//img.uscri.be/pth/1358fddad551be1fd3727dd92fc8218ace2f30cd
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Douze valeurs d'humanité

De
284 pages
Ces valeurs sont d'abord de vie, de relations, de respect, de travail, d'amour, de création et de justesse. Ces valeurs sont clés pour des milliards de personnes, du moins pour celles qui ne sont pas accablées par la faim, la maladie, la pauvreté ou l'insécurité. Les valeurs sont d'abord des préférences choisies, cultivées et vécues. A chacun de nous de mettre en oeuvre ses projets, ses idéaux et d'affirmer l'originalité de son individualité et de reconnaître celle des autres.
Voir plus Voir moins

z
Questions contemporaines
François MalhaireDouze valeurs D’humanitéQ Pour notre accomplissement
Questions contemporaines
Ces valeurs sont d’abord de vie, de relations, de respect, de travail, d’amour,
de création et de justesse. Ces réalités et ces valeurs sont clés pour des milliards
de personnes, du moins pour celles qui ne sont pas accablées par la faim, la Q
maladie, la pauvreté ou l’insécurité. Les valeurs sont d’abord des préférences
choisies, cultivées et vécues.
Des visionnaires – de Moïse, Confucius, Bouddha ou Jésus à Lincoln, Marx
ou Gandhi – révèlent et mettent en oeuvre des réalités et des valeurs clés.
Ils éclairent l’humanité. Ils proposent une parole de Dieu pour les croyants. Les
richesses de leurs visions aident à l’élaboration de civilisations. Et les libertés,
des techniques, les sciences, des pouvoirs et des droits aident pour le progrès Douze valeurs
des hommes. Projets, visions et valeurs sont tels des astres : ils nous guident
pour construire notre existence. Mais savons-nous nouer des relations,
travailler, aimer, exercer un pouvoir juste, ou créer, de façon harmonieuse ? D’humanité
Conscience, pratiques de réalités, projets, valeurs et approches d’idéaux
sont clés pour notre accomplissement et pour celui de nos proches. A chacun de Pour notre accomplissement
nous de choisir et de mettre en œuvre ses projets, ses valeurs et ses idéaux.
Dès lors, chacun pourra affrmer la qualité et l’originalité de son individualité,
et reconnaître celles de l’autre. Préface de Henri de Castries
François Malhaire se passionne pour l’homme, pour des organisations
et pour l’humanité. Des valeurs, des religions, des sagesses, des civilisations
l’intéressent beaucoup. Il cherche des pratiques pour développer une vie
sensée, utile, intéressante et humaine. Diplômé d’HEC et en économie, ancien Questions contemporaines
PDG et DRH international, il travaille comme Conseil en Management.
ISBN : 978-2-343-00768-7
29 €
QUESTIONS-CONTEMPORAINES_GF_MALHAIRE_DOUZE-VALEURS-HUMANITE.indd 1 22/07/13 14:46
François Malhaire
Douze valeurs D’humanitéDouze valeurs d’humanité
Pour notre accomplissement © L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-00768-7
EAN : 9782343007687François Malhaire
Douze valeurs d’humanité
Pour notre accomplissement
Préface d’Henri de Castries
L’HarmattanQuestions contemporaines
Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland
et Jean-Paul Chagnollaud

Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines »
n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la
collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et
de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser
autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la
réflexion collective.
Dernières parutions

Tony FERRI et Dragan Brki, La condition pénitentiaire. Essai sur le
traitement corporel de la délinquance, 2013.
Collectif NOUS AUTRES, Quelle action publique face au racisme ? Une
recherche-action dans le Nord-Pas-de-Calais, 2013.
Mostafa BENFARES, Altérité, responsabilité et questions identitaires. Le
cas du Québec, 2013.
Dreyfus LOUYEBO, Politique, insertion et jeunesse : l'espoir du monde,
2013.
Ahmed KHERRAZ, Pour une participation des jeunes à la vie publique.
Engagez-vous ! Réengagez-vous !, 2013.
Rodolphe DALLE (dir.), Didactique de la communication, 2013.
Sébastien REPAIRE, Sartre et Benny Lévy. Une amitié intellectuelle, du
maoïsme triomphant au crépuscule de la révolution, 2013.
Daniel ARNAUD, Le harcèlement moral dans l’enseignement. Sévices
publics, 2013.
e eHervé TERRAL, Figure(s) de l’Occitanie. XIX -XX siècles, 2013.
Etienne AUTANT, Construire une société conviviale, 2013.
Bertrand PIRAUDEAU, Le recrutement dans le football français. Histoire,
logiques et enjeux géographiques, 2013.
Jean-Marie BOUGUEN, La naissance de la politique pétrolière en France,
2013.
Herbert GESCHWIND, Le rôle des soins palliatifs, nouvelle édition, 2013.
Sébastien de DIESBACH, La révolution impossible. Mes années avec
Socialisme ou Barbarie, 2013.
Jacob ETIENNE, Protection rapprochée et sécurité entreprise. Des
nouvelles normes à l’international, 2013.
Jacques ARNOL-STEPHAN, Entreprendre dans un monde en mutation,
2013.

?Préface
A une époque où le monde évolue de plus en plus vite, où la
mondialisation entraîne un brassage de cultures, génère de grandes
opportunités de développement et de bien-être mais suscite également
pertes de repères et inquiétudes, la réflexion de François Malhaire sur
les valeurs apporte un éclairage intéressant.
