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La vision de l'homme chez deux philosophes syriaques

112 pages
Deux philosophes syriaques, Bardesane (154-222) et Ahoudemmeh (VIè siècle) offrent leur vision originale de l'homme, être doué de liberté qui peut faire face au destin. Bardesane conçoit la sagesse comme la connaissance des lois qui régissent, non seulement la conduite des hommes mais l'univers entier. Ahoudemmeh voit en l'homme un prodige de composition. Il souligne l'unité de sa personnalité dans ses actes, ses oeuvres et ses paroles. Tous deux donnent un vrai rôle à la liberté et à la volonté de l'homme.
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La vision de l'homme
chez deux philosophes syriaques
BARDESANE
AHOUDEMMEH«Peuples et cultures de l'Orient »
Directeur de Collection Ephrem-Isa YOUSIF
Il Y a au Proche-Orient des peuples, porteurs
d'un riche patrimoine culturel, qui ont joué un rôle
important dans l'histoire de la civilisation: les
Arméniens, les Assyro-Chaldéens, les Coptes, les
Géorgiens, les Maronites, les Melchites et les Syriaques
occidentaux. Hélas, aujourd'hui, ils sont peu connus en
Occident. Les Éditions L'Harmattan ouvrent encore
plus largement leurs portes à tous ces peuples,
communautés, pour que leur patrimoine soit valorisé.
- Une chronique mésopotamienne
Ephrem-Isa YOUSIF
-Poétique de la fable chez Khalil Gibran
Daniel S. Larangé
-Les médecins nestoriens au Moyen Age (c. I .m .0)
Raymond le Coz
-Les chrétiens dans la médecine arabe
Raymond le Coz
-Surma l'Assyro-Chaldéenne (1883-1975)
Claire Weibel YacoubLa vision de l'homme
chez deux philosophes syriaques
BARDESANE (154 - 222)
(VIerneAHOUDEMMEH siècle)
Introductions: Ephrem-Isa YOUSIF
Traductions: François NAU
L'Harmattan@
L'Harmattan, 2007
5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo. fr
harmattan 1@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-04406-7
EAN : 9782296044067Les ouvrages d'Ephrem-Isa YOUSIF
********************
I-Parfums d'enfance à Sanate
Un village chrétien au Kurdistan irakien
L'Harmattan, 1993.
2-Mésopotamie, paradis des jours anciens
L'Harmattan, 1996.
3-Les Philosophes et Traducteurs syriaques
D'Athènes à Bagdad
L'Harmattan, 1997.
4-L'épopée du Tigre et de l'Euphrate
L'Harmattan, 1999.
5-Les chroniqueurs syriaques
L'Harmattan, 2002.
6-La Floraison des philosophes syriaques
L'Harmattan,2003.
7- Une Chronique mésopotamienne
L'Harmattan, 2004.
8-Les Syriaques racontent les Croisades
L'Harmattan, 2006.Préambule
L'abbé François Nau (1864-1931) vit le jour à Thil
(Moselle). Il fut un mathématicien, un grand orientaliste,
syriacisant. Il enseigna les mathématiques et l'astronomie
puis fut chargé du cours d'araméen chrétien à l'École des
Hautes Études, à Paris, en 1927. Il consacra sa vie à
l'étude.
François Nau publia de nombreux articles et ouvrages
scientifiques, et des textes syriaques inédits, comme
Bardesane l'astrologue. Le livre des lois des pays, texte
syriaque et traduction française (1899). Il traduisit et
publia aussi Le traité d'Ahoudemmeh sur l'homme (1905.)
François Nau oeuvra à révéler la culture et le patrimoine
des Syriaques aux Français.
Héritier de cette riche culture, en hommage de ma
gratitude, je suis heureux de publier ces textes, 76 ans
après la disparition de l'éminent savant.
Ephrem- Isa YOUSIFIntroduction
Le Livre des lois des pays
Bardesane et ses écrits
Bardesane, connu chez les Syriaques sous le nom de
Bar-Daïsan, vécut à la cour d'Abgar, roi d'Édesse. Il est
l'un des auteurs les plus anciens.
La Chronique d'Édesse, écrite avant 540, par un
auteur anonyme, raconte qu'il vit le jour dans cette ville le
Il juillet 154.
