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Matière éternelle et ses harmonies éphémères (La)

De
223 pages
Ce livre est une contribution au renouveau de la philosophie de la nature conçue comme la recherche d'intelligibilité. D'après cette pensée réaliste, l'ordre, la raison, la signification et la vérité existent dans les choses avant d'exister consciemment dans l'intellect. Les existants sont des formes et des durées de la dynamique matérielle ; ils sont l'épanouissement des potentialités de la matière. Ce livre défend que la matière est la cause suprême de toute existence, y compris de l'esprit.
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La métaphysique réaliste et naturaliste exposée dans ce volume tient en quelques identités : tout le réel est naturel et la nature est un réseau serré de causes multiples et variées ; tout objet réel est causalement déterminé et participe, à son tour et à sa façon, à l’élaboration du réseau causal, raison pour laquelle tout le réel est intrinsèquement intelligible.
L’ordre, la raison, la et la vérité existent dans les choses avant d’exister consciemment dans l’intellect. Les existants sont des formes et des durées de la dynamique matérielle, de l’épanouissement des potentialités, et le l conducteur de cet ensemble de textes est la thèse selon laquelle la matière-puissance est la cause suprême de toute existence, aussi éminente soit-elle, et ce quel que soit le domaine où ce concept est ni. Le caractère principal de ce livre est ainsi la place d’honneur reconnue à la valeur ontologique des potentialités de la matière, valeur incarnée et symbolisée par le titre :La matière éternelle et ses harmonies éphémères.
est l’auteur, entre autres, deThéorie de l’intelligibilité, Toulouse, 1994 et Paris, 1998 ;Les Mathématiques et le monde sensible, Paris, 1997 ;Philosophie de la nature, Paris, 2000 ;Théorie du déterminisme causal, Paris, 2006 ;Repenser le naturalisme, Paris, 2014. Il est le fondateur duCercle de Philosophie de la Natureet dirige la revueScripta Philosophiæ Naturalis.
ISBN : 978-2-343-13798-8 21,50
MiguelESPINOZA
LA MATIÈRE ÉTERNELLE
ET SES HARMONIES ÉPHÉMÈRES
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
La matière éternelle et ses harmonies éphémères
Ouverture philosophique Collection dirigée par, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Dalia FARAH,L’Amour : voie du bonheur chez Jean Guitton,2017. Robert B. CARLISLE,La couronne offerte, Le saint-simonisme et la doctrine de l’espérance,Traduit de l’anglais par René Boissel, 2017. Jean-Pierre Emmanuel JOUARD,Passion de la pensée,Lecture de Heidegger,2017. Amélie BALAZUT,Heidegger et l’essence de la poésie, 2017. Jean-Alexis AGUMA ASIMA,Le mécanisme. Langage, théorie, philosophie. Étude critique, 2017. Michèle AUMONT,La trilogie des plus larges horizons qui soient et qui puissent être,Et versPourquoi ? Comment ? quoi ?, 2017.Auguste NSONSISSA,La dynamique de la nature, Étude sur le thème du vide dans l’histoire de la philosophie des sciences, 2017. Paul DUBOUCHET,christianisme et catholicisme Paganisme, chez René Girard,2017. Paul DUBOUCHET,», Au fil deRené Girard, « cowboy texan ses exploits, 2017.
Miguel ESPINOZA
La matière éternelle et ses harmonies éphémères
DU MÊME AUTEUR Dynamics of Multivocal Sentences, Washington University, St. Louis, Missouri, 1974. El evento de entender, Dirección de Investigación, Universidad Austral de Chile, 1978. Análisis de la imaginación, Dirección de Investigación, Universidad Austral de Chile, 1981. Essai sur l’intelligibilité de la nature, Éditions Universitaires du Sud, Toulouse, 1987. Théorie de l’intelligibilité, Éditions Universitaires du Sud, Toulouse, 1994 ; 2e édition Ellipses, Paris, 1998. La Science : les mathématiques, la logique, l’expérience, Ellipses, Paris, 1996. Les Mathématiques et le monde sensible, Ellipses, Paris, 1997. Philosophie de la nature, Ellipses, Paris, 2000. M. Espinoza (dir.),De la science à la philosophie. Hommage à Jean Largeault, L’Harmattan, Paris, 2001. Avec R. Torretti,Pensar la ciencia, Tecnos, Madrid, 2004. Théorie du déterminisme causal, L’Harmattan, Paris, 2006. Repenser le naturalisme, L’Harmattan, Paris, 2014. ** * © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13798-8 EAN : 9782343137988
PRÉFACE La métaphysique réaliste et naturaliste qui contribue à fixer le sens des problèmes et des thèses examinés dans ces pages tient en quelques identités : tout le réel est naturel et la nature est un réseau serré de causes multiples et variées ; tout objet réel est causalement déterminé et participe, à son tour et à sa façon, à l’élaboration du réseau causal, raison pour laquelle tout le réel est intrinsèquement intelligible. Attendu que tout existant participe au réseau causal et qu’une chose est ordonnée, rationnelle et signi-ficative dans la mesure où elle participe à la constitution de ce réseau, tout le réel est significatif, aussi infime ou lointain soit-il. L’ordre, la raison et la signification exis-tent dans les choses avant d’exister