Les valeurs constituent en effet un cadre essentiel à l’action des
individus et à l’harmonie de la vie des collectivités auxquelles nous
appartenons. La connaissance, le respect de nos valeurs et leur mise en
œuvre quotidienne nous permettent de structurer notre personnalité, de
construire notre destin, mais aussi de vivre ensemble.
Les valeurs guident notre action collective. Elles préparent et
reflètent les choix des collectivités et des sociétés. Vecteurs de cohé-
sion, elles facilitent les relations entre les communautés de personnes,
aujourd’hui et pour le futur. Elles sont, en effet, particulièrement
essentielles à l’heure de la prise des décisions qui impacteront les
générations qui nous suivent.
François Malhaire a consacré plusieurs années de sa vie à réfléchir
sur le rôle de valeurs concrètes de la vie, et de valeurs philosophiques,
religieuses, humaines dans la construction des civilisations. Les
valeurs fondatrices, les sagesses, la foi structurent et guident la vie
des hommes et l’améliorent en lui donnant un sens. Je forme le vœu
que son ouvrage permette au lecteur de mieux comprendre les
multiples aspects dont il traite. Puisse-t-il, surtout, l’aider à éviter
l’écueil du sectarisme et à progresser dans la connaissance et le
respect d’autrui.
Henri de CASTRIES
P-DG d’AXA
5Remerciements
Ce livre n’aurait pas vu le jour sans son éditeur, Bruno Péquignot,
ainsi que sans toute l’équipe des éditions de L’Harmattan. Merci pour
leur appréciation du manuscrit et pour leur soutien dans tout le travail
d’édition, de mise en forme et de commercialisation.
François Malhaire remercie en particulier Denis Pryen, le Président
de la maison des éditions de L’Harmattan, Virginie Hureau et aussi
Mélanie Soguet, pour leur efficacité et pour leur aide très utile et
précieuse dans le travail d’amélioration et de mise en forme du
manuscrit.
Il remercie également Henri de Castries pour sa pertinente préface.
Il exprime sa reconnaissance à son épouse Hélène pour son écoute
et sa patience concernant la lente élaboration de cet ouvrage, et à
Francine, ancienne élève de l’ENS et universitaire émérite, pour ses
suggestions utiles, ses commentaires et sa relecture. Il remercie encore
ici Patrick Ravaud qui a exprimé intérêts et encouragements sur
nombre des sujets ici traités.
Encore une fois merci.
7Introduction
Défis de notre vie
Réalités, valeurs, projets, humanité
Aucun homme n'est une île, entière en elle-même.
Tout homme est un morceau de continent, une part d’un tout.
John Donne. (1572 – 1631)
Objets du livre : réalités, valeurs, projets, rêves et humanité
L’humanisme n’est pas nouveau puisque déjà, il y a 2 500 ans, Confucius
fonde une pensée et une sagesse humaniste, en Chine.
Un humaniste vise d’abord à développer son existence et celle d’autrui
dans bien des dimensions, avec une éthique de réciprocité : voilà notre
définition.
Confucius a proposé la valeur d’exemple comme critère de bon
comportement, et cette maxime : "Ce qu’on ne désire pas pour soi, ne pas le
faire à autrui." Et 2 300 ans plus tard, Kant propose de traiter l’autre comme
« fin en soi ».
« Aucun homme n'est une île, entière en elle-même ». Le besoin de
l’autre est inhérent à l’homme, et premier. Confucius et Kant proposent là
des approches synthétiques de l’homme et de l’humanité.
Nos proches, des milliers de personnes que nous rencontrons, et des
activités constituent nos réalités clés. Elles jouent un fort rôle dans notre
existence, chaque jour, et de mois en mois.
Et que sont vos réalités, vos projets, vos valeurs, vos rêves pour
développer et accomplir votre existence ?
9Pour qui et pour quoi accomplir notre vie ?
Une approche pertinente de nos réalités, de projets de vie peu à peu mis
en œuvre sont clés pour accomplir notre existence de façon utile,
intéressante, pour autrui et pour soi. Une justesse de notre pensée, de nos
relations et de nos actions détermine une part de l’accomplissement de cette
existence.
Ce livre vise des approches pertinentes de réalités, de valeurs, de
pratiques d’une personne particulière, et de celles de civilisations.
L’air, l’eau, la terre, la lumière, le soleil, le froid ou la chaleur sont des
réalités majeures de notre vie. Des relations, une alimentation, des vêtements
nous sont indispensables. Et des soins, notre éducation, notre métier, nos
moyens d’existence, nos amours constituent des réalités clés de notre vie.
Ces réalités de notre vie unique et individuelle peuvent aussi être des valeurs
majeures de milliards d’hommes et de leurs civilisations.
Nos réalités sont différentes, à 5ans, à 15 ou à 30 ans. Elles sont
différentes à 40, à 55, à 70 ou à 90 ans. Nos valeurs et nos rêves changent.
Notre existence se vit entre nos réalités – nos grands-parents, nos parents,
notre milieu, nos relations, notre conjoint, nos enfants, notre travail, notre
environnement, nos projets de vie – et nos rêves et nos idéaux. Concilier
réalités et idéaux, s’approcher d’une mise en œuvre de nos idéaux, voilà qui
nous met en mouvement.
Un panthéon personnel est utile, de personnes que nous connaissons et
que nous apprécions. Un autre panthéon nous inspire, de personnes de
l’histoire, « très honnêtes gens » de haute qualité que nous admirons.
Nietzsche voit les plus grands hommes de l’histoire comme fondateurs de
valeurs et de civilisations – pour lui, en particulier Zarathoustra, vers 650 av.
