Le rationalisme de Spinoza

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Qu’est-ce que comprendre un philosophe ? Est-ce découvrir la cohérence logique de ses affirmations ? Est-ce retrouver l’expérience métaphysique qui fut la sienne ?
Si le premier sens du mot « comprendre » est retenu, e philosophie ne semblera plus compréhensible que celle de Spinoza. Mais tout change si l’on s’efforce de retrouver l’expérience que traduit le système. Quel sens donner à l’idée d’un Dieu-Nature ? Comment parvenir à la connaissance du troisième genre ? Et quelle confiance accorder à la promesse spinoziste de nous conduire à la vie éternelle ?
C’est à de telles interrogations que ce livre veut répondre. Il étudie la genèse de l’Éthique, analyse les démarches par lesquelles ses principaux concepts ont été engendrés. Mais il ne faut pas chercher, à sa source, une volonté de réfutation. L’auteur ne s’est proposé qu’une fin : prenant au sérieux ce que dit Spinoza, il a tenté de découvrir en son œuvre une voie accessible à l’expérience humaine. Il avoue n’y être pas toujours parvenu.
Le sage de de l’Éthique « ne pense à rien moins qu’à la mort ». Le spinozisme ne peut donc se constituer qu’en excluant l’angoisse de notre disparition. On peut en conclure que l’idée de la mort est étrangère à la vérité. Si, au contraire, on tient cette idée pour constitutive de notre conscience, il faudra admettre que la raison ne peut suffire à expliquer l’homme. Sur ce point, on doit choisir.

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Nombre de lectures 5
EAN13 9782130639046
Langue Français

