Paradoxe de Dieu et de la finitude (Volume 1)

-

Livres
534 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Ce livre commence avec la Docte Ignorance, autour de la Vision de Dieu ou de ce tableau "grand format" qu'est la Création ou l'univers. Il s'arrete ensuite à l'enjeu des perspectives picturales où la vision humaine se fait plurielle et sert de lien aux alliances entre l'optique, la science et la théologie. Il finit par le jeu des "monades" entre Dieu et la matière, ou le corps, dans la solitude d'un enfermement qui se combine cependant à une ouverture au monde problématique.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2012
Nombre de lectures 33
EAN13 9782296502833
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
PARADOXE DEDIEU ET DE LA FINITUDE-I Docte ignorance, perspectives, monades
Epistémologie et Philosophie des Sciences Collection dirigée par Angèle Kremer-Marietti La collectionÉpistémologie et Philosophie des Sciences réunit les ouvrages se donnant pour tâche de clarifier les concepts et les théories scientifiques, et offrant le travail de préciser la signification des termes scientifiques utilisés par les chercheurs dans le cadre des connaissances qui sont les leurs, et tels que "force", "vitesse", "accélération", "particule", "onde", etc. Elle incorpore alors certains énoncés au bénéfice d'une réflexion capable de répondre, pour toutsystème scientifique, aux questions qui se posent dans leur contexte conceptuel-historique, de façon à déterminer ce qu'est théoriquement et pratiquement la recherche scientifique considérée. 1) Quelles sont lesprocédures, les conditions théoriques et pratiques des théories invoquées, débouchant sur des résultats ? 2) Quel est, pour le système considéré, lestatut cognitif des principes, lois et théories, assurant la validité des concepts ?
Dernières parutions
Lucien-Samir OULAHBIB,Le politiquement correct français. Epistémologie d’une crypto-religion,2012. Saïd CHEBILI,Malaise dans la psychiatrie, 2012. Joseph-François KREMER,Les grandes topiques musicales. Panorama d’un parcours anthropologique, 2012. Hiroshi MORI,Bibliographie de Claude-Henri de Saint-Simon(réunion du texte, introduction et actualisation par Juliette Grange), 2012. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe sur la recherche : les dessous de la recherche dans les « cahiers » de Paul Valéry,2011. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe sur la recherche : sérendipité, Platon, Kierkegaard, Valéry,2011. Antonella CUTRO,Technique et vie, Biopolitique et philosophie du bios dans la pensée de Michel Foucault, 2011. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Du rationnel à l'inconscient dans les «cahier» de Paul Valéry, 2010. Edmundo MORIM DE CARVALHO,De l'inconscient au conscient. Psychanalyse, science, philosophie, 2010. Ignace HAAZ,Les normes pénales chez Rawls. Etudes éthiques en droit pénal, 2010. Janusz PRZYCHODZEN, François-Emmanuël BOUCHER et Sylvain DAVID, L'esthétique du beau ordinaire dans une perspective transdisciplinaire. Ni du gouffre ni du ciel, 2010.
Edmundo MORIM DE CARVALHO PARADOXE DEDIEU ET DE LA FINITUDE-I Docte ignorance, perspectives, monadesVariations sur le paradoxe 6,  volume 1
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99625-0 EAN : 9782296996250
VARIATIONS SUR LE PARADOXE VI – VOLUME I  PARADOXE DE DIEU ET DE LA FINITUDE - I : DOCTE IGNORANCE, PERSPECTIVES, MONADES Introduction Cette variation porte sur le couple "Dieu/finitude" dans son rapport au savoir. La dimension épistémologique n'occulte cependant pas la dimen-sion ontologique — l'une n'est qu'en fonction de l'autre. L'enjeu duréel ne cesse d'être au croisement des signes, et nous nous intéressons à tous ces enjeux qui, par leur charge paradoxale, débordent largement ces concepts. Dans la variation antérieure, nous avions longuement questionné le "savoir ignorant", le dilemme de l'incompréhensible compréhensible ; ici, ces thèmes seront de nouveau présents, en tant queleitmotiv, dans le retour à l'une de leurs sources historiques : la pensée de Nicolas de Cues. Kier-kegaard, avec sonparadoxe absolu, est dans le prolongement d'une réflexion surl'absolu paradoxal, même si le terme ne figure point dans les analyses en question. Il y sera donc question de laIgnorance Docte , du jeu des pers-pectives, d'énonciations de vérité, d'affirmations d'absolu, de contradictions, d'opposés, de coïncidence d'opposés, d'identités, de miroirs (avec ou sans Narcisse), de paradoxes toujours omniprésents, de modèles souverains et de séries de ressemblance, de maîtrise cachée et manifeste. Nous prolongerons cette nébuleuse par une lecture sur la perspective picturale, prise entre le sacré et le profane, et les monades, ou les points de vue dont elles sont le lieu de déclinaison. La contradiction, dans toutes ses parties, occupe le devant de la scène, avec le principe de non-contradiction, et pour ce qui concerne
