Diversitéisme
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Description

L'entrée dans le XXIe siècle a vu éclore une nouvelle philosophie mondiale : le diversitéisme. Contrant toutes les formes de la pensée unique, elle se veut une alternative au libéralisme, au socialisme mais aussi au monothéisme dans son aspect du refus de l'Autre. Voie du troisième millénaire, le diversitéisme vise ainsi à réconcilier les valeurs morales de liberté et solidarité dans un "éloge radical de la diversité comme richesse du monde".

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Publié par
Date de parution 01 mars 2005
Nombre de lectures 49
EAN13 9782296393981
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Diversitéisme
Voie du troisième millénaire
par delà le libéralisme
le socialisme et le monothéismeCollection Chrétiens Autrement
dirigée par Noël Hi/y
Appel aux chrétiens:
Croyons-nous comme avant? tout ce qui est affirmé dans les Eglises?
Que disons-nous?
Nous sommes nombreux à souhaiter nous exprimer en toute
liberté, dans des groupes de réflexion, dans des associations
diverses de chrétiens, mais aussi dans des revues et des livres.
Beaucoup désirent aussi célébrer leur foi chrétienne dans des
cérémonies qui tiennent compte de la culture moderne.
Nous proposons à ceux qui le désirent d'écrire leur livre
personnel, de participer à des livres collectifs pour dire
publiquement une foi chrétienne du XXIe siècle.
C'est le but de cette collection, laisser la liberté de parole à tous
ces chrétiens en recherche.
Noël Hily
12, rue de Recouvrance
45000 Orléans
Tel: 02 38 54 13 58Daniel NGASSIKI
Diversitéisme
Voie du troisième millénaire
par delà le libéralisme
le socialisme et le monothéisme
L'Harmattan ltaliaL'Harmattan L'Harmattan Hongrie
Via Degli Artisti, 155-7,rue de l'École- Kossuth L. u. 14-16
10124 Torino1053 BudapestPolytechnique
ITALIE75005 Paris HONGRIE
FRANCE(Ç) L'Harmattan, 2005
ISBN: 2-7475-8159-4
EAN : 9782747581592Ouverture introductive
Un passeport culturel pour le troisième millénaire
Le passage au troisième millénaire n'est pas seulement
une affaire de calendrier, elle est surtout une affaire de
culture générale. Le deuxième millénaire, comme ceux qui
l'ont précédé, a été dominé par la pensée unique à travers les
libéralisme, darwinisme, socialisme, monothéisme, nazisme,
apartheid, antisémitisme, antiféminisme, tribalisme, qui tous
conduisent logiquement à la vénération de l'Unique et donc
au refus profond de l'Autre, au ciel comme sur terre.
Mais voici ce qu'il faut désormais percevoir: cette aube
de troisième millénaire est aussi celle d'une transition
intellectuelle grandissante vers la pensée pluraliste et la
pleine reconnaissance de l'autre, jusqu'à présent mal aimé;
l'autre homme, l'autre peuple, l'autre sexe, l'autre
génération, l'autre « race », l'autre parti, l'autre opinion,
l'autre religion, l'autre culture, l'autre théorie, l'autre
prophète, l'autre système idéologique, l'autre profession,
l'autre classe sociale, etc.
Tous ceux qui sont partisans conscients ou inconscients
de la pensée unique dans toutes ses variantes, ne sont pas
encore entrés au troisième millénaire, parce qu'ils n'y sont
pas culturellement entrés, retenus avant l'embarquement,
faute de passeport culturel.
Minorités et majorités mal aimées de tous les pays, de
toutes les situations, à présent défendez-vous, en portant à la
face de l'humanité l'éloge pluridisciplinaire de la diversité
comme richesse du monde, levain et levier du
développement durable des sociétés soucieuses de leur
construction nationale, régionale, continentale ou mondiale.
Je pense à l'Amérique, Canada et Etats-Unis. Je pense à
7l'Union européenne en construction, en quête d'unité dans
la variété, aussi bien que de variété dans l'unité. De même
l'Union Africaine, tournant le dos à toute forme d'apartheid
et ouvrant les bras à la diversité humaine nommée arc-en
ciel en Afrique du Sud. Je pense aux grands pays comme la
Chine, la Russie, le Japon et le reste de l'Asie avec lui. Je
pense aux couleurs du Brésil et aux promesses de
l'Amérique latine. Je pense à la composante féminine de
l'humanité, souvent placée sous l'ombre de la composante
masculine comme si celle-ci pouvait se passer d'elle, et
inversement: l'une sans l'autre serait stérile et sans avenir.
Les femmes ont beau être les plus nombreuses, chaque
société a produit mille artifices culturels pour les mettre à
l'écart, alors que sans elles les hommes sont stériles et toute
la société biologiquement condamnée à mort. Les prolétaires
ont beau construire des ponts, des locomotives et des palais,
les conservateurs adeptes du libéralisme ou du darwinisme
social les prennent pour des inaptes devant occuper les bas
étages. Les patrons sont mal aimés par la gauche extrémiste,
alors que manquer d'entrepreneurs dans une société annonce
la misère et la pauvreté. Sans eux, c'est comme eux sans les
travailleurs, c'est-à-dire une société stérile et pauvre,
incapable de fonder l'efficacité collective et d'instaurer la
justice sociale, puisque personne ne saura jamais bien
partager la pénurie.
Seule la diversité sait combattre la pauvreté, en
amplifiant l'apport de chaque membre combiné à celui des
autres.
