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Compostelle

De
250 pages
Après un bilan de vie douloureux et souffrant de fibromyalgie, Claire Colette, 53 ans, part à pied de Louvain-La-Neuve jusque Compostelle durant trois mois. Elle y dépose toute la souffrance de son corps, de son cœur, de son âme. Au retour, elle reçoit une deuxième vie, comme elle aime le dire. Une deuxième vie pour être plus ajustée avec elle-même, dans ses projets avec les autres et la société. Ce témoignage montre comment le chemin peut transformer, pas à pas, inexorablement, le marcheur au long cours.
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Claire Colette
Compostelle La saveur du chemin Récit
Compostelle
La saveur du chemin
D/2015/4910/28
© Academia – L’Harmattan Grand’Place 29 B-1348 Louvain-la-Neuve
 ISBN: 978-2-8061-0231-7
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’auteur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
Compostelle
La saveur du chemin
Claire COLETTE RÉCIT
À Mia, Luna et Valéry, mes petits-enfants David et Charlotte, mes enfants Anne, ma sœur Cédric, Samuel, Sarah, Malik, mes neveux et nièces Fernande et Willy, mes parents À Olivier et Pierre, qui nous ont quittés À toutes les petites âmes à venir…
Quand on sait que, passé la porte, le monde est beaucoup plus grand et beau qu’on ne nous le laisse croire. Jean-Claude Bourlès
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Avant de partir sur le chemin…
Il arrive un moment de la vie où il faut soit changer, soit mourir. Luc Adrian
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« Il arrive un moment de la vie où il faut soit changer, soit mourir », écrit Luc Adrian à la première ligne de son témoignage (2, p. 13). Lorsque j’ai lu son livre, il y a une bonne année, j ’ai ressenti un choc : j’y lisais, concentrée en quelques mots, la folle nécessité de m on propre départ. Il était de cet ordre-là : changer ou mourir, sachant qu’il y a sans doute bien des façons de mourir ; j’y excellais d’ailleurs par moments ! C’est cette nécessité qui, ce 30 juin 2006, m’a poussée à partir seule, à cinquante-trois ans, de mon domicile jusque Compostelle. Repensant à mon passé, j’avais l’impression d’avoir vécu plusieurs vies, comme unpatchworkde vie décousus. Il me fallait dès d’instants lors rassembler mes forces éparses, mes morceaux dissém inés pour en faire le socle de mon être, retrouver mes racines afin que mes enfants puissent, peut-être, s’envoler avec moins de poids dans leur propre vie, bien s’ils soient déjà adultes. J’étais en souffrance, je me trouvais devant un mur. Il n’y avait que deux choix possibles : m’asseoir et mourir lentement ou prendre la petite porte de bois verrouillée depuis si longtemps, oubliée au fin fond du jardin de mon être, dans ce mur infranchissable et m’éch apper sur les petits sentiers bucoliques. L’idée a germé deux longues années au moins, dans ce terreau douloureux dont personne ne soupçonnait l’existence. C’est par cette porte que je suis partie de ma vie, en solitaire, poser les premiers pas sur le chemin de Compostelle, chemin qui en contiendra plusieurs millions, sur deux mille quatre cents kilomètr es, durant trois mois. Trois mois avant de partir, j’ai recommencé à lire ; j’ai lu plus que je ne l’avais fait ces dernières années : des témoignages, des biographies, de la philosophie, de la spiritualité ! Devenue dépendante de la télévision, une dépendance de plus, je me sentais sans défense face aux informations négatives, elles m’aspiraient. Je n’avais pas réalisé de suite que cette addiction me démobilisait peu à peu de mes propres projets. En relatant sa longue marche, Bernard Ollivier écrit : « Notre information, à force de traquer l’inédit ou l’exceptionnel, nous fait passer à côté de l’essentiel. Il est vrai que les images télévisées d’une pendaison sont bien utiles pour capter l’audience. Le bonheur, lui, est infilmable » (102, p. 94). La lecture donc, ce temps d’intériorisation où l’activité s’arrête, où l’on s’ouvre et rencontre l’autre à travers des mots, un ima ginaire, une