Kierkegaard et la philosophie française
284 pages
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Kierkegaard et la philosophie française

Description

Dans quelle mesure la philosophie française du XXe siècle est-elle habitée, voire hantée par la pensée kierkegaardienne ? Dans quelle mesure l'a-t-elle été dès les années 1930, certes en « découvrant l'existence » avec Husserl et Heidegger, mais aussi et simultanément avec Kierkegaard ? Et dans quelle mesure l'est-elle encore, au moment même où c'est en rupture avec le paradigme « historique » de la phénoménologie qu'elle trace de nouveaux chemins de pensée ? C'est à ces questions que ce recueil, réunissant des spécialistes internationaux de l'œuvre de Kierkegaard et des historiens de la philosophie française contemporaine, tente de répondre sur un mode à la fois historique et thématique, afin de montrer que, loin d'appartenir à un passé révolu, la pensée kierkegaardienne est bel et bien encore devant nous.


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Date de parution 03 juillet 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782875586285
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Kierkegaard et la philosophie française Figures et réceptions
Joaquim Hernandez-Dispaux, Grégori Jean et Jean Leclercq (dir.)
Éditeur : Presses universitaires de Louvain Année d'édition : 2014 Date de mise en ligne : 3 juillet 2017 Collection : Empreintes philosophiques
http://books.openedition.org
Édition imprimée Nombre de pages : 284
Référence électronique HERNANDEZ-DISPAUX, Joaquim (dir.) ; JEAN, Grégori (dir.) ; et LECLERCQ, Jean (dir.). Kierkegaard et la philosophie française : Figures et réceptions.Nouvelle édition [en ligne]. Louvain-la-Neuve : Presses universitaires de Louvain, 2014 (généré le 07 juillet 2017). Disponible sur Internet : .
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© Presses universitaires de Louvain, 2014 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
e Dans quelle m esure la philosophie française du XX siècle est-elle habitée, voire hantée par la pensée kierkeg aardienne ? Dans quelle m esure l'a-t-elle été dès les années 1930, certes en « découvrant l'existence » avec Husserl et Heideg g e r, m ais aussi et sim ultaném ent avec Kierkeg aard ? Et dans quelle m esure l'est-elle encore, au m om ent m êm e où c'est en rupture avec le paradig m e « historique » de la phénom énolog ie qu'elle trace de nouveaux chem ins de pensée ? C'est à ces questions que ce recueil, réunissant des spécialistes internationaux de l'œuvre de Kierkeg aard et des historiens de la philosophie française contem poraine, tente de répondre sur un m ode à la fois historique et thém atique, afin de m ontrer que, loin d'appartenir à un passé révolu, la pensée kierkeg aardienne est bel et bien encore devant nous.
SOMMAIRE
Avant-propos Joaquim Hernandez-Dispaux, Grégori Jean et Jean Leclercq
Première section. Lectures croisées
Eckhart et Kierkegaard : la Percée et l’Instant Yves Meessen 1/ Echo de deux études sur l’influence eckhartienne chez Kierkeg aard 2/ Confrontation sur les conceptions eckhartienne et kierkeg aardienne du temps 3/ Le renoncement à soi commeimitatio christi: Saut et Percée
Kierkegaard et le cri de Léon Chestov Nicolas Monseu 1/ La notion de « philosophie spéculative » 2/ Vérité et subjectivité Conclusion
Devons-nous définir un concept d’existence ? Jean Wahl avec Kierkegaard Simon Brunfaut Introduction : Jean Wahl, le « passeur » et le « penseur » 1/ La tâche de la « pensée de l’existence » 2/ La poésie est la « voix de l’existence » 3/ Contre le « concept » : la misolog ie de Jean Wahl 4/ Les caractères de l’existence Conclusion : l’existence ou la mise en scène de la philosophie
Amour et transcendance : Lévinas en dialogue virtuel avec Kierkegaard Hélène Politis 1/ Lévinas avec Kierkeg aard 2/ La manière lévinassienne dont « Dieu vient à l’esprit » 3/ La manière kierkeg aardienne dont « Dieu vient à l’esprit »
Kierkegaard penseur de l’immanence Joaquim Hernandez-Dispaux 1/ Contre l’irrationalisme : l’apodicticité du « relig ieux » 2/ Lutter contre (une certaine fig ure de) Heg el 3/ La maladie du soi hétéro-posé
L’édification de l’amour. S. Kierkegaard et J.-L. Marion Christophe Perrin 1/ L’amour édifie 2/ L’amour supporte tout 3/ L’amour croit tout 4/ L’amour espère tout
La possibilité de l’impossible. Maldiney lecteur de Kierkegaard Philippe Grosos
« L’instant de la décision est une folie ». Derrida lecteur de Kierkegaard Sébastien Laoureux