La plus grande misère est celle de la pensée unique
qui ne sait ni réconcilier ses fils entre eux, ni ceux-ci avec
leur avenir. Le libéralisme et le socialisme sont des
œuvres de la pensée unique entrées en divorce avec le
développement durable. Le libéralisme et le socialisme
sont dans une phase d'obsolescence irréversible. Ils sont
8devenus impropres à notre consommation intellectuelle
transmillénaire, associée à notre passage du deuxième au
troisième millénaire. Toutes les énergies intellectuelles
qui leur sont consacrées ne sont investies que dans les
combats perdus, parce que les hommes souvent ne
savent pas toujours évaluer les gaspillages qu'ils
engendrent, surtout quand la politique et la culture s'en
mêlent.
Le besoin est devenu grand et inévitable d'une
nouvelle pensée mondiale de philosophie politique,
économique, culturelle et morale digne de notre temps et
du temps de nos enfants, à travers le monde.
C'est cette philosophie que nous inventons et
dévoilons sous le nom de diversitéisme, ou l'éloge
fondamental de la diversité comme source de prospérité,
dans la marche de l'humanité vers le stade suprême de
la démocratie et de l'amour de l'autre comme soi-même
et comme lui-même s'aime.
Par rapport à ce stade suprême, nous ne sommes
actuellement que dans le purgatoire, avec le libéralisme et le
socialisme comme boulets attachés à nos pieds droit et
gauche, les têtes droguées de pensée unique, cynique et
dogmatique, jacassant et priant pour que vienne le « règne
de l'Unique» figuré par l'unique Dieu, dans le royaume
idéal, au ciel comme sur terre. Dans la logique de la pensée
unique qui ne voit qu'un seul modèle idéal pour tous et au
dessus de tous les membres d'un groupe, divin ou humain. Il
s'agit là du mode de pensée propre aux premier et deuxième
millénaires. Au sujet de Dieu, du parti, du sexe civique, de
la race, de la tribu, de l'idéologie, de la théorie, de la
religion, nous ne faisons que croire que l'unique est la
solution idéale et même la seule viable, au ciel comme sur
terre. Les adeptes de la pensée unique, quand ils pensent la
9politique, idéalisent le monopartisme tels les marxistes, et en
théologie rêvent de monothéisme dans le même réflexe.
Le diversitéisme est l'anti-dote contre toutes les œuvres
vulgaires ou sacralisées de la pensée unique caractéristique
des millénaires passés; c'est le passeport culturel de
passage au troisième millénaire pour permettre à
I 'humanité de tourner le dos à la pensée unique. C'est une
philosophie destinée à servir de boussole à tous ceux qui, à
travers le monde entier, luttent pour le pluralisme et
l'humanisme version troisième millénaire, sans exclusive et
sans excessive, contre tous les extrémismes.
Une troisième philosophie mondiale est donc née, mise
en chantier et lancée, pour marquer et prendre acte de
l'obsolescence du libéralisme et du socialisme, et tenter de
les succéder, avec le concours de tous ceux qui sont
vaccinés contre tous les extrémismes. Plus que la troisième
voie qu'elle s'affirme être par ailleurs, c'est une refondation
globale traçant la voie du troisième millénaire.
J'ai trouvé cette possibilité d'un départ, qui s'enrichira
chemin faisant. Comme le dit Edgar Morin: «Une théorie
n'est pas la connaissance, elle permet la connaissance. Une
théorie n'est pas une arrivée. C'est la possibilité d'un départ.
Une théorie n'est pas une solution, c'est la possibilité de
traiter un problème» (Science avec conscience, 19921).
C'est sûr, une théorie n'est pas un train dans la gare
d'arrivée, mais dans la gare de départ; ce n'est pas un
atterrissage, mais un décollage; ce n'est pas la réalité toute
exhaustive et toute crue, mais le produit d'une observation
dynamique par satellite, la réalité décrite en la simplifiant,
en relevant, idéalisant, modélisant l'essentiel. La théorie doit
être plus simple que la réalité, elle doit enseigner la réalité
en peu de mots, en fournissant une clé la plus générale
possible, ou quelques clés ou lunettes, pour une lecture aisée
de la réalité elle-même.
10Le libéralisme, c'est la lecture de l'économie et de la
société à partir d'une clé: la liberté (individuelle); le
socialisme, c'est la lecture de l'économie et de la société à
partir d'une clé : la solidarité ou la justice sociale (en faveur
des prolétaires). Je peux le dire dès à présent, le
diversitéisme, c'est la lecture de l'économie, de la société et
du monde à partir d'une clé, la diversité enrichissante des
membres de la société humaine ou de la nature sous l'angle
de la biodiversité.
Tout ce qui est succès dans le monde est le fruit de la
diversité. La nature chante, danse et évolue au rythme de la
diversité, à commencer par celle des atomes, pour ne pas
parler de celle des particules élémentaires constitutifs des
atomes. L'humanité doit s'en rendre compte et entrer dans la
danse, avec le diversitéisme comme chanson, c'est-à-dire
comme théorie ou culture générale.
Une troisième voie mondiale de philosophie générale
(politique, économique, culturelle, morale et même
religieuse), comparable au libéralisme, au socialisme et
même au monothéisme, peut être inventée. Et surtout elle
doit l'être. La question doit préoccuper, du moment que les
solutions antérieures ne conviennent plus tout à fait.