J.-C., Bouddha, vers 500 av. J.-C. et Jésus, son ami-ennemi, vers 28 ou 30 de
notre ère. Mais les civilisations sont d’abord créées par les œuvres des
peuples. Les thèses de Marx ou de Weber dans ce domaine sont
intéressantes. Des sagesses millénaires – surtout bouddhiste, confucéenne et
chrétienne – éclairent notre existence. Nous verrons en quoi. L’humanisme
européen moderne, depuis la Renaissance, fait progresser cette valeur et
cette réalité complexe de l’humanité. Les démocraties permettent,
lorsqu’elles sont de qualité, des libertés et une meilleure égalité des chances.
10Quelles valeurs, pratiques, quels idéaux choisir pour notre vie ?
Il existe des milliers, des millions de réponses possibles à ces questions.
Comment éviter une vie sans utilité, sans beauté, sans charme, sans signi-
fication, sans intérêt, une forme de médiocrité ? Comment se rendre utile
vis-à-vis de nos proches, ou d’un grand nombre de personnes ?
Bien des personnes sont accablées par des conditions d’existence qui font
qu’elles ne peuvent guère choisir leur destin. Dans nos sociétés, dites riches,
chacun d’entre nous peut, pour partie, prendre le contrôle de son existence.
Pour cela, il est nécessaire de le vouloir, d’y travailler avec persévérance,
ardeur, ténacité, et avec des aléas. C’est le travail de toute notre existence.
Chacun de nous comporte sa part de bêtise. Peu la reconnaissent.
Qu’est-ce qui, pour vous, vaut la peine d’être vécu ?
Ce livre propose des dizaines de réponses intéressantes à ces questions,
pour vous, pour bien des personnes, ou pour vos proches. Il vise à vous faire
réfléchir sur vos choix, par l’exercice de votre jugement, sans panacée.
Ce livre n’est pas ouvrage scientifique, car les sciences ne donnent que
des visions partielles des réalités. Comment pourrait-il en être autrement ?
Les sciences visent une observation, certes profonde, mais parcellaire.
L’existence humaine n’est pas observation : elle est d’abord vie,
sensibilité, relations, beauté, souffrance, pensée, éducation, travail, maladie,
amours. Elle est technique, pouvoir, création, justesse, humanité. Elle est
incertitude, ambiguïté, stupidité, erreur et échec. Elle est aussi succès,
reconnaissance, et œuvre utile, intéressante, et belle parfois.
« Le plus important, c'est de vivre » dit le poète Federico Garcia Lorca.
Cet ouvrage décrit des expériences et des pratiques vécues avec nos
proches ou avec d’autres personnes. Des questions clés sont de savoir ce qui
nous fait vivre, ce à quoi nous accordons de l’importance.
Nos idéaux – ceux de l’homme et de l’humanité – guident notre existence.
Nous devons veiller à ce que les étoiles de ces idéaux ne se cachent pas
derrière les nuages d’une inconscience, ou de nos erreurs.
Développer notre humanité. Pratiquer des valeurs
Ce livre vise la description d’une humanité, et une aide pour développer
nos talents et nos potentiels. En particulier, pour qui, pour quoi, comment
construire notre existence ? Comment choisir et pratiquer des valeurs ?
Comment mieux choisir, réussir souvent, réduire nos erreurs ? Vaut-il mieux
vivre beaucoup, vite, parfois mal, ou vivre moins, mieux, plus lentement ?
Vaut-il mieux s’attacher aux êtres, ou se détacher d’eux ?
11Vaut-il mieux privilégier une culture de l’être, de l’amour, du travail, de
la création, de la justesse, de la vertu, ou bien une culture de l’avoir, du
pouvoir, de la puissance, de la richesse ? Parmi ces réalités et ces valeurs,
lesquelles choisir, lesquelles travailler, lesquelles privilégier ?
Les maladies, les crises de civilisations montrent que les pensées, les
sciences, les techniques ou les arts sont insuffisants pour rendre compte de la
réalité ou pour la transformer. L’art manque pour trouver des remèdes
pertinents aux difficultés des personnes et des peuples.
Et le peu que nous savons est très précieux.
Réalités, valeurs, idéaux. Visionnaires et civilisations
Les prophètes et génies fondateurs de civilisations ou de valeurs – Moïse,
Confucius, Bouddha, Jésus, Mahomet, Luther, Calvin, Gandhi… – parlent de
réalités, de valeurs, de rêves et d’idéaux. Ils proposent des visions et des
logiques puissantes de la vie, de l’homme ou de Dieu.
Ces visions d’exception, très subtiles, et les traditions que ces fondateurs
ont générées s’efforcent de traiter des principaux domaines de la vie des
hommes et de leurs civilisations. Mais religions, sagesses, hautes pensées et
civilisations n’apportent pas de solutions complètes. Cela se saurait. La
réalité dément cela. Et aucune religion, sagesse ou haute pensée ne s’impose
aujourd'hui comme vraiment universelle.
Au-delà d’énormes drames humains, les progrès de civilisations sont
forts depuis cinq ou depuis deux siècles. Mais les aléas de civilisations et les
barbaries restent considérables.
Travailler sur des réalités, sur une clarté et une mise en œuvre de valeurs,
sur des idéaux ou des rêves, cela aide pour mieux nous développer. Les
pratiques de valeurs permettent de trouver de bons chemins, entre réalités et
idéaux, pour enrichir notre humanité.
Concernant les idéaux de civilisations – liberté, prospérité, puissance,
justice, amour, bonté, science, connaissances, découvertes, paradis, sagesse,
humanité –, ces rêves rencontrent bien des obstacles pour devenir réalités.
