Education et éducateurs chrétiens

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Français
272 pages
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La transmission d'un savoir qui n'est pas au service du vrai est manipulation et endoctrinement et Hannah Arendt l'a montré : le mensonge est le fondement de tous les totalitarismes. Il y a un vrai savoir qui est un savoir du vrai et qui rend libre. L'étude des grandes éducateurs chrétiens - Jean-Baptiste de La Salle, Don Bosco, François de Sales, Josémaria Escriva, John Henry Newman, Edith Stein - permet d'approfondir la véritable nature de l'éducation.

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Date de parution 01 mai 2013
Nombre de lectures 8
EAN13 9782296535022
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Hervé Pasqua Sous la direction de Avec la collaboration de Marie-Thérèse Bellocq
Éducation et éducateurschrétiens
Éducation et éducateurs chrétiens
Collection « Enfance, éducation et société » Cette collection regroupe des études et essais concernant l’enfance au travers d’approches multiples. Études universitaires et essais issus du monde de l’éducation ou du secteur du travail social, ces travaux ont en commun la même préoccupation : apporter un éclairage diversifié sur un domaine essentiel de l’univers des sciences humaines.
Éducation et éducateurs chrétiens Sous la direction de Hervé Pasqua Avec la collaboration de Marie-Thérèse Bellocq
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanͳ@wanadoo.fr ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-ͲͲͷͷʹ-ʹ EAN : ͻͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵ͲͲͷͷʹʹ
SOMMAIRE Hervé Pasqua La fin de l’éducation7 Jean-François Mattéi Éducation et barbarie13 Hélène Michon Saint de François de Sales et la faculté d’attention : de la pédagogie à la spiritualité 29 Fr. Jacques d’Huiteau L'école lasallienne : la fraternité vécue pour une fraternité apprise47 Ludovic Laloux Don Bosco : un éducateur confronté aux enjeux d’une société anticléricale65Karin Ueltschi Les enseignements d’un mari à sa femme dans Le Mesnagier de Paris (1393): catéchisme et savoir-vivre75 Maud Besnard L’idée d’université selon le Bx John Henry Newman : une pensée au service de la formation humaine 99
Keith Beaumont La « pédagogie spirituelle » de Philippe Neri et de John Henry Newman119 Eric de Rus Le geste éducatif selon sainte Thérèse de la Croix (Edith Stein) : un art intégral143 María Ángeles Vitoria L’éducation au service de la vocation divine de l’homme selon saint Josémaria Escriva185 Jean-Dominique Durand L’Église et l’Université en Europe. De la mémoire historique aux défis d’aujourd’hui 219 BIBLIOGRAPHIE 245 LES AUTEURS 251 INDEX 260
La fin de l’éducation S’interroger sur l’éducation, c’est se demander quelle est sa finalité. Une première évidence est qu’elle représente une nécessité pour l’homme. La nécessité d’être éduqué est inhérente à la nature humaine. Or, la nature détermine l’homme et, par conséquent, conditionne sa liberté. Mais, si elle la conditionne, elle ne l’anéantit pas. Et même on peut dire que la liberté exige cette nature universelle et nécessaire, sans laquelle l’homme serait une aventure. La fin de l’éducation est donc de permettre à l’homme de vivre libre en respectant sa nature. Est-ce à dire que la mission principale de l’éducation est de permettre à l'enfant de devenir un homme libre, au-delà de celle de la transmission des savoirs ? Certains théoriciens de la pédagogie le pensent au nom d’une réduction du savoir au pouvoir, qu’ils rejettent à juste titre. Ils n’ont pas tort, dans la mesure où la transmission d’un savoir qui n’est pas au service du vrai est manipulation et endoctrinement. Hannah Arendt l’a montré : le mensonge est le fondement de tous les totalitarismes. Mais tout savoir n’est pas condamné au mensonge. Il y a un vrai savoir, qui est un savoir du vrai qui libère.
L’éducation chrétienne repose sur le principe évangélique, selon lequel la vérité rend libre, avec la conviction que l’on peut accéder à la connaissance de la vérité. Certes, on accède à celle-ci de manière imparfaite, mais cette imperfection, loin de condamner toute recherche de la vérité, la fonde au contraire en désignant celle-ci comme étant transcendante. Il faut ajouter que la recherche de la vérité ne détermine pas l’intelligence car encore faut-il, une fois approchée, y adhérer volontairement. La conjugaison de l’intelligence et de la volonté est une garantie contre toute forme de manipulation. À chaque fois qu’on a dissocié intelligence et volonté, on est tombé dans l’intellectualisme et le volontarisme, l’éducation s’est muée en communication et a sombré dans l’endoctrinement manipulateur. Le volontarisme, en effet, nous force au bonheur et l’intellectualisme détermine notre liberté. La volonté qui ne sait pas ce qu’elle veut et l’intelligence qui ne veut pas ce qu’elle sait, enchaînent l’individu et compromettent sa liberté et son bonheur. Volonté et intelligence sont alors renvoyées dos à dos au profit de l’émotion qui devient unique critère d’évaluation. Ainsi, d’une part, l’école rousseauiste prône l'exercice de l'autorité en faisant appel à la rigueur en tant que valeur, qu’elle confond avec l’obéissance à la loi que l’on se prescrit. Cette rigueur est réglée par l’auto-discipline. L'enfant ne doit pas être corrigé, mais libéré des lois de la nature et protégé contre les institutions dites éducatives : la famille, l'Eglise ou même l'école. Le but de l’éducation est d’être capable d’apprendre par ses propres moyens « sans maître », d’aller de la contrainte à l’auto-contrainte, pour devenir adulte, c’est-à-dire un individu autonome.
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D’autre part, l’intellectualisme socratique pensant que nul n’est méchant volontairement parce que, en effet, l’ignorance ne peut rendre coupable, affirme que la connaissance du bien suffit à déterminer la conduite comme bonne. Il réduit ainsi l’éducation au seul enseignement rationnel, à une simple transmission de savoirs et de leçons théoriques. Le savoir, dès lors, se confond avec le pouvoir : plus de débat, sauf s’il est dirigé et conforme à la doctrine officielle. Dans un cas comme dans l’autre, la réalité humaine se présente comme étant malléable : l’individu est le produit des forces qui le façonnent, dont il faut se libérer pour les uns ou qu’il faut contrôler pour les autres. Les intellectuels, les dirigeants, peuvent dès lors exercer impunément un despotisme éclairé. Ainsi, en voulant échapper à l’obscurantisme et à l’ignorance, l’éducateur inspiré par ces doctrines produit l’éclatement de la personnalité qu’il détruit en se proposant de la construire. L’homme, en effet, abandonné à lui-même, à l’exemple de l’Émilede Rousseau, appelé à s’épanouir grâce à la réforme de la société, à s’améliorer grâce au développement des sciences et des techniques, se retrouve soumis à un système obscur, clos, dogmatique, prétentieux et ennuyeux. La formation à l’autonomie est compromise par un savoir-pouvoir au service d’une weltenchaung, d’une vision du monde, imposée arbitrairement. La plus subtile des manipulations de l’esprit est de donner l’illusion de la liberté aux individus en les soumettant à la loi qu’ils se sont prescrite, conformément à la doctrine de Jean-Jacques Rousseau, reprise par Kant pour lequel « On doit prouver à l’enfant qu’on exerce sur lui une contrainte qui le conduit à l’usage de sa propre liberté ».
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