//img.uscri.be/pth/f36a5a68adbe69a10b08d8b0031d344233e9edfa
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 23,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Dossier "écoles coraniques informelles et pratiques sacrificielles" au Mali

De
178 pages
Cet ouvrage analyse dans une perspective anthropologique et juridique un fait méconnu au Mali : la pratique extrême de la sorcellerie dans certaines écoles coraniques. L'implication sociétale de ce phénomène comme son caractère clandestin empêchent toute enquête d'aboutir correctement. On ne peut dès lors se borner qu'aux récits des rarissimes témoins et aux "bruits" qui circulent en quantité.
Voir plus Voir moins
.
«Logiques culturelles et Droits» collection de sociologie et d’anthropologie juridique
« Logiche culturali e Diritti » collana di sociologia e antropologia giuridica
Cette collection accueille des études monographiques et collectives concernant l’univers des droits reconnus, revendiqués, violés ou niés, propres aux cultures nationales, internationales et ethniques, au sein desquelles les droits mêmes nais-sent et se développent. L’élément fondateur est donné par la culture et par le domaine des droits de l’homme, l’une et l’autre à saisir de la façon la plus vaste possible ; de là, l’exigence d’ouverture de cette collection, supportée par un comi-té scientifique de renommée internationale. Les choix privilégiés au niveau éditorial s’orientent en direction d’études qui se réfèrent, par un regard attentif et critique, aux diversités culturelles et à la plura-lité des effets sociaux et juridiques qui dérivent de celles-ci, en touchant à des disciplines comme la sociologie, l’anthropologie, le droit et toutes les sciences humaines ou du barreau qui y sont liées, sans négliger la réalité procédurale à tra-vers laquelle on fait valoir les droits. Le but premier de cette collection consiste en la mise en valeur « du droitaudroit » au pluralisme culturel et juridique.
Directeur :BRUNO M. BILOTTA, Université Magna Graecia, Catanzaro (Italie) Vice-Directeur :FELICE M. BARLASSINA, Universitée-Campus, Novedrate (Italie)
Comité scientifique : Francisco Javier Ansategui Roig, Universidad Carlos III, Madrid (Espagne) Gennaro Cicchese, ISSR, Université Pontificale du Latran, Rome (Italie) Claudia Dorado, Universidad Nacional de Cordoba (Argentine) Marcello Monteleone, Substitut du Procureur Général près de la Cour d’Appel de Rome (Italie) Paolo A. Rossi, Université de Gênes (Italie)
Coordination éditoriale :Elisa Pelizzari, L’Harmattan Italia, Turin
DOSSIER « écoles coraniques informelles et pratiques sacrificielles » AU MALI
L’Harmattan Italia via Degli Artisti 15 10124 Torino
de l’anthropologie aux droits de l’homme
(témoignage d’un rescapé)
Marcello Monteleone (sous la direction de)
L’Harmattan 5-7 rue de L’École Polytechnique 75005 Paris
NOTICE DE LÉDITEUR Les dénominations à caractère ethnique sont transcrites en employant une forme invariable (au niveau du genre et du nombre).
© L’Harmattan Italia / L’Harmattan-Paris, 2017
ISBN(Italia) : 978-88-7892-321-8 -ISBN(France) : 978-2-336-31204-0
PRÉFACE
Omar Sylla Notes
SOMMAIRE
INTRODUCTION Violences extrêmes et maraboutages au Mali : le renouveau de la sorcellerie ? Elisa Pelizzari Notes
Références bibliographiques
LE TÉMOIGNAGE DANTOINE-MOUSSA, ANCIEN ÉLÈVE DÉCOLE CORANIQUE INFORMELLE (TRANSCRIPTION COMMENTÉE) Marcello Monteleone Préambule Les premiers événements, Bandiagara (Mali) (été 2004 - printemps 2005) Réflexions d’Yves Pauwels, missionnaire de l’ordre des Pères Blancs à Bandiagara (Mali) (printemps 2005) Témoignage d’Antoine-Moussa rendu à Bandiagara (Mali) PREMIER CAHIER (début avril 2005) Témoignage d’Antoine-Moussa rendu au centre « La Colline d’Emmaüs » (Burkina Faso) SECOND CAHIER (fin avril 2005) Les enquêtes du Père Yves Pauwels sur les cahiers écrits par Antoine-Moussa (mai 2005)
5
7 9
11 25
2
6
31 33
3
3
4
4
7
9
0
7
6
9
Les derniers entretiens réalisés avec Antoine-Moussa au Burkina Faso auprès du centre « La Colline d’Emmaüs » (août 2005)
ANNEXES Documents complémentaires soumis à la Cours Pénale Internationale entre novembre 2005 et mars 2008
ANALYSE JURIDIQUE DU PARADIGME SACRIFICIEL
Marcello Monteleone Notes
Références bibliographiques
RÉFLEXIONS CONCLUSIVES Un double échec
Maria Stefania Cataleta
6
8
6
108
137 159
169
173
PRÉFACE Omar Sylla
(chercheur en histoire, spécialiste de la confrérie tijaniyya, éditeur, chargé de mission au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Mali)
C’est d’une véritable dette dont je m’acquitte, en écrivant cettePréface. Comment pouvait-il en être autrement, face à celui qui vous témoigne – et qui témoigne à votre Pays (que dis-je,notrePays) – une longue et fraternel-le amitié ? Et surtout lorsque, en cette période d’insécurité généralisée due à un extrémisme religieux violent qui tire entre autre sa racine dans un ensei-gnement coranique mal assimilé et mal maîtrisé, cet ami et frère, au péril de sa vie, ne manque aucune occasion pour s’imprégner des réalités du Pays profond, en l’occurrence le territoire dogon, qui l’a adopté et qu’il connaît mieux que la plupart d’entre nous ? N’est-il pas l’auteur d’un impressionnant ouvrage sur la justice en milieu traditionnel dogon (1) ? En lisant l’histoire terrible d’Antoine-Moussa, jeunetalibéd’origine bur-kinabé, né chrétien mais sollicité par son oncle à se convertir à l’islam, on a du mal à croire. Pourtant, une étude récente menée par Human Rights Watch révèle qu’au Sénégal, Pays voisin du Mali, où se déroule le drame d’Antoine-Moussa :
