs.
PREFACE La persistance du sujet normatif dans la pensée et l’action : discussion des principes « postmodernes ». L’homme est-il mort? Le lecteur confronté à cette question surprenante peut ressentir le besoin d’une réponse performative, du genre qui démontre le mouvement par la marche. Il serait pour lui évident de répondre par son acte de lecture de ce livre que l’homme n’est pas mort, puisqu’un homme est lisant. Il peut en déduire, plus à raison qu’à tort, que l’espèce est évidemment vivante. Soit! Mais dira-t-on qu’il a compris l’enjeu de la question ? Voilà qu’on lui montre que la question que pose Michel Ngueti ne s’intéresse pas à l’état de tel individu concret ou à ce qui advient à l’espèce humaine. Cette question bien comprise n’interpelle ni les sens, ni l’évidence, ni la biologie ou la physiologie ;elle concernel’idée ou le concept d’homme que l’histoire de la pensée a pu forger dans l’esprit de philosophes. C’est par conséquent une question philosophique et la philosophie a la vocation d’assumer, mais en même temps l’exigence d’aller au-delà de l’évidence, du sens commun, des vérités sensibles et scientifiques. Quand Diogène, sous la pâle lumière de sa lampe en plein jour cherche l’homme parmi tant de congénères vivants, il dramatise un problème logico-philosophique. De même, affirmer, comme l’a fait Paul Valery, que ce n’est pas la ciguë qui a tué Socrate, mais la Raison, le syllogisme, c’est résolument se situer dans la logique, au-delà de l’évidence. Dès lors, pour comprendre la question de Michel Ngueti, il faut se garder de s’enfermer dans l’évidence. Il convient de remonter quelque peu l’histoire des idées philosophiques.
Je ne puis donc mieux indiquer l’intérêt de la présente parution qu’en esquissant un prolongement ou une mise en perspective de la problématique en jeu, qui s’inscrit dans une réalité plus profonde ne concernant pas seulement la philosophie française et celle de Michel Foucault, prises isolément. Cette réalité est l’effet d’un moment aussi décisif que problématique et controversé de
l’histoire de la pensée humaine. En fait, l’œuvre de Michel Foucault est une contribution irremplaçable à l’édifice de la pensée dite « postmoderne ». Si Michel Ngueti ne fait aucune mention de ce terme dans son livre, c’est que son contenu représentatif se situe en aval de son entreprise personnelle qui vaut pour l’objectif qu’elle s’est assigné : ausculter le corpus de Michel Foucault pour produire ce qu’on pourrait nommerla critique de la raison structuraliste.
De quoi est-il donc exactement question pour être icijustifié, prolongé et mis en perspective, en guise de préface ? C’est bien de la pensée de l’histoire, du rôle de l’homme-sujet et de la raison dans le processus historique. L’homme dont il est question dans la question qui préoccupe l’auteur de ce livre, c’est le sujet de l’histoire. L’homme n’aurait-il aucun effet sur l’histoire? L’homme et l’histoire seraient-ils des produits des structures, de 2 l’«épistémèY aurait-ill’impensé » ?», de l’inconscient et de « une « pensée du dehors » sans conscience ni sujet pensant ? « Dans 3 le vide de l’homme disparu» queproclame Foucault, faut-il encore poser la question dusensou doit-on seulement chercher une significationà l’idée d’un langage sans sujet ?
Michel Ngueti aborde sans complaisance ces questions tout au long de son texte passionnant et philosophiquement excitant. Il procède par une solide approche à base documentaire élargie; ne fait pas seulement l’étude synchronique d’un texte de Foucault, mais une étude thématique diachronique et intertextuelle qui ne laisse de côté aucun des textes principaux livrés par Michel Foucault. Le lecteur remarquera dès lors que Michel Ngueti donne les indices précis d’une patiente fréquentation des œuvres foucaldiennes telles queHistoire de la folie (1961),Naissance de la clinique (1963),Raymond Roussel« La (1963),pensée du dehors » inCritiquen° 299 (1966),Les mots et les choses(1966), L’archéologie du savoir (1969),L’ordre du discours (1971),
2  Dansla logique foucaldienne, «L’inconscient, et d’une façon générale l’impensé qui se révèle ainsi ne réside cependant pas uniquement dans l’homme, mais aussi hors de lui. Dans l’homme, il est l’inconscient proprement dit ; hors de lui, c’est ce que Foucault nomme le système ouépistémè. » (cf. p. 146). 3 M.C. p. 353
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Surveiller et punir(1975),La volonté de savoir(1976),Les lettres françaises (1966),La quinzaine littérairemai 1966), qui sont (16 toutes exploitées transversalement et contribuent à l’élaboration d’une idée réflexive contestant la vaine tentative de mise à l’écart du sujet par la raison structuraliste. Fort de tout cela, l’auteur fournit en ce livre une introduction recommandée à celui qui veut s’informer de l’univers philosophique dans lequel s’est investi Michel Foucault, ainsi que des difficultés réelles et imaginables qui se dégagent de la théorie et de la pratique de l’entreprise structuraliste foucaldienne.
4 Il est désormais acquis, malgré une hésitation à la fin de sa vie , que l’essentiel de l’œuvre de Michel Foucault repose sur le rejet de l’homme, du sujet au profit du système et des structures. A en croire M. Ngueti, « nulle part en effet Foucault ne définit l’homme 5 dont il organise la disparition» .Mais il affirme sans ambages: « lesécrivains qui nous plaisent le plus, à nous froids systématiciens, ce sont Sade et Nietzsche, qui, en effet,disaient du 6 mal de l’hommeFaut-il dissimuler la surprise devant une» . affirmation aussi désinvolte et puérile qui laisse l’impression que pour son auteur, philosopher est un jeu qui consisterait à ignorer royalement les « choses » pour se gargariser de « mots » ? Michel Foucault se donne clairement pour tâche, comme le souligne à juste titre M. Ngueti, de proclamer la mort de l’homme, d’« affranchir » la pensée de toute forme d’humanisme, de montrer comment le sujet humain, produit plutôt que créateur des systèmes, est constitué par un «impensé »qui l’enserre et le conditionne radicalement. Passionné du système et du concept, Foucault n’a
4 « Dans ses deux derniers livres (notamment les volumes 2L’usage des plaisirs,Gallimard, 1984 et 3Le souci de soi,Gallimard, 1984 deHistoire de la sexualité), parus peu de temps seulement avant sa mort, le Foucault théoricien froid bâtissant un savoir sans trop se soucier de ses effets, et penseur tonitruant de la mort de l’homme, apparaît dans des habits neufs d’humaniste, comme si un Foucault de la maturité avait succédé à un jeune Foucault désormais relégué. Il propose maintenant avec une tranquille et parfaite assurance une stylistique de l’existence, nous invitant à faire un nouvel usage des plaisirs et à faire de nos existences des œuvres d’art. » (cf. p. 233). L’idée de deux Foucault qui s’impose là ne peut que renforcer la thèse de l’incohérence et de l’inconsistance du corpus foucaldien. 5 Cf. p. 157. 6 Q.L.,p. 15. Je souligne.
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