Montaigne. Des règles pour l'esprit

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297 pages
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Montaigne est-il seulement un philosophe sceptique comme on le présente généralement ? Les Essais sont d'abord une extraordinaire enquête sur la puissance de l'esprit que d'ailleurs Montaigne distingue soigneusement de la raison. Livré à lui-même, l'esprit invente, croit, divague... Comment régler cette puissance fantasque ? Les coutumes, la sagesse du corps, l'art de conférer offrent des réponses, mais le fond de l'esprit est "générosité", notion dont Montaigne mesure la féconde ambiguïté : l'éthique de la générosité limite le scepticisme, elle permet l'action parfois jusqu'à l'intransigeance s'il le faut. Le sujet propre de cet ouvrage est donc le rapport profond qui lie, chez Montaigne, la question du scepticisme et celle des règles de l'esprit. Il s'agit de mettre en lumière cette thèse philosophique fondamentale de Montaigne, en vérité presque jamais défendue, et de libérer sa pensée d'une réduction à la seule dimension sceptique.

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EAN13 9782130739470
Langue Français

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2007
Bernard Sève
Montaigne. Des règles pour l'esprit
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© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130739470 ISBN papier : 9782130562993 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Montaigne est-il seulement un philosophe sceptique comme on le présente généralement ? LesEssaissont d'abord une extraordinaire enquête sur la puissance de l'esprit que, d'ailleurs, Montaigne distingue soigneusement de la raison. Livré à lui-même, l'esprit invente, croit, divague... Comment régler cette puissance fantasque ? Les coutumes, la sagesse du corps, l'art de conférer offrent des réponses, mais le fond de l'esprit est « générosité », notion dont Montaigne mesure la féconde ambiguïté : l'éthique de la générosité limite le scepticisme, elle permet l'action parfois jusqu'à l'intransigeance s'il le faut. Le sujet propre de cet ouvrage est donc le rapport profond qui lie, chez Montaigne, la question du scepticisme et celle des règles de l'esprit. Il s'agit de mettre en lumière cette thèse philosophique fondamentale de Montaigne, en vérité presque jamais défendue, et de libérer sa pensée d'une réduction à la seule dimension sceptique.
Table des matières
Remerciements Avertissement Introduction « Dompter le cheval échappé » Fertilité et fécondité Le but et le lieu Le « cheval mental » La décision d'écrire comme geste philosophique Première partie L’esprit dans l’absence des règles Inventif et déréglé : l'esprit selon Montaigne Flexibilité de la raison, volubilité de l'esprit Les quatre opérations de l'esprit Diversité naturelle des esprits Ambiguïté de l'esprit Entre la bouteille et le jambon : une généalogie des faux problèmes Lecture du chapitre « Comment notre esprit s'empêche soi-même » Vrais et faux problèmes selon Montaigne Généalogie de la situation sceptique Les « vaines subtilités » et la dialectique de l'esprit 1/ Un recueil de subtilités frivoles et vaines 2/ Classements ternaires dont les extrêmes se touchent 3/ « Après que le pas a été ouvert à l'esprit... » L'expérience et le principe de différence Inaccessibilité des règles naturelles et transcendantes Le principe de différence et la question de la possibilité de l'expérience Comment constituer une expérience ? La production des règles générales selon Hume Montaigne et la question des règles générales Le possible et la croyance Le possible et l'histoire Les possibles et les histoires Critique des témoignages Trois témoins : Plutarque, Tacite, saint Augustin Rien n'est impossible à Dieu
Généalogies de la croyance « Spatialité » du possible selon Montaigne Une politique privée de possibles Esprit et violence Perte de la nature Les inventions de l'esprit et la violence Deuxième partie Les règles supplétives Règles supplétives externes : la coutume Critique et éloge de la coutume La coutume comme fait social Montaigne et Hume : deux approches de la coutume La coutume, quoique issue de l'esprit, règle l'esprit Règles supplétives internes : le corps Les deux corps de l'homme Le corps réglé : l'animal et le cannibale Échecs du règlement corporel ? L'esprit trouble le corps Le corps peut régler l'esprit Le corps-mesure La couture du corps et de l'esprit Règles supplétives internes : l'art de conférer Commerce, entretien, conversation, conférence La « conférence » Conférer Les règles de l'art de conférer Art de conférer et « institution des enfants » Conférence et amitié La conférence n'est pas une pratique sceptique Les « règles supplétives » : conclusion Troisième partie L’ars philosophandide Montaigne Concepts, sentences et thèses dans la philosophie de Montaigne L'art de conférer et l'écriture desEssais Les concepts montaniens Fonction des sentences chez Montaigne Thèses et philosophie Psychanalyse et philologie : les lectures de Fausta Garavini et d'André Tournon