6 PARADOXE DE DIEU ET DE LA FINITUDE - I Valéry, nous n'attachons (dans les deux volumes !) qu'à la problématique de Dieu et de la finitude, l'enjeu de la contradiction étant renvoyé à un travail ultérieur. Le premier volet de ce volume est consacré au Cues, le deuxième à la perspective et le troisième à la monade leibnizienne. La part valéryenne, développée dans le deuxième volume, concerne l'enjeu de la vérité et des perspectives, la labilité des points de vue, la question de l'Ensemble des ensembles. Les références directes à Nicolas de Cues, et à la théologie néga-tive estimée la plus positive des philosophies par Valéry, existent bel et bien dans lesCahiers; mais plus que telle ou telle référence précise, l'important est la proximité d'une interrogation sur le divin qui dédouble et contourne celle du Maître de la coïncidence des contraires. Lacoincidentia speculumest une figure, pour ainsi dire, plurithéorique que l'on découvre dans les ca-dres les variés : poétique, politique, philosophie, etc. Dans le présent travail, nous allons donc nous focaliser sur ces divers problèmes, et nous présentons, d'une manière générale dans cette introduction, trois vecteurs présents et passés de son organisation — 1) la vision de Dieu dominant laDocte Igno-ranceetLa Monadologie; 2) la perspective fleurissant dans la peinture de la Renaissance et la stratégie des points de vue dans les pensées valéryenne et leibnizienne (nous ajouterons à ce propos un ensemble d’"étoilements" dans nos notes : sur la trinité, le nominalisme, les choses divines, etc.) ; 3) le paradoxe du Ménon et la sérendipité, qui sont des rappels de notre travail antérieur et points d'encadrement du présent travail, auxquels nous ne ferons plus cependant référence que de manière occasionnelle. La vision de Dieu  La vision est une manière de poser le statut du pouvoir théorique, de formuler une subordination et son éventuel renversement. "Si je te vois, et si tu ne me vois pas, je te maîtrise déjà" d'une certaine manière. La vision permet de mettre en place une hiérarchie — de fonder un pouvoir et de le distribuer selon ses divers paliers ou degrés. Elle est un bon indicateur du métalangage — de l'échelle des "regards" mis en jeu dans une théorie confrontée à divers pouvoirs (monde, Dieu, autres théories, etc.). Dans notre texte, il sera question de la "vision de Dieu" dans les œuvres de Nicolas de Cues. Si des théories différentes, décalées et même antagonistes, proposent des "images" ou "visions" différentes de Dieu, celui-ci passe sous le pouvoir de celui qui était censé être son image, son reflet. Il est leVoyant absolu, infini,vupar les voyants relatifs et finis qui n'appréhendent qu'un lambeau du "manteau" divin. Il se produit un renversement du rapport de forces au
 INTRODUCTION 7 profit de l'élément subordonné qui "secoue" sa subordination. Cependant, le privilège de Dieu peut être réintroduit puisqu'ilvoitceux qui levoientdans le cadre de leurs discours. Si le voyant suprême est vu par les voyants secondaires, il a le pouvoir de voir les voyants secondaires en train de le voir ; dès lors, il occupera toujours un niveau plus élevé (n+ 1) que celui de ses observateurs (niveaun).  Dans unsens vertical, celui d'une ascension atemporelle, Dieu sem-ble hors de portée : il s'élèvera au fur et à mesure que ses "créatures" s'élè-veront de manière à garantir un écart, un lieu d'enveloppement (sans pos-sibilité d'être enveloppé) au-delà de toute stratégie d'enveloppement relative (enveloppante et enveloppée). Dans unsens horizontal, celui d'une fuite temporelle, les choses ne se passent pas ainsi. Dieu se déplace avec ceux qui se déplacent, vivent et meurent, sans qu'il subisse en principe le même sort. Il y a un éternel retour de Dieu, mais le Dieu qui revient n'est pas forcément lemême. Dieu subitl'érosionpar la marée de ses "spectateurs- déclenchée voyeurs" successifs, proposant une image spécifique de lui (Dieu géomètre, Dieu de la Création, Dieu intellectif, Dieu d'amour, Dieu de la faute, Dieu du jugement, etc.). Il va varier au gré des variations, et de l'ensemble des va-riations, il ne résulte pas un ordre d'office, une harmonie stellaire, mais un chaos potentiel, traversé par des éclairs d'ordre, un changement, une bigarrure, une corporalité, une douleur, incompatibles avec sa continuité, son incorporalité, son impassibilité, son immuabilité (toute vision de Dieu le trahit en le changeant, en accentuant l'un des aspects de la totalité divine). Le point de vue et la perspective La vision de Dieu nous mènera au point de vue et à la perspective. On entre dans une scène monadique, comportant ses multiples miroirs — miroirs du Tout, talonné par le Rien. Le point de vue peut comporter une accentuation sur le premier terme :point— dans ce cas, la vue est illustrée par le point immobile (ou mobile, si on change entre-temps de point de vue) où elle se résorbe. Triomphe ou domination du savoir sur la perception. Éradication de l'œil par et dans le théorème ou l'opération géométrique. Le point immobilise la vue, l'aveugle, stratégie paradoxale de la vacuité et de l'absence, voulant ramener la plénitude et la présence. Le point de vue suggère unpoint(une structure, une forme, un dispositif, un calcul) où lavues'exprime éventuellement et où elle est contenue. Le point de vue va bien avec la vision de Dieu hantée par le repos et l'immuabilité. Il renvoie à un savoir codifié, sacralisé, à une symbolique qui se place au-delà de l'irréver-sibilité.Le point enveloppe la vue.