« lors des six premiers mois de l’année 2016, au moins cinq enfants qui vivaient dans des écoles coraniques résidentielles sont morts, prétendument après avoir été battus par leurs maîtres, aussi connus sous le nom demarabouts, ou dans des accidents de la circulation alors qu’ils étaient contraints à mendier. En 2015 et en 2016, des dizai-nes de ces enfants, appeléstalibés, ont également été sévèrement battus, enchaînés et victimes d’abus sexuels ou d’agressions violentes alors qu’ils mendiaient. Ces décès et les autres abus commis mettent en lumière combien il est urgent que le gouverne-ment sénégalais punisse les personnes responsables d’abus et réglemente les écoles coraniques traditionnelles, appeléesdaara. ‘Lestalibésont souffert d’abus et ont été exposés à des dangers qu’aucun enfant ne devrait avoir à affronter’, a déclaré Corinne Dufka, directrice adjointe de la Division Afrique à Human Rights Watch » (www.hrw.org,Nouvelles mesures pour protéger les talibés et les enfants de la rue, 16/7/2016).
Ces décès et les autres abus commis, mettent en lumière combien il est urgent que l’on punisse les personnes responsables d’actes de violence contre les élèves coraniques et que l’on réglemente lesdaara(2). Les orga-
7
nisations musulmanes comme l’Association Malienne pour l’Unité et le Progrès de l’Islam (AMUPI) ou le Haut Conseil Islamique sont interpellées, ainsi que lesONGet les gouvernements concernés, afin que tous ensemble, ils brisent « le silence » autour de cette tragédie humaine, en acceptant d’ou-vrir un débat autour de la question desmaraboutsqui n’honorent ni l’islam, ni les musulmans.
Faut-il croire au récit d’Antoine-Moussa, quand on sait que c’est une trans-cription et que le Bureau du Procureur de la Cour Pénale Internationale de La Haye – saisie en 2005 par l’auteur – a considéré que cette affaire ne relè-ve pas de ses compétences ? On a peut-être tendance à imaginer qu’il n’est d’histoire possible, ou du moins acceptable, que celle qui repose sur des preuves tangibles. Et pourtant il faut croire, à en juger par le résultat obtenu par l’auteur, malgré les pré-cautions sécuritaires pour protéger le jeune Antoine-Moussa contre les conséquences de sa « confession », quelque peu inédite et osée. On demeure en effet stupéfait, en parcourant ces pages, devant la mons-truosité des révélations, la richesse et la précision de l’information. L’objet de ce dossier est de retracer l’histoire terrible d’Antoine-Moussa, mais sur-tout celle des milliers de jeunestalibésarrachés à l’amour de leurs parents, sous le fallacieux prétexte d’un apprentissage hypothétique. Ce récit dit beaucoup de choses, mais ne dit pas tout. L’auteur attire notre attention sur les lacunes, les limites de la mémoire, le temps et les risques qu’encourt Antoine-Moussa. Il ne lui a pas paru prudent de tenter de supplier à ces « silences ». Aussi bien s’agit-il – et il faut le spé-cifier – d’une mise en forme, d’une transcription aussi fidèle que possible… Marcello Monteleone ne cherche pas à établir des statistiques, il n’est pas animé, non plus, de la ferveur du missionnaire. Il est poussé par la « curiosi-té », mais c’est la curiosité de l’esprit. Il y a partiellement, dans sa démarche, un besoin de libérer un malaise de son subconscient. Mais il n’est pas seulement un voyageur, c’est un homme de loi accompli, un magistrat et il donne à ses lecteurs, à travers le récit émouvant d’Antoine-Moussa, la sensation très nette des disfonctionnements d’un système,notresystème judiciaire. Mais il décrit aussi le danger couru et des moments de profonde tristesse, lors de la rédaction de ce dossier. Il est conscient des efforts déployés par les responsables religieux et les gouver-nants (comme récemment, au Sénégal, par le président Macky Sall). Marcello Monteleone est en outre honnête avec lui-même, en dénonçant ces tares qui minent notre société : il ne prétend pas qu’il serait disposé à retom-
8
ber dans le rôle du justicier, mais il a néanmoins conscience de la responsa-bilité collective face à ce drame qu’est la condition destalibés. Je souhaite donc que ce livre nous fasse découvrir la réalité, afin de contri-buer à bâtir un monde de paix, fait de vérité, de justice, de liberté et d’amour.
Notes
1. Marcello Monteleone,Les Dogon : procès pénal traditionnel et justice réparatrice. Ambaéré André Témbély témoin de son peuple, L’Harmattan, Paris, 2009. 2. Sur les dérives négatives du fonctionnement de certaines écoles coraniques informel-les, voir : Elisa Pelizzari, Omar Sylla (sous la dir. de),Enfance et sacrifice au Sénégal, Mali, Gabon. Écoles coraniques. Pratiques d’initiation. Abus et crimes rituels, L’Harmattan Italia / L’Harmattan, Turin / Paris, 2014.
9