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Dieu existe, je L'ai rencontré

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Livres
190 pages

Description

André Frossard est le fils de L.O. Frossard, journaliste et homme politique de la IIIe République et qui fut, à 31 ans, le premier secrétaire général du parti communiste français. Sa grand-mère paternelle était juive, et son village de l'est " le seul village de France où il y avait une synagogue et pas d'église "; du côté maternel, ses grands-parents étaient d'origine protestante; mais toute la famille avait été gagnée au socialisme. Elevé dans l'athéisme parfait, " celui où la question de l'existence de Dieu ne se pose même plus ", André Frossard raconte comment, à vingt ans, il a rencontré brusquement la vérité chrétienne, " dans une silencieuse et douce explosion de lumière ", alors qu'il était entré dans une chapelle de Paris à la recherche d'un ami. Son livre est le témoignage, extrêmement rare, de l'une de ces conversions instantanées que ne précède aucune inquiétude, aucun trouble, aucune évolution intellectuelle, et c'est avec la même surprise émerveillée qu'autrefois qu'il peut dire aujourd'hui que " Dieu existe ", et qu'il l'a rencontré.

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Publié par
Ajouté le 01 avril 2014
EAN13 9782213674315
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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© Librairie Arthème Fayard - Paris 1969.
978-2-213-67431-5
Du même auteur
Histoire paradoxale de la IVe République, Grasset, 1954.
Les Greniers du Vatican, Fayard, 1960.
Voyage au pays de Jésus, Fayard, 1965.
Le Sel de la Terre, Fayard, 1969.
Dieu existe, je L’ai rencontré, Fayard, 1969.
Plon, 1975.La France en Général, une certaine idée de De Gaulle et des Français,
Il y a un autre monde, Fayard, .1976
Les Trente-Six Preuves de l’existence du diable, Albin Michel, 1978,
L’Art de croire, Grasset, 1979.
Votre Très Humble Serviteur, Vincent de Paul, Le Seuil, 1981 (réédition)
La Baleine et le ricin, Fayard, 1982.
La Maison des otages, Fayard, 1983.
« N’ayez pas peur ! » dialogue avec Jean-Paul II, Laffont, 1983.
L’Évangile selon Ravenne, Laffont, 1984.
Le Chemin de la Croix, Desclée de Brouwer/Laffont, 1986.
« N’oubliez pas l’amour », La passion de Maximilien Kolbe, Laffont, 1987.
Le Crime contre l’humanité, Laffont, 1987.
Le Cavalier du quai Conti, Desclée de Brouwer, 1988.
Portrait de Jean-Paul II, Laffont, 1988.
De Gaulle ou la France en Général, Plon, 1989.
Dieu en questions, Desclée de Brouwer/Stock-Laurence Pernoud, 1990.
Le Monde de Jean-Paul II, Fayard, 1991.
Les Grands Bergers, Desclée de Brouwer, 1992.
Excusez-moi d’être Français, Fayard, 1992.
Le Parti de Dieu. Lettre aux évêques, Fayard, 1992.
L’homme en questions, Stock, 1993.
Défense du Pape, Fayard, 1993.
Les Évangiles (traduits du latin), Desclée de Brouwer/Lattès, 1994.
Les Pensées, Cherche-Midi, 1994.
Les Psaumes (traduits du latin, en collaboration avec Noël Bompois), Desclée de Brouwer/Lattès, 1994.
Écoute, Israël, Fayard, 1994.
A mes parents
« Si quelques-uns des rameaux ont été retranchés,
et si toi, olivier sauvage, tu as été greffé à leur place et reçois ta part de sève de la racine de l’olivier, n’en tire point orgueil à l’égard des branches. Si tu le fais, sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte.
Tu diras peut-être : « Des branches ont été enlevées, pour que moi, je sois greffé, » Fort bien ! Elles ont été retranchées pour leur incrédulité, tandis que toi, c’est par la foi que tu es là. Garde-toi d’en concevoir de l’orgueil ; crains plutôt. Si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, toi non plus, il ne t’épargnera pas. »
Saint Paul
« LES convertis sont encombrants », dit Bernanos.
C’est pour cette raison, et pour quelques autres, que j’ai différé longtemps d’écrire ce récit. Il est en effet difficile de parler de sa conversion sans parler de soi, et plus difficile encore de parler de soi sans tomber dans la complaisance ou dans ce que les anciens appelaient proprement l’ « ironie », manière sournoise d’égarer le jugement d’autrui en se donnant un peu plus de défauts que la vérité ne l’exige. Ce serait sans importance si le témoignage n’était lié au témoin, l’un portant l’autre, de telle façon qu’ils courent le risque d’être récusés ensemble.
Pourtant, j’ai fini par me persuader qu’un témoin, même indigne, qui vient à savoir la vérité sur un procès se doit de la dire, en espérant qu’elle obtiendra par ses propres mérites l’audience qu’il ne peut attendre des siens.
Or il se trouve que je sais, par extraordinaire, la vérité sur la plus disputée des causes et le plus ancien des procès : Dieu existe.
Je l’ai rencontré.
 
 
Je l’ai rencontré fortuitement — je dirais : par hasard, s’il entrait du hasard dans cette sorte d’aventure — avec l’étonnement du passant qui, au détour d’une rue de Paris, verrait, au lieu de la place ou du carrefour familiers, une mer inattendue battre le pied des maisons et s’étendre à l’infini devant lui.
Ce fut un moment de stupeur, qui dure encore. Je ne me suis jamais habitué à l’existence de Dieu.
 
 
Entré à dix-sept heures dix dans une chapelle du Quartier latin à la recherche d’un ami, j’en suis sorti à dix-sept heures quinze en compagnie d’une amitié qui n’était pas de la terre.
Entre là sceptique et athée d’extrême gauche, et plus encore que sceptique et plus encore qu’athée, indifférent et occupé de bien autre chose que d’un Dieu que je ne songeais même plus à nier, tant il me semblait passé depuis longtemps au compte des profits et pertes de l’inquiétude et de l’ignorance humaines, je suis ressorti quelques minutes plus tard « catholique, apostolique, romain », porté, soulevé, repris et roulé par la vague d’une joie inépuisable.
J’avais vingt ans en entrant. En sortant, j’étais un enfant prêt au baptême et qui regardait autour de lui, les yeux écarquillés, ce ciel habité, cette ville qui ne se savait pas suspendue dans les airs, ces êtres en plein soleil qui semblaient marcher dans l’obscurité, sans voir l’immense déchirure qui venait de se faire dans la toile de ce monde. Mes sentiments, mes paysages intérieurs, les constructions intellectuelles dans lesquelles j’avais déjà pris mes aises n’existaient plus ; mes habitudes elles-mêmes avaient disparu, et mes goûts étaient changés.