Tradition et modernité

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362 pages
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Cet ouvrage expose les thèmes religieux, sociaux et culturels, qui ont occupé la pensée arabe des années 60 et 70, ainsi que les tendances ou idéologies sociopolitiques, ou plus généralement culturelles. Tendances plus particulièrement centrées sur la problématique de la tradition et de la modernité : traditionalisme, modernisme, réformisme, en leurs variétés.

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Date de parution 01 juillet 2013
Nombre de lectures 75
EAN13 9782296540187
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Paul Khoury
TRADITION ET MODERNITÉ Thèmes et tendances de la pensée arabe contemporaine (les années 60 et 70)
TROISIÈMEÉDITION
Tradition et modernité Thèmes et tendances de la pensée arabe contemporaine (les années 60 et 70)
DU MÊME AUTEUR (Principaux écrits en langue française) ISLAM–CHRISTIANISME 1 2 Jean Damascène et l’Islam, 1957-1958, 1994. 1 Paul d’Antioche, Traités théologiques21994., 1964, 1 3 Islam et christianisme, Dialogue religieux et défi de la modernité, 1973, 21997, 2011. Matériaux pour servir à l’étude de la controverse théologique islamo-chrétienne de langue arabe du VIIIe au XIIe siècle. — I-VIII, 1989, 1991, 1997, 1999, 1999, 2000, 2001, 2002. Textes des théologiens arabes chrétiens du VIIIe au XIIe s.Le Verbe incarné, I-II, 2000. MONDE ARABE La crise libanaise dans le processus de mutation socioculturelle de l’Orient arabe. — 1976. 1 2 Une Lecture de la pensée arabe actuelle, trois études;1981, 1998 . — Pensée arabe contemporaine, 3 Tradition et modernité, 2012.Tradition et modernité, Thèmes et tendances de la pensée 1 2 arabe actuelle. — 1983, 1998. Tradition et modernité, Matériaux pour servir à l’étude de la pensée arabe actuelle, I-III. — 1981, 1984, 1985. Monde arabe et mutation socioculturelle, Problématique de la sécularisation et de la 1 3 révolution culturelle. — 1984, 21999 ;Monde arabe, religion et sécularité, 2012. L’Islam critique de l’Occident, Islam et Sécularité, I-III. — 1994, 1995, 1996. 1 2 L’Islam et l’Occident, Islam et Sécularité. — 1998, 2012. Les islamistes et les autres. — 2004. PHILOSOPHIE La Religion et les hommes, Essais sur les dimensions anthropologiques de la religion. — 1984. Esquisse d’une philosophie de la culture. — 1974, cours polycopié. — Remanié dansLe problème de l’homme, 2006. La dimension de transcendance en l’homme. — 1975, cours polycopié. — Remanié dansLe problème de l’homme, 2006. Notes pour l’étude de la Métaphysique. — 1985, cours photocopié. — Abrégé, 1990. — Remanié, 2006. Notes pour l’étude de la Philosophie morale. — 1992, cours photocopié. — Remanié, 2006. 1 2 Le Fait et le Sens, Esquisse d’une Philosophie de la Déception. — 1996, 2007. 1 2 Aporétique, ou ‚ Que sçay-je ?ǥ. — 2005, 2012. Le problème de l’homme. — 2006. Le Jeu de la vie. — 2011-2013. RECUEILS Pour un dialogue interreligieux et interculturel. — 2012. La religion en question. — 2012 Le Liban en question. — 2012. Le Monde arabe en question. — 2012. Études. — 2012. Projets. — 2012.
