//img.uscri.be/pth/e014ec19054dc4f7bf1c789b5142794e7069cb67
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Le fondement selon Husserl

De
286 pages
L'ambition de ce travail vise à donner une interprétation intégrale de la doctrine du "fondement" dans la phénoménologie husserlienne. La thèse principale qui est défendue ici est que le fondement phénoménologique chez Husserl n'est finalement ni la subjectivité, ni le monde comme tel, mais consiste dans la "phénoménalité " elle-même qui rend possible la constitution originaire de chacune de ces deux sphères ainsi que leur corrélation concrète.
Voir plus Voir moins
Ádám Takács LE FONDEMENT SELON HUSSERL
Une idée de la phénoménalité
Préface de László Tengelyi
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
Le fondement selon HusserlUne idée de la phénoménalité
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes « professionnels »ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Carlo TAMAGNONE,La philosophie et la théologie philosophale, 2014.Jacques POLLAK-LEDERER,L’Ontologie écartelée de Georges Lukács, 2014.Tahir KARAKAŞ,Nietzsche et William James, Réformer la philosophie, 2013. Mounkaila Abdo Laouli SERKI,Rationalité esthétique et modernité en Afrique, 2013. Olivier DUCHARME,Michel Henry et le problème de la communauté. Pour une communauté d’habitus, 2013. Simon HAGEMANN,Penser les médias au théâtre. Des avant-gardes historiques aux scènes contemporaines, 2013. Alain SAGER,L’Homme sans dieu? De Cicéron à Marc-Aurèle, 2013. Reza ROKOEE,Le rêve et l’éveil dans les écrits de Husserl, 2013.Jean-Marc ROUVIERE,L’homme surpris. Vers une phénoménologie de la morale, 2013. Marita TATARI,Heidegger et Rilke, Interprétation et partage de la poésie, 2013.
Ádám TAKÁCS
LE FONDEMENT SELONHUSSERL
Une idée de la phénoménalité
Illustration de couverture : Sebald Beham, Base et chapiteau d'une colonne, 1543 © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30308-6 EAN : 9782336303086
Préface Le présent ouvrage est basé sur la première partie de la thèse doctorale qu’Ádám Takács a soutenue le 19 juin 2009 à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris. En tant que co-directeur de la thèse, je suis heureux d’avoir l’occasion de la présenter, en quelques mots, au grand public. L’enjeu majeur du travail de M. Takács est de mettre en évidence, chez Husserl, une transformation radicale de la gnosé-ologie moderne. Cette transformation concerne, au premier chef, la question d’unfondement de notre connaissance du monde, ainsi qu’elle avait été abordée, pour la première fois, par Descartes et qu’elle était mise au centre des recherches philosophiques encore par Moritz Schlick. Toute la tradition de la gnoséologie moderne a cherché le fondement inébranlable de notre savoir en quelque chose de subjectif: en un acte du sujet ou en un principe dans lequel se manifeste la subjectivité du sujet. Il n’est donc pas surprenant de voir que Husserl lui-même aspire à une fondation ultime (Letztbegründung) de tout sens et toute validité dans la subjectivité transcendantale. Pourtant, chez lui, le problème d’un fondement de la connaissance reste, comme M. Takács le montre, «en une constante formation». Par conséquent, c’est «au cours de sa propre élaboration » que ce problème peut être rencontré chez Husserl. M. Takács montre quels sont les avatars que la ques-tion d’un fondement de la connaissance parcourt dans la
7