Les milliers d’intelligences de l’homme, ses créations, ses découvertes,
ses œuvres, la noblesse de personnes, la pratique de valeurs montrent que ces
rêves se transforment parfois en œuvres utiles ou belles.
L’humanité a de forts besoins d’idéaux. Et ces idéaux sont mis en œuvre,
parfois. Les idéaux mis en œuvre changent la réalité.
L’importance de civilisations. De bons choix pour notre vie
Le « peu » que les civilisations savent, ou que nous savons, cela est très
précieux : ce « peu » a permis de plus que doubler l’espérance de vie de
12personnes de peuples, depuis deux ou trois siècles. Il a enrichi la vie de
milliards d’hommes par une éducation, des métiers variés, des connais-
sances, un art et une conscience parfois.
Les cultures et les civilisations se construisent depuis 75 000, 15 000 ou
5 000 ans, sur des progrès d’une efficacité : elles répondent à de multiples
besoins humains. Depuis 5 ou 10 000 ans, les techniques permettent de
réduire la pénibilité du travail, de multiplier les choix de vie des humains de
multiples façons : les métiers se diversifient, ainsi que les connaissances, des
cultures, et des regards sur des beautés de la nature.
Les conditions de vie deviennent meilleures, depuis quatre ou cinq
siècles. L’espérance de vie est passée de 30 ou 40 à 80 ans. Et les sagesses,
les hautes pensées et les religions aident pour un progrès de notre humanité.
Les hautes pensées et les sagesses trouvent de bons chemins, des cartes, afin
de mieux nous guider pour construire notre existence.
Ce livre n’est pas encyclopédique. Comment pourrait-il l’être en 250
pages ? Il est ouvrage de synthèse sur l’homme, ses civilisations, et
l’humanité.
Choix de valeurs pour notre vie. La nature des valeurs
Ce livre est d’abord approche de l’homme et d’une humanité. Il est, pour
une part, choix de réalités et de valeurs. Au-delà de notre naissance, de notre
pays, de notre milieu social, de notre éducation, la vie est choix.
La vie est choix de réalités, de valeurs – des préférences importantes,
utiles, belles, intéressantes ou bonnes pour notre vie –, choix de rêves et
d’idéaux, parfois difficiles à mettre en œuvre.
Mettre un amour en œuvre prend un temps parfois énorme : nous sommes
à la fois dans le champ de la réalité, du projet, de la valeur, et du rêve
parfois.
Mettre en œuvre un travail, de même, combine des champs de réalités, de
valeurs, de réalisations concrètes et humaines, et de rêves.
Cet ouvrage décrit des aspects premiers de l’identité d’une personne, de
façon signifiante, humaine, et réaliste. Il vise à mieux éclairer notre
conscience, pour réaliser le potentiel de notre vie. Il n’est pas une panacée.
Nous visons une description d’une humanité profonde et vaste, dans
nombre de ses dimensions. Ce livre ne vise ni exhaustivité, ni une prétention
à vouloir servir de modèle. Cette description reste incomplète : elle sera
affinée dans les décennies, les siècles actuels, ou futurs. Les religions, les
sagesses et les hautes pensées changent le monde : elles fondent une part des
civilisations. Elles ne sont pas des panacées.
13Dix très hauts humanistes : des visionnaires d’exception
Moïse, Bouddha, Confucius, Jésus, Mahomet, Luther, Calvin, Lincoln,
Marx et Gandhi sont des visionnaires. Ils changent le monde d’aujourd’hui,
avec d’autres très hauts génies. Ils savent parler aux rois et aux peuples.
Ils constituent 10 étoiles brillantes, qui guident la vie de milliards
d’hommes. Moïse, Jésus, Mahomet, Luther et Calvin accordent une grande
importance à l’approche de Dieu. Jésus se présente comme Homme-Dieu.
Leurs convictions ne sont pas les mêmes.
Ils éclairent des régions différentes mais complémentaires de l’humanité
des personnes. Ils font progresser les civilisations. À eux tous, ils influencent
une part très notable de la vie de 90 ou de 95 % des personnes de l’humanité.
Ces hommes-là seront toujours vivants en l’an 3 000, en l’an 4 000, ou au-
delà. Ces visionnaires sont des experts de l’homme et de l’humanité.
Chacun d’entre eux inspire au moins 150 ou 200 millions de personnes,
ou bien davantage, aujourd’hui.
Le besoin de vision pour une humanité : vers un universel
Bien d’autres sens intéressants pour la vie existent, en dehors de ceux
proposés par ces personnes là : ces sens trouvent leurs origines dans tech-
niques, langages, arts, pouvoirs, sciences, philosophie, découvertes, explora-
tion du monde. Et des millions de personnes s’efforcent simplement de
mieux vivre, avec leurs proches, des milliers de personnes et avec la nature.
Les besoins de culture et de visions mondiales et universelles vont être de
plus en plus forts, car notre monde est de plus en plus interdépendant
La recherche de multiples « biens communs humains »
Le bien commun des hommes se développe depuis 5 000, 30 000 ou
75 000 ans. Les hommes ont alors inventé des langages, des métiers, des
techniques, des arts. Depuis 5 000 ans, les hommes inventent des écritures et
l’histoire. Depuis 4 000 ans, ils inventent des sciences, et depuis 2 500 ans,
la démocratie. Depuis cinq siècles, les hommes inventent le capitalisme,
l’industrie, le socialisme, et des sociétés de services. Ils développent des
sciences, la biologie, l’économie, d’autres savoirs. Les démocraties per-
mettent des libertés, l’éducation pour tous, ou pour bien des personnes.
