Etudes : La politique étrangère de Trump
144 pages
Français

Etudes : La politique étrangère de Trump

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Description

Éditorial : Pour un débat serein et argumenté en bioéthique - F. Euvé

International :

- Politique étrangère américaine : la sombre vision de Mr Trump - L. Nardon

- Iran : la fin de la Révolution islamique? - C. Therme

Société :

- La laïcité en France - Entretien avec J.-L. Bianco

- Inverstir dans la petite enfance - D. Clerc & M. Dollé

Essai :

- Universalisme et judaïsme - C. Chalier

Religion & Spiritualité :

- Conversions chrétiennes en Chine - P. Vendassi

Arts & Littérature :

- Ma rencontre avec Shitao, le moine Citrouille amère - M.-C. Pesquet

Sans oublier les chroniques politique, spiritualité et écologie, les critiques expos, cinéma et livres...


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Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2018
Nombre de lectures 1
EAN13 9782370961563
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Copyright
© S.E.R., Paris, 2018
ISBN numérique : 9782370961563
Composition numérique : 2018
http://www.revue-etudes.com/
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Table des matières
E D I T O R I A L
Pour un débat serein et argumenté en bioéthique(François Euvé)
I N T E R N A T I O N A L
Politique étrangère américaine: la sombre vision de Monsieur Trump (Laurence Nardon) Le populisme, axe principal de la campagne L’influence des conseillers « raisonnables » La personnalité du Président Les étapes du retour au « jacksonisme » Le monde s’assombrit
Iran: la fin de la Révolution islamique? (Clément Therme) Un Président affaibli Un système en panne La dimension nationale Une nostalgie à l’égard du passé
Chronique politique
Vers un nouveau moment franco-allemand (François Ernenwein)
Société
La laïcité en France (Jean-Louis Bianco et François Euvé)
Investir dans la petite enfance (Denis Clerc et Mic hel Dollé) Un service public de l’enfance? L’enfant, jusqu’à quel âge? Pour une plus grande égalité des chances
Chronique écologie
Romançons la transition écologique! (Dalibor Frioux)
Essai
Universalisme et judaïsme (Catherine Chalier) L’élection, pierre de touche du conflit universalis me – judaïsme Adam comme image (tselem) de Dieu Universalité et singularité juive
La vision chrétienne de l’universel (Michel Fédou)
Chronique spiritualité
Allumer le feu (François Cassingena-Trévedy)
Religion et spiritualité
Conversions chrétiennes en Chine (Pierre Vendassi) Devenir chrétien en Chine urbaine La continuité culturelle au cœur des conversions L’expérience religieuse: une subjectivation communautaire et transcendante Distinction et reconnaissance sociale
Arts et litterature
Ma rencontre avec Shitao, le moine Citrouille amère (Marie-Christine Pesquet) La liberté de la nature Tout est en naissance L’ailleurs est un don La présence est à accueillir Laisser être sans intervenir
Figure libre
L’art de jeûner dans la joie (Benoît Standaert)
L ES C AR N ETS C U L TU R EL S
Carnets Aléatoires Mindhunter, la fascination pour le serial killer
Expositions Resistance matière
Cinéma Pentagon Papers La Belle et la Belle La prière Les quatre sœurs La forme de l’eau Signer Revue des livres
Notes de lecture e Le XIX siècle en mondovision Un frère jésuite, peintre à la cour de l’empereur d e Chine, au e XVIII siècle
Recensions Littérature Art Histoire
Sciences Philosophie Société Questions religieuses
É D I T O R I A L
POUR UN DÉBAT SEREIN ET ARGUMENTÉ EN BIOÉTHIQUE
François Euvé
es États généraux de la bioéthique qui se sont ouve rts le 18 janvier dernier L comportent plusieurs dossiers spécifiques qui conce rnent, pour une bonne part, le début et la fin de la vie humaine. L’opini on s’intéresse en particulier à l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes seules ou en couple de femmes, à la pratique de la gestati on pour autrui (GPA), à la possibilité de l’euthanasie, sans oublier la questi on de la gratuité du don de gamètes, de l’anonymat, etc. L’examen de ces différ ents dossiers doit prendre en compte la multiplicité de leurs composantes, en particulier les procédures techniques engagées (dans le cas de la PMA), les conséquences économiques et sociales. On ne peut ignorer non plus la singularité de nombreus es situations qui obligent à exercer de difficiles discernements.
Un sondage publié dansLa Croix au moment du lancement de ces États généraux a vivement frappé les esprits. Il montrait qu’un pourcentage croissant de la population française, y compris parmi les catholiqu es, était favorable à la PMA pour les femmes seules, à l’euthanasie dans certaines co nditions et même à la GPA, une [1] question pourtant explicitement écartée par le gouv ernement . Que reflète cette évolution sociale? Assiste-t-on à la montée de l’individualisme libé ral ou même, comme le suggère Jean Leonetti, à « l’avènement d’u ne société faisant primer la loi du plus fort »?
