Pensées graves et burlesques - Tome second

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Français
240 pages
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Description

Je n'écris pas pour ceux qui viennent après moi. Ce n'est pas à eux que je pense. Cela m'étonne, mais c'est ainsi. C'est une chose curieuse et qui me surprend moi-même. Ceux auxquels je pense en écrivant sont soit des disparus soit mes aînés. De plus en plus des premiers et de moins en moins des seconds. Est-ce que j'éprouve le besoin de me justifier, de me racheter à leurs yeux? Ce pourrait être alors inconscient, et je ne puis en parler en connaissance de cause. Quoi qu'il en soit, avec le temps qui passe, je m'adresse de plus en plus à des mânes immatériels. Au-delà de cette affirmation, n'est-ce pas aussi pour les vivants, les contemporains, qu'écrit R. Collas? Il y a en effet dans ce second volume des "Pensées graves et burlesques" des accents moralistes indéniables. Moralistes, non au sens de donneurs de leçons... mais selon l'acceptation philosophique du terme, qui réfère à l'analyse de nos moeurs et comportements, obsessions et attentes. Société, politique, religion, histoire, relations hommes/femmes... ces grands sujets forment ainsi le matériau que pense et repense l'auteur dans un ouvrage composé cette fois-ci dans une prose ample et fluide, qui privilégie le déroulement, tout en souplesse, légèreté et amusement, des réflexions.

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Informations

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Date de parution 27 mars 2014
Nombre de lectures 13
EAN13 9782342021042
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Pensées graves et burlesques
Du même auteur
Les Chemins retrouvés,1994 Les Joutes à Semène,1995 L’Otage battanghi,1996 Le Jugement de Malosson,1997 Au service du président,1998 Les Avatars de Joseph Boucanant,1999 La Dernière aube,1999 Le Prince borgne,1999 Les Tenants et les aboutissants,2000 Mes préjugés,2001 Le Valet de trèfle,2001Les Dents de sagesse,2002 Le Sage Confucius et votre serviteur,2002 Au chaos des cailloux,2002 Balthazar et la charge,2002 Pensées graves et burlesques,2004 Le Livre de ma mère,2004 Pensées lapidaires,2004Pensées explicites,2005Distiques de mon temps,2011
René Collas Pensées graves et burlesques Tome second : Pensées explicites
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Idées que ballottait l’Océan intégral, idées glanées dans le collectif inconscient, idées battues des flots, idées à la dérive, je vous dépose sur le sable de ce temps.
L’amour, les femmes et les fleurs
Madame Monprochain, que je connais depuis long-temps, qui prise la vertu et qui chose plus rare la pratique, un jour, m’a dit : « Il n’y a pas de femmes laides. » Cette affirmation qui découle du postulat « Tous les hommes sont égaux, » comporte par conséquent le corollaire : « Il n’y a pas de femmes belles. Or, l’expérience montre cha-que jour le contraire : il y a des femmes belles. Il faut tirer la conclusion : « Il y a donc des femmes laides. » Pour contenter la dame en question, j’ai concédé qu’il y en avait peu.
Des assurances
Madame Monprochain a de jolis parquets. Du beau bois, luisant et bien vernissé, d’une essence exotique. Elle le protège par des tapis précieux. Mais voilà que Madame Monprochain a disposé des carpettes pour protéger ses tapis !
Ça ne m’étonne pas. L’homme de notre temps aspire à se protéger de tout. J’ai même trouvé un magasin de ma ville qui vend des protège-pare-chocs.
* * * La sensibilité de notre époque se tourne vers l’injustice dont sont victimes les femmes à qui la coutume assigne les tâches domestiques. Depuis qu’elles ont entrepris de tra-vailler à l’extérieur, elles cumulent la besogne traditionnelle
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avec la mercenaire. Leurs époux, motivés par des idéologies métissées de christianisme et de démocratie, se sentent cou-pables et veulent participer à ce surcroît de travail. Les meilleurs d’entre nous achetons un tablier de cuisine et al-lons jusqu’à soulever les pieds quand nos femmes promènent sous nos fauteuils la bouche suceuse de l’aspirateur. Dans la même situation, le mari musulman, lui, prend une seconde épouse.
* * * Faire l’amour à la femme qu’il aime, c’est le plus bel hommage qu’un homme puisse lui rendre. S’en voir refu-ser la cérémonie est l’injure la plus infamante qu’il puisse ressentir.
* * * Dans ce temps-là, une jeune fille vaporeuse initia mon-sieur Monprochain à des activités qu’il n’avait jamais pratiquées mais dont il avait à plusieurs reprises soupçon-né l’existence. C’était des exercices proches de l’animalité qui ne demandaient pas le concours de ses capacités d’intelligence ou de sensibilité, mais lui versaient de petits plaisirs courts, et emplissaient son âme d’une joie pro-fonde. Il ne trouvait pas les mots qu’il aurait fallu pour rapporter cette expérience nouvelle dans les feuillets qu’il remplissait le soir, avant de s’endormir.
* * * J’ai, comme on dit, les idées larges : je tiens à ce que ma femme ait sa personnalité, qu’elle ne craigne pas de me contredire si elle croit être dans le vrai. Je lui ai bien ex-pliqué cela : ce n’est pas systématiquement qu’elle a tort. Chaque fois que son opinion coïncide avec la mienne, c’est qu’elle a raison. Ce n’est que dans le cas contraire qu’elle a tort.
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