Ces démocraties restent loin d’une haute qualité. Mais les progrès des
derniers siècles – dans les domaines de libertés, de techniques, de la pensée,
de sciences, de droits, de démocraties, de l’efficacité, des relations, de la
paix –, cela permet un positif progrès humain, avec des aléas.
14L’inhumanité guette. Le XXème siècle a été le siècle le plus barbare, et le
plus civilisé de l’histoire.
Ce livre : de l’expérience à un accomplissement
Ce livre se fonde sur des milliers d’expériences vécues depuis plus de 50
ans. Il repose sur des dizaines de milliers de rencontres et sur des obser-
vations faites sur les cinq continents. Il trouve son origine dans des métiers,
des connaissances, des relations avec nos proches ou d’autres personnes.
Nos proches vivent telles des planètes sœurs. Ils nous aident à vivre. Ce livre
s’appuie sur ce que Descartes appelle un dialogue avec les « très honnêtes
gens des siècles passés ». Ces honnêtes gens améliorent le monde.
Ce livre est aussi basé sur un jugement, sur l’importance de réalités et de
valeurs, soit des préférences utiles et intéressantes. Les valeurs déterminent
une part des structures et du fonctionnement des civilisations : familles,
travail, production, échange ou consommation. Les valeurs sociales déter-
minent les relations plutôt harmonieuses ou parfois conflictuelles entre les
élites et les peuples. Ces expériences, ces réalités, ces valeurs aident pour
notre développement, et pour celui de nos proches.
Objets du livre : choix de valeurs vers une humanité
Cet essai comporte trois parties, et une conclusion de synthèse :
- 1° la première partie décrit des réalités, des pratiques, des approches de
vérités et des valeurs individuelles ou de civilisations, fondements d’une
humanité possible. Leur connaissance et leur culture aident pour mieux vivre,
et pour nous développer avec autrui.
Les préférences ici choisies sont celles de réseaux de sens : ces sens sont
en particulier vie, nature, soif, faim, relations, désirs, amours, libertés ; et
travail, éducation, efficacité, et techniques ou métiers. Ou bien santé, intelli-
gences, pouvoirs, plaisir, et justesse.
Nous privilégions ici 25 ou 35 réalités clés, et 12 ou 15 valeurs
importantes pour des milliards de personnes. Des millions de réalités
existent, et des centaines de valeurs. L’homme et l’humanité ne sauraient se
réduire à des mots, ni à des pratiques.
Les droits et valeurs, universels, existent. Ils correspondent à des besoins
de l’existence de milliards de personnes. Ces droits et ces valeurs restent
parfois dans des déclarations – ONU, religions, sagesses, constitutions
d’états… – plus que dans des réalités. Et des idéaux sont néanmoins mis en
œuvre.
Le monde humain reste loin de son plein développement.
15- 2° La seconde partie suggère des idéaux et des sens possibles pour la vie
de grands nombres d’hommes : il s’agit de mettre des buts en oeuvre pour
notre vie et pour une humanité. Nous présenterons des valeurs et des idéaux
de très hauts humanistes, de Moïse à Gandhi. Ils méritent un autre livre.
Certains d’entre vous voient le sens de leur existence dans un bonheur de
leurs proches ou d’eux-mêmes, dans une vie intéressante et riche, ou dans
une approche de Dieu. Les mêmes et d’autres la voient dans un bien commun
multiple, parfois difficile à mettre en œuvre. D’autres personnes cherchent à
transformer le monde, à le rendre meilleur, par des techniques, des
productions, des échanges, des soins, par un service de l’homme, une justice,
pour partager ses richesses. D’autres parmi vous s’engagent dans des
gouvernements ou des organisations pour développer des civilisations.
Certains cherchent leur plaisir personnel. D’autres visent une création
intéressante, utile ou belle. Bien d’autres cherchent des buts différents.
Cette partie insiste sur une approche synthétique de vastes visions de
grands sages, prophètes, penseurs, humanistes qui changent le monde. Il ne
s’agit ici que d’introductions à ces puissantes et vastes visions.
- 3° La troisième partie du livre suggère des éléments pour mettre notre
humanité en œuvre. La liberté des humains est infinie, cette partie reste
synthétique. Comment et pourquoi vivre notre vie, cela reste notre affaire,
même si de grandes ou de petites inspirations sont utiles.
La conclusion du livre suggère idées et pratiques pour nous efforcer de
réaliser l’essentiel, nous développer, et développer nos proches, transformer
nos rêves en œuvres, laisser des traces positives sur notre planète.
Pour qui ? Forces et limites du livre
Ce livre vise une clarté, pour des personnes de 17 à 97 ans ou au-delà, qui
cherchent une conscience et de bonnes pratiques pour construire leur destin.
Mais aucune panacée n’existe pour cela : l’humanité ne se réduit pas à des
mots. Simple sur bien des sujets, ce livre peut intéresser un grand nombre
d’hommes. Complexe et subtil sur d’autres sujets, ces chapitres-là sont plus
ardus. L’ouvrage peut sans doute se déguster, se ressentir lentement par
petites doses, tel un alcool, ou un parfum fort.
Les chapitres de l’essai peuvent se lire de façon indépendante les uns des
autres. Ils font le choix de réalités clés parmi les milliards de réalités de
l’univers ou les centaines de valeurs humaines. Et lorsque nous constatons
que ce que nous ne connaissons pas est bien plus vaste et impénétrable que
ce que nous connaissons, nous gardons une grande humilité.
