101 pages
Français

Pourquoi nous pensons ce que nous pensons

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Description

La philosophie de Monsieur Jourdain !

- les grands principes expliqués sans jargon

- les réponses limpides aux grandes questions

- les grandes notions abordées par le quotidien
Avec de simples questions, Alain Stephen nous éclaire sur la philosophie et les philosophes.

La liberté, la beauté, le bonheur, la vérité... Alain Stephen aborde 30 notions indispensables de la philosophie sans jamais compliquer son propos. Aidé par des citations éclairantes, son propos est à chaque fois accessible et moderne.

Cet ouvrage est une preuve que la simplicité n'est pas l'ennemi de l'intelligence et que la clarté permet de rendre intelligible des concepts philosophiques trop souvent réputés complexes.

Alain Stephen écrit un livre pour tous les "Monsieur Jourdain" de la philosophie !

Inspirant !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 31 octobre 2019
Nombre de lectures 1
EAN13 9782360758920
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0100€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Titreoriginal:Why We Think the Things We Think – Philosophy in a Nutshell Publié initialement en 2015 par Michael O’Mara Books Limited (Londres, Grande-Bretagne) © Michael O’Mara Books Limited, 2015 © Guy Saint-Jean Éditeur inc., 2018, pour l’édition en langue française publiée en Amérique du Nord Directionéditoriale:Stéphane Chabenat Éditrice:Pauline Labbé Traduction:Johanne Tremblay Correction:Johanne Viel Conceptiongraphiquede l’inrieur:Olivier Lasser Conceptiondela couverture couverture:MaGwen
Les éditionsde l’Opportun 16 rue Dupetit-Thouars 75003 Paris www.editionsopportun.com
ISBN : 978-2-36075-892-0 Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Pour Polly
Titre Copyright Dédicace
Sommaire
Avant-propos Pourquoi nous pensons comme ça
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
Qu'est-ce que la morale ?
Disposons-nous du libre arbitre ?
La beauté est-elle quelque chose de subjectif ?
Pouvons-nous faire l'expérience de quoi que ce soit de manière objective ?
Qu'est-ce que l'art ?
Comment savoir que notre expérience de conscience est la même que celle du voisin ?
Comment distingue-t-on le bien du mal ?
Qu'est-ce que la mauvaise foi ?
Le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ?
Qu'est-ce que le bonheur ?
Qu'est-ce que la liberté ?
Si Dieu existe, pourquoi permet-il la souffrance ?
Les animaux ont-ils des droits ?
Qu'est-ce que le temps ?
Un arbre qui tombe dans une forêt fait-il du bruit s'il n'y a personne pour l'entendre ?
Trop vaut-il mieux que pas assez ?
Y a-t-il une différence entre vivre et être vivant ?
Aimer est-il plus agréable qu'être aimé ?
Avons-nous une âme ?
Le devoir devrait-il passer avant le plaisir ?
Existe-t-il des vérités universelles ?
Que sont, au juste, « les moyens de production » ?
Existe-t-il des questions auxquelles la science ne peut répondre ?
Les mots ont-ils un sens ?
Le destin et le sort existent-ils ?
L'Histoire a-t-elle dit son dernier mot ?
Y a-t-il une vie après la mort ?
Conclusion : en quelques mots
Remerciements
Bibliographie
Avant-propos Pourquoi nous pensonscommeça Dans l’un de mes plus lointains souvenirs d’enfance, je suis assis dans ma chambre et je n’ai rien à faire. Mon train électrique, joliment planté dans un paysage en papier mâché (il y avait même deux gares et un tunnel qui traversait une montagne) occupant la moitié de la surface du plancher, est brisé. Pour dire vrai, il était presque toujours en panne, mais quand il fonctionnait, c’était fantastique. Je crois que c’est à ce moment que j’ai commencé à réfléchir à ce qui fait que les choses fonctionnent ou non, et qu’elles ne fonctionnent que certains jours. Je n’y pensais pas dans un sens pratique, comme quand la machine à laver s’enraye ou qu’on échappe son téléphone cellulaire dans les toilettes, ni même par rapport à mon train électrique, qui fonctionnait très bien la veille. Non, j’étais en train d’acquérir la notion de la nature faillible des choses en général. Qu’y a-t-il au cœur de ce caractère éphémère de la réalité que l’enfant de six ans, que j’étais alors, peinait à saisir ? Ce n’était quand même pas une révélation, mais j’ai pris conscience ce jour-là que j’avais une conversation avec moi-même. Je m’interrogeais, j’analysais, je réfléchissais et, bien franchement, je m’y perdais. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai l’impression que c’est à ce moment que j’ai commencé à réfléchir, que j’ai eu conscience d’être capable de penser par moi-même. Je ne dis pas que je n’avais jamais réfléchi avant. Jesavaissûrement qu’il ne fallait pas mettre sa main dans le feu, se jeter devant un bus ou laisser traîner mon vélo sous la pluie. Jesavaissûrement reconnaître quand j’avais faim et quand j’étais heureux ou fâché ou triste. Ce savoir relevait-il de l’a priori(un terme qu’affectionnent de nombreux philosophes), au sens où j’avais acquis ces connaissances par ma capacité innée de formuler des déductions théoriques, par opposition à l’observation de mes propres expériences ? Cette « voix dans ma tête » commençait à poser des questions : pourquoi y a-t-il une voix dans notre tête ? J’ai utilisé le motsavoirà l’imparfait, dans ce paragraphe ; c’est une forme verbale qui indique le plus souvent une action en voie d’accomplissement dans le passé. Or, que se produirait-il si le temps s’arrêtait brusquement ? Est-ce que la voix qui s’agite dans chacune de nos têtes cesserait brusquement de réfléchir ? C’est une pensée pour le moins troublante. J’ignore combien de temps je suis resté assis à réfléchir devant mon train électrique en panne. J’ai toujours été frappé de constater à quel point notre perception du temps et de l’espace rétrécit avec les années. Une heure, un jour, même un mois semble beaucoup plus long à 6 ans qu’à 46. Les vacances d’été semblent durer une éternité quand on est adolescent, mais aujourd’hui, je remarque surtout à quel point les journées d’août ont raccourci. Je me souviens d’être allé faire un tour à mon ancien lycée, quelques années après la fin de mes études, et d’avoir constaté avec surprise que la grande salle était bien plus
petite que dans mon souvenir. Ce lieu, avec son imposante estrade en bois où le directeur flanqué de ses enseignants les plus anciens livrait ses discours, me semblait immense quand j’étais en première. Il m’apparaissait tout à coup beaucoup plus petit. Ce ne pouvait pas être le cas, à moins que l’école n’ait entrepris d’importants travaux de construction. Seulement, ma perception de l’espace et, surtout, l’expérience que j’avais de moi dans cet espace avait changé.
Qu’ont donc à voir un train électrique en panne ou une école rétrécie avec la philosophie ? Ces deux phénomènes représentent des observations et des réflexions nées de l’expérience. La fidélité de ces réflexions passées au filtre des souvenirs d’enfance est discutable. J’essaie, de manière indirecte, d’arriver à certaines conclusions sur ce qu’est en fait la philosophie. Est-ce réfléchir à l’expérience humaine de la réalité ? La définition traditionnelle d’un philosophe (souvent attribuée à Pythagore) est « amoureux de la sagesse ». On pourrait donc logiquement dire que la philosophie est l’étude de la connaissance. Il est intéressant d’observer comment la philo et la science, en tant que disciplines vouées à la compréhension du monde, ont vu leurs routes s’éloigner l’une de l’autre au cours des siècles. La science semble détenir l’avantage puisqu’elle permet apparemment de prouver des choses. La philosophie est perçue dans une certaine mesure comme étant purement théorique, habile à formuler des questions, mais incapable de fournir des réponses claires. De nombreux grands philosophes ne faisaient pas de distinction entre l’importance de disciplines comme les mathématiques, la physique et les sciences naturelles, et celle de l’étude de la morale, de l’esthétique ou de la théologie. Emmanuel Kant considérait que l’étude de la pensée et des idées ou, plus précisément, des mécanismes de formation des idées était plus importante que de faire des additions et de résoudre des équations. Selon une idée répandue, la philosophie est constituée de questions auxquelles on répond invariablement par d’autres questions. Sous cet angle, est-il possible de présenter la philosophie « en quelques mots » ? Ce livre ne manque pas de questions puisque chaque chapitre en pose une. Ces questions, je l’espère, auront traversé l’esprit de la plupart des gens à l’occasion, particulièrement au cours d’intermèdes de réflexion ou d’observation silencieuses (comme durant mon après-midi assis devant mon train électrique). J’ai forcément dû faire des choix au moment de déterminer quels philosophes me permettraient d’élucider les questions, et j’ai tenté, quand c’était possible, d’offrir des contre-arguments et des perspectives différentes. Au cours des siècles, de nombreux philosophes et auteurs se sont penchés sur des questions aussi fondamentales que « Qu’est-ce que le bonheur ? » Inventorier tout ce qui s’est écrit sur ce sujet et ceux présentés dans ce livre pourrait remplir une bibliothèque. Je m’excuse des omissions que j’ai faites, et j’espère que mes résumés vous donneront envie d’approfondir les questions. Vous constaterez de nombreux chevauchements entre les idées et les enjeux déterminants, et j’ai tenté de les signaler chaque fois que c’était possible. L’étude de la morale, de l’esthétique et des systèmes de croyances regorge d’un grand nombre d’idées connexes à celles présentées ici. Nous nous devons de ne jamais cesser d’essayer d’apprendre ni, surtout, de nous demander pourquoi certaines choses sont comme elles sont, et d’autres, non. C’est peut-être ce qu’est la philosophie en quelques mots : le droit d’examiner des idées et des pensées. ALAIN STEPHEN