Le sujet le plus clivant est celui de la GPA. Aucun parti politique n’en propose la légalisation, le Comité consultatif national d’éthi que (CCNE) y est hostile, le président de la République a fait savoir qu’il y ét ait opposé. Il semble pourtant qu’on [2] ne pourra éviter de l’aborder d’une manière ou d’un e autre. Que cela nous plaise ou non, il sera préférable d’ouvrir franchement le débat et d’examiner l’ensemble des arguments mis en avant par toutes les parties. Faut -il refuser par principe toute forme de GPA ou existe-t-il des formes moralement a cceptables? La question se pose sous l’angle juridique: peut-on directement transcrire à l’état civil fra nçais un enfant né par GPA à l’étranger comme s’il était né des deux parents qui font la démarchee souhaite, et le? Le CCNE rendra son avis sur ces questions, s’il l législateur pourra s’en saisir. Au-delà des considé rations juridiques, il importe de prendre conscience des enjeux anthropologiques. Deu x tribunes publiées dansLe Monde à tre-arguments. Lala mi-janvier apportent des arguments et des con première, qui plaide pour une transcription à l’éta t civil de la filiation légalement établie à l’étranger, invite à ouvrir sur ce sujet « un débat serein, argumenté et informé ». C’est bien ce qu’il s’agit de mettre en œuvre sans se laisser enfermer dans un dénigrementa priori des arguments du clan opposé (à cet égard, faire passer les opposants à la GPA pour des « réactionna ires » augure mal de la « sérénité » des débats).
L’intérêt de ce dossier particulier est qu’il est r évélateur des questions fondamentales qui sont présentes, explicitement ou non, dans les débats en matière de bioéthique. Le questionnement éthique engage des considérations psychologiques, sociologiques, juridiques, culturel les… Ce n’est pas le lieu ici d’inventorier l’ensemble des arguments pour ou cont re que l’on peut produire. On pourra se rendre attentif à deux tendances fortes d ans nos sociétés, la technicisation croissante de ce qui touche au vivant et sa marchan disation, portée par la logique néolibérale.
Dans la tribune duMonde du 18 janvier, Sylviane Agacinski et René Frydman évoquent « un marché procréatif mondialisé en plein e expansion; ce qui retient ici l’attention est l’impact de la dimension commercial e ». Est-il vraiment possible d’éviter des formes trop marquées d’exploitation du corps féminin? Des intérêts financiers sont nécessairement en jeu. L’opération a un coût, souvent élevé, et l’enfant à naître a un prix. On sait bien que l’éco nomie est présente partout, mais la logique du marché est hautement contagieuse. La fem me qui porte l’enfant et le couple demandeur appartiennent-ils généralement aux mêmes catégories socio-économiques? N’allons-nous pas, malgré tout, vers de nouvelles formes d’exploitation, d’autant plus insidieuses qu’elles se drapent des habits de la générosité et de la solidarité?
Nos sociétés sont de plus en plus influencées par u ne idéologie ultralibérale qui tend à réduire toute chose, y compris la personne h umaine, à une ressource disponible sur un marché. S’y ajoute l’influence cr oissante d’une vision techniciste de l’humain qui tend à en mécaniser la représentati on. La procréation deviendrait-[3] elle de plus en plus une fabrication? S’agit-il d’une évolution des mœurs universellement répandue à laquelle il serait vain de résister dans la mesure où de plus en plus d’États démocratiques s’y adaptent? On sait que la pratique de la GPA est reconnue dans un certain nombre de pays qui nou s sont culturellement proches. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour le fai re, s’il apparaît que nous avons de bonnes raisons d’en décider autrement. Si cette évo lution pose de graves questions, il importe de les affronter sans craindre d’aller à contre-courant. De bonnes décisions éthiques se sont parfois prises à l’encontre de l’o pinion dominante.
Dans les mois à venir, nous aurons l’occasion de re venir sur plusieurs de ces dossiers, comme nous l’avons fait dans le passé. La réflexion éthique chrétienne est guidée par un souci de l’humain, en particulier du plus vulnérable. La vision chrétienne de l’homme est celle non pas d’un indivi du purement autonome, mais d’une personne en relation, qui se construit avec d ’autres. Il ne faudrait pas opposer de manière trop simpliste une éthique de l’autonomi e (qui valorise la personne dans sa singularité et sa capacité à décider pour elle-m ême) et une éthique de la protection des plus faibles (plus sensible à la dim ension collective), mais les articuler. Souhaitons que les débats qui s’ouvrent, s’ils s’engagent avec sérénité, argumentation et information, en montrent la possib ilité.
Notes de l'article
[1]Selon ce sondage Ifop réalisé pourLa Croix, 18 % des Français sont favorables à la GPA dans tous les cas, et 46 % pour raisons médicales seulement. L’ensemble fait donc 64 % d’opinions favorables.
[2]Dans la présentation des États généraux par le CCNE, la GPA est juste mentionnée parmi les « thèmes issus de demandes sociétales ».
[ 3]Cf. Bruno Saintôt, « Jusqu’où assister médicalement la procréation? », Études, n° 4241, septembre 2017, p. 41.