Histoire de la philosophie européenne
588 pages
Français

Histoire de la philosophie européenne

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Description

(600-400)

La philosophie des Hellènes se dégage de leur religion sous forme de théologie et de morale gnomique. Son point de départ est le naturalisme aryen, modifié par le génie national et les conditions physiques où il se développe. Quand elle paraît, ce naturalisme a dépassé dès longtemps sa période d’enfance. Pour les ancêtres, l’Air lumineux (Diaus-Zeus), le Soleil et ses ardeurs (Apollon), la Nuée d’orage et ses foudres (Pallas-Athéna) étaient les dieux mêmes ; ainsi que l’enfant transforme son entourage en monde enchanté et considère sa poupée, son cheval de bois, comme des êtres parfaitement vivants, de même l’humanité-enfant fait la nature à son image : pour les contemporains d’Homère et d’Hésiode, ces phénomènes ne sont plus que les manifestations sensibles de l’invisible divinité cachée derrière eux, être analogue à l’âme humaine, mais supérieur en puissance et doué, comme elle, d’immortalité.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 23 juin 2016
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EAN13 9782346080182
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Langue Français

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Alfred Weber

Histoire de la philosophie européenne

A

 

MONSIEUR ÉMILE BOUTRO

 

MEMBRE DE L’INSTITUT

 

 

Hommage d’une vieille Sympathie

 

A.W.

PRÉFACE

Le texte de notre huitième édition est en somme celui de la précédente, mais la partie bibliographique a été augmentée au bas des pages, et l’on y a ajouté une notice bibliographique complémentaire.

La faveur dont l’Histoire de la Philosophie européenne n’a cessé d’être l’objet jusqu’à ce jour est due en première ligne à sa forme élémentaire et au soin qu’on a eu de ne point rebuter le lecteur par d’inutiles obscurités. C’est du moins l’avis unanime des personnes qui ont bien voulu s’intéresser au succès du livre, ce dont nous leur exprimons notre très vive reconnaissance. On nous sait gré en outre, s’il faut les en croire, de considérer l’histoire de la philosophie comme une évolution, d’exposer ses systèmes dans leur enchaînement logique et d’en souligner partout les traits d’union, de faire une large part à la critique et à l’élément théorique, enfin d’avoir élargi le cadre des anciennes éditions par des notes d’une certaine étendue sur les Pères grecs, les Arabes, la théosophie médiévale et la pensée contemporaine, si profondément différente à tous égards de ce qui s’appelait philosophie et spiritualisme il y a cinquante ans.

Si, comme nous en exprimions l’espoir dans la préface V, la philosophie, alors délaissée et déclassée, a repris le rang qui lui est dû dans la hiérarchie des sciences, c’est pour avoir renoué avec le savoir positif cette alliance intime que la réaction idéaliste du XIXesiècle avait rompue à son détriment ; c’est peut-être aussi pour avoir compris, grâce à son retour aux sources vives de la sagesse aryenne, qu’elle n’a pas à choisir, comme trop longtemps elle l’avait cru sur la foi de l’enseignement officiel, entre le monisme de la matière et un dualisme impossible. Une étude approfondie de son passé lui a démontré à l’évidence que par delà le matérialisme et le spiritualisme dualiste, il est une synthèse qui les concilie sans déroger aux droits imprescriptibles de la raison et de la conscience, un spiritualisme vrai, concret, absolu, pour qui la matière elle-même est une modalité de l’esprit.

Lors de la publication de notre compendium (1871), ce nouveau spiritualisme, qui comporte d’ailleurs les formes les plus diverses, était encore une hérésie et presqu’un scandale. A l’heure actuelle, il l’emporte de haute lutte sur l’ancien sous la conduite de deux penseurs et écrivains de premier ordre, dignes successeurs des Ravaisson, des Renouvier, des Secrétan. Nous avons nommé M. Emile Boutroux et M. Henri Bergson.

En prenant congé de nos lecteurs, et sans aucun doute un congé définitif, nous serions heureux de penser que nos efforts ont pu leur être de quelque utilité et contribuer dans une certaine mesure, si minime fût-elle, au triomphe de la bonne cause.