« Faire le mouvement » Deleuze lecteur de Kierkegaard Arnaud Bouaniche 1/ Kierkeg aard (avec Nietzsche) contre Heg el : la répétition 2/ Kierkeg aard (au-delà de Nietzsche) avec Pascal : choix, alternative, modes d’existence 3/ Deleuze avec Kierkeg aard : « personnag es conceptuels » et mouvements de la pensée
Deuxième section. Perspectives thématiques
Relire Kierkegaard et concevoir l’existence André Clair 1/ L’existence face au système 2/ Exister comme être passionné dans le monde 3/ Vers une herméneutique de l’existence
Kierkegaard et les figures phénoménologiques de l’appropriation et du rapport à soi Jacques Colette 1/ Kierkeg aard et la phénoménolog ie 2/ Appropriation 3/ Rapport à soi 4/ Dialectique
Kierkegaard et le problème de la vérité dans la phénoménologie française Grégori Jean 1/ La « question de l’être » comme question g recque 2/ Le « dépassement » de laSeinsfrageie française, avec et contre Kierkeg aardpar la phénoménolog Conclusion
Le témoignage et la greffe herméneutique Vincent Delecroix 1/ Les enjeux d’une philosophie du témoig nag e 2/ Kierkeg aard et le témoig nag e
Le choix en phénoménologie : entre Hegel et Kierkegaard Andrea Bellantone 1/ Le « g rand réalisme » de la phénoménolog ie 2/ Élarg ir la pensée : de Heg el à Kierkeg aard 3/ Au-delà du log ique : Benjamin Fondane
Kierkegaard. Petite phénoménologie de la donation ? Jérôme de Gramont
La temporalité possible : une lecture phénoménologique de Kierkegaard Carla Canullo
1/ Le passag e et l’instant 2/ L’éternel, « soi » du temps 3/ La temporalité possible dans lesMiettes philosophiqueset dans lePost-scriptum non scientifique 4/ Enfin, la répétition
Index Nominum
Avant-propos
Joaquim Hernandez-Dispaux, Grégori Jean et Jean Leclercq
Chaque livre est unkairos, m ais certains le sont plus que d’autres. En prenant l’initiative de celui-ci, je n’avais pas la claire conscience de ce qu’il allait révéler et m anifester com m e puissances de vie. Arnaud Bouaniche et Grég ori Jean en ont fait l’épreuve avec m oi. Je leur rends g râce. Jean Leclercq « Si on ne sait pas faire de l'am our cet absolu auprès de quoi toute autre histoire disparaît, on ne devrait jam ais se hasarder à aim er, m êm e pas si on se m ariait dix fois. » S. Kierkeg aard,Le Journal du séducteur. Durant l’année 2012, le m onde philosophique se préparait à célébrer le bicentenaire de la naissance de Søren Kierkeg aard (1813-1855) et de no m breux colloques s’annonçaient partout dans le m onde. Parallèlem ent, les travaux é ditoriaux que nous m enions au Fonds Michel Henry et qui allaient nous conduire à publier, dans laRevue Internationale Michel Henry, l’ensem ble des notes préparatoires àL’essence de la manifestationconsacrées à la subjectivité, nous convainquaient chaque jour davantag e du rôle d écisif joué par Kierkeg aard dans l’élaboration de la phénom énolog ie henryenne, et da ns ce qui constituait à la fois son e terreau, son m ilieu et son horizon philosophiques : la pensée française du XX siècle. C’est ainsi que g erm a l’idée d’org aniser une rencon tre avec les m eilleurs spécialistes de la question, afin de revenir sur l’histoire de la réce ption de Kierkeg aard en France, et d’en interrog er le sens et les enjeux : dans quelle m esu re la philosophie française était-elle habitée, voire hantée par une ou plusieurs fig ures de Kierkeg aard, converg entes ou diverg entes ? Quels en étaient les « m om ents » déte rm inants et les principaux protag onistes, et au prix de quelles sélections, distorsions voire falsifications se donnaient-ils les m oyens de répondredeetàla « philosophie de l’existence » ? Plus encore, et de m anière davantag e prospective, q uelle place occupait la pensée de Kierkeg aard dans ses paradig m es contem porains, et d ans quelle m esure celle-ci était-elle susceptible de la féconder à nouveau et de lui ouvr ir certaines des perspectives dont, dans son souci de se préserver un avenir, la philosophie française est plus que jam ais en quête ? Autant de questions situées au cœur de nos interventions et de nos débats, et dont les actes ici offerts au lecteur apportent de précieux élém en ts de réponse. Sans doute serait-il à la fois présom ptueux et vain d’en tenter ici une synth èse. Nous nous contenterons, en g uise d’avant-propos, de quelques rem arques. Le prem ier enseig nem ent à tirer de nos travaux est, bien entendu, le caractère fondam entalem ent com plexe et com posite de la réception française de Kierkeg aard. Dès les années 1930, dans un contexte m arqué par l’éclipse du néo-kantism e et, déjà, du berg sonism e, la pensée française se trouve non seulem ent fécondée par la phénom énolog ie
