354 pages
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Paradoxe de dieu et de la finitude (Volume 2)

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Description

Dieu est un paradoxe majeur de la pensée humaine et il n'est pas prêt de disparaître, car il peut renaître sous d'autres formes - le paradoxe est issu d'une nasse de contradictions dont il est la "solution" idéale. Pour Paul Valéry, Dieu est plus contradictoire que paradoxale. Cet ouvrage revient sur la vision de Dieu, au recensement de certains de ses paradoxes et contradictions et à l'énonciation du vrai Dieu par Valéry.

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Date de parution 01 septembre 2012
Nombre de lectures 47
EAN13 9782296502840
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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PARADOXE DEDIEU ET DE LA FINITUDE-II Dans lesCahiersde Paul Valéry
Epistémologie et Philosophie des Sciences Collection dirigée par Angèle Kremer-Marietti La collectionÉpistémologie et Philosophie des Sciencesles ouvrages se réunit donnant pour tâche de clarifier les concepts et les théories scientifiques, et offrant le travail de préciser la signification des termes scientifiques utilisés par les chercheurs dans le cadre des connaissances qui sont les leurs, et tels que "force", "vitesse", "accélération", "particule", "onde", etc. Elle incorpore alors certains énoncés au bénéfice d'une réflexion capable de répondre, pour toutsystème scientifique, aux questions qui se posent dans leur contexte conceptuel-historique, de façon à déterminer ce qu'est théoriquement et pratiquement la recherche scientifique considérée. 1) Quelles sont lesprocédures, les conditions théoriques et pratiques des théories invoquées, débouchant sur des résultats ? 2) Quel est, pour le système considéré, lestatut cognitifprincipes, lois et des théories, assurant la validité des concepts ?
Dernières parutions Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe de Dieu et de la finitude – I. Docte ignorance, perspectives, monades,2012. Lucien-Samir OULAHBIB,Le politiquement correct français. Epistémologie d’une crypto-religion,2012. Saïd CHEBILI,Malaise dans la psychiatrie, 2012. Joseph-François KREMER,Les grandes topiques musicales. Panorama d’un parcours anthropologique, 2012. Hiroshi MORI,Bibliographie de Claude-Henri de Saint-Simon(réunion du texte, introduction et actualisation par Juliette Grange), 2012. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe sur la recherche : les dessous de la recherche dans les « cahiers » de Paul Valéry,2011. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe sur la recherche : sérendipité, Platon, Kierkegaard, Valéry,2011. Antonella CUTRO,Technique et vie, Biopolitique et philosophie du bios dans la pensée de Michel Foucault, 2011. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Du rationnel à l'inconscient dans les «cahier» de Paul Valéry, 2010. Edmundo MORIM DE CARVALHO,De l'inconscient au conscient. Psychanalyse, science, philosophie, 2010. Ignace HAAZ,Les normes pénales chez Rawls. Etudes éthiques en droit pénal, 2010.
Edmundo MORIM DE CARVALHO PARADOXE DEDIEU ET DE LA FINITUDE-II Dans lesCahiersde Paul Valéry Variations sur le paradoxe 6,  volume 2
Du même auteur dans la même collection : Le Statut du paradoxe chez Paul Valéry ; Variations sur le paradoxe I -Paradoxes dans l'école de Palo Alto et les Cahiers de Valéry ; Variations sur le paradoxe II - Le Paradoxe sur le comédien ou la comédie de l'imitation ; et La Comédie de l'intellect ou l'imitation de la comédie ; Variations sur le paradoxe III - Premier volume : Paradoxes des menteurs : logique, littérature, théories du paradoxe. Deuxième volume : Paradoxes des menteurs : philosophie, psychologie, politique, société ; Variations sur le paradoxe IV - Premier volume De l'Inconscient au conscient : psychanalyse, science, philosophie. Deuxième volume : Du Rationnel à l'Inconscient dans les "Cahiers" de Paul Valéry ; Variations sur le paradoxe V - Paradoxe sur la recherche I : Sérendipité, Platon, Kierkegaard, Valéry ; Paradoxe sur la recherche II : Les dessous de la recherche dans les Cahiers de Paul Valéry. Dans la collection « Commentaires philosophiques » : Poésie et science chez Bachelard - Liens et ruptures épistémologiques. © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99626-7 EAN : 9782296996267