Un cordial merci, pour terminer, à M. Henri Dartigue, qui a enrichi le livre d’un répertoire des plus complets, et à M. Eugène Ehrhardt qui a mis au point la bibliographie et revu les épreuves.

A.W.

Strasbourg, décembre 1912,

EXTRAIT DE LA PRÉFACE IV

Parmi les critiques que l’on nous adresse, il en est une qui a particulièrement fixé notre attention. De ce que vouloir est pour nous le fait universel, on conclut que nous sommes pessimiste, et pessimiste à outrance. C’est à peu près comme si l’on nous qualifiait de matérialiste, parce que nous répugnons au dualisme et que la philosophie est, selon nous comme au jugement des matérialistes, une science d’observation et de faits.

Il est vrai que notre Préface de 1878 fait au pessimisme une concession importante. « Certes, dit-elle, le pessimisme a mille fois raison de prendre le mal au sérieux. Qui, la très grande majorité des êtres intelligents ignorent le bonheur, et il est tout aussi certain que tous, à peu d’exceptions près, veulent vivre en dépit de leurs tourments. Ils veulent quelque chose qui, nous l’accordons encore, paraît absurde. » « Mais, ajoute-t-elle, qu’est-ce que cela prouve, sinon qu’ils y sont obligés par une puissance supérieure contre laquelle c’est folie que de prétendre nous insurger... La puissance qui nous oblige à vivre et à vouloir vivre, c’est-à-dire à vouloir une « absurdité », c’est la Bonté même, qui veut être, l’Idéal même, qui veut être réalité. Seulement le bien n’est réalisé que par des êtres vivants, et la vie est inséparable de l’effort, de la peine, de la douleur. De là ce fait étrange et de nature, au premier abord, à dérouter la pensée la plus sagace, de myriades d’êtres voulant la douleur, ou du moins ce qui en est inséparable, la vie. C’est que, d’une part, l’existence, c’est-à dire l’effort, la lutte, la souffrance toujours mêlée au plaisir, est le medium indispensable du bien réalisé, de la vertu pratiquée, du devoir accompli, et d’autre part, le bien, étant l’absolu, l’être et l’activité même, ne peut pas ne pas être et agir. C’est cette énergie créatrice du bien (der Wille zum Guten, dirions-nous en allemand) qui est la raison dernière, le pourquoi des choses, — Platon l’a proclamé dans l’antiquité et c’est la gloire de Kant de l’avoir affirmé à son tour, — tandis que le vouloir-vivre de Schopenhauer (der Wille zum Leben) n’est en réalité qu’une cause seconde au service d’une volonté supérieure, un moyen et rien de plus. Nous voulons être et jouir, et nous n’avons pas conscience le plus souvent de vouloir autre chose que la vie et le bonheur ; mais nous ne voulons au fond que le moyen nécessaire à la réalisation d’un but qui nous échappe : par delà la vie et le plaisir, but prochain de nos efforts, il y a l’Idéal qui est la fin dernière où nous tendons à notre insu, en même temps qu’il est le principe premier qui nous oblige à vivre. Maudissez tant que vous voudrez ce principe qui veut être, cet Idéal qui s’affirme dans le réel ! Appelez-le méchant, injuste, cruel, et le monde qu’il crée, le plus mauvais des mondes possibles ! Rien n’y fera. Vous n’empêcherez ni le bien de se faire, ni l’Idéal de tendre à l’existence. Vous réussirez peut-être à dégoûter de la vie quelques individus : vous n’en dégoûterez jamais l’absolu. Ah ! bien plutôt, sachons tenir compte de la réalité, et au lieu de convier les hommes aux utopies du nirvâna, offrons-leur le vrai, le seul moyen d’améliorer leur sort : l’amendement moral ! Si le monde est loin hélas ! d’être le meilleur des mondes possibles, il dépend de nous qu’il devienne meilleur ; il ne s’agit, pour cela, que de revenir à l’Idéal que nous avons délaissé et au culte du bien que nous avons mis au rebut. »

Est-ce là, nous le demandons, le langage d’un pessimiste à outrance ? Et n’avons-nous pas inscrit en tête de notre Étude sur Hartmann (1882) cette devise significative : Le Volontarisme est vrai, mais il faut le dépessimiser ? Mais si nous nous inscrivons en faux contre la philosophie de la désespérance et de l’universel suicide, nous n’admettons pas davantage la devise célèbre qu’on voudrait nous imposer. Les formules a priori de l’optimisme traditionnel ne sauraient prévaloir contre le cri de la conscience et l’expérience des siècles résumée dans cette devise non moins vraie que l’autre : Mundus totus in maligno positus est.