Au demeurant, nous n'avons pas le droit d'être une
génération culturelle sans idéologie à la sauce de notre
siècle, sans philosophie convenable, sans valeur ajoutée aux
idéologies héritées pratiquement du dix-huitième siècle ou
des siècles antérieurs: le libéralisme, le socialisme, le
monothéisme et autres ne sont que les idéologies de nos
arrière-arrière-grands-parents qui ont eu le mérite de les
inventer, sans tomber dans la paresse intellectuelle en
matière d'invention doctrinale qui caractérise les
générations de notre temps. Notre génération se complait
tellement dans la consommation et la vénération des
idéologies du passé que certains de nos grands penseurs
Ilenseignent « la fin de l'histoire» idéologique de l'humanité
en admettant la victoire éternelle de la vieille idéologie
libérale. On oublie que, avant sa débacle actuelle, le
socialisme a aussi eu ses instants de gloire mal extrapolés
par les adeptes de la pensée unique qui avaient déjà
proclamé la fin de I'histoire en lui donnant le sens
communiste d'une société indépassable sans classes.
La débâcle du socialisme ne marque pas la fin de
l'histoire de l'humanité condamnée à se droguer sans fin de
libéralisme. Un unique aliment n'est jamais qu'une
nourriture trop pauvre pour emporter la satisfaction des
hommes, encore moins dans le domaine de la pensée.
Une nouvelle philosophie va naître. Une telle philosophie
doit s'élever sur une fondation solide, forte de sa cohérence
avec la réalité et avec les découvertes anciennes et
contemporaines.
La diversité de ses membres est bien le fait le plus
marquant de toute société humaine aussi bien que de toute
l'humanité, aussi bien que de toute la nature. Dans le même
temps, le refus intrinsèque de l'autre est le fait
caractéristique des pensées dominantes, qu'elles soient de
gauche ou de droite, au nord ou au sud, dans les pays
développés comme dans les pays en voie de développement.
Quel contraste! Quelle béance! Quelle misère de la
pensée! Quelle contradiction! Une contradiction qui devrait
discréditer les pensées dominantes. Puisque les faits, dont
celui de la diversité, ne peuvent être changés, convenons
que c'est bien à la pensée de s'ajuster, pour retrouver sa
place d'honneur permettant à l'homme de s'élever vers les
plus hautes valeurs pouvant lui fournir des solutions à ses
préoccupations quotidiennes et pérennes.
Or, face à la diversité qui est un fait, les penseurs les plus
célèbres de nos sociétés ont investi toutes leurs énergies
intellectuelles pour démontrer et nous convaincre de
12l'importance de la liberté (dans le cadre du libéralisme) ou
de la solidarité collective (dans le cadre du socialisme ou de
la social-démocratie), sans même s'accorder sur la place
respective de ces valeurs qui ne sont en vérité que des désirs
culturels et historiques parce que datés (s'agissant de la
liberté et de la solidarité, I'histoire regorge de sociétés
humaines où ces valeurs n'étaient pas adulées en conscience
et n'étaient pas des faits vécus, parfois même niées dans les
sociétés esclavagistes ou antiféministes).
L'investissement intellectuel concentré sur la liberté et la
solidarité fait que tous ceux qui, à travers le monde entier,
luttent pour le pluralisme et s'opposent aux pensées uniques
justifiant l'exclusion de l'autre sont en manque d'une
philosophie pouvant leur permettre de proclamer, au
contraire, l'éloge de la diversité comme richesse des nations
et comme richesse du monde.
Au troisième millénaire pourrait correspondre une
troisième voie de la philosophie politique, économique
et morale. Le diversitéisme est le nom que nous
attribuons à cette troisième voie politique, économique,
culturelle et morale qui manque au monde.
Après une ouverture par le texte fondateur numéro
un qui présente le diversitéisme comme un nouvel
humanisme et un nouveau séisme, cet ouvrage, qui
n'est qu'un point de départ, fait un détours utile
proposant de constater que la plus grande solution à nos
maux sociaux, c'est la culture. Notamment la croyance
politique générale. L'ouvrage expose ensuite
successivement les balises qu'offre le diversitéisme sur
les thèmes ci-après: le diversitéisme face au libéralisme
et au socialisme; les relations humaines à l'aune
diversitéiste; la diversité et l'hypercomplexité des
hommes; le diversitéisme face à tous les
13extrémismes de la pensée unique, dont le monothéisme
; le diversitéisme et le développement économique; le et la mondialisation; le diversitéisme
appliqué aux questions usuelles.
Ce document comprend en outre, pour se fixer les idées,
deux textes fondateurs numéros deux et trois, initialement
conçus comme notes de présentation lors des
conférencesdébats ou pour servir d'articles séparés pour les publications
dans les quotidiens et les revues.
Tout en les extrapolant dans de nouvelles directions, les
textes introductifs et fondateurs numéros deux et trois
résument les idées formulées dans la partie principale de cet
ouvrage, parfois avec des rappels et répétitions de
définitions pour les besoins d'interventions ou publications
initialement conçues indépendantes.
Les trois textes fondateurs sont des textes indépendants
qui peuvent être lus chacun à son heure. Quoi qu'il en soit,
le diversitéisme étant encore à son point de départ ne peut
pas déjà se passer de répétition, matrice de tous les modes
d'enseignement et de tous les débats lancés en position
créative initialement minoritaire.