Au-delà du scepticisme : les thèses desEssais Une thèse privilégiée : la condamnation montanienne de la cruauté L'urgence de la pensée De la temporalité comme trait philosophique desEssais Argumentation et temporalité Le moment de l'énonciation « J'en faisais ainsi autrefois » Les marques invisibles et la rythmique des retouches La pensée retenue et les délais de l'écriture Quatrième partie Les principes pratiques La générosité comme règle de l'esprit dans son usage pratique La générosité selon Montaigne La générosité comme vertu centrale La générosité comme vertu de l'esprit Générosité et emprise du texte L'action sur fond d'indifférence L'action retenue Indifférence stoïcienne, pyrrhonienne et montanienne Formes de l'indifférence chez Montaigne L'indifférence comme fond pour l'action Conclusion Index locorum Livre I Livre II Livre III Index nominum Index rerum Bibliographie
Remerciements
e tiens à remercier tout particulièrement Florent Guénard et Francis Wolff ; mon Jtexte doit beaucoup à leurs lectures patientes et rigoureuses. Je remercie également, entre autres amis, Frédéric Brahami, Denis Kambouchner, Sébastien Morgan, Jean-Yves Pouilloux et Élisabeth Sahuc : je suis redevable à chacun(e) d'entre eux de plus d'une idée éclairante et de plus d'une objection féconde. Ce livre, tel qu'il est, n'engage évidemment que moi.
Avertissement
ous avons choisi l'édition Tournon (Imprimerie nationale, 3 tomes, 1998) comme Nédition de référence. Elle présente le triple mérite de respecter les nombreuses indications autographes portées par Montaigne sur l'Exemplaire de Bordeaux, d'adopter l'orthographe moderne et d'indiquer discrètement, dans la marge, les couches A, B et C du texte ; l'apparat critique permet de reconstituer tous les états du texte. – Le lecteur ne s'étonnera pas des étrangetés typographiques (majuscules au milieu d'une phrase par exemple), elles sont conformes à la volonté expresse de Montaigne. Le point en haut [•] a été choisi par Tournon pour remplacer le deux-points [:] quand il marque, dans le texte de Montaigne, une scansion analogue à celle du point-virgule, mais entre éléments reliés ou subordonnés. Nous doublerons chaque référence à l'édition Tourno n par la référence correspondante à l'édition dite Villey-Saulnier (PUF, 1965, réimpression en Quadrige sans modification de pagination – la réédition Quadrige en un seul volume, 2004, os intervertit néanmoins les Appendices n II et III), qui présente la double particularité d'être la plus usuelle et de servir d'édition de référence aux grands usuels que sont laCorrespondance des Essaisde Montaigne de Leake (Indiana University, Droz, 1981, 2 volumes) et le Dictionnaire de Michel de Montaigne dirigé e par Philippe Desan (Champion, 2004, 2 édition augmentée, 2007). Concrètement, nous indiquons le livre et le chapitre desEssais, suivi du numéro de page dans l'édition Tournon ; nous ne répétons pas le numéro du tome, chaque tome de Tournon correspondant au livre correspondant desEssais ; nous indiquons ensuite la page dans l'édition Villey-Saulnier. Ainsi : « III . 13 . 430 ; 1068 » signifie : livre III desEssais, chap. 13, p. 430 du tome III de l'édition Tournon et page 1068 de l'édition Villey-Saulnier. Nos abréviations sont les suivantes : V-S édition Villey-Saulnier desEssais T édition Tournon desEssais G/C édition dite « de 1595 », due principalement à Marie de Gournay, dans la réédition donnée par Jean Céard à La Pochothèque, 2001 EB-D reproduction en quadrichromie de l'Exemplaire de Bordeaux par Philippe Desan, Schena Editore etMontaigne Studies, 2002 BSAM Bulletin de la Société des Amis de Montaigne MS Montaigne Studies DMM Dictionnaire de Michel de Montaigne, sous la direction de Ph. Desan, Champion, 2004 et 2007. Nous indiquons toujours les titres des chapitres desEssais entre guillemets et en caractères romains, à l'exception du titreApologie de Raimond Sebond, que nous imprimons toujours en caractères italiques. Aucun usage commun ne s'étant dégagé concernant l'adjectif formé sur le nom de Montaigne, nous usons indifféremment des mots « montanien », « montaignien » ou
« montaigniste », selon les occasions et les commentateurs évoqués.