//img.uscri.be/pth/5e1f2299fa74d1439a26fe0f7109fa4b48386cd6
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,89 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

DÉLÉGUÉ DU SECOURS CATHOLIQUE C'EST UN MÉTIER, ÇA ?

De
238 pages
Dans cet ouvrage l'auteur va vous introduire dans le vif du sujet. Trente-sept chapitres, correspondant à ses 37 années consacrées au Secours catholique, vous feront découvrir les missions multiples de cette association. Le but de l'auteur est de montrer comment on est passé de la " phase épicière " du début, à une action visant à la promotion des personnes : s'associer aux personnes en difficulté, pour construire aujourd'hui une société juste et fraternelle.
Voir plus Voir moins

Délégué du Secours Catholique C'est un métier, ça?

Gabriel LANCIAU

Délégué du Secours Catholique C'est un métier, ça?

Préface de Pierre BOISARD

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y lK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@ L'Harmattan, 2001 ISBN: 2-7475-0542-1

Préface
Gabriel Lanciau pose la question de savoir si le service de délégué qu'il a assuré pendant trente-sept ans au Secours catholique peut être considéré comme un métier. Le fondateur de cette organisation, Monseigneur Jean Rodhain, choisissait pour remplir cette fonction des comptables, des organisateurs, des animateurs, dévoués corps et âme, mais il voulait avant tout "des observateurs spécialisés de la misère humaine, des porte-parole des pauvres, des pédagogues de la Charité ou, mieux, des éveilleurs de la Charité". Gabriel Lanciau avait toutes les qualités de l'emploi. Puisqu'il me fait l'amitié d'évoquer nos rencontres et notre collaboration fraternelle, je voudrais livrer mon témoignage personnel. Je fus d'abord frappé et impressionné par ce porte-parole de la misère: c'était au cours d'une réunion syndicale à la fin des années soixante-dix. Les pouvoirs publics avaient imposé des critères de ressources à certaines des prestations versées par les Caisses d'Allocations Familiales, où j'exerçais quelques responsabilités. Par ailleurs les services de la Caisse nationale avaient démontré au Conseil d'administration que bon nombre des équipements créés, à partir des crédits qu'il consacrait à l'action sociale, bénéficiait en priorité à un petit nombre de familles, toujours les mêmes, pour les caractériser en un mot, celles qui se trouvaient informées et capables de faire valoir leurs droits -, et que la majorité des familles, en particulier les plus démunies, en était exclue.

Il fallait alors baliser et explorer le champ d'application d'une nouvelle politique; il fallait surtout entendre et peut-être étendre la population ciblée. Le Quart-Monde avait trouvé son interprète dans le mouvement Aide à toute détresse mais ne voulait pas être le seul à profiter des nouvelles mesures, il redoutait d'être ainsi enfermé dans une sorte de ghetto et de se trouver encore davantage marginalisé. Gabriel Lanciau travaillait au Secours catholique depuis 1963 et venait d'être nommé récemment à la tête de la délégation de Paris, il coudoyait chaque jour ce qu'on appelait à cette époque les "nouveaux pauvres" et côtoyait souvent des poches de pauvreté dont il était difficile de se faire une idée; il me paraissait donc s'imposer comme l'homme de la situation capable d'orienter les recherches, les réflexions et même les décisions nécessaires. Ce fut le début d'un compagnonnage et d'une complicité qui ont survécu à l'éloignement. Il mit à la disposition de l'Institution des Prestations Familiales son expérience et son inventivité mais celle-ci ne fut pas la seule à tirer avantage de sa "pédagogie", pour reprendre une expression chère à Monseigneur Rodhain. Gabriel Lanciau se montre extrêmement discret sur son action auprès des pouvoirs publics, il n'y fait qu'une brève allusion. Il faut savoir pourtant qu'il joua un rôle important dans la mise en place de certaines prestations et en particulier des minima sociaux. Tout le monde se souvient de la voix et de l'action prophétique du Père Joseph Wresinski et donc de son rôle déterminant en ce domaine. Mais pour qu'une réforme aboutisse et produise ses effets, il faut d'abord qu'elle soit portée par un courant d'opinion publique et qu'ensuite elle soit mise à l'épreuve d'observations et même, risquons le mot, de tâtonnements. Les sans domicile fixe, les laissés pour compte, les femmes battues ou abandonnées et autres victimes de l'exclusion doivent beaucoup à la délégation de Paris, et ce fut, pour Gabriel Lanciau, l'occasion de mener une action institutionnelle qu'il avait expérimentée en Côte d'Or et qu'il devait poursuivre, avec tous ceux qui l'entouraient pendant tout le temps de son activité. Car Gabriel Lanciau ne se contentait pas de témoigner de la misère, de donner de sa personne pour lutter contre elle; il voulait également être un "éveilleur de la Charité", comme le demandait Jean Rodhain. Tout au long des pages qui suivent vous admirerez son activité débordante, la diversité des rassemblements qu'il organisa, les foules qu'il sut mobiliser, 6