Selon saint Épiphane (315-403), il aurait été l'ami
d'enfance d'Abgar (179-212) fils du roi Manou, roi
d'Édesse.
Où Bardesane fit-il ensuite ses études? Dans l'une
des célèbres écoles qui attiraient les étudiants de l'époque,
Alexandrie, Athènes, Antioche, Apamée, Hiérapolis? Il
reçut une solide culture hellénique et s'informa de la
philosophie stoïcienne régnante à l'époque.
Il aurait suivi l'enseignement des Chaldéens, à
Babylone qui restait un foyer des sciences, au premier et
9au deuxième siècle; il aurait assimilé des connaIssances
astronomiques et astrologiques.
Au cours de leurs voyages en Orient, deux écrivains
contemporains eurent l'occasion de rencontrer Bardesane.
Julius Africanus, officier dans l'armée romaine,
polygraphe juif, ami d'Origène, accompagna en 195
l'empereur Septime Sévère à Édesse et fut reçu à la cour
d'Abgar. Influencée par les Parthes quant aux vêtements et
aux coutumes, cette cour gardait les traditions de la
Mésopotamie. Julius croisa là Bardesane, et le dépeignit
comme un homme du monde, un philosophe, mais aussi
1
un peintre et un excellent archer
Dans La vie d'Abertius, évêque de Hiérapolis en
Phrygie, l'on apprend ceci: Abertius, lors d'un voyage en
Orient, fit la connaissance de Bardesane et remarqua son
lignage et sa richesse. Son texte grec était daté de la fin du
deuxième siècle.
Eusèbe de Césarée (260-340 après J.-C.), consacra
une notice à Bardesane dans son Histoire ecclésiastique et
célébra sa compétence en astrologie, sa connaissance du
syriaque et du grec:
«Un homme très capable et très fort
dialecticien dans la langue des Syriens*, Bardesane,
composa des Dialogues contre les Marcionites et
quelques autres qui étaient à la tête de diverses
croyances; il les écrivit dans sa langue et son écriture
nationales, avec de très nombreux autres ouvrages. Ces
dialogues furent traduits du syriaque en grec par ses
1
J.-R. Viellefond, Les « Cestes » de Julius Africanus.
Étude sur l'ensemble des fragments avec édition, traduction et
commentaires, Publications de l'Institut français de Florence,
Paris, 1970,p. 180-182.
* On utilise aujourd'hui le mot Syriaques
10disciples: ceux-ci étaient très nombreux, parce qu'il
avait une éloquence puissante. Panni ses livres figurent
le très habile dialogue Sur le destin, adressé à Antonin,
et tous les autres livres qu'il écrivit, dit-on, à l'occasion
2
de la persécution de ce temps-là. »
Le poète syriaque Éphrem (306-373), peu favorable à
Bardesane, le présente comme un homme du monde, ami
du luxe, un poète. Il mentionne les cent cinquante hymnes
en vers de cinq syllabes, au rythme cadencé, qu'il
composa. Tous les jeunes gens d'Édesse les chantaient au
son de la cithare, à l'église et dans les ruelles de la ville.
Malheureusement, ces hymnes de Bardesane ont été
perdues, il n'en reste que des bribes. Égarés aussi les
traités et les dialogues, le traité d'astronomie.
Un auteur syriaque épris de sciences, Sévère Sébokt
(+667), évêque du couvent de Kenneschré, bâti sur la rive
gauche de l'Euphrate, parle ainsi à un visiteur de
Bardesane le philosophe, le savant:
« Pour que tu saches encore que cela [la conjonction
des planètes] n'était pas connu seulement de ceux du
dehors [les philosophes païens], mais encore de certains
Syriens qui avaient été instruits dans le christianisme- Il
s'agit de Bardesane qui est appelé le philosophe araméen,
homme très instruit dans toutes les choses de ce genre, il
connaissait celle-là et elle figurait pour lui panni les plus
importantes. »3
2
Histoire ecclésiastique, IV, 30; trad. G. Bardy, ColI.
Sources chrétiennes, éd. du Cerf, Paris, 31, 1.1., p. 214-215.
3 vlf111eF. Nau, «La cosmographie au siècle chez les
Syriens », Revue de l'Orient chrétien, 15, Paris, 1910, p. 239.
Il