La position minoritaire, obligeant à se répéter par souci
d'enseignement, est le statut courant de tous ceux qui tentent
d'inventer et de diffuser quelque chose d'assez nouveau par
son contenu ou par sa construction (tout beau palais n'est
souvent qu'une combinaison éclatante de matériaux parfois
déjà connus). Le libéralisme et le socialisme ont beau être
vieux de plusieurs siècles, ils continuent de faire les titres
d'ouvrages nouveaux. Pascal Salin, l'auteur de Libéralisme
(Odile Jacob, 2000), que j'ai eu comme professeur à
ParisDauphine, en est très friand. Qui se souvient encore que le
mot « socialisme» a mis plus de dix ans avant de devenir
d'un emploi courant dans le vocabulaire littéraire, d'après le
dictionnaire Larousse de la philosophie, édition 2001, que
14j'ai acheté pour voir ce qu'on y dirait de diversité, pour
constater qu'aucune entrée thématique n'était réservée à ce
concept qui sera pourtant, assurément, le plus loué du
troisième millénaire. Je laisse le soin à mon éditeur d'en dire
un mot à son confrère.
La majorité de nos contemporains n'a pas toujours
raison, elle qui souvent boude les idées et les présentations
neuves. Il faut bien l'accepter, sinon on ne pourrait croire à
la raison des précurseurs forcément isolés à leurs débuts.
Des marginaux, des minoritaires que nous sommes, bravant
tel Galilée les idées convenues, conservatrices et
paresseuses. Sans eux on vivrait dans l'uniformité, dans
l'erreur, dans la torpeur, dans un constant sentiment de
pauvreté et d'ennui intellectuels et matériels. Oui, la
diversité est notre salut, et le philosophe est forcément
contrebandier des idées et cuisinier des mots d'avenir. Le
diversitéisme est notre avenir. L'avenir de toute l'humanité,
du nord au sud, sur tous les continents. N'ayons pas peur de
le dire très tôt, d'avoir tort aujourd'hui et raison demain. A
l'inverse de l'exploit de Karl Marx et des marxistes, dont les
succès d'hier et les déboires intellectuels d'aujourd'hui, font
perdre à I'humanité tout enthousiasme devant les idées
générales. Heureusement que l'humanité ne peut se passer
d'idées générales, sans déshonorer l'espèce. Une seule
chose pourrait nous infirmer: l'homme est si complexe de
nature que lorsqu'il reconnaît une dette, il ne se sentira pas
forcément obligé de la payer. La dette de I'humanité est
immense, vis à vis de la diversité enrichissante. Les preuves
sont pourtant patentes, plus patentes que pour toute autre
idée générale faite idéologie politique, économique et
culturelle. Le montrer est l'objet de ce livre.
You know what is liberalism or conservatism, the first
way of political philosophy, praising liberty against social
15justice. You know what is socialism, the second way of
political philosophy, praising social justice, solidarity or
welfare state, versus individual liberty. But, sure, many
people with Harvard students among them still ignore
diversitism, the third way of political philosophy, designed
for the third millenium, praising diversity as a complex of
liberty and solidarity among a large varied number of
people, praising diversity as a real blessing, as a real spring
of wealth and welfare. Notice the diversitism book is
alreadyavailable in French!.
I
Cela n'est pas à traduire dans le texte, par la volonté de l'auteur, mais
c'est la version suivante en français qui fait foi: Vous connaissez le
libéralisme (en Europe), ou le conservatisme (en Amérique), la première
voie de la philosophie politique, vantant la liberté contre la justice
sociale. Vous connaissez le socialisme, la seconde voie de la philosophie
politique, vantant la justice sociale et la solidarité, contre la liberté
individueIle. Mais, c'est certain, beaucoup de gens, parmi lesquels les
étudiants de Harvard, ignorent pour un temps encore le diversitéisme, la
troisième voie de la philosophie politique, conçue pour le troisième
miIlénaire, vantant la diversité comme un complexe de liberté et de
solidarité au sein d'une population nombreuse et variée, vantant la
diversité comme une vraie bénédiction, comme une réeIle source de
richesse et d'épanouissement. Notez que le livre sur le diversitéisme est
déjà disponible en français.
161
Diversitéisme, nouveau séisme, nouvel humanisme
Texte introductif et fondateur numéro un, dédié aux
auditeurs de Radio France Internationale sur tous les
continents et à la francophonie militant pour la diversité
culturelle. N'allez pas pour autant combattre l'anglais, nous
sommes nombreux à aimer cette langue.
En cette aube de troisième millénaire, lorsqu'on est un
homme de gauche, de centre gauche ou de centre droit, ou
même de droite, mais loin des extrêmes, et doublement
vacciné contre les méthodes traditionnelles et les prétentions
intellectuelles et dogmatiques du libéralisme d'une part, et
du socialisme d'autre part, on est aujourd'hui sans boussole
philosophique, quel que soit son continent.
Bénéficiant de notre totale sympathie, mais manquant de
généralité malgré sa consistance, la troisième voie, version
anglo-saxonne avec Tony Blair, n'est pas la réponse
fondamentale à cette préoccupation. Cette troisième voie-là
est un pragmatisme, un réalisme ou un éclectisme flou, sans
boussole philosophique, sans visibilité politique s'appuyant
sur un concept philosophique ou simple,
comparable à la liberté qui permet d'expliquer le libéralisme
en peu de mots, ou comparable à la solidarité (ou la justice
sociale) qui clarifie aisément le socialisme indépendamment
de ses variantes.