le nombre et la qualité des bénévoles qu'il sut entraîner pour le plus grand bien des pauvres de notre pays et même du monde entier; c'était un merveilleux chef d'équipe qui briguait et obtenait des résultats bien au-delà de son pré carré. "Animer une délégation, écrivait le fondateur du Secours Catholique, c'est avant tout épanouir, faire confiance, susciter". Où puisait-il la source et le ressort de tous ces talents et d'une telle efficacité? D'après son maître Jean Rodhain, "une mystique est indispensable pour animer". Laissons à Gabriel Lanciau son jardin secret. Tous ceux qui l'ont approché garderont le souvenir de son humour, de son sourire modeste, de la flamme malicieuse qui brillait dans ses yeux, de la passion qui l'habitait et qu'il tentait de dissimuler sous les dehors réservés d'un paysan bourguignon. Monseigneur Rodhain, qui l'avait engagé, exigeait de ses collaborateurs une Charité communicative. J'espère que vous saurez en lisant ce témoignage, découvrir et peut-être partager cet amour brûlant pour ses frères humains, qui assurément explique et a inspiré la vie de Gabriel Lanciau, comme celle de bon nombre de ses collègues, au service du Secours catholique.
Pierre Boisard
Président d' honneur de la Caisse nationale des allocations familiales ancien Président national du Secours catholique

Novembre 2000

7

Prél ude
1963: le Secours catholique a dix-sept ans. Pas encore l'âge adulte. Mais celui des promesses, de l'avenir. "Rien dans les préparatifs publics du Concile, n'évoquait "les Pauvres". C'est Jean XXIII qui, le premier avant l'ouverture, "proclama que" l'Eglise est d'abord l'Eglise des Pauvres". Et comme un bruit de fond, un bruit imprévu, inattendu, l'écho répondit de toutes les tribunes du Concile... Ce cri trouble la nuit..." (Introduction de l'enquête Les Pauvres, nos autres frères séparés. 1963)
Jean Rodhain, le fondateur, le père, le patron, - c'est
ainsi que beaucoup l'appellent - élabore, après consultations des quatre-vingt permanents du SecoursCatholique (session de Royaumont, février 1963), un questionnaire: Les Pauvres, nos autres frères séparés. Vingt quatre questions d'une précision surprenantes. Qu'on en juge : - Question n° 1 : Quels sont les genres de pauvreté que vous avez pu observer dans votre secteur? - Question n° 3 : N'y a-t-il pas des pauvres cachés au sein des milieux apparemment aisés? - Question n° 4 : Quelles sont, à votre avis, les causes lointaines et les causes immédiates des différentes formes de pauvreté? - Question n° 7 : Les solutions d'ensemble, économiques et institutionnelles, ne relèvent pas directement des responsables du Secours