VARIATIONS SUR LE PARADOXE VI – VOLUME II PARADOXE DE DIEU ET DE LA FINITUDE - II :  DANS LESCAHIERSDE PAUL VALÉRY Introduction  Lesparadoxes de la finitudeconcernent, dans ce deuxième volume, les points de vue ou le jeu des perspectives (comprenant la perspective 1 picturale), le savoir, Dieu et l'homme sur la scène de l'univers traversée par des visions, vérités, signes et êtres. Nous allons retrouver certains enjeux de la partie antérieure et en découvrir d'autres. La stratégie des points de vue, ou leurs stratégies possibles, comprend une dimension contradictoire entre la totalité et la partialité. Le premier battement contradictoire se situe dans l'écart entre la multiplicité vertigineuse des points de vue potentiels et l'unité que l'on réclame pour certains d'entre eux en tant que point de vue des points de vue. Le deuxième battement contradictoire vient de l'écart entre le "réa-lisme" et l’"idéalisme". Qui dit totalité des points de vue dit Dieu d'une certaine manière. Celui-ci figure comme le Tout et, dans sa dimension paradoxale, comme l'énonciation de la plus grande extension et de la plus infime intension possible, ou l'accord du Maximum et du Minimum liés comme chez Nicolas de Cues. Nous revenons aussi à la question de l'infini abordée dans le volume antérieur, intituléParadoxe sur la recherche II – Les dessous de la recherche dans lesCahiersde Paul Valéry, où il fut question d'infini et de mystique, de possibles et d'existence. Ici, elle se focalise sur la figure de Dieu, dans son rapport avec le fini, car la "recherche" se poursuit jusqu'au point central où l'infini et l'existence se découvrent un "visage", un "centre", rachetant le fini et la dispersion. Lesparadoxes de la finitude
6 PARADOXE DE DIEU ET DE LA FINITUDE - II ouvrent la voie à un paradoxe divin où ils sont censés s'évanouir. Une telle problématique sera une constante de cette partie. En premier lieu, nous continuons sur la lancée du volume antérieur en analysant le jeu des perspectives et des points de vue chez Paul Valéry, en indiquant certains points où une inflexion cusienne peut être remarquée dans lesCahiers. Nous prendrons la métaphore du "Mur" comme élément introduc-teur, métaphore que l'on peut opposer à celle de la "fenêtre", figure du savoir perspectiviste. Le réel est perçu et pensé comme un mur arrêtant la vision, la liberté de regarder, c'est-à-dire comme une surface picturale. Le mur est un obstacle, un non-dépassement, un piège pour le regard — il figure la fini-tude ; pour voir l'au-delà, il faut le contourner. Valéry pense peut-être au mur vincien, en tant qu'ensemble de visions potentielles dans la configuration de ses taches, sauf que chez lui le mur joue aussi un rôle de miroir, entre transparence et opacité, et l'on retrouve l'une des figures cusiennes. D'une part, le moindre mouvement de l'œil « change le mur en nuages » (Paul Valéry,Cahiersédition du CNRS, de 1956 à 1961, en un fac- 6, p. 153, similé de 29 volumes ; abrégé en C., suivi du numéro de volume et du nu-méro de page, exprimés directement dans cet ordre). Le mur est un lieu d'un exercice pour l'exercice intellectuel, car il est un défi, et équivaut à la page blanche ou à l'ignorance, l'absence de maîtrise, et se mêle à l'horizon du tableau par son refus silencieux de tout horizon. Le tableau rend le mur visi-ble, voyant, malgré son aveuglement et tout en partageant son silence. Le mur peut donc devenir support réel du tableau et fenêtre en trompe-l'œil grâce à la perspective, sans que l'illusion constitue d'emblée un facteur néga-tif d'exclusion. Le mur valéryen est d'abord un mur vide, appel à un "remplissage" ou une "création" comme un ornement rendant visible la « structure générale » de l'espace intérieur et extérieur. « Un mur tout nu, pour ma machine générale, est une liberté d'errer. Cette liberté trace et colore d'elle-même. Une peinture le remplit et lève l'indétermination » (C. 3, 744). Le mur peut être quelconque, car le «Voirse suffit » et « ce qui est vu vaut moins que le voir même » dans le matin du monde qui s'éveille (Paul Valéry, Œuvres, II, Bibliothèque de la Pléiade, éd. Gallimard, 1960, Mauvaises pensées et autres, pp. 859/60), et (ibid.). Le visible, soutenu par le solaire où s'est réfugié l'être, est un domaine presque onirique et magique, où les êtres et les choses-miroirs ont un rôle divin dans la diffusion de la lumière. L'es-pace se colore de mille ombres, masses et transparences, laissant l’"âme" perplexe, au sortir du sommeil, devant une richesse heurtant son dénuement, sa crainte, sa réserve et sa présence froissée. Le mur se remplit picturalement et conceptuellement quand il figure la Borne de la connaissance et de l'être.