Très clairement, en peu de mots et sans animosité, le
libéralisme, c'est l'éloge radical de la liberté, et le
socialisme l'éloge fondamental de la solidarité ou de la
justice sociale. Et la troisième voie? La réponse est jusqu'à
17présent confuse et se dilue dans la description exhaustive de
la chose, dans le cadre de la définition d'un programme
politique qui vise le renouveau de la social-démocratie,
sous-titre de l'ouvrage la troisième voie2, publié en 2002 par
Anthony Giddens (directeur de la London School of
Economies) et Tony Blair (Premier ministre britannique),
sous la préface de Jacques Delors, ancien président de la
Commission Européenne. Dans cette version, la troisième
voie est un programme politique naviguant, sans repère
propre, entre le libéralisme et le socialisme, en vue
d'adapter la social-démocratie au nouveau contexte de la
mondialisation. On ne peut actuellement définir sobrement
la troisième voie sans citer ses deux concurrents, ce qui est
un comble politique sinon médiatique.
Devoir citer son concurrent à chaque apparition, c'est
déjà lui attribuer des points et travailler pour lui: l'erreur
baptismale de SOS Racisme, par exemple, qui porte le nom
de son ennemi, faisant involontairement sa promotion à
chaque sortie, faute de nom propre. Les racistes ont au
moins pour eux le mot « racisme» comme programme et
comme étendard. Sur affiche, SOS Racisme sonne
différemment selon ce qu'en en pense. Pour les racistes mis
en éveil, cela peut vouloir dire que « Le racisme est en
danger, il faut le sauver» ; pour les anti-racistes qu'on invite
à la défensive, ce qui n'est pas la meilleure situation2, on
veut dire: «Attention, le racisme continue de faire des
ravages. » Ceux qui sont dans cette position intellectuelle
défensive doivent investir leurs finances et leurs énergies
pour expliquer ce qu'est le racisme, puis s'investir à
nouveau pour expliquer en quoi le racisme est un danger. Et
si l'auditeur n'est pas finisseur, il ne comprendra qu'une
partie de la leçon, uniquement ce qu'est le racisme présenté
favorablement avant d'être détruit dans le jeu dialectique: le
2
On entend dire que souvent « la meilleure défense, c'est l'attaque ».
18contraire de ce qu'on voudrait qu'il comprenne dans la
partie réservée à la condamnation. La promotion de
l'ennemi est assurée. Le marketing le plus élémentaire
conseille de donner à son produit un nom et une formule
publicitaire autonome, qui ne fasse allusion à celui du
concurrent (sauf quand on considère qu'il est le plus fort). Il
faut toujours trouver un bon nom pour son parti ou pour son
idéologie, pour travailler en position intellectuelle d'attaque
ou d'initiative, amplifiant intensivement les formules
positives et autonomes du type « Touche pas à mon pote ».
La grande force du marxisme lorsqu'il était au zénith fut
d'obliger toutes les écoles à se situer par rapport à lui (pour
ou contre, c'était déjà reconnaître sa force).
Il faut attribuer le mauvais rôle à l'ennemi devant se
justifier, non devoir se justifier vis à vis de lui. Mépriser,
ridiculiser, démonter, dépasser, c'est parfois tout
simplement négliger ou ignorer le « produit» du concurrent
et exposer sa propre vision lorsqu'on se sent suffisamment
fort: attitude américaine, à l'ONU, par rapport à la position
française qu'on n'a pas laissé s'exprimer dans la discussion
d'un veto sur la guerre en Irak (2003). Bien sûr, il ne faut
pas fuir ou éluder les débats, mais il faut bien se rendre à
l'évidence pour constater que la critique d'une idée ne suffit
pas, et qu'elle est coûteuse, s'il n'y a rien à vendre à la
place. L'ensemble des critiques justifiées n'a jamais
constitué une alternative cohérente et convaincante, pouvant
permettre de répudier une idéologie dépassée et malsaine.
S'agissant de la troisième voie, on hésite bien entre
énoncer le libéralisme social ou le socialisme libéral, ou
d'indiquer qu'il s'agit d'un nouveau progressisme, sans rien
trouver de mieux, finalement, que l'expression « troisième
voie », pleine de promesses. Il reste que devant un père et
une mère, on n'a pas dit grand-chose en désignant leur
]9enfant par le « troisième homme », surtout quand cet enfant
n'est même pas distinctement nommé et identifié.
La confusion et l'absence de lisibilité sont telles que,
après avoir analysé la troisième voie version blairiste, un
sociologue de la trempe d'Alain Touraine se voit obligé de
proposer à la place, dans Comment sortir du libéralisme3,
une « voie 2 _ » pour le centre gauche. Convenons que la
méthode d'Alain Touraine et de bien d'autres est une fuite
en avant inépuisable puisque l'algèbre la plus simple donne
une infinité de solutions dans la détermination des nombres
réels compris entre deux et trois inclus. De voie, chacun
aurait la sienne comme le trajet d'un grain de fumée allant
se perdre dans l'espace.
Travaillant sur cette question hors des grands médias et
dans les tares de la francophonie en matière de diffusion des
idées3, je crois avoir trouvé une solution permettant
d'attribuer à la troisième voie un nom propre et un contenu
étendu, en lui fournissant par la même occasion une assise
claire et pluridisciplinaire.
Nous donnons à la troisième voie (version francophone,
philosophique et mondiale), le nom de diversitéisme, ou
éloge général de la diversité.
Il s'agit de cette diversité observée depuis toujours, et
vénérée par les biologistes dans presque tous leurs travaux
contemporains, les altermondialistes et les écologistes dans
leur conception du développement durable et les
économistes de toutes tendances dans l'analyse de la
spécialisation (ou division du travail) et dans la théorie
moderne du portefeuille financier ou boursier, étendues au
développement économique que nous concevons comme
processus de diversification enrichissante. En effet, il faut
3
Comme les banquiers, la grande presse francophone n'ouvre ses portes
qu'à ceux qui sont déjà en position de rente de situation; le
capitalrisque en moins.