16Inspiration : expériences, réalités, humanistes, et nos proches
Notre inspiration vient d’abord de réalités. Nos proches nous inspirent
chaque jour. Nous éprouvons un grand intérêt et un plaisir parfois joyeux à
vivre et à mettre en œuvre des projets avec eux.
Des neiges brillantes et ensoleillées des Alpes, des tatoos ou des
alligators de forêts et de marais de Floride, la richesse et la vie de Paris, de
Barcelone ou de Miami, cela nous étonne. La végétation exubérante, les
singes de jungles du Guatemala, les splendeurs de fleurs et de poissons de
Tahiti ou de Moorea, le vert et le bleu de côtes de la mer du Japon, des
villages paisibles et joyeux du Sénégal, cela nous émerveille ou nous plaît.
Des succès et des échecs nous inspirent. Nous sommes touchés lorsque
nous avons investi dans quelque chose et que cela n’a « rien donné ».
L’importance clé d’un multiple « bien commun humain »
Les sagesses, les religions, les hautes pensées aident pour le bien
commun. Elles ne remplacent pas les expériences et les besoins individuels
concrets. Un enfant puis un homme ou une femme ont d’abord besoin de lait
et de pain, à boire et à manger, de soins et d’une éducation pour vivre et pour
se développer, de travail et d’amour, pour créer une famille. C’est le travail
de civilisations de fournir les conditions pour cela. Les personnes ont besoin
de respect, de liberté, de conditions de vie dignes, d’espoir, de possibilités
d’accomplissement. Le bien commun est multiple, et d’importance clé. La
crise actuelle oublie une part de l’humanité et du bien commun.
Les besoins concrets, de relations, de travail, de pensée
La vie des hommes se développe sur bien des plans. Le psychologue
Abraham Maslow décrit une variété de besoins. Ils sont physiologiques – air,
eau, alimentation, sexualité –, de sécurité – familiale, d’emploi, de revenu,
de santé, de propriété –, puis d’amour – relation de couple, intimité sexuelle,
enfants, amis. L’estime des autres et de soi-même, une confiance et un
respect sont importants pour s’épanouir. Cet accomplissement, pour être de
qualité, demande réalisme, éthique, et conscience.
La connaissance de plusieurs éthiques et de traditions spirituelles est
utile. L’auteur est de tradition chrétienne. Nos proches, nos activités écono-
miques ou sociales et nos réalités nous font vivre. Nos sources d’inspiration
donnent un sens large à notre vie.
Moïse, Bouddha, Confucius, Aristote, Jésus, Mahomet, Luther, Des-
cartes, Kant, Lincoln, Marx et Gandhi proposent tous, parmi d’autres hauts
génies, des visions globales de l’homme et de l’humanité. Évidemment, ces
visions, même très vastes, restent incomplètes, ou même parfois erronées.
17Ces hauts humanistes offrent des regards synthétiques ou plus détaillés
sur des domaines essentiels de la vie de l’homme ou de l’humanité.

Valeurs et idéaux aident pour mettre votre destin en œuvre
Livre atypique, c’est celui que l’auteur aurait voulu avoir pour mieux
guider sa vie à 16, à 30 ans, ou même à 50 ans, voire au-delà. « Le temps
d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard » a dit le poète Louis Aragon. Essai
original et puissant, il présente des idées utiles qui, mises en œuvre, changent
notre vie, celles de nos proches, et le monde humain, à notre niveau.
Les idées importantes, utiles, puissantes, vraies, belles et justes vivent
longtemps. Elles se réalisent concrètement dans des œuvres, qui changent la
vie. Mais aucune instance, pas même l’ONU, ne s’occupe vraiment bien des
intérêts de toute l’humanité.
Chacun d’entre nous peut s’efforcer de construire et de mettre en œuvre
son individualité et son originalité profonde, et aider pour celle de ses
proches. Il peut aider des milliers de personnes avec conscience, humilité et
bienveillance, mais sans panacée.
Très bonne lecture à vous.
18Partie 1
Réalités et valeurs de notre personne
Développer notre humanité Introduction.
Valeurs
Des préférences importantes, utiles, justes
Qui apprend à céder est maître de la force.
Lao Tseu. Le fondateur de l’une des trois religions chinoises
Aimer est, dans son essence, le projet de se faire aimer.

Jean-Paul Sartre. Prix Nobel, refusé par l’auteur
Au-delà de nos réalités, de vérités objectives, nos proches nous apportent
des soins. Nos valeurs sont des choix qui modèlent notre vie, et celle de
l’humanité autour de nous. Nous allons, tel Ulysse, explorer des lieux
importants et intéressants, des milliers d’îles que constituent des personnes.
Douze valeurs d’humanité, sans panacée
Nos valeurs expriment des préférences : le travail, l’amour constituent
des réalités et de puissantes valeurs, qui se déclinent dans des centaines de
modalités. Ces valeurs sont des préférences importantes, utiles, intéres-
santes, bonnes, souvent vraies et justes, des choix de temps accordé, des
choix d’existence qui aident pour construire notre vie.
De belles valeurs de notre vie et de celles de milliards de personnes sont
de santé, de relations, de travail, d’amour, d’éducation, de métier, de tech-
niques. Des valeurs plus rares sont de pouvoir vraiment légitime, d’éthique
vécue, de création, de sagesse, d’humanité. Ces douze valeurs demandent,
pour leur mise en oeuvre, une réelle conscience et un travail assidu.
Autonomie, sécurité, utilité, conformité sociale, plaisir, pouvoir, bonheur,
service, bien commun sont aussi des domaines fréquents de valeurs.