de façon consciente dans l’intellect. Inhérente aussi à la métaphysique natu-raliste est l’idée selon laquelle la diversité naturelle est le déploiement de l’unité. Et dans l’analyse du passage de la diversité à l’unité et inversement on apprécie la continuité de la science à la métaphysique. Mes livres se sont succédé pour satisfaire le besoin interne de déployer davantage les problèmes précédem-ment analysés, l’objectif étant d’en améliorer la compré-hension. Cet essai n’y fait pas exception. La suite de con-cepts, de propositions et de raisonnements qui compose ces chapitres est fondée sur les intuitions que je viens de mentionner tout au début, ancrées tôt dans mon esprit. Ces intuitions imposent la façon de les déployer. Le caractère principal du présent volume par rapport aux précédents est la place d’honneur reconnue à la valeur ontologique des potentialités de la matière ultime et continue. Cette valeur est incarnée et symbolisée par le titre :La matière éter-nelle et ses harmonies éphémères. Les entités, les proces-sus, les systèmes sont des durées et des formes harmo-
8La matière éternelle et ses harmonies éphémères nieuses de la dynamique matérielle, de l’épanouissement des potentialités. Les existants sont les produits de causes multiples et variées, et le fil conducteur de ces pages est la thèse selon laquelle la matière douée de potentialités est la cause suprême de toute existence, aussi inférieure ou éminente soit-elle, et ce quel que soit le domaine où ces concepts sont définis Ils ne durent qu’un jour : les insectes éphémères et certaines fleurs éphémères vivent leur nom, appellation qu’elles ont léguée à tout ce dont la durée est brève. Mais, dira-t-on, le titre n’est pas tout à fait juste et pourrait désorienter s’il amène à commettre l’erreur de la quanti-fication car, après tout, toute entité n’est pas aussi pas-sagère. Il y a par exemple des galaxies qui existent depuis plus de treize milliards d’années et même la vie sur Terre environ quatre milliards d’années, la moitié de la durée de ces galaxies-là n’est pas aussi éphémère qu’on pourrait le croire. C’est pourquoi il convient de rappeler que toute signification dépend, bien que non exclusi-vement, d’un contexte, et que par conséquent une chose est de durée courte ou longue par rapport à un référentiel. Admettons, raisonnablement, que l’univers soit éternel. Alors, même si la durée de quelques galaxies et de la vie sur Terre est longue, par rapport à l’éternité de la matière-énergie les durées de cet ordre sont tout de même éphémères. Cela dit, en pensant à ce concept, j’ai eu à l’esprit surtout la durée des entités à l’intérieur du monde à notre échelle, et en particulier les entités concrètes et individuelles et non les espèces, les classes ou les genres d’objets. Ces entités autour de nous se forment et se déforment, elles disparaissent tandis que d’autres appa-raissent, et ce sans fin. Leur caractère éphémère, visible, est aussi évident qu’une chose peut l’être, et nous le vivons aussi de l’intérieur : notre propre vie en témoigne.
Préface9 Le volume s’ouvre par le chapitre « La matière, cause suprême ». On y voit d’emblée que cette matière n’est pas identique en tout point à celle décrite par la physique et la chimie car cette dernière n’est pas l’étoffe appropriée ou suffisante des phénomènes biologiques, psychiques ou conscients. Seule une matière beaucoup plus ontologique-ment modifiable a une possibilité de satisfaire cette fonction. Cette matière ultime est, nous le verrons, la cause suprême de tout car elle est, potentiellement, tout ce qui existe et tout ce qui existera, et ce dans tous les modes d’existence. Les chapitres qui suivent sont, chacun à sa façon, des preuves à l’appui de cette affirmation. Cohérente avec les idées principales des autres chapi-tres sur les potentialités et leurs façons de constituer le devenir, la thèse principale de l’écrit suivant : « Il n’y a pas de puissances qui ne se réaliseront jamais » est aussi son titre. C’est une manifestation du déterminisme causal qui, établissant des contraintes qui favorisent la genèse des existants, canalise ce qui arrive, et ce, d’une façon unique. Une telle unicité réelle signifie que si l’on pense qu’il y a plusieurs potentialités simultanément, alors cette multipli-cité est exclusivement intellectuelle,i.e. sans contenu en dehors de notre symbolisme. Seul existe en puissance ce qui se réalise. « Le nombre, la forme et le devenir » porte sur un certain nombre de difficultés fondamentales que l’on rencontre quand on veut comprendre la nature, cette mixture énigmatique de matière-puissance en devenir et de formes stables. Cette fois la réflexion est accompagnée par les idées d’Henri Bergson sur l’essence des sciences mathématiques, sur les limites de leur capacité à rendre compte du devenir. Ce texte a été publié pour la première fois dans mon livre (épuisé)Les mathématiques et le monde sensible, Ellipses, Paris, 1997. Il est repris ici, avec quelques changements mineurs, étant donné sa pertinence