catholique: mais avez-vous fait, ou ferez-vous connaître la solution telle que vous la voyez, aux pouvoirs publics, aux mouvements, aux syndicats, aux associations familiales? Il faudrait les citer toutes, tant leur actualité, en cette année 2000, année du Jubilé, est flagrante. On y repère déjà le souci de la précision, le souci de la connaissance exacte du terrain, le souci du passage à l'action, le souci de la présence de l'Eglise, le souci de l'action institutionnelle. Autant de points qui seront appliqués, plus ou moins efficacement, dans cette seconde partie du siècle,... ou que l'on redécouvrira à l'occasion du cinquantième anni versaire du Secours Catholique. C'est dans ce contexte qu'en novembre 1963 j'arrive au Secours Catholique de Dijon. Au cours de cette année 1963, après dix-neuf mois d'un long service militaire, j'avais appris que le Secours Catholique existait, et qu'on y souhaitait s'intéresser aux jeunes: un certain Louis Gaben (qui deviendra plus tard Secrétaire Général) avait même été embauché pour cela! Jeune, j'étais. Et j'avais été sensibilisé aux problèmes de société; par ma naissance dans une famille marquée par les soucis de santé de mon père; par ma formation, au petit séminaire de Rimont; par la découverte d'un nouveau sigle: le Tiers-Monde; par mon expérience au Crédit Lyonnais, où j'avais vu défiler tant de rapatriés d'Algérie, démunis et déboussolés, venus là pour toucher leur indemnité. Après divers échanges de correspondance avec Louis Oaben, et deux rencontres décisives avec le secrétaire général adjoint (Léon Oindre) et le Père Rodhain, je prenais le chemin du Secours Catholique.
Je voudrais ici faire défiler les années, sans trop entrer dans le détail, mais, à partir des expériences vécues, montrer comment le Secours Catholique a pris sa place dans la Société et dans l'Eglise; comment, fidèle à son fondateur, il a aussi évolué. Le Père Rodhain, très respectueux des apports de la tradition, était aussi un prophète, irrespectueux comme tous les prophètes: le Secours Catholique est à son image! Mon souhait est d'en témoigner, le plus fidèlement possible, à mon niveau de délégué permanent. G.L. 10

Remerciements à : - Jean-Michel, Martine, Jules, Jean, Raymond, Elisabeth, Pierre, Jacqueline, qui n'ont pas ménagé leurs contributions .

- Françoise et Mylène, qui ont tapé le document.

Premi ère parti e 1963 - 1974 Dij on

1964
Une certaine organisation
J'ai entre les mains le premier bulletin de liaison de la délégation de Côte d'Or: il est daté du 10 mars 1965. Il recense les rencontres organisées pour implanter le Secours Catholique dans le département. Rencontres animées par l'abbé Beuse, l'aumônier, et moi-même. Ces rencontres se sont déroulées tout au long de l'année 1964, à partir de juin. J'en compte douze sur Dijon, trois sur l'agglomération dijonnaise, et treize dans le reste du département. Et six autres, avec des mouvements, etc... Al' époque, il n'y a que quelques responsables locaux: seize noms reviennent régulièrement. Le thème de ces rencontres est double: faire le point des cas de pauvreté découverts sur la paroisse ou dans le secteur, et réfléchir sur les vingt-quatre questions de l'enquête concernant Les Pauvres, nos autres frères séparés. Mais je note un grand souci du détail: le nombre de prêtres présents à chacune des réunions, les résultats financiers de la dernière Journée Nationale, le nombre d'abonnés nouveaux à Messages, notre journal, etc... Pendant longtemps on a dit que le Secours Catholique était une charité organisée. Avec le recul du temps, je m'aperçois que cette appellation n'est pas surfaite. Une AOC, pourrait-on dire dans notre Bourgogne!

Extrait du premier bulletin: - Rencontre au Grand Séminaire: a) création de la Commission des Pauvres, avec étude (théorique et sur le tas) de l'enquête sur les pauvres. b) participation des séminaristes à l'alphabétisation des Nord-Africains sur Dijon. - Scouts : a) activités diverses (dont alphabétisation au camp des Harkis d'!s sur Tille). b) participation à la veillée de Noël au Foyer d'Assistance par le Travail, rue de la manutenti on.

16

1965 SOS - Inondations
Il Y a ce qu'on organise, minutieusement. Et il y a l'imprévu. En cette fin septembre, Beaune, Arnay le Duc, Plombières les Dijon, Neuilly les Dijon, Crimolois, certains quartiers de Dijon (Sacré-Cœur, Sainte Bernadette),... sont touchés par le déluge. On accueille même des réfugiés venant de Montceau ! Un vrai baptême du feu pour le nouveau délégué, bien peu habitué à affronter les éléments. C'est sur Arnay le Duc que l'action importante sera centralisée. Amay, difficile d'accès, car la vallée de l'Ouche est noyée. La peur de ma (jeune) vie. A Amay, nous avons la chance d'avoir une antenne, en la personne de Mr Jobard, bien épaulé par Mr le Curé. La 2 CV de la délégation apporte trente cinq couvertures, vingt paires de draps, vingt colis de vêtements et on trouve dans le secteur sept sommiers et neuf matelas. Et un secours de soixante à cent francs est accordé à dix familles particulièrement sinistrées. La somme, aujourd'hui, parait bien faible, mais elle était déjà lourde pour nos finances locales, pas encore bien équilibrées (signalons, au passage, que la délégation de Brive nous a alors envoyé une aide financière non négligeable). Pendant ce temps, les jeunes de l'équipe-jeunes avaient été mis à la disposition de la ville de Dijon, avec pelles, balais et seaux. Cette expérience est pourtant bénéfique. Le rôle irremplaçable des correspondants locaux est pointé: sur
17