Paul Khoury Tradition et modernité Thèmes et tendances de la pensée arabe contemporaine (les années 60 et 70) TROISIÈME ÉDITIONL’HARMATTAN
La rédaction de cet ouvrage était terminée fin septembre 1981. Elle a été rendue possible grâce à une subvention de recherche (de février 1980 à janvier 1982) octroyée par laFritz Thyssen Stiftung. La préparation de base de l’ouvrage a été rendue possible grâce à une subvention de recherche (1977-1979) octroyée par laStiftung Volkswagenwerket aimablement mise à ma disposition, au titre d’attaché de recherche, par leProf. Dr. Heinz Grotzfeld, directeur du Seminar für Arabistik und Islamwissenschaft de l’Université de Münster.© 1983 Beyrouth. © 1998 Echter Verlag, Würzburg / Oros Verlag, Altenberge. © 2013 L’Harmattan© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00767-0 EAN : 9782343007670
AVANT-PROPOS  Il existe une pensée arabe actuelle, parce qu’il existe un monde arabe actuel. Certes, les facteurs de divisibilité de ce monde ne manquent pas : diversités géographiques, ethniques, religieuses, culturelles, économiques et politiques, qui parfois menacent de le désintégrer. On peut même dire que la division est un fait au plan politique et économique. Il n’en reste pas moins qu’au-delà de leurs diversités et de leurs divisions, les peuples arabes ou arabisés expriment clairement leur volonté de se constituer en une seule nation, parce qu’ils éprouvent le sentiment profond d’appartenir au même monde et d’être liés par un même destin.  Cette volonté et ce sentiment sont fondés sur le fait que le monde arabe se distingue par un fond culturel commun aux peuples arabes, et par une situation socio-historique mettant ces peuples aux prises avec les mêmes problèmes.  La situation et les problèmes qu’elle pose forment une partie de la matière de cette étude ; il n’en sera donc pas question ici.  Le fond culturel peut être succinctement caractérisé par quatre éléments principaux : la langue arabe, l’islam, le vision du monde, la structure mentale. La langue arabe est la langue classique, qui fut sanctionnée par le Coran, et qui doit à ce même Coran sa permanence et sa fixité ; elle sert de point de référence et de ralliement, au-delà de la multiplicité et de la variété des dialectes. L’islam est lié à cette langue du Coran ; il est forme culturelle et facteur de civilisation, aussi bien pour les musulmans que pour les non-musulmans. Même en tant que religion, il fait partie de l’univers des musulmans et des non-musulmans, car, en tant que système religieux, il recueille et fixe le système des valeurs typiques de la culture arabe, il se trouve construit sur le même plan architectural que les systèmes religieux judaïque et chrétien, et il exprime la même visée de l’absolu divin. Par là, l’islam et la langue arabe constituent une sorte d’objectivation de la vision orientale sémitique du monde : vision essentiellement religieuse, dont le noyau consiste en la position d’un Dieu transcendant par son unicité, pour ce qui est de lui-même, et par son vouloir, pour ce qui est de sa relation à l’homme et au monde. Seul être véritable et seul agent véritable, il réduit par là l’être et l’action de tout être à la condition de créature et à l’état de signe, dont la réalité n’est que référence au Réel, au Vrai unique. Cette vision religieuse du monde, médiatisée par l’islam et la langue arabe, modèle la structure mentale arabe typique, en ses représentations et ses motivations. Quelques attitudes caractérisent cette structure mentale : respect de l’ordre des choses et de l’ordre social, vus comme expression du vouloir divin ; effort de soumission à ce vouloir manifesté par les événements, à savoir effort sur soi de contentement, et effort sur le monde pour le soumettre à la loi divine ; au plus profond, constance dans l’épreuve, et foi intransigeante comme référence à l’Unique. (Voir l’analyse détaillée de ces notions dans P. Khoury 1981a, p. 35-48, 72-76.)  Ces traits caractérisent, il est vrai, le fond culturel traditionnel, lequel est aujourd’hui mis en question, et parfois contesté radicalement et en sa totalité. Mais cette contestation elle-même ne s’élève pas de l’extérieur, elle se forme et s’exprime à l’intérieur de la culture contestée. Ce n’est donc pas le fond culturel lui-même qui est touché, mais plutôt le système culturel, à savoir la forme historique passée dans laquelle le noyau culturel a pris corps. C’est pourquoi la contestation la plus radicale prend les allures d’une entreprise de récupération, dictée par un souci d’authenticité, c’est-à-dire par le souci d’en libérer le dynamisme interne. Cela vaut aussi, et même particulièrement, des tentatives d’humanisation de la religion ou de réduction de la théologie à
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l’anthropologie. Ce qui est rejeté, c’est le corps de la religion, ce n’est pas son âme.  C’est dire que les tendances idéologiques en conflit trouvent dans le même fond culturel arabe de quoi nourrir leur conflit ; sinon elles seraient seulement étrangères et indifférentes les unes aux autres.  Ces tendances forment l’autre partie de la matière de cette étude ; il n’en sera donc pas question ici.  Il reste à préciser le sens dans lequel sont pris les termes de pensée contemporaine figurant dans le titre.  