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Ferdinand Alquié
Le rationalisme de Spinoza
1998
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130639046 ISBN papier : 9782130438571 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Qu’est-ce que comprendre un philosophe ? Est-ce découvrir la cohérence logique de ses affirmations ? Est-ce retrouver l’expérience métaphysique qui fut la sienne ? Si le premier sens du mot « comprendre » est retenu, nulle philosophie ne semblera plus compréhensible que celle de Spinoza. Mais tout change si l’on s’efforce de retrouver l’expérience que traduit le système. Quel sens donner à l’idée d’un Dieu-Nature ? Comment parvenir à la connaissance du troisième genre ? Et quelle confiance accorder à la promesse spinoziste de nous conduire à la vie éternelle ? C’est à de telles interrogations que ce livre veut répondre. Il étudie la genèse de l’Éthique,les démarches par lesquelles ses principaux concepts ont été analyse engendrés. Mais il ne faut pas chercher, à sa source, une volonté de réfutation. L’auteur ne s’est proposé qu’une fin : prenant au sérieux ce que dit Spinoza, il a tenté de découvrir en son œuvre une voie accessible à l’expérience humaine. Il avoue n’y être pas toujours parvenu. Le sage de de l’Éthique« ne pense à rien moins qu’à la mort ». Le spinozisme ne peut donc se constituer qu’en excluant l’angoisse de notre disparition. On peut en conclure que l’idée de la mort est étrangère à la vérité. Si, au contraire, on tient cette idée pour constitutive de notre conscience, il faudra admettre que la raison ne peut suffire à expliquer l’homme. Sur ce point, on doit choisir. L'auteur Ferdinand Alquié Membre de l’Institut
Table des matières
Avant-propos Note préliminaire Introduction I - L’incompréhensibilité de l’« Éthique » II - Spinoza a-t-il atteint la béatitude ? III - Nature et formation des concepts spinozistes IV - La genèse du système
Première partie. Les exigences spinozistes et la philosophie
Chapitre premier. Philosophie et religion I - La philosophie de Spinoza est-elle une religion ? II - Moralité et institutions III - Le Dieu des philosophes et le Dieu des prophètes IV - La critique rationnelle de l’écriture V - Le Christ et le salut des ignorants Chapitre II. Judaïsme et cartésianisme I - Spinoza et la pensée juive II - Spinoza et le Nouveau Testament III - Judéité et langue hébraïque IV - Spinoza et Descartes Chapitre III. La recherche d’une méthode I - L’apparent cartésianisme du « Traité » II - L’inachèvement du « Traité » ΙII – Les deux parties de la méthode IV - Méthode et déduction mathématique Chapitre IV. Cartésianisme et démonstration mathématique I - La démonstration spinoziste de la philosophie de Descartes II - La fidélité à Descartes III - Spinoza n’a-t-il publié que des ouvrages de circonstance ? IV - Spinoza a-t-il modifié sa conception de la méthode ? V - Ordre analytique et ordre synthétique VI - Changement d’ordre et renversement du cartésianisme Chapitre V. L’exigence de salut I - La recherche initiale de Spinoza
II - Le certain et l’incertain III - La nécessité de choisir le bien IV - Une preuve expérimentale V - Les aspirations de l’amour VI - Les objections de la concupiscence VII - Les réponses de la raison Deuxième partie. Dieu personnel et Dieu nature Chapitre VI. Le problème de l’unité de Dieu dans les écrits antérieurs à l’« Éthique » I - Diversité de la nature et unité de Dieu II - L’ouvrage de 1663 III - Le « Court Traité » IV - L’appendice du « Court Traité » V - La correspondance Chapitre VII. Dieu constitué par les attributs I - La définition spinoziste de Dieu II - La substantialité des attributs III - La définition spinoziste de l’attribut IV - Impossibilité de la création V - La divinisation de la matière VI - Le problème de l’unité de Dieu conçu comme constitué d’attributs Chapitre VIII. Dieu substance et cause de soi I - Cause de soi, attributs et Dieu II - Dieu conçu comme unique substance III - Dieu comme absolument infini IV - Le problème de l’être et les définitions V - Dieu conçu comme libre et éternel Chapitre IX. Dieu cause de l’ensemble des modes I - L’existence des modes II - La causalité III - Le scolie de la proposition XVII IV - Le problème des modes infinis V - Immanence et transcendance Chapitre X. Dieu conscient et Dieu aimant I - Dieu cause nécessaire des choses II - Dieu se pense lui-même III - De l’éternité divine à la durée indéfinie IV - Dieu pense chacun de nous
V - Dieu s’aime et nous aime Troisième partie. Raison connaissante et raison salvatrice Chapitre XI. Les divers genres de connaissance I - Évolution de la pensée de Spinoza II - La doctrine du « Court Traité » III - L’exposé du « Traité de la réforme de l’entendement » IV - La théorie des genres de connaissance dans l’« Éthique » V - La critique des idées générales et des relations dans les « pensées métaphysiques » VI - Le problème du fondement du rationalisme VII - Les notions communes Chapitre XII. Connaissance et expérience I - Danger et utilité de la connaissance du premier genre II - Expérience sensible et liberté de l’esprit III - Subjectivité de la perception sensible IV - Mémoire et associations d’idées V - Rôle de l’expérience dans la seconde partie de l’« Éthique » VI - La description du corps humain VII - La connaissance de l’âme VIII - Valeur de l’imagination IX - La lettre à Balling Chapitre XIII. Connaissance et vérité I - Idées vraies et idées adéquates II - Mathématisme et vérité III - La critique de la conception cartésienne du jugement IV - L’activité spirituelle V - La connaissance des attributs de Dieu VI - La connaissance du particulier VII - L’irréductibilité de l’imagination Chapitre XIV. La science intuitive I - Caractères propres de la science intuitive II - Intuition et déduction III - La causalité divine IV - La connaissance de l’essence de Dieu V - La connaissance des choses singulières VI - Salut et connaissance dans les premiers écrits de Spinoza VII - La singularité des essences Chapitre XV. La raison, la morale et le salut
I - Les divers usages de la raison II - Rôle critique de la raison III - Rôle explicatif de la raison IV - Rôle législateur de la raison V - Rôle politique de la raison VI - Rôle sélectif de la raison VII - Rôle libérateur de la raison VIII - Rôle salvateur de la raison Quatrième partie. La théorie de l'homme Chapitre XVI. Nature et unité de l’homme I - L’expérience cartésienne de l’homme II - La critique spinoziste du « cogito » III - La critique spinoziste de la théorie cartésienne de l’union de l’âme et du corps IV - La déréalisation de l’homme V - Âme et conscience VI - Mathématisme et conception biologique du corps VII - L’expérience intérieure du désir VIII - Situation de l’homme Chapitre XVII. Le désir et les sentiments I - Désir et liberté II - Les principes de la théorie des sentiments III - La théorie des sentiments dans le « Court Traité » IV - Les sentiments primitifs selon l’« Éthique » V - Les sentiments dérivés Chapitre XVIII. Le désir et la connaissance I - La sagesse et le salut II - Vouloir être et vouloir connaître III - Action de l’âme et action du corps IV - Parallélisme et possibilité de salut V - De la passion à l’action VI - Unité et dualité du désir Chapitre XIX. L’éternité de l’homme I - L’éternité et le présent II - L’éternité et le temps III - L’éternité de l’idée que Dieu a de nous IV - La voie vers l’éternité V - L’amour de Dieu VI - La partie éternelle de notre âme
VII - L’expérience de l’éternité Chapitre XX. Le salut de l’homme I - La liberté et la gloire II - L’amour intellectuel de Dieu III - La béatitude IV - Béatitude et moralité V - Béatitude et connaissance de soi VI - La théorie de l’homme Conclusions Bibliographie
Avant-propos
e titre de cet ouvrage n’est pas celui que je lui destinais initialement. Je pensais Ld’abord intituler mon étude : « La genèse du systèm e de Spinoza ». Et le lecteur trouvera, dans les pages qui suivent, l’examen de cette genèse. Mais je n’avais entrepris cet examen que pour découvrir comment Spinoza était parvenu à forger des concepts qui, selon moi, ne correspondent pas à une expérience accessible à l’homme. L’objet essentiel de mon livre était donc bien de parvenir à un jugement de valeur sur le système spinoziste. Ce système est lui-même né du désir de justifier et de fonder un rationalisme sans réserves. Il m’a, par conséquent, semblé que nul titre ne convenait mieux à mon ouvrage que : Le rationalisme de Spinoza.C’est le titre que j’ai finalement choisi. Spinoza a professé un rationalisme absolu. Mon propos est de déterminer en quelle mesure il a réussi dans son entreprise. Je crois, pour ma part, que nulle philosophie ne peut parvenir à la vérité sans faire une part à l’inconnaissable et au mystère. Spinoza a voulu bannir l’un et l’autre. Il a donc prétendu nous amener à penser comme pense Dieu. Cette tentative prométhéenne est assurément la plus hardie qui ait jamais été tentée. A ce titre, elle mérite l’admiration. Mais le sens des limites humaines, tel qu’il se manifeste chez Descartes ou chez Kant, me semble plus admirable encore. La vérité d’une philosophie se mesure à la vérité de l’homme, et la vérité de l’homme est celle d’une expérience. Telle est du moins la thèse que, dans tous mes écrits, je n’ai cessé de défendre et de soutenir. On la retrouvera dans ce livre.