certaines paroisses de Dijon, où nous n'avions pas d'antenne il a fallu attendre parfois deux jours avant que la mobilisation soit effective. Je retiendrai la leçon.

La campagne contre la Faim
Le comité catholique contre la Faim (qui ne s'appelait pas encore le CCFD) était créé depuis quatre ans. Son objectif: associer les mouvements et services d'Eglise pour une prise en compte des problèmes des pays en voie de développement. Mais la structure administrative n'existe pas encore, et le poids de la campagne repose sur les épaules du délégué du Secours Catholique. Un simple changement de casquette! A Noël 1964, Paul VI a demandé aux chrétiens un effort exceptionnel. Des veillées pénitentielles devaient être organisées dans tout le diocèse, et, fait nouveau, les privations de Carême étaient affectées à cette action. Mgr Durrieu, évêque de Ouahigouya, nous encouragea tout spécialement cette année-là: cent huit mille deux cent francs étaient recueillis (contre cinquante sept mille francs en 1964) : une somme considérable, à l'époque, qui nous permit de prendre en charge vingt-sept micro-réalisations, notamment en HauteVolta, et de soutenir l'abbé Dubois, au Chili (Ami du Père Jarlan, qui sera assassiné pendant la dictature de Mr Pinochet, dans les conditions que l'on sait). L'exposition Mafaim au Quotidien, inaugurée l'année précédente par l'abbé Pierre dans les locaux d'un grand magasin de la rue de la Liberté, à Dijon, facilitait la sensi bilisati on.

41 personnes accueillies à la Cité Saint Pierre, à Lourdes
La Cité qui fonctionne depuis un peu plus de six ans, est chargée d'accueillir les pèlerins pauvres. Les conditions d'accueil paraîtraient aujourd'hui bien spartiates: dortoirs de six à vingt lits, ouverts seulement la nuit, éloignement des sanctuaires, réglementation toute militaire,... Mais, à cette époque déjà, l'accueil quasi familial transformait les cœurs et chacun en revenait nouveau. L'important, c'était de détecter les personnes qui souhaitaient aller à Lourdes, mais n'osaient pas l'imaginer,
18

faute des moyens financiers suffisants. Un énorme effort a été fait, en Côte d'Or, dans ce but. Pendant ce temps, le Père Rodhain devenait Président de Caritas Internationalis. Pour tous les membres du Secours Catholique, ce fut une grande joie. Recevant les membres de l'Assemblée Générale de Caritas Internationalis, le 10 septembre, Paul VI rappelait certaines des décisions du Concile:

- Il faut signaler la priorité, l'urgence et la spontanéi té de l'exercice de la charité. - Il est indispensable d'introduire dans les œuvres charitables,. l'organisation et le perfectionnement technique de notre époque. - Au service des pauvres, il est indispensable que des moyens financiers plus étendus soient donnés par les fidèles. Le Père Rodhain n'a pas eu besoin qu'on lui rappelle ces décisions plusieurs fois...

19

1966
Une année pleine!
Feu vert pour les kilomètres de soleil
Un effort pédagogique est demandé, pendant le Carême, aux enfants de moins de treize ans: découvrir le partage. Une somme de cinq mille cinq cent quatre-vingt dixhuit francs est recueillie, qui permettra d'accorder trente cinq bourses de vacances à des enfants de Côte d'Or sans soleil, et de financer l'approvisionnement en eau d'une école à Sikasso (Mali)

Le comité de liaison "les plus pauvres"
A vec le recul, cette idée originale: regrouper les mouvements et services d'Eglise, sensibilisés aux pauvretés, et leur faire faire ensemble quelque chose de concret. Le point retenu est le suivant: la prière des fidèles à l'offertoire. On remarque que, dans les intentions, il est rarement fait état des malades, prisonniers, vieillards,... alors que cela avait été demandé au Concile. Il est donc décidé de saisir la commission de liturgie, à qui, au nom de tous, le Secours Catholique transmettra chaque mois des intentions à diffuser.