Le terme de pensée indique ici la production intellectuelle dans les divers domaines des sciences humaines et sociales, et exprimée sous forme d’essais. Par là sont exclus les ouvrages de sciences logico-mathématiques et de sciences physiques et biologiques, les œuvres de caractère purement littéraire (poésie, théâtre, roman), mais aussi les ouvrages de sciences humaines et sociales du genre académique pur. C’est dire que la pensée étudiée ici est celle qui est engagée dans la recherche d’une solution aux problèmes humains et sociaux auxquels le monde arabe est affronté. Dans ce cadre, une seconde limitation est apportée par le genre de l’essai ; par là sont exclus les articles de revues ou de journaux, dont l’énorme quantité exigerait un travail spécial de dépouillement et d’analyse. Toutefois, cette exclusion n’est pas totale, vu que nombre d’ouvrages retenus pour cette étude consistent, en fait, en des recueils d’articles d’un même auteur, ou de contributions d’auteurs différents au thème d’un colloque. Ces limitations tiennent au fait que ce travail s’inscrit dans le cadre de l’étude du problème de la mutation culturelle considéré comme étant le problème clef de l’ensemble de la pensée arabe contemporaine ; et c’est en fonction de ce problème que la documentation a été constituée.  Pensée contemporaine, enfin. Il s’agit de la période récente, celle qui commence dans les années 60, ou, pour fixer une date précise, celle qui va de 1967 à 1980. Le choix n’est pas tout à fait arbitraire. D’abord, les périodes antérieures ont été suffisamment étudiées, alors que cette période récente ne l’a pas encore été d’une manière systématique, et dans son ensemble. Ensuite, cette période se détache comme une unité historique, quoiqu’elle soit divisible en sous-périodes ou phases, et qu’elle prolonge en un sens les périodes antérieures dont elle a hérité les problèmes, non encore résolus. On peut signaler les principales données qui en font une unité historique distincte. La guerre de juin 1967 a dévoilé l’orientation israélienne vers une politique qui semble bien être celle de la force, du cynisme, de l’agression, de l’annexionnisme et de l’expansionnisme, en vue d’exercer une sorte d’hégémonie sur l’ensemble de la région. En face, est apparu le peuple palestinien, affirmant son existence nationale et politique par une double action de résistance, diplomatique et militaire. En même temps, la conversion des pays arabes à la Realpolitik prépare la montée du pouvoir arabe : le pétrole, l’argent, le niveau qualificatif humain, la puissance militaire, la diplomatie, donnent à ce pouvoir un poids international, que vient confirmer la sorte de revanche d’octobre 1973. C’est dans ce cadre que s’inscrivent, d’une part, les tribulations de la résistance palestinienne aux prises avec certains régimes arabes, et, d’autre part, le plan de paix de Sadate qui donne l’occasion aux divisions arabes de refaire surface. Et c’est dans ce cadre qu’apparaissent nettement, d’une part, le caractère fondamental du problème de la mutation culturelle, et, d’autre part, la radicalisation des positions à l’égard de ce problème de la modernisation. (Voir l’analyse détaillée de cette situation dans P. Khoury 1981a, p. 124-130.)  Voilà donc l’objet de cette étude. En voici la forme. Elle se présente comme un exposé documenté. L’exposé, portant sur les thèmes et les tendances, consistera pour l’essentiel en une répartition thématique et une classification des tendances idéologiques, comportant l’explicitation de la manière dont les problèmes se posent et des principes
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qui guident les diverses approches de ces problèmes. La documentation est incorporée à l’exposé, dont elle vient illustrer les parties et les assertions par l’analyse des œuvres représentatives ou typiques. Elle est tirée de mes trois volumes deMatériaux, dont cette étude constitue une première exploitation.  D’une façon plus concrète, la forme de cette étude c’est son plan. La démarche en sera celle d’une sorte de creusement, visant à saisir graduellement la substance des thèmes et des tendances. C’est pourquoi, dans un premier temps, ces thèmes et tendances seront exposés en suivant les classifications courantes auxquelles se sont essayés les orientalistes et les auteurs arabes. La voie ainsi ouverte, il sera procédé, en un deuxième temps, à un repérage des thèmes et des tendances opéré sur la base du dépouillement de la production intellectuelle arabe actuelle. Cette classification de caractère statique conduira à un essai d’analyse de la situation socio-historique globale du monde arabe, en tant qu’elle pose les problèmes et suscite en réponse les différentes tendances ; à partir de là, il sera possible de proposer un tableau systématique des tendances, qui seront analysées en leurs origines, motivations, fondements et principes, de manière à permettre une reconstitution du discours distinctif de chacune. Une série de portraits viendra assouplir la rigidité de la classification systématique, et montrer l’interférence d’éléments apparemment incompatibles au sein d’une même tendance, ainsi que des affinités insoupçonnées entre tendances apparemment opposées. Ce fait appellera, en conclusion, une réflexion sur le processus de formation des tendances idéologiques, visant à rendre compte de leurs affinités et de leur conflit, réflexion se prolongeant en une esquisse d’évaluation de la pensée arabe actuelle, de sa capacité à résoudre les problèmes auxquels elle se trouve affrontée, et du sens dans lequel elle semble s’engager pour relever ces défis. AVERTISSEMENT  1) Une esquisse de ce travail est parue dans P. Khoury 1981a, p. 275-327.  2) Le système adopté pour la translitération des mots arabes est celui de la nouvelle édition de l’Encyclopédiede l’Islam. Deux exceptions pourtant : j et q au lieu de dj etk. 3) Les références sont données à l’intérieur du texte sous la forme suivante : indication du nom de l’auteur et de la date de l’édition utilisée de l’ouvrage. Pour les données bibliographiques correspondantes, se reporter à la bibliographie en fin de volume.