La critique sociale à la lumière de la phénoménologie pratique
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La critique sociale à la lumière de la phénoménologie pratique

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Description

Cet ouvrage s’intéresse à l’articulation entre l’idéologie et le processus de subjectivation des individus dans l’histoire. Il montre que l’idéologie, comme réitération du désir profond de la vie, participe au processus de transformation des subjectivités historiques en situation d’aliénation en libérant l’attention prisonnière des contenus représentationnels et généralisateurs de la conscience pour la renvoyer vers le pouvoir d’inventivité de la vie.


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Date de parution 01 février 2017
Nombre de lectures 4
EAN13 9791095990055
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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La critique sociale à la lumière de la phénoménologie pratique
Benoît Kanabus et Délia Popa
DOI : 10.4000/books.europhilosophie.180 Éditeur : EuroPhilosophie Éditions Année d'édition : 2017 Date de mise en ligne : 1 février 2017 Collection : Contre\Champs ISBN électronique : 9791095990055
http://books.openedition.org
Référence électronique KANABUS, Benoît ; POPA, Délia.La critique sociale à la lumière de la phénoménologie pratique. Nouvelle édition [en ligne]. Toulouse : EuroPhilosophie Éditions, 2017 (généré le 23 février 2017). Disponible sur Internet : . ISBN : 9791095990055. DOI : 10.4000/books.europhilosophie.180.
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© EuroPhilosophie Éditions, 2017 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
Cet ouvrag e s’intéresse à l’articulation entre l’idéolog ie et le processus de subjectivation des individus dans l’histoire. Il m ontre que l’idéolog ie, com m e réitération du désir profond de la vie, participe au processus de transform ation de s subjectivités historiques en situation d’aliénation en libérant l’attention prisonnière de s contenus représentationnels et g énéralisateurs de la conscience pour la renvoyer vers le pouvoir d’inventivité de la vie.
NOTE DE L’ÉDITEUR
Crédits de prem ière de couverture: Elene Ladaria. Tous droits réservés.
SOMMAIRE
Introduction : L’aliénation, la tâche de la critique sociale et la nécessité de son renouveau
La critique sociale et la question de l’aliénation
Histoire et aliénation
Aliénation et idéologie
Idéologie et subjectivation
En guise de conclusion
Introduction : L’aliénation, la tâche de la critique sociale et la nécessité de son renouveau
Dans le cadre de la dénonciation des conditions historiques de l’aliénation opérée par les différentes m ouvances de la pensée m arxiste, le rôl e de la phénom énolog ie consiste à approfondir et à radicaliser la réflexion exig ée pa r le renouveau des conditions de l’action collective. Si ces conditions sont à considérer non seulem ent du point de vue d’une exploration de la production transcendantale du sen s, m ais aussi du point de vue de son inscription dans une expérience partag ée au sein d’une histoire, une portée pratique élarg ie pourra être reconnue à l’exercice de la phénom énolo g ie. En m obilisant la possibilité d’une réflexion qui surplom be l’eng ag em ent ponctuel dans des expériences concrètes, un « voir du voir » dég ag é par la réduction phénom énolog ique1it de se rendre attentif aux, il s’ag aspects nég lig és par cette vision approfondie, qui tiennent non pas tant à l’exploration en am ont de l’im m anence prem ière dont l’expérience pro cède, qu’à l’analyse de ses m odes spécifiques de déploiem ent, im pliquant des individus interpellés dans leur ipséité par des processus historiques devenus perceptibles et réflectibles dans des cadres spatio-tem porels déterm inés. La condition subjective de l’expérience transcendantale reçoit ainsi un éclairag e non pas à partir des m ouvem ents constitua nts de sens de la conscience, m ais depuis l’horizon historique dans lequel ces m ouvem e nts s’insèrent, territoire m éconnu du travail