21

Prière universelle proposée pour le Dimanche 27 mars 1965 : - Pour les affamés, les malades et les pauvres de toutes les nations, afin qu'ils rencontrent en chaque chrétien un regard et un cœur fraternel, prions le Seigneur; - Pour les cent millions d'indiens, qui sont à la veille d'une famine sans précédent, afin que leur détresse soit pour nous et le monde entier un appel pressant à la Justice et la Charité. - ici, chaque paroisse est invitée à faire une intention locale (publiée dans la revue diocésaine, du 19 mars, n° 912)

Premier pèlerinage des anciens à Lourdes
Une bien belle innovation que celle-ci. Elle répond aux souhaits de beaucoup de faire un pèlerinage moins lourd, moins fatigant. Saône et Loire et Côte d'Or s'associent pour mettre en place cette nouvelle formule. Nous réservons quatre cents places à la Cité Saint Pierre, pour les plus démunis, et les responsables locaux sont chargés de recruter les candidats. Le Père Boffet, de Louhans (qui deviendra par la suite 1'Evêque de Montpellier) assurera la prédication. "Comme je n'ai jamais participé à un "pèlerinage, j'ai accepté d'emblée l'invitation "qui m'a été faite. Avec les camarades, je suis "prêt bien avant I'heure. A la gare, une "personnalité religieuse est venue nous saluer: "Mgr Mathey. A savoir qu'il est venu pour "nous à cette heure matinale, çà nous fait "vraiment plaisir. "Partis pour neuf cent cinquante neuf "kilomètres, nous arrivons à Chalon où nous "prenons d'autres camarades. Et nous voilà "arrivés à Lourdes, nullement fatigués. Là, tout "est prévu, les cars, les dames de la Cité, qui "répondent à nos questions. "Au réveil - il est cinq heures - on "respire l'air des Pyrénées... Nous allons "descendre à l'église Pie X. Pour moi qui n'ai "pour ainsi dire jamais rien vu, c'est quelque "chose d'extrêmement beau. Les orgues, les 22

"voix de ténors, la poésie des cantiques. "Comment se pourrait-il qu'un homme ne

"ressente pas les heureux effets ?.. "
L. Viennet, pensionnaire Petites Sœurs des Pauvres des

La Campagne

contre la Faim s'organise

La Constitution Prenitemini du Concile codifie la pénitence. "Ce qui est nouveau, exprime Jean Rodhain, c'est le partage à l'échelle mondiale". La collecte de Carême, (on insiste bien pour dire qu'il ne s'agit pas d'une deuxième quête du Secours catholique, mais du fruit des privations) fait son chemin: -" J'ai vendu des pissenlits" (Henri) - "J'ai rentré du bois" (Raymonde) - "Je me suis privé d'un disque" (Philippe) - "Pendant quatre jours, je me suis privé du repas de midi" (Pierre) - "Voici une journée de pension de veuve" (Hélène) - "J'accepte l'épreuve présente" (une malade de soixante et onze ans) - "On évite le gaspillage" (une famille de neuf enfants) Cette sélection, parmi cent cinquante réactions, actualise l'idée du partage. On n'a pas fini d'en parler. ré-

Avec les jeunes, trois jours à Billy les Chanceaux
"En ce dimanche de février, nous avons "été bouleversés. Mr et Mme M. vivent "tranquillement leur retraite. Lui, quatre-vingt "deux ans. Elle aveugle depuis quinze ans, n'a "jamais vu ce pays, où ils sont venus s'installer "récemment. Ils ont deux chiens: Teddy, le "petit, et Marco, le berger allemand. "Marco, c'est la terreur du village. Il "aurait mordu des enfants, tué des poules. Il est "maintenant attaché, malheureux, comme ses "maîtres. Il faudrait une clôture. "Du 30 mars au 4 avril, quatre garçons "et trois filles sont venus construire une clôture "solide. Quinze trous, de soixante-dix
23