20bien percevoir qu'un pays sous-développé n'est qu'un pays
sous-diversifié, et inversement, notamment sous l'angle de
sa population active et de sa base productive. Ne disposant
ni de professionnels ni de produits variés, en grand nombre,
un pays ne peut entrer dans le cercle vertueux et la
dynamique auto-entretenue du développement. C'était là
l'objet de ma conférence de presse à l'hôtel Méridien de
Brazzaville, le 25 janvier 2003, sur le thème
«Diversitéisme, troisième voie mondiale de philosophie
générale, par-delà le libéralisme et le socialisme ».
D'une manière générale, la diversité caractérise et
désigne une communauté, une union, ou une société
(solidaire), d'individus différents. Ce concept réunit par
définition les termes de communauté ou société, d'individu,
de différent ou libre, et de solidaire, habituellement séparés
par les libéraux, les socialistes et leurs philosophes. Par là,
la diversité intègre tout à la fois les notions de société ou de
solidarité d'une part, d'individu et de droit à la différence ou
liberté d'autre part, inextricablement. La diversité, désignant
l'union de différences mises en commun, est donc un
concept composite d'une valeur morale supérieure, haute et
intégrale, comparée à la de la liberté et à celle de la
solidarité, partielles prises isolément. Comme le précisent
les dictionnaires, le contraire de la diversité, c'est la
monotonie, ou l'uniformité.
L'éloge de la diversité est au diversitéisme ce que l'éloge
de la liberté est au libéralisme, et ce que l'éloge de la
solidarité - ou de lajustice sociale - est au socialisme, au
communisme ou à la social-démocratie. En d'autres termes,
le libéralisme, c'est l'éloge radical de la liberté; le
socialisme l'éloge inaliénable de la solidarité, et le
diversitéisme, l'éloge général de la diversité. Si, en toute
simplicité, le libéralisme est nommé première voie et se
présente comme la thèse fondée sur la liberté individuelle, et
21le socialisme comme étant la deuxième voie et l'antithèse
fixée sur l'obligation de solidarité collective, alors le
diversitéisme se présente bien comme la synthèse appropriée
par définition et comme la troisième voie mondiale de
philosophie générale.
Le diversitéisme, c'est la recherche permanente d'une
intelligente combinaison de ce qui est différent et varié, pour
générer le progrès et la sécurité face aux risques et
insuffisances de la solution unique, dans un monde
complexe, évoluant en avenir incertain. C'est la
généralisation pluridisciplinaire de la pensée qui fait l'éloge
radical de la diversité comme source de richesse, de vie ou
de survie, de progrès et d'épanouissement individuel et
collectif, en s'appuyant sur la liberté individuelle et la
solidarité collective, sur le marché et sur l'Etat, et bien plus
encore, sur la société civile, puisqu'il ne faut pas oublier les
organisations non gouvernementales et non marchandes. Le
diversitéisme se situe par-delà le libéralisme et le
socialisme, sans exclusive et sans excessive, contre tous les
extrémismes.
Diversité, j 'honore ton nom, que j'écris en mariant
l'encre noire et le papier blanc, sous une ampoule jaune. S'il
n'y avait qu'une seule couleur toute misérable dans son
uniformité, je serais obligé d'écrire blanc sur blanc, ou noir
sur noir, ou jaune sur jaune, de manière illisible, autant dire
que je ne pourrais écrire ton nom, le lire et être heureux, en
jouissant de toi, dans l'amour de l'autre, de bonne foi et
dans le respect de la loi. Diversité, j 'honore ton nom, contre
toutes les œuvres qui placent l'unique au firmament,
marquant ainsi leur refus de l'autre et donc de toi. Diversité,
j 'honore ton nom, comme source de richesse, de vie, de
progrès et de prospérité, permettant de tourner le dos à la
pauvreté, à la stérilité et à l'uniformité sans espoir de
pérennité, de génération en génération. Diversité, j'honore
22ton nom, comme arche de Noé de l'humanité que toi seule
peut sauver face à tous les déluges et menaces de
l'environnement changeant, dans l'incertitude radicale de
l'avenir. Diversité, j'honore ton nom, par le diversitéisme
comme plus belle chanson du monde, partout chantée par la
nature elle-même, à la face de l'humanité qui ne peut plus
longtemps continuer à faire la sourde oreille. Diversité, je
t'installe à la face du monde qui t'appartient sans égal. Tu as
fait le monde, et nul ne peut te résister et survivre sans toi et
mieux que toi.
Lorsque vous dites à vos enfants que la bonne
alimentation est une alimentation variée, en faisant tout pour
qu'elle soit ainsi dans votre foyer, vous faites du
diversitéisme. Lorsque vous dites que l'homme sans la
femme est stérile, vous énoncez le diversitéisme, comme
monsieur Jourdain la prose sans le savoir.
Lorsque vous conseillez à chacun de diversifier son
portefeuille boursier quand il en a, ou de ne pas mettre tous
ses œufs dans un même panier, de ne pas investir
définitivement et complètement tous ses avoirs dans la
meilleure action boursière du jour, vous pratiquez le
diversitéisme.