actif de la connaissance, dont toute subjectivation doit cependant se revendiquer en tant que processus d’auto-déterm ination si elle ne veut pas quitter le sol de l’expérience vivante. Dans cet horizon, structure faite d’une « diversité non-actuelle d’apparitions » sans laquelle nous n’aurions « aucun m onde de l’expérience (Welt derErfahrung) »2, un processus latent de form ation du sens est à l’œuvre dans les m arg es de sa déterm ination noético-noém atique. C’est le processus d’une g enèse qui ne suit pas une log ique de la succession, m ais « un dépliem ent, un devenir »3sein duquel les sens passés enrichissent au constam m ent les sens présents et où chaque présent va rejoindre une vie passive faite de sédim entations devenues prog ressivem ent inaccessibles, m ais de telle sorte, cependant, que « toutes les différentes couches de sens se trouvent m aintenant sédim entées dans l’histoire ; dans cette histoire elles se sont perpétuées jusqu’ à nous, et, pour que nous nous y reconnaissions à notre tour, elles font repasser en nous la fondation m êm e qui y a été produite »4telle qu’en rapportm m e que toute nouveauté ne peut se définir co êm e . De m avec un horizon fam ilier et ancien5, il n’y a de sens actuel que parce qu’il se détach e sur un fond d’inactualité, que nous pourrions encore ap peler une « orig ine hétérog ène » toujours à l’œuvre. En suivant le filon de la phéno m énolog ie g énétique husserlienne, il s’ag ira pour nous d’exhiber les zones d’om bre de ce tte inactualité, en soulig nant que l’exam en de l’eng endrem ent des aperceptions doit être fait du point de vue de l’extériorité qui accom pag ne leur affirm ation et leur sédim entation.
C’est le rapport à cette extériorité qu’une analyse phénom énolog ique de l’aliénation doit interrog er, non seulem ent en tant qu’il s’établit a vec ce qui échappe aux saisies de la conscience6etais aussi en tant qu’il m , se dissolvant dans sa tentative de le connaître, m en tension la créativité de la subjectivité au sein de l’expérience, solidaire de sa capacité de s’y déplacer et de se laisser interpeller. Car le d ynam ism e g énérateur de sens de la subjectivité est à penser à partir du devenir de to ute ipséité dans l’eng endrem ent de son activité à travers des synthèses passives im m ém oria les. Ce devenir est à com prendre précisém ent com m e un processus desubjectivationesure où il renvoie à unela m  dans g enèse du sens partag ée dans un horizon intersubjec tif, au sein de laquelle le m om ent critique d’interpellation est à m ettre en évidence com m e une étape décisive d’éveil de l’attention et d’orientation de l’action. La transform ation de soi est dès lors à com prendre à l’aune d’une historicité qui s’esquisse à partir de différents élans conjug ués et en vue de l’action de chang em ent social qu’ils sont susceptib les de produire. Dans cette perspective, les contradictions qui s’exprim ent à travers les blocag es et les résistances qui rythm ent et im m obilisent le devenir des ipséités apparaissent c om m e la condition pratique du renouveau de l’expérience dans son développem ent et de son sens dans sa production m ultiple. Notre intention est d’explorer des pistes de recherches qui perm ettent de m ettre à profit les acquis de la phénom énolog ie g énétique husserlienne et d’approfondir ses enjeux dans la direction d’une phénom énolog ie de l’histoire reconstruite à partir de la phénom énolog ie radicale henryenne, dont la tâche est d’éclairer le « voir du voir » phénom énolog ique à partir des interdits de voir et des points aveug les qu’il installe im plicitem ent. Loin de vouloir m ettre en évidence un sim ple conditionnem en t pratique de la form ation de sens phénom énolog ique ou une infrastructure m atérielle qui sous-tendrait sa téléolog ie idéaliste 7ettre au jour le devenir propre du processus d’ipséisation des, cette dém arche vise à m individus en tant qu’il est intrinsèquem ent solidaire d’une com m unauté historique, dont la contem poranéité reste pour chacun, à chaque m om ent, à découvrir.
NOTES
1.Ce...