8 PARADOXE DE DIEU ET DE LA FINITUDE - I Une nouvelle accentuation porte sur le deuxième terme de l'ex-pression :vue. Le point passe sous le contrôle de la vue qui dispose à sa guise de ce point, en le voyant parmi une multitude de points. Si le point peut imposer à la vue sa loi, son théorème, la vue peut aussi apprivoiser le regard, le multiplier, selon ses changements d'axe.La vue enveloppe le point. La vue s'investit dans un point, de préférence immobile, qui est chargé de l'opération devoiret où elle projette son savoir. La vue est mouvement, décalage, progression ou retrait — elle partage ces caractéristiques avec les moyens qu'elle emploie ; le point de vue, dans son ensemble, est fini, im-plique un langage, demande un choix (dans le champ des possibles). Dans le point de vue, où la vue s'arrête (provisoirement), la recherche est close — pas de sérendipité ni de trouble à la "Ménon". Dès que l'on met ce point de vue en relation avec les autres, le trouble revient et la recherche démarre. S'il y a une vision de Dieu, panoramique, totale, il ne peut y avoir de point de vue divin — ce qui serait réduire Dieu, qui est partout et nulle part, à un point. La vision de Dieu est l'instance où le point se transcende dans sa finitude et "misérabilité", où il devient autre chose qu'un point et où la vue change de niveau en devenant contemplation, intellection voyant au-delà de la perception. La vue est susceptible d'intérioriser la question duMénon — comment voir et savoir ce que je cherche à voir et à savoir ? —, et de retrou-ver la sérendipité — la vue du transcendant dans le lieu le moins trans-cendant possible.  La vision de Dieu ne passe pas en tant que telle par le point de vue, car c'est à peine de son "voyeur" ou "contemplateur" qui reste tributaire de l'opération de contention de la vue ou d'immobilisation du regard. La pers-pective épouse le point de vue, bien qu'elle puisse multiplier les points de vue et les points de fuite. La perspective demeure un élément important des jeux de regards et en propose un au-delà ; elle dépasse le cadre de notre focalisation sur le paradoxe de Dieu et de la finitude. La vision de Dieu, quand on cherche son point de déclinaison dans l'agencement du tableau, dans une vue picturale ordonnée, exprime surtout l'implication du fini dans l'esquisse de l'infini. Il y a en effet une "théologisation" de la perspective, comme l'a soutenu Daniel Arasse. La perspective picturale pose un rapport entre le fini et l'infini où celui-ci, tributaire d'un point de fuite coordonné à la position centrale du spectateur, est, en dépit de tout, bienfini. Le point de fuite, vu comme un infini en acte, n'est qu'un infini en puissance. Si l'infini se réduit àunpoint, il cesse d'être infini. Il faut surcharger l'imagination d'un vol fantastique pour transmuer le point qui converge vers le sommet du tableau en un lieu de transmutation de la finitude de la toile. Ce point infini imaginaire — où se loge Dieu ou l'Univers — se veut en même temps
 INTRODUCTION 9 origine et "centre" de la représentation. La perspective « fait voir l'infini comme fondement du fini, en même temps qu'elle ramène cet infini à un rien » (Denis Favennec, en collaboration avec Emmanuel Riboulet-Deyris, Douce perspective - Une histoire de science et d'art, éd. Ellipses, 2007, p. 100). L'infini demeure potentiel dans l'agencement des orthogonales qui convergent vers une verticale centrale et fuyante — celle-ci n'est qu'un arti-fice de l'esprit, de la production du peintre codifiant une réception es-comptée, soumise à une place et à une distance réglées une fois pour toutes dans la vision frontale du tableau. La perspective pose une "limite" comme un centre, une "partie" comme un tout, un "fini" comme infini. Elle est la fiction d'une "ouverture" au sein du "clos" — la sortie du "labyrinthe" des figures et des volumes cache une ligne infinie homogène dans le prolongement de la ligne présente et absente sur la surface bidimensionnelle du tableau. La perspective cen-trale définie par le corps du spectateur, et son axe visuel convergent, dédou-ble le "centre". Il y a le centre de la vision réel et le centre qui se place à la limite et au-delà du tableau, et que l'on pourrait définir comme son centre imaginaire, d'où la tension qui s'installe éventuellement entre ces deux centres. Un jeu