 INTRODUCTION 7 D'autre part, le Mur est tout intérieur et renvoie à la conscience appréhendant ses limites et celles du savoir. C'est le mur de Monsieur Teste, ignorant la leçon de la perspective, se détournant de la lumière pour s'installer dans la plénitude d'une conscience qui le domine rationnellement. Au-delà de Mr. Teste, il y a « un certain »murindiquant l'extrême limite de la certitude où l’« homme intérieur » arrive à tenir « la mer dans le creux de sa main imaginée » (C. 1, 809), et qui tient ainsi la mer tient aussi toute chose. Ce sera plus tard le mur de la « révélation anagogique » (C70). 26, dont nous allons parler plus loin. Le Mur, par son clivage entre l'intérieur et l'extérieur, pose les bornes à l'intérieur desquelles se déroule le jeu des points de vue. Le mur est un lieu de vérité et d'erreur, de vision et d'aveuglement, de totalité et de parties. La vérité suit ces déplacements : elle est physique, réflexe-sensible, conceptuelle. Elle se détourne du spectaculaire, du tableau, et devient insignifiante comme le réel, le mur ou la fenêtre. Si la vérité découvre le réel comme insignifiant, elle se découvre elle-même sous ce ton ; il y a alors un accord d'insignifiances. En deuxième lieu, nous nous intéressons à Dieu tel qu'il figure théoriquement à l'intersection de la théologie et de la logique des ensembles. Dieu est une figure du savoir.L'objet paradoxal du Tout-partie sera en première ligne ; il prendra, comme habituellement chez Valéry, une forme circulaire. On s'attardera au "contenant-contenu", matrice d'une stratégie d'enveloppement commune à Dieu, à l'esprit ou au moi. Dieu est une réponse (réflexe, symbolique) à l'insuffisance de l'être qui perce dans l'impossibilité de le dire et de le penser. Dieu est le paradoxe du Même jouant avec la Limite et couvrant le vacarme du monde ; Dieu est le paradoxe d'une tauto-logie — pour illustrer celui qui porte le Tout — chargé d'exprimer l'univers et sa clôture et dépassement. Si Dieu est la limite de l'ensemble de toutes les négations (après avoir été celui de l'ensemble de toutes les affirmations), il finit en "Déité" ; celle-ci est plus importante que tel ou tel Dieu particulier, elle les explique tous. La troisième étape de notre parcours sera celle de la vision et de ses différents degrés (vision sans vision, vision de la vision; etc.), placée elle aussi dans le cadre des rapports du Tout à la Partie. La vision de Dieu est celle de "tout voir" avec ses conséquences paradoxales pour celui qui voit chose après chose d'après finitude ; on ira des apories de l'œil au paradoxe de la rétine, à la perception dans ses œuvres ou "rêves". La vision de Dieu correspond à un "se voir" déclinant la voie du "se penser". Chez Valéry, quand l'œil faillit, la main prend sa relève, cette dernière étant l'opératrice du vrai lien avec l'extériorité. Comme la circularité, la négativité poursuit, pour
8 PARADOXE DE DIEU ET DE LA FINITUDE - II ainsi dire, la vision. Les paradoxes culminent dans l'émergence de Narcisse partagé entre le "voir" et le "non-voir". Dans le quatrième moment, on essayera de tracer le "sillage" con-ceptuel de Dieu entre paradoxes et contradictions. Les paradoxes de Dieu sont ceux duDieu absconditus, duMaximum maximorum, entre autres. Dieu est paradoxal dans sa dimension de Dieu "caché" et "présent". C'est-à-dire surtout du Dieu des philosophes, impliquant un certain envoûtement signi-fiant, mais la question de Dieu concerne aussi les non-philosophes, car elle acquiert vite une dimension anthropologique. Les contradictions de Dieu sont celles d'une tension entre la contradiction et l'absence de contradiction en son sein. On passera du minimum au maximum dans l'acte de nomination et d'affirmation de la divinité. Le paradoxe et la contradiction de Dieu coe-xistent, chacune de ces opérations ayant leur légitimité. La contradiction est la tension presque à l'état brut ; le paradoxe est