Lorsque vous voulez non pas une seule profession la
meilleure, mais des boulangers, des garagistes, des
jardiniers, des fermiers, des médecins, des journalistes, des
chimistes, des mathématiciens, des physiciens, des
biologistes, des économistes, des avocats, des éditeurs,
hommes ou femmes, des banquiers, des professeurs, des
curés, des policiers, des humoristes, des philosophes, etc., à
votre proximité, vous êtes partisans du diversitéisme dans le
domaine professionnel en particulier, et dans le domaine
culturel en général.
Lorsque vous souhaitez étendre les droits des étrangers,
heureux d'en trouver dans votre pays, sans accepter que
23cette générosité vous coûte votre sécurité, vous faites du
diversitéisme, en harmonisant plusieurs principes à la fois.
Je conçois que trouver des étrangers variés dans une
population donnée est le nouveau signe extérieur de
modernité, de prospérité et de séduction internationale,
visà-vis du reste du monde et sous le regard du reste du monde.
Un pays doté d'une population sans étrangers est
aujourd'hui un pays jugé attardé ou méprisé par les autres;
attardé par son autarcie; misérable pour ses membres, bien
plus que pour les étrangers, comme un jardin sans couleurs,
et fait de plantes uniformes. En d'autres termes, l'absence
d'étrangers est le signe extérieur de misère autant que
d'inhospitalité nationale, et il n'y a pas de quoi s'en féliciter
comme succès d'une politique restrictive d'immigration.
Aucun pays ne peut recevoir « la misère du monde », mais
personne ne veut aller vers la misère d'une nation
inhospitalière, prenant la figure d'un sous-développement
sévère ou d'un nationalisme primaire.
Lorsque l'inceste est interdit, c'est pour faciliter les
mariages et autres mélanges dans la diversité et non pas
dans l'uniformité familiale fragilisante. Lorsque vous
soutenez les homosexuels, sans vouloir que tout le monde le
devienne, au risque de rendre le pays stérile, au cas où tous
les hommes se mettraient à tourner le dos à toutes les
femmes, et les femmes inversement, en même temps, vous
avez une attitude diversitéiste, en restant conscient des
limites de la liberté individuelle. Si la liberté de chacun était
celle de tourner le dos à l'autre, la liberté serait fatale pour
toute l'espèce: enfants, comment serions-nous nés? Où l'on
voit que la liberté n'est pas suffisante, en l'absence de
diversité en œuvre dans la population, se combinant,
s'enlaçant en se regardant face à face, dans le partage, pour
survivre dans la joie. La liberté individuelle, ou le droit à la
différence, n'est viable que lorsqu'elle ne tourne pas le dos à
24l'autre, c'est-à-dire lorsqu'elle prend l'autre en mariage
légal ou non, en choisissant d'embrasser l'autre
régulièrement pour évoluer dans l'harmonie. Sans l'autre,
pas d'enfant, par exemple, et donc pas de vie laissée en
héritage, et dans nos tombes, morts libres ou solidaires, nous
aurions tous tort. Sans liberté, mais en présence de diversité,
la vie peut continuer (bien médiocrement, mais continuer
quand même), puisqu'on enregistre des naissances dans les
prisons, ainsi que dans les goulags, dans les viols, dans les
régimes esclavagistes, qui sont des situations ignobles de
négation de la liberté. Par contre, sans diversité (des sexes et
des âges par exemple), la vie ne peut continuer: la diversité
est donc bien supérieure à la liberté, et elle est la condition
et le chemin de la vie. Sans elle, la liberté serait inopérante
et incapable de sauver une société de la disparition en une
seule génération.
Lorsque vous militez, non pas contre la mondialisation,
mais pour une meilleure mondialisation, tournée vers le
développement multidimensionnel et durable pour tous,
c'est-à-dire un développement économiquement efficace,
socialement juste, politiquement pluraliste et fédéraliste,
écologiquement sain, culturellement varié, et humainement
digne, respectueux de la dignité de tous les hommes dans
leur diversité, vous faites du diversitéisme.
Quand Nicolas Sarkozy, aux universités d'été 2004 de l'UMP
à Avoriaz, constate que la France est multiple dans le sport « et
pas dans les élites », puis défend la nécessité d'une « diversité
aux plus hauts postes de responsabilité », avant de se sentir
obligé d'inscrire cela dans un projet de « refondationdoctrinale»
de l'UMP, comme pour tout parti voulant «précéder la société»
dans ses idées, il finira par se rendre compte que le diversitéisme
est l'idéologie qui lui manque. Ses propos rejoignent d'ailleurs
ceux que Jacques Chirac formulait déjà dans son livre de
campagne (Une nouvelle France, 1994) : « Il nous faut une
société où chacun accepte et reconnaisse l'autre ». Le combat
25n'est pas différent pour ceux qui ont initié le projet de la
« parité» malgré les réserves que suscite la méthode adoptée.
Quand les dirigeants des pays industrialisés
subventionnent et protègent leur agriculture pour éviter
l'effondrement d'un secteur agricole qui compléte si
heureusement l'industrie et les services nécessaires à la puissance
de l'économie nationale ou régionale, le diversitéisme est la
philosophie qui occupe leur esprit avant la lettre.
Quand Denis Sassou Nguesso, Chef d'Etat congolais, adopte
pour son pays pétrolier, comme ses pairs dans la même situation,
une politique de « diversification de l'économie par la promotion
du secteur non pétrolier », cela procède d'une philosophie
générale volontariste, ni purement libérale, ni vraiment socialiste,
qui a pour fondement implicite l'éloge de la diversité économique.