« Y a-t-il encore des valeurs universelles ? »
Dans un discours de 2003, à Tübingen en Allemagne, Kofi Annan,
l’ancien secrétaire général de l’ONU, se pose la question : « Y a-t-il encore
21des valeurs universelles ? » Il parle de valeurs de paix, de liberté, de progrès
social, et de l'égalité en droits, en dignité, écrites dans la Charte des Nations
Unies et dans la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Il dit : « dans la Déclaration universelle, nous affirmons que "toute
personne a droit à 1° un niveau de vie suffisant pour assurer 2° sa santé, 3°
son bien-être et 4° ceux de sa famille, notamment pour 5° l'alimentation, 6°
l'habillement, 7° le logement, 8° les soins médicaux ainsi que pour 9° les
services sociaux nécessaires".
Voilà ici 9 réalités et valeurs de vie fondamentales. Mais plus d’une
moitié de l’humanité restent loin d’en bénéficier vraiment.
Les valeurs « ne vont pas de soi »
Revenons à la question initiale, « y a-t-il encore des valeurs univer-
selles ? »
Kofi Annan, de nouveau, répond "oui". « Oui », poursuit-il, « mais ces
valeurs ne vont pas de soi. » De fait, Kofi Annan propose ici un travail sur
des réalités et des valeurs qui correspondent aux besoins de la grande majo-
rité des humains, et non aux besoins de l’Occident d’abord.
Nos choix de réalités – bien plus nombreuses et variées que les valeurs –
et nos choix de valeurs sont essentiels pour la « bonne » conduite de notre
vie. Celui qui privilégie le jardinage pour ses loisirs n’obtient pas les
résultats de celui qui choisit la marche à pied, ou la connaissance de
l’homme ou du monde. Il existe de puissantes, et de petites valeurs. L’art de
leur évaluation reste complexe. Le tableau 1 ci-après met en évidence des
choix de valeurs de français de tous âges, différents des choix de Kofi
Annan.
Valeurs principales de – presque – tous, en France
Un sondage, réalisé en 2008 sous la Direction de l’Institut d’Etudes
Politiques de Grenoble, donne le palmarès de valeurs suivant.
Tableau 1
Palmarès de valeurs des Français
1) Famille : 97 %,
2) Travail : 94 %,
3) Amis et 4) Relations : 90 %,
Puis 5) Loisirs : 84 %,
6) Religion : 45 % et 7) Politique : 38 %.
22Ce sondage, limité sur le détail des valeurs, porte sur 3071 personnes de
tous âges. Il a été publié dans le journal Le monde, en avril 2009. Cette
analyse, complétée par d’autres sondages, montre également une assez
grande stabilité dans le temps, sur 20 ans. L’analyse complémentaire ci-
après mesure des degrés de confiance dans des institutions.
Tableau 2
Confiance des Français dans leurs institutions
1) Le système de santé : 80 %.
2) Le système d’enseignement : 76 %.
3) Le système de Sécurité sociale : 74 %.
4) La police : 73 %.
5) L’armée : 72 %.
6) L’administration : 60 %.
7) Le système judiciaire : 55 %.
8) L’Union européenne : 47 %.
9) Le parlement : 45 %.
10) Les grandes entreprises : 44 %.
11) L’Église : 42 %.
12) Les syndicats : 41 %.
13) La presse : 38 %.
14) Le gouvernement : 31 %.
15) Les partis politiques : 18 %.
Ce tableau met en évidence une confiance supérieure à 50 % vis-à-vis de
7 institutions, avec des degrés de confiance forts et une défiance notable
(confiance inférieure à 50 %) vis-à-vis de 8 institutions.
Les Français sont très attachés à leurs systèmes de santé, d’enseignement
et de sécurité sociale, et à leur police et à leur armée, avec des taux de
confiance supérieurs à 70 %.
Une étude de réalités, de valeurs, de projets et d’idéaux
Les réalités et les valeurs restent, pour beaucoup, mélangées.
La famille, le travail, les relations, le métier, l’amour, les amis, la santé,
l’éducation, les loisirs, la politique, la religion, la vérité sont d’abord des
réalités, avant d’être des projets, des valeurs, ou bien des idéaux.
23Nous étudierons cela de façon synthétique, et de façon plus profonde.
Comment une relation, une éducation, un travail, un métier, un amour
peuvent-ils être à la fois une réalité, une valeur, un projet et un idéal ?
Nos choix de vie majeurs, de réalités, de valeurs et d’idéaux
Notre vie se construit, comme l’a montré avec pertinence Nietzsche, à
partir de réalités, de valeurs, de projets et d’idéaux. Nous ne choisissons pas
les réalités clés du début de notre vie. Ce sont nos parents, notre pays, notre
famille, notre milieu social, le lieu où nous vivons, le métier de nos parents
qui déterminent la qualité des soins et de l’éducation que nous recevons.
Cela peut être bon, excellent, médiocre, mauvais, moyen.
Ces réalités sont clés, et beaucoup de personnes, parfois peu conscientes
des réalités ou de leurs privilèges, peuvent oublier ces données très
importantes. Au bout de quelques années, nous pouvons choisir une assez
vaste part de nos réalités et de nos projets : nos jouets, nos compagnons de
jeux, notre assiduité ou non à l’école, nos aliments, et bien d’autres choses.
Notre vie ne devient adulte que lorsque nous sommes autonome, c'est-à-
dire lorsque nous avons acquis une formation, que nous exerçons un métier,
avec une autonomie en matière de moyens d’existence.