S’il nous était permis de désigner notre point de vue par un néologisme, nous dirions que ce n’est ni l’optimisme satisfait, ni le pessimisme désespéré, mais bien le méliorisme, fondé tout à la fois sur les faits évidents que l’optimisme ignore et sur les aspirations imprescriptibles que le pessimisme étouffe.

A.W.

INTRODUCTION

§ 1. — Philosophie, métaphysique et science

La philosophie est la recherche d’une vue d’ensemble sur la nature, un essai d’explication universelle ; elle est à la fois le résumé des sciences et leur couronnement, à la fois la science générale et une spécialité, distincte de la science proprement dite et constituant, dans la série des manifestations du génie humain, comme une branche à part, au même titre que ses sœurs aînées, la religion et la poésie.

A la différence des sciences qui ont pour objet des groupes déterminés de faits et pour but d’en constater les causes, de formuler les lois suivant lesquelles ils se produisent, elle est l’effort de l’esprit humain s’élevant au-dessus de ces groupes et de leurs lois particulières, pour expliquer le monde en son entier, le fait ou phénomène universel, ou, en d’autres termes, pour répondre à cette question qui est au fond de toutes les sciences : Pourquoi ce monde et comment se fait-il qu’il soit ce qu’il est ? et à cette autre qui en est comme le revers : Que puis-je savoir et comment se fait la science ? L’Être et le mystère qu’il enveloppe ; la Connaissance, ses conditions, ses méthodes, tel est le double objet des recherches philosophiques1.

Mais si la philosophie a son objet propre et sa sphère distincte, elle n’en est pas moins liée à la science positive par le lien le plus étroit, que la science, de son côté, ne peut rompre qu’à son détriment. C’est d’elle, et en particulier de la psychologie et de ses annexes, que la philosophie emprunte ses méthodes et la matière première de ses systèmes. Les sciences sans la philosophie sont un agrégat sans unité, un corps sans âme ; la philosophie sans les sciences est une âme sans corps et ne se distingue en rien de la poésie et de ses rêves. La science est la base indispensable et comme l’étoffe de la philosophie ; elle est, pour parler le langage d’Aristote, la philosophie en puissance ; la philosophie, de son côté, est la science en acte, la fonction la plus élevée du savant, la satisfaction suprême de l’esprit scientifique et de sa tendance naturelle à tout ramenerà l’unité.

Intimement liées d’essence et d’intérêts, la philosophie et la science le sont de même dans leurs origines et dans leurs destinées. Porté par un même instinct tout-puissant à discerner les causes — rerum cognoscere causas — et à les ramener à l’unité d’une cause première, l’esprit humain n’a pas plus tôt conquis quelques vérités élémentaires en physique, en mathématique et en morale, qu’il se hâte d’en opérer la synthèse, d’en former des théories universelles, des systèmes ontologiques et cosmologiques, c’est-à-dire de philosopher, de faire de la métaphysique. A son ignorance de la réalité il supplée, soit par l’imagination, soit par ce merveilleux instinct de l’enfance et du génie, qui devine la vérité et ne la cherche pas. De là, le caractère aprioriste, idéaliste et fantastique, mais de là aussi l’incomparable grandeur de la philosophie des anciens. A mesure que la somme du savoir positif augmente, que le travail scientifique se divise, et par la division, se développe, la philosophie se distingue davantage de la poésie, ses méthodes s’affirment, ses théories gagnent en solidité ce que les sciences acquièrent en étendue.Tout mouvement scientifique détermine un mouvement philosophique ; toute philosophie nouvelle est un stimulant pour la science. Si, au moyen âge, ce lien de solidarité semble rompu, le conflit n’est qu’apparent ; s’il y a hostilité ou indifférence à l’égard de la science c’est de la part de la philosophie officielle de l’École ; ce n’est nullement chez les philosophes indépendants, chrétiens, juifs ou arabes. Au XIXe siècle, comme à l’époque de Roger Bacon et à celle de Vérulam, il peut y avoir opposition entre la science et une certaine philosophie. La vraie science et la vraie philosophie ont toujours été parfaitement d’accord, et sous des apparences de rivalité, leur entente aujourd’hui est aussi complète que possible.

