De la volonté de vérité à la mort de Dieu
138 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

De la volonté de vérité à la mort de Dieu

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
138 pages
Français

Description

La connaissance comme volonté de vérité est vitale au sens où elle conjugue toutes les allures de la vie - de la santé à la maladie - comme le suggère une première lecture de l'aphorisme 344 du Gai Savoir de Nietzsche. Mais un second geste plus radical permet l'assimilation tonique de la mort de dieu à cette amplitude elle-même.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2015
Nombre de lectures 22
EAN13 9782336385464
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

1
LaurentCHERLONNEIX
DE LA VOLONTÉ DE VÉRITÉ À LA MORT DE DIEU L’amplitude des allures Vitales de la connaissance nietzschéenne
Postface du biologiste Guillaume BAPTIST
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
De la volonté de vérité à la Mort de dieu
L'amplitude des allures Vitales de la connaissance nietzschéenne
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06422-2 EAN : 9782343064222
Laurent Cherlonneix
De la volonté de vérité à la Mort de dieu
L'amplitude des allures Vitales de la connaissance nietzschéenne
Lettre-Postface du biologiste Guillaume Baptist
L'Harmattan
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot
Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques.
Dernières parutions
Paul DUBOUCHET,De Georg Wilhem Friedrich Hegel à René Girard. Violence du droit, religion et science, 2015. Oscar BRENIFIER,Apologie de la métaphysique. Ou l’art de la conversion, 2015. Reza ROKOEE,L’attitude phénoménologique comparée, de Husserl à Avicenne, 2015. François BESSET,L’âme de la guerre. Petite métaphysique de la Nation, 2015. Philippe FLEURY,Hegel et l’école de Francfort, 2015. Pierre ZIADE, Généalogie de la mondialisation, analyse de la crise identitaire actuelle, 2015. Hamdi NABLI,Foucault et Baudrillard : la fin du pouvoir, 2015 Richard GROULX, Michel Foucault, la politique comme guerre continuée. De la guerre des races au racisme d’État, 2015. Miklos VETÖ,De Whitehead à Marion. Éclats de philosophie contemporaine,2015. Auguste NSONSSISSA,Recherches philosophiques sur les théories des formes complexes, 2015. Nikos KAZANTZAKIS,Friedrich Nietzsche et la philosophie du droit et de l’État, 2015. Thierry HOULLE,Eau et reflets dans la philosophie de Platon, 2015.
Pour Stéphanie et Romain, et pour le jeune Elias
Introduction
Nous proposons deux gestes pour décrire l'amplitude des i allures Vitales ou valeurs de la connaissance, deux approches distinctes et complémentaires de la théorie nietzschéenne de la connaissance : un regard biomédical dans la première section suivi d'une relecture du point de vue de la Mort de dieu dans la seconde.
Le premier geste montre que la théorie nietzschéenne de la connaissance suppose la compréhension des concepts santé-maladie et toute l'amplitude de leurs relations ; le second, que l'ouverture de la connaissance à toutes les allures de la Vie exprime la Mort de dieu, ce qui permet aujourd'hui d'approuver celle-ci en profondeur, en l'incorporant à la théorie de la connaissance.
La première approche met à jour, à partir d’une interprétation de l’aphorisme 344 duGai Savoirde Nietzsche,une dialectique vérité-mensonge – plus exactement une dialectique de la vérité bienfaisante et de la vérité comme poison. Dès lors, au cœur de la théorie de la connaissance, une dialectique santé-maladie laisse apparaître les différentes allures que prend la Vie se faisant connaissante. La philosophie nietzschéenne de la Vie sous l’angle d’une théorie de la connaissance apparaît donc indissociable d’une Vie pensée dans toute l'amplitude du champ qui va du sain au pathologique.
ii La seconde approche est métabiologique , inscrivant les valeurs de la connaissance dans l’horizon d’une philosophie de la Vie non réduite à la dialectique santé-maladie. Renouvelant l'objectif de décrire les allures que prend la Vie dans la connaissance, elle laisse résonner de façon inattendue le motif de la Mort de dieu au cœur du même aphorisme 344 duGai Savoir – lequel en apparence vise autre chose que dieu, à savoir les valeurs pour la Vie de l’exigence de vérité. Le propre de ce second geste est alors d'assimiler l'amplitude de ces valeurs à la Mort de dieu. Dès lors, la signification restreinte de la connaissance qui était rémanente depuis Platon (se rendre immortel) s'en trouve derechef élargie : en les ouvrant à la Mort,
7
la Mort de dieu démultiplie les allures Vitales de la connaissance. C’est là une manière pour la Vie, sous la forme de la connaissance, non seulement de se reformuler, mais de se métamorphoser et de renaître, de grandir.
A la fin de l'ouvrage, le biologiste Guillaume Baptist, lecteur personnellement et professionnellement touché par Nietzsche, propose une réponse, écho de la science à la philosophie inaugurant un nouveau dialogue entre philosophie et biologie.
8
Première approche : la dialectique nietzschéenne de la santé et de la maladie et la volonté de vérité. Les valeurs Vitales de la connaissance à l’aphorisme 344 du Gai Savoir
« Toute explication doit non seulement tirer le sens du texte, elle doit aussi, insensiblement et sans trop y insister, lui donner du sien. Cette adjonction est ce que le profane retient toujours, mesuré à ce qu’il tient pour le contenu du texte, comme une lecture sollicitée, c’est ce qu’il critique, avec le droit qu’il s’attribue lui-même, comme un procédé arbitraire. Cependant, une véritable explication ne comprend jamais mieux le texte que ne l’a compris son auteur ; elle le comprend autrement. Seulement cet autrement doit être de telle sorte qu’il rencontre le Même que médite le texte expliqué. »
iii Martin Heidegger Proposer une lecture du fameux aphorisme 344 duGai Savoir se fonde d’abord sur la volonté de réfléchir les différents aspects de la théorie nietzschéenne de la connaissance à travers le prisme de la philosophie médicale qui lui est sous-jacente. Que cette théorie soit de part en part déterminée par une telle problématique constitue à son tour une étape pour l’interprétation d’ensemble de la pensée de Nietzsche – qui est elle-même un mode de la philosophie de la Vie. L’importance accordée à une minutieuse et préalable mise au jour des présupposés ultimes de la doctrine nietzschéenne n'a guère besoin d'être soulignée davantage : il ne saurait être possible, sans elle, de distinguer une philosophie médicale iv nietzschéenne de la Vie d'une métabiologie – où la Vie v n'ignore pas la problématique médicale mais ne s'y limite pas . Lire scrupuleusement Nietzsche à l'aune de sa propre logique médicale poussée à la limite prend sens dans cette perspective, laquelle conduira ici même à une seconde approche, plus métabiologique, de la théorie de la connaissance.
La question cruciale de la nature et des rapports qu’entretiennent santé et maladie se pose dans cet aphorisme
9