d'occultation et de révélation va se nouer — de transparence et d'obscurité, d'arbitraire et de nécessité, de fermeture et d'ouverture, de présence et de vacuité, de visibilité et d'invisibilité, de convergence et de divergence, de mesure et de hors-mesure, de surface et de profondeur, d'horizontalité et de verticalité, La perspective se place sous le signe du "double" — appel à un sujet regardant et à son évacuation (l'important est la place définie par la stratégie picturale), à son corps fini et à sa neutralisation dans la stratégie du tableau ; appel à un sujet producteur d'images qui s'efface pour laisser advenir le réel ou le trans-réel. La relation du corps à l'espace limité devient une relation de la pensée au monde et au Dieu illimité. On peut alors renverser la problé-matique — ce n'est pas l'infini qui est en puissance, mais le tableau, la peinture. La représentation s'offre sous un horizon où elle doit s'évanouir (ou renaître sous une forme illimitée : le tableau "sort" du tableau). La pers-pective est une stratégie ailée et "transpicturale" au sein du fixe, du fini, du corporel, du pictural — elle offre en s'occultant et s'occulte pour dévoiler. Elle suscite un référent majeur auquel les référents mineurs sont subor-donnés (on peut y voir la puissance symbolique de Dieu ou celle du peintre maître en simulacres). En fait, l'infini est un "presque infini", avouant le manque de convergence entre les deux espaces ou territoires de l'être — dans une approche infinitésimale où la proximité recule au fur et à mesure
10 PARADOXE DE DIEU ET DE LA FINITUDE - I de l'effort entrepris pour l'atteindre. La perspective est une "fiction" ordon-née, où les acteurs sont le point, la ligne, l'orthogonale, le circulaire, etc., permettant un renouvellement des fictions internes à l'espace du tableau (les annonciations, les batailles, les histoires sacrées ou non, etc.). Il y a une dimension paradoxale dans la perspective — le simulacre de la perspective est de suggérer une profondeur dans un cadre où elle est absente, de faire voir un "monde" où le nombre de dimension est supérieur à celui du cadre représentatif. La représentation "saute" de niveau tout en demeurant au même niveau — la surface se fait volume, théâtre, scène de rue, place de ville, tout en ne dépassant pas la platitude de ses lignes encadrantes.  Sérendipité et paradoxe duMénon Dans le livre antérieur, nous avions parlé du paradoxe de la recher-che qu'est le dilemme duMénon, recherche hantée par la nécessité de la vérité et la contrainte de ne pas la connaître tout à fait à son commencement du processus de savoir, et de lasérendipitéest en quelque sorte son qui négatif, se traduisant par l'irruption de l'impromptu, c'est-à-dire le hasard de la découverte imprévisible. On trouve le paradoxe duMénondans laDocte Ignoranceet la sérendipité dans la pratique de laperspective picturaleet sa relation avec le savoir théorique qui l'accompagne. La reconnaissance et le temps sont fondamentaux dans leparadoxe du Ménon— comment puis-je savoir ce que je vais chercher, penser ou faire ? Le paradoxe a une dimen-sion prévisionnelle et correspond à un choix. Il s'agit de reconnaître dans l'ensemble des données acquises celles qui seront utiles au but que l'on se propose. C'est aussi une histoire d'adéquation entre les buts et les moyens dans un processus de savoir orienté. Lasérendipité, suspendue à l'accident, se démarque du paradoxe duMénon qui est de type volontariste. Elle correspond à une effraction incontrôlée de l'extériorité événementielle ou 1 non-conceptuelle dans le champ mental du sujet de l'expérience. Le sujet opératoire devient attentif à ses marges d'action, étant préparé pour remar-quer la nouveauté de ce qui est déroutant, alors que dans leMénon, il occupe le centre du dispositif entre attente de la pensée et sa manifestation, entre le connu et l'inconnu cérébral. Il est ici surtout attentif à la définition d'un programme, d'un cheminement interne. LeMénonle problème de la programmation initiale d'une pose recherche qui va débuter et de sa pertinence future, ou de la valeur d'un a priori avant qu'il ne devienne une nécessité marquée du sceau de l'absolu. Il n'y a pas de réelle surprise dans la recherche placée dans la mouvance du paradoxe duMénon, qui est souvent un artifice d'exposition a posteriori de