phénoménologie de Husserl. Déjà Brentano a été amené, par sa découverte – ou redécouverte – de l’intentionnalité, à réinter-préter cette question. Il a essayé de découvrir un fondement ultime du rapport intentionnel de tous les actes à leurs objets. En regardant de plus près la thèse brentanienne selon laquelle tout acte intentionnel est ou bien lui-même une représentation (Vorstellung), ou bien fondée par une ou plusieurs représen-tations, Husserl, à son tour, parvient à définir l’ « ultime fonde-ment de tous les actes [letzte Grundlage aller Aktecomme une] » représentation (Vorstellung) au sens d’un «» et,acte objectivant en dernière analyse, au sens d’une «représentation représen-tative » (Repräsentation). C’est cette définition du fon-dement des actes intentionnels qui donne une occasion à M.Takács de s’expliquer avec lereprésentationnalismemalgré la critique qui, husserlienne de laBildertheoriedans lesRecherches logiques, deme-ure caractéristique de la phénoménologie initiale. A cet égard, il peut s’appuyer sur une analyse pertinente de Rudolf Bernet. Pourtant, la phénoménologie ne s’arrête pas sur cette concep-tion représentationnaliste. D’une manière détaillée et précise, M. Takácsmet en lumière les étapes du processus dans lequel, chez Husserl, l’ultime fondement de tous les actes « se déplace » de lareprésentationà l’apparaîtrecomme tel. C’est ici que la premi-ère idée majeure du présent ouvrage est formulée: ce qui se révèle être l’ultime fondement de tous les actes chez Husserl, c’estl’apparaître de l’apparaissant dans la conscience absolue, constitutive du temps. Il ne faut pas penser que, ici, unephénoménologie sans sujetsoit proposée ou propagée. Que, selon Husserl, l’ultime fonde-ment de tout sens et de toute validité soit la subjectivité trans-cendantale, n’est pas contesté par M. Takács. Ce qu’il met en évidence est bien plutôt le fait que, dans la phénoménologie husserlienne, la subjectivité transcendantale vient être définie par l’apparaître –ou par la «» – et nonconscience d’apparaître pas simplement par lecogito. C’est en ce sens qu’il faut prendre la thèse centrale d’une «autosuffisance de la phénoménalité» que M. Takács met au centre de ses recherches. Il s’agit « d’une
8
vie d’expérience fonctionnant comme vie donatrice auto-suffisante qui porte en elle-même le monde à titre de “phéno-mène” ». Ici, il faut faire attention à la formulation précise. Il en découle que si, selon Husserl, l’ultime fondement de tout sens et de toute validité n’est pas lecogito, il n’est pas non plus le monde» qui «porte en. Il est bien plutôt «une vie d’expérience elle-même le monde à titre de “phénomène” ». Cette vie d’expérience, à son tour, a trait à la subjectivité transcendantale. Au fond, la thèse de l’autosuffisance de la phénoménalité présuppose la réduction phénoménologique. Ce n’est qu’en régime phénoménologique qu’on peut évoquer la transformation du monde en un phénomène. Il est vrai que, dans un passage remarquable, M. Takács dit le suivant: «Dire […] que la phénoménalité est autosuffisante, c’est dire qu’elle ne dépend, dans son fonctionnement et dans son être, ni d’une autre condition, ni d’une autre instance». Cependant, l’acuité polémique de cette phrase ne se dirige pas contre la subjectivité transcendantale comme telle. Elle ne se dirige, à vrai dire, que contre une interprétation de la subjectivité transcendantale qui se base exclusivement sur les actes de cogito, c’est-à-dire sur les vécus intentionnels actifs et égoïques, sans prendre en compte la passivité du sujet. Il est pourtant clair que, chez Husserl, la sphère totale de la subjectivité transcendantale ne se confond pas avec la sphère des actes decogito, mais elle englobe tout aussi bien la sphère passive. En même temps, on peut se demander si la thèse de l’autosuffisance de la phénoménalité donne une véritableréponseà la question d’un fondement de la connaissance. M.Takács s’efforce de montrer qu’il s’agit, bien plutôt, d’unetransformation de la question elle-même. Il s’ensuit que, chez Husserl, tout sens et toute validité sont enracinés dans le processus d’expérience, sans avoir, à vrai dire, un fondement particulier. Ainsi le fon-dement de tout sens et de toute validité se révèle-t-il être un processus plutôt qu’une entité (l’ego) et un principe (le cogito). Par là, un problème principal de la gnoséologie moderne est transformé:, pour ne pas diredéconstruit. Ce n’est qu’en ce sens
9