allem ande ete, elle trouve à seais plus encor « philosophie de l’existence », m  la reconfig urer dans ce qui apparaît clairem ent com m e une réception conjointe : à bien des ég ards, la transm ission de ces deux courants de pen sée est assurée par les m êm es « passeurs » — que l’on pense ici, m alg ré le caractère diverg ent de leurs lectures, à J. Wahl et à L. Chestov, auxquels S. Brunfaut et N. Monseu consacrent ici deux im portantes contributions —, m ais, de surcroît, c’est la phénom énolog ie allem ande elle-m êm e qui, au m oins sur son versant post-husserlien — Heideg g er, m ais aussi Scheler ou Jaspers — se trouve ouvertem ent revendiquer l’héritag e kierkeg aardien, autorisant voire encourag eant ce rapprochem ent. C’est cette config uration historique qui perm et de com prendre pourquoi, dès la décennie suivante, la phénom énolog ie française allait prendr e naissance,viam aisêm e Wahl lui-m  J. aussi J. Hyppolite, au fil de lectures « existentie lles » de Heg el — à cet ég ard, on lira avec profit l’étude critique d’A. Bellantone — se m uant en un « existentialism e » dont tant le g este philosophique propre que les thèm es-clés s’avéreront profondém ent redevables à la pensée du philosophe danois : ainsi de l’instant, b ien analysé ici par Y. Meessen dans ses résonances eckhartiennes, m ais aussi de l’existence elle-m êm e, du soi, du tém oig nag e, de la vérité, de la donation ou de la tem poralité et de l a possibilité, autant de noeuds kierkeg aardiens qui, au-delà du strict existentiali sm e, allaient durablem ent m arquer la philosophie française et auxquelles A. Clair, J. Co lette, V. Delecroix, Gr. Jean, J. de Gram ont et C. Canullo consacrent ici de patientes études. Mais cette histoire perm et ég alem ent de com prendre que, loin d’appartenir au passé, la fig ure de Kierkeg aard continue de hanter les philosophes français, et tout particulièrem ent ceux qui, en dépit de la critique souvent violente qu’ils adressent à ses pères fondateurs, continuent de se revendiquer de la phénom énolog ie. En 1961 par exem ple, la percée phénom énolog ique accom plie par E. Lévinas dansTotalité et infiniise en, et la profonde rem cause qu’il y propose de la pensée de ses prédécess eurs, s’accom pag ne d’une prise de distance tout aussi fondam entale à l’ég ard de Kierk eg aard qui, aussi laconique qu’elle soit, fournit dans sa form ulation m êm e com m e un condensé du g este lévinassien : « Ce n'est pas m oi qui m e refuse au systèm e, com m e le pensait Kier keg aard, c'est l'Autre. » Deux ans plus tard, dansL’essence de la manifestation, c’esta contrarioque se revendique M. de Kierkeg aard Henry, m ais il s’ag it alors d’un Kierkeg aard dont i l refuse toute com prom ission avec le traitem ent qu’en proposait ce qu’il allait bientôt nom m er la « phénom énolog ie historique » : s’opposant au diag nostic form ulé dansSein und Zeitd’un déficit ontolog ique de la théorie kierkeg aardienne de l’existence, Henry n ote en effet que, « parce que la déterm ination de l’existence […] s’élabore en fait chez Kierkeg aard […] à partir de la structure interne de l’im m anence et en elle, elle n e revêt pas seulem ent une sig nification ontolog ique, “existentiale”, m anifeste, m ais présup pose encore une conception de l’ontolog ie radicalem ent différente de celle des Grecs et de Heg el com m e de Heideg g er lui-m êm e ». Ainsi, de m êm e que l’introduction de la phénom énolo g ie en France, dans les années 1930, s’était trouvée surdéterm inée par celle de Kierkeg a ard, de m êm e son renouvellem ent, à l’orée des années 1960 et dans une sorte de « répétition » de ce g este inaug ural, s’opérerait au prism e d’une redéfinition en profondeur de la na ture, du sens et de la portée de la dim ension « phénom énolog ique » de l’œuvre kierkeg aa rdienne. Les cas de Lévinas et de Henry, analysés ici par H. Politis et J. Hernandez- Dispaux, ne sont du reste pas isolés : la présence de Kierkeg aard se lit ou se devine sans do ute chez tous les g rands philosophes
e français de la seconde m oitié du XX siècle, et notam m ent chez Derrida, Deleuze, Maldin ey ou encore Marion, dans un rapport de filiation am bi g u que S. Laoureux, A. Bouaniche, Ph. Grosos et Chr. Perrin étudient avec précision. Nous faisons donc le vœu que ce volum e de la jeune collection « Em preintes philosophiques » apporte un éclairag e nouveau sur ces jeux d’influence et de transfert entre Kierkeg aard et ses lecteurs les plus eng ag és, tout en m ettant en lum ière le caractère orig inal et fécond de la pensée et de l’œuvre du Danois.