§. 2. — Division

Aux Grers ioniens revient l’honneur d’avoir créé2 la philosophie européenne ; aux Néo-Latins et aux Germains, celui de lui avoir donné ses développements modernes.

De la, dans l’histoire que nous avons à esquisser, deux grandes époques, séparées tout ensemble et reliées entre elles par le moyen âge (époque de transition).

 

I. La philosophie grecque se développe à son tour en deux périodes correspondant aux problèmes essentiels que nous venons de formuler, et distinctes entre elles soit par les méthodes, soit par l’objet des recherches : l’une decréation spontanée, l’autre de réflexion sceptique et de reproduction ; l’une vouée à la métaphysique, à la mathématique, à la synthèse, l’autre, à la critique, à l’analyse et à l’application de la science à la vie.

1. La question qui domine la première est celle de l’origine des choses : le devenir. Son trait caractéristique est un panthéisme matérialiste chez les Ioniens, spiritualiste chez les philosophes d’Italie, influencés par l’esprit dorien. Les systèmes qu’elle produit renferment le germe de toutes les doctrines de l’avenir, notamment l’hypothèse moniste et l’hypothèse atomiste, ces deux pôles de la spéculation scientifique moderne. — De Thalès à Protagoras et à Socrate, ou de 600 à 440 avant Jésus-Christ.

2. L’âge de la réflexion critique est inauguré par le πάντων μέτϱον ᾰνθϱωπος de Protagoras, d’où se dégage cette vérité capitale, entrevue par Xénophane, Zénon, Héraclite, que l’entendement humain est coefficient dans la production du phénomène. Aux problèmes de la nature s’ajoutent les problèmes de l’âme ; aux questions d’ordre cosmologique, les questions logiques et critiques ; aux spéculations sur l’essence des choses, les recherches sur le critérium de la vérité et le but de l’existence. La philosophie grecque atteint le maximum de son évolution : comme profondeur, dans Platon ; comme étendue de son domaine, dans Aristote et dans la science d’Alexandrie.

 

II. L’arrêt des progrès scientifiques, déterminé par l’invasion des races du Nord, a pour conséquence l’arrêt de la spéculation. Le flambeau de l’esprit philosophique s’éteint faute de combustible. A dix siècles d’un travail ininterrompu en succèdent dix autres d’un sommeil profond d’abord, puis entrecoupé de rêves brillants, qui reproduisent le passé (Platon et Aristote) et préfigurent l’avenir. Bien que la logique de l’histoire soit moins apparente au moyen âge qu’avant et après cette époque de transition, l’on y remarque deux périodes parallèles à celles de la philosophie attique : la première, platonicienne, réaliste, tournée vers le passé (de saint Augustin à saint Anselme), la seconde péripatéticienne, nominaliste, grosse de l’avenir.

 

III. Du réveil scientifique et littéraire, au XVe siècle, procède la philosophie moderne, dont l’histoire offre, comme celle de la spéculation grecque :

1. Une période d’expansion et de synthèse ontologique (Bruno, Descartes, Spinosa, Leibniz), et

2. Une période de réflexion critique et d’analyse (essais sur l’entendement humain ; Locke, Hume, Kant et ses successeurs).

Le parallélisme des trois grandes époques de l’histoire de la philosophie européenne est dû à l’identité des lois qui régissent les évolutions successives de l’esprit humain.

§ 3. — Sources

Les principales sources de l’histoire de la philosophie sont :

Pour la spéculation antésocratique : Platon et Aristote3.

Pour Socrate : Xénophon4 et Platon, notamment l’Apologie, leCriton et le Phédon.

Pour Platon : la République, le Timée, le Banquet, le Phèdre, le Théétète, le Gorgias, le Protagoras.