Peu de personnes prennent bien conscience, jeunes, que notre temps de
vie passe vite. Nos possibilités de vie sont limitées à 75 ou à 90 ans, environ
25 ou 30 000 jours de vie active. À 40 ans, il ne nous reste fréquemment que
12 ou 15 000 jours de « bonne vie » à vivre.
Nous sommes, pour une assez large part, responsables d’un bon, d’un
médiocre ou d’un vécu moyen de notre existence. À nous de choisir de bons
buts de vie, et de nous efforcer de bien les mettre en œuvre.
Ce livre : pour la mise en œuvre de notre développement
Cette mise en œuvre commence à se réaliser dès notre petite enfance.
Mais les véritables choix importants et autonomes de vie se font surtout
entre les âges de 15 et de 30 ans : choix d’études, de loisirs, de métier,
d’amours, expériences sexuelles, choix de conjoint, responsabilités de tra-
vail, engagement ou non dans un mariage, premiers enfants, et soins
importants prodigués à ces enfants.
Ces mises en œuvre se font à travers des réalités, plus ou moins choisies.
Un Africain ou un Latino-Américain risquent fréquemment de ne pas avoir
le même destin qu’un Américain ou qu’un Français.
Nous parlerons dans notre première partie d’un choix de 20, ou de 25
réalités majeures, et de 12, ou de 15 valeurs d’humanité. Chaque personne
est libre de ses choix, même s’il existe des lois de la vie, à la fois simples et
24complexes. L’humanité reste bien trop complexe pour se ramener à des
mots. Il s’agit ici d’une approche, jamais achevée, d’une humanité.
Nous parlerons dans notre seconde partie de création et de sens, de choix
de destins et d’accomplissements humains. Chacun d’entre nous est unique
et se doit de construire peu à peu son destin unique et original.
12 valeurs d’humanité. Et des besoins de choix originaux
En synthèse encore, des valeurs d’humanité majeures peuvent
s’ordonner, en particulier, autour de 12 groupes de chemins. Voici ces
chemins d’existence. Comme tout chemin, ceux-ci comprennent des courbes
et des détours, de belles lignes droites, et des passages difficiles.
Tableau 3
Douze réalités, et puissantes valeurs d’humanité
Ces beaux chemins d’existence concernent, en particulier :
1) notre vie, son développement, et une santé globale ;
2) des libertés, multiples, choisies et conscientes ;
3) relations, que nous avons intérêt à bien vivre ;
4) une éducation ;
5) des amours, à construire ;
6) un travail, un métier, et des moyens d’existence ;
7) des techniques, et une efficacité ;
8) intelligences à cultiver, et des connaissances ;
9) un pouvoir, qui se doit de viser une équité ;
10) une éthique, large et ouverte sur celle des autres ;
11) justesse, et une harmonie,et
12) une sagesse possible, jamais pleinement atteinte.
Notre vie ne se résume pas à des mots. Chacun d’entre nous est unique. Il
veut mettre son originalité, et parfois un très bon de lui-même en œuvre.
D’autres chemins, indispensables, individuels et uniques
Il est utile aussi de travailler sur quatre autres dimensions importantes du
développement de notre personne, de façon individuelle et unique.
25Acquérir 1) des visions globales, larges et profondes du monde, une
religion pour les croyants, ou une sagesse pour les agnostiques ou les athées.
Chacun peut accorder une grande importance à 2) sa création, afin de
réaliser 3) de vastes ou moins vastes projets, et des œuvres.
Puissantes visions, sagesses et créations donnent 4) du sens, des buts
clairs, profonds, et conscients, pour mettre notre existence en oeuvre.
Tout cela contribue à l’accomplissement de notre existence unique.
Ces valeurs mises en oeuvres permettent un développement de nous-
mêmes, vis-à-vis d’autrui, et un accomplissement de notre vie dans des
projets de qualité. Aucune panacée n’existe pour choisir le sens de
l’accomplissement de notre existence. Et pas non plus, pour l’un de nos
proches.
À chacun de nous d’exercer notre jugement. Chacun de nous se doit de
choisir les chemins de progrès qui lui conviennent. Faire cela reste difficile,
entre réalités concrètes, et facilités et difficultés. Les traditions de pensées,
de religions, de sagesses, et d’autres sources d’inspirations aident.
Mais notre vie se construit d’abord avec nos réalités, avec nos proches,
pour l’accomplissement de notre être unique et original.
Des aspects métaphysiques de notre vie
Notre vie comporte bien des aspects métaphysiques, inconnus, que nous
ne maîtrisons guère. Seuls les irréalistes, les tyrans, ou les imbéciles veulent
tout contrôler : ils tuent alors, souvent, la richesse, la création, la nature, et la
beauté et la diversité des œuvres des hommes.
Nietzsche, encore, a vu la vie avec deux niveaux principaux d’existence :
celui du nécessaire « éternel retour du même » – le soleil, les saisons, le
jour, la nuit, les relations, l’alimentation, le repos, les besoins physio-
logiques – et celui, pour lui supérieur, de la noblesse, de la pensée, de l’art,
de la puissance, de la création, et de la civilisation.
L’homme a, en même temps, besoin d’universalité, d’unicité, d’indivi-
dualité, et de l’accomplissement de projets et d’œuvres. Les combinaisons de
choix humains et de réalisations concrètes se comptent en milliards.
26L’humanité est, pour nous, une valeur essentielle. Elle possède une forme
d’universalité. Le Tableau 3 ci-dessus en propose une approche.
Mais chaque homme est original et unique. Il est libre. Son individualité
particulière mérite un respect, dans une communauté humaine. Voyons en
quoi.
27