la contradiction soupesée, travaillée, suspendue, évitée, où la tension doit tendre vers zéro sans dispa-raître. Pour Valéry, Dieu est surtout, au point de vue conceptuel, con-tradictoire (et non pas paradoxal) — et il demeure à une lecture presque immédiate de la tension, tout en pratiquant une approche paradoxale de l'enjeu. Le paradoxe est l'élément (théorique) caché du Dieu caché. Nous allons séparer ces deux tendances et les remettre en rapport. Le cinquième moment aura pour noyaux principaux les questions valéryennes du «vrai Dieu» et de «Mon Dieu». Levrai Dieuun prend habit négatif et s'opposera dans un combat théocide à lui-même. Il se déclinera aussi commeMon Dieuéchappant aux affres de la création cosmi-que.Mon Dieupose la question de l'humanisation et de la déshumanisation de Dieu. Un jeu de distance et de proximité, allant jusqu'à la fusion, se produit entre Dieu et l'homme. Dieu doit être purifié de toutes les images et de tous les mots, et la négation y trouve sa principale tâche. Dieu ne peut être le "mien" que s'il est débarrassé de la bêtise, de toute demande d'amour, du calcul, de l'opportunisme, de la lâcheté, du refoulement, du troc à troc (croyance contre dispense de la mort). Dieu doit effacer l'anthropomor-phisme et vivre de ses propres ailes. Il quitte ainsi les zones impures de la sensibilité et vient se loger dans la sphère intellective (il est l'image sublimée de l'intellect). Même s'il critique le Dieu des philosophes, le Dieu concep-tuel, Valéry finit par y revenir. Sa critique du Dieu vulgaire, populaire, objet de superstitions, de demandes folles, de craintes, de peurs, de blessures, vise à placer Dieu ou le divin à l'abri de tels "dévergondages". Un Dieu donc sans émoi, outre ceux de l'intellect algébrique, rationnel, etc. Sur la scène divine, on joue la pièce de Dieu pur, objet d'un moi élitiste, et le Dieu des autres, de
 INTRODUCTION 9 ceux qui appartiennent à la foule insensée, c'est-à-dire le Dieu d'une élite (même si elle se réduit à un seul élément) et le Dieu du peuple. On finira par une analyse du langage, de la croyance et de la vie-mort appréhendés en fonction des paramètres ci-dessus. Dans le rapport de Dieu au langage, on reviendra sur les rôles de la nomination et de la négation allant jusqu'au silence, ou à l'effondrement du langage. Le paradoxe de la croyance est d'être infiltrée par l'incroyance dans la figure paradoxale d'une croyance incroyanted'une ou incroyance croyante. Le paradoxe se place dans l'horizon d'une mort qu'il faut neutraliser ou la faire accéder à un autre statut où elle perd sa tension et sa violence — il oscillera entre laviela et "transvie". Il ressort de tout cela que la croyance est un leurre, et cela amène Dieu à préférer, selon Valéry, l'incroyant qui le surélève au croyant qui l'abêtit. La croyance est d'abord une sorte de réflexe ; parmi les pensées, elle occupe le rang de la pensée presque immédiate, involontaire. Dieu est ainsi le centre de l'univers-réflexe, et la "solution" passe par un déplacement d'un tel cadre. Le Dieu purement et négativement négatif survit à une telle impasse dont il représente l'au-delà. Dieu est en somme un potentiel horizon symbolique, un "fait" anthropologique (quel que soit son statut : idéologique, psychologique, cosmique, etc.), qu'il est vain de déclarer inexistant ou révolu ; il se glisse dans la vie des hommes qui ne sont pas tous des penseurs "négativistes". En fait, si Dieu faillit à sa tâche, et si la peur réfléchie, appréhendée, finit par s'annuler, si la crainte de Dieu est dépassée pour certains, on passe alors de la peur symbolisée et renversée par Dieu à la peur de la mort. Celle-ci subsiste dans et après la "mort" de Dieu, incapable d'en venir à bout, de manière qu'on glisse de la "mort de Dieu" à la mort tout court ou, pour ainsi dire, à l'état nu. On revient au début du processus, avant la sublimation, l'idéalisation, l'ascèse vers un