Pour Aristote : la Métaphysique, la Logique, l’Éthique, la Physique, la Psychologie, la Politique. — Les commentateurs d’Aristote, principalement Simplicius5.

Pour les écoles postérieures à Aristote et pour la philosophie grecque en général : Lucrèce6, Cicéron7, Sénèque8, Plutarque9, Sexte l’Empirique10, Diogène Laërce11, Clément d’Alexandrie12, Origène13, Hippolyte14, Eusèbe15, Plotin16, Porphyre8, Proclus16, Eunape17, Slobée18, Photius19, Suidas20 et les ouvrages historiques modernes21.

Pour la période patristique : les écrits polémiques des Pères, notamment le λóγος πϱoτϱεπτιxòςπϱòς ‘Eλληνας ;, le Pédagogue et les Stromates de saint Clément d’Alexandrie, les Principes et l’Anti-Celse d’Origène, l’Apologeticus de Tertullien, les Institutiones divinæ de Lactance, la Cité de Dieu et les Confessions de saint Augustin.22

Pour la période scolastique : le De divisione naturæ de Scot Erigène, le Monologium, le Proslogium et le Cur Deus homo de saint Anselme, la Théologie, l’Éthique et la Dialectique d’Abélard, les Sentences de Pierre Lombard, le Commentaire d’Averroès, la Somme de saint Thomas, les Quœstiones de Duns Scot et d’Occam, l’Opus majus de Roger Bacon, les écrits de Raymond Lulle ; les travaux historiques de Ritter, Cousin, Hauréau.

 

Pour la philosophie de la Renaissance : le De docta ignorantia de Nicolas de Cuse, le De subtilitate et le De rerum varietate de Cardan, le De immortalitate animœ de Pomponat, les Animadversiones in dialecticam Aristotelis de Ramus, les Essais de Montaigne, le Triumphus philosophiæ, le De rerum œternitate et le De mundo de Taurellus, l’Aurore de J. Bœhme.

 

Pour les temps modernes : le Del infinito universo et le De monade de Bruno, l’Atheismus triumphatus, la Philosophia sensibus demonstrata et le De gentilismo de Campanella, le Novum organum de Francis Bacon, le De cive et le De corpore de Hobbes, le Discours de la méthode et les Principes de Descartes, la Recherche de la vérité de Ma le-branche, l’Éthique de Spinosa, l’Essai sur l’entendement humain de Locke, les Nouveaux Essais et la Monadologie de Leibniz, les Principes de la connaissance humaine de Berkeley, le Traité des sensations de Condillac, le Systèmede la nature de d’Holbach, les Essais de Hume et de Reid, les Critiques de Kant, la Théorie de la Science de Fichte, le Système de l’idéalisme transcendantal de Schelling, la Phénoménologie de l’esprit, la Logique et l’Encyclopédie des sciences philosophiques de Hegel, la Métaphysique et la Psychologie de Herbart, le Die Welt als Wille und Vorstellung de Schopenhauer, le Cours de philosophie positive de Comte, la Logique de Stuart Mill ; les Premiers principes de Herbert Spencer, l’Histoire du matérialisme d’Albert Lange ; la Philosophie de l’inconscient d’Éd. de Hartmann, etc. ; les chefs-d’œuvre de la littérature scientifique moderne ayant une portée générale et partant philosophique23 ; enfin les ouvrages historiques de Ritter24, Erdmann25, Barchou de Penhoën26, Michelet27 (de Berlin), Willm28, Chalybæus29 Bartholmèss30, Kuno Fischer31, Zeller32, Windelband33, Hœffding34, etc.

Pour la philosophie européenne en général : Brucker35, Tiedemann36, Buhle37, de Gérando38, Tennemann39, Rixner40, Ritter41, Hegel42, Schwegler43, Renouvier44, Nourrisson45, Cousin46, Janet47, Prantl48, Lange49, Erdmann50, Ueberweg51, Scholten52, Dühring53, Lewes54, Lefèvre55, Alauy56, Franck57, Fouillée58, Fabre20, Kirchner59, Janet et Séailles60, Bergmann61, Gomperz62, etc.