Car c'est la valeur de la diversité comme source de richesse et de
sécurité économiques qui fait que la diversification est le chemin
incontournable du développement. En effet, le développement ne
peut reposer sur un seul produit, fut-il l'or noir, blanc, vert ou
jaune. A lui tout seul, malgré sa valeur, le pétrole ne suffit pas.
Non seulement il s'agit d'une ressource non renouvelable, mais
par ailleurs son prix est instable, ne pouvant servir de socle solide
pour un développement prospère et durable. Le diversitéisme
apparaît donc comme la vision philosophique implicite et globale
de la Nouvelle Espérance (programme politique du gouvernement
du Congo). Le diversitéisme est la Nouvelle Espérance en matière
philosophique.
En vérité, en politique et en économie, la valeur de la diversité
est plus fondamentale qu'il n'y paraît: par-delà l'éloge de la
liberté dans le cadre du libéralisme et celui de la solidarité dans le
cadre du socialisme ou de la social-démocratie, l'éloge de la
diversité, si bien nommée arc-en-ciel en Afrique du sud, est le
noyau dur qui va désormais éclater sans pareil dans la vision
moderne oufuture de la politique version troisième millénaire.
La diversité est la richesse et la promesse d'une société en
devenir. L'éloge de la diversité, entendue comme unité dans la
variété, plutôt que l'unité dans l'uniformité, est au diversitéisme
ce que l'éloge de la liberté est au libéralisme et ce qu'est l'éloge
26de la solidarité au socialisme. Dans le libéralisme, la liberté se
conçoit éventuellement sans contrainte d'unité ou de solidarité.
Dans le socialisme, la solidarité se conçoit sans garantie
intrinsèque de liberté individueIle. Dans le diversitéisme, la
liberté et la solidarité sont intimement liées, l'une limitant et
enrichissant l'autre, sans préférence obligée, sans exclusive et
sans exceSSIve.
II faut en effet constater et souligner que la diversité est une
valeur politique composite, intégrant dans sa définition propre le
mariage de l'unité et de la variété; c'est la synthèse de la
solidarité, formant l'unité, et de la liberté adossée à la variété. La
diversité est en effet le nom et la caractéristique d'une union
d'êtres différents, donc à la fois libres et solidaires.
En ce sens, le diversitéisme est bien la synthèse doctrinale qui
manque à la politique, divisée entre le libéralisme (éloge de la
liberté ou de l'efficacité individueIle) et le socialisme (éloge de la
solidarité ou de la justice sociale). Nous disons que, en politique
et en économie, le libéralisme est la thèse, le socialisme
l'antithèse, et le diversitéisme la synthèse, et donc un progrès
dans le domaine des idées.
Tous les refondateurs doivent se poser les questions suivantes:
veulent-ils changer la couleur ou la nature de leur parti?
Veulentils changer la qualité ou seulement l'intensité de leurs dogmes?
Veulent-ils enrichir ou intensifier leur idéologie
initiale? Sous tous les angles, ces questions reviennent à ceci: ils
ont à choisir entre le libéralisme, le socialisme et le diversitéisme.
S'il faut choisir entre la liberté, la solidarité et la diversité, je
choisirais le troisième terme en étant sûr de posséder par là les
deux autres.
Ainsi donc, quand vous luttez contre l'uniformisation et
la pensée unique, et en faveur de la diversité biologique,
professionnelle, économique, politique, culturelle, etc.,
faites-le au nom du diversitéisme. Il n'y a pas de meilleur
combat.
Généralisez cette façon (diversitéiste) de penser en
l'appliquant à la politique, à l'économie, à la biologie, à la
physique quantique (hasard et nécessité), à l'écologie
27(biodiversité), à la culture générale, y compris la religion.
Vous pouvez alors mesurer la valeur du diversitéisme. C'est
la troisième voie mondiale de philosophie générale,
scientifique, économique, politique et culturelle. Non pas
contre, non pas entre, mais par-delà le libéralisme et le
socialisme, en héritage, comme l'est le fils vis-à-vis du père
et de la mère. Le fils pro-créé par les deux parents, n'est pas
la moitié de chacun des deux parents, ni leur centre. Il est à
la fois doublement combiné, génétiquement différent et
nouveau, tourné vers l'avenir et capable de se pencher sur le
passé.
Le diversitéisme se veut une critique profonde, féconde et
en toute connaissance de cause, offrant une alternative
solide à toutes les œuvres de la pensée unique que sont: le
libéralisme, le socialisme nourri de marxisme, l'eugénisme,
le racisme, le nazisme, le tribalisme, l' antiféminisme, le
monopartisme, le monothéisme, le déterminisme, qui ont en
commun l'éloge de l'unique placé au firmament comme
solution idéale, dans les prémices ou dans la dynamique
profonde de ces modèles de pensée qui ont pour terme une
unique solution idéale sur terre comme ils concoivent
l'unique Dieu au ciel.
Proclamer le diversitéisme, c'est dire en position forte
tout à la fois SOS pensée unique, SOS libéralisme, SOS
racisme, SOS darwinisme, SOS collectivisme, SOS
étatisme, SOS monopartisme, SOS tribalisme, SOS
antiféminisme, SOS ultradéterminisme refusant le hasard et
la liberté. C'est le dire en position forte, sans être sur la
défensive, sans être obligé de citer les propres ennemis de la
pensée pluraliste; en retournant la situation, en prenant de
l'initiative, et en les mettant, eux, sur la défensive.
Par exemple, comme œuvre de la pensée unique, le
libéralisme c'est l'idéologie qui fait du champion de la
compétition concurrentielle, le meilleur devant lequel tous
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