stade de délivrance. L'idéa-lisation, et son effondrement, laisse l'hommeseul devant ses carences, imperfections, illusions, etc., et cette solitude est trop prégnante pour qu'il n'y ait pas parfois un retour de ce que l'on avait cru aboli. Dieu revient le plus souvent dans une instance qui semble "neutre" (langues, écritures, esthétiques, théories, etc.) ; et aussi vraisemblablement non pas en tant que Dieu particularisé mais en tant que Déité, processus diffus de la pensée et du sentir, regardant les "limites" ou la finitude anthropologique. Le langage est l'élément de la croyance, du maintien et de l'abolition de la croyance, dans l'écart fictif et réel entre la vie et la mort par défaut de vivre l'une et par désir d'éviter l'autre. La croyance est une projection dans un avenir à partir d'un présent qui semble stérile, anodin, craquelé de toutes parts. La première réaction à la croyance, c'est de déclarer le langage fautif, impuissant, délabré, épave parmi les épaves, sans qu'un tel aveu en finisse avec le déploiement
10 PARADOXE DE DIEU ET DE LA FINITUDE - II d'un langage se "remordant" désormais à chaque énonciation. D'abord, la perspective ou les points de vue ; après, Dieu ou le Tout et la Partie, ou l'Ensemble et ses éléments ; ensuite, la vision telle quelle s'oriente de l'un de ces plans à l'autre, menant au Dieu paradoxal et contradictoire dans son "miroir" de signes, entre conflits et délivrances, et se poursuivant par l'enjeu du « vrai Dieu » devenant « Mon Dieu » dans un jeu de proximité et de distance entre Dieu, le divin et l'homme ; et pour achever le parcours, la focalisation sur le rôle du langage dans la question de Dieu, sur la croyance débordant le langage et sur l'axe "vie-mort" où la croyance prend son essor. La perspective et le tableau  Avant de commencer notre périple, nous revenons sur la perspective, le tableau, la "fenêtre" que l'on a opposée au "mur". La perspective, chez Valéry, est essentiellement appréhendée comme un art du point de vue con-ceptuel théorique, défini par certaines coordonnées, et la référence con-ceptuelle doit alors être cherchée plutôt du côté de Leibniz (qu'il connaissait 2 vraisemblablement par les livres de Louis Couturat (1868~1914) et d'Émile Boutroux (1845~1921)) que de Léonard de Vinci et d'autres peintres de la Renaissance italienne dont Valéry aimait l'alliance de la connaissance et de la pratique. La perspective est alors un coup, un essai, dans un champ cogni-tif nécessaire ou problématique, dominé soit par le "certain" à l'intérieur de certaines limites conceptuelles et référentielles définies, soit par l’"incertain" quand le savoir avance, pour ainsi dire, pas à pas dans une exploration à la recherche d'une solution adéquate pour un problème spécifique. La perspec-tive est, dans ce cas, synonyme d'une intervention limitée qui n'épuise pas le champ du savoir tributaire d'une région de l'univers donnée — et elle est ainsi hantée par la perte de pouvoir de la pensée et de l'action liée à l'in-tervention cognitive. D'autres perspectives se lèvent ou se lèveront à côté de la perspective en cours ; le multiple questionne l'unité de la perspective et la 3 met en danger d'une faillite . La perspective, tout aussi portée sur le tout et l'unité, a ici une portée régionale, partielle, et demeure souvent sous l'em-prise latente d'une totalité générale, synonyme de connaissance totale, qui se dérobe à elle lors de l'énonciation de sa vérité restreinte. Or, la perspective apparaît chez lui aussi dans sa dimension pictu-rale. Il fut déjà question dans le premier volume du rapport de Valéry à Vinci lors de l'analyse du dessin tourbillonnaire, avec ses ondulations, torsions et sfumatos, et nous ne revenons pas à ce qui fut formulé à cette occasion. La perspective ne peut qu'être au rendez-vous d'une pensée qui se dessine, et qui s'ouvre aussi à l'extériorité, en réhabilitant la main et le tact, en arrachant