Histoire religieuse de la Guadeloupe au XXe siècle

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Français
318 pages
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Ce livre se propose d'étudier la nouvelle phase de l'histoire religieuse de la Guadeloupe qui commence en février 1911 avec l'application de la loi de séparation des Églises et de l'État et qui s'achève en août 1970 avec la nomination de Mgr Oualli, 1er Évêque guadeloupéen, examinant sur le plan religieux, politique, social et sociétal l'action de l'épiscopat guadeloupéen pour garder la mainmise sur la société guadeloupéenne.

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Date de parution 01 mai 2014
Nombre de lectures 6
EAN13 9782336346083
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

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HISTOIRERELIGIEUSE฀ delaGuadeloupee au ฀ X X ฀ siè cle
la ïn d’une étape de l’histoire religieuse de la Guadeloupe. « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » Après la perte de sa mission d’enseignement, l’Église catholique de la Guadeloupe perd ofïciellement le soutien de l’État pour la gestion de la société guadeloupéenne et son action est désormais reléguée dans une sphère privée. Cette rupture des accords concordataires place l’Église locale dans une grave crise, sans précèdent depuis l’épisode révolutionnaire, qui la fragilise et soulève des questionnements quant à sa survie dans la colonie. La crise en personnel rend difïcile l’encadrement optimal des ïdèles. Les projets, républicain, communiste, socialiste et indépendantiste constituent autant de projets de société concurrents auxquels elle doit désormais faire face. Les changements sociaux et sociétaux qui émaillent le diocèse durant cette période l’oblige également à renouveler son message pour imposer la voie de l’Église et garder son leadership dans la société guadeloupéenne. Ce livre se propose donc d’étudier cette nouvelle phase de l’histoire religieuse de la Guadeloupe qui commence en février 1911 avec l’application de la loi de séparation des Églises et de l’État et qui s’achève en août 1970 avec la nomination de Mgr Oualli, 1 Évêque guadeloupéen, examinant sur le plan religieux, politique, social et sociétal l’action de l’épiscopat guadeloupéen pour garder la mainmise sur la société guadeloupéenne.
Illustration de couverture : © Thinkstock
MaxDidon
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MaxDidon
HISTOIRERELIGIEUSEdelaGuadeloupee au ฀ X X ฀ siècle
1911-1970
HistoirereligieusedelaGuadeloupeauXX
Histoire religieuse e de la Guadeloupe au XX siècle 1911- 1970
Max DIDON
HISTOIRE RELIGIEUSEE DE LAGUADELOUPE AUXXSIECLE1911- 1970 L’Harmattan
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02249-9 EAN : 9782343022499
Introduction
L'année 1911 marque le terme d'une longue période d'affrontements qui a vu l'Église catholique sortir très affaiblie. À la fin, du XIXe siècle, d'autres projets de société viennent concurrencer le monopole catholique en matière de société. Cette nouvelle conjoncture engendre une vive bataille dont elle ne sort pas victorieuse. Face au projet républicain, elle a perdu le leadership de l’éducation scolaire. Pratiquement toutes les écoles congréganistes de la colonie ont été progressivement laïcisées. Les frères et les sœurs chargés de l’enseignement des garçons et des filles ont été remplacés par des enseignants formés par la République pour dispenser un savoir républicain. Les programmes d’enseignement basés désormais sur des valeurs rationalistes sont épurés de toute référence religieuse. L’enseignement religieux est expulsé de l’école républicaine. Les espaces publics ont été aussi laïcisés. Dans la plupart, on y enlève toute référence à Dieu. Par conséquent, les liens particuliers qui régissaient les rapports entre les deux autorités, l’État français et Rome depuis le concordat, sont rompus. «La République ne reconnaît, ne salarie ni 1 ne subventionne aucun culte.» Le catholicisme est désormais - ce depuis la Révolution française -une religion parmi d’autres et avec la loi de séparation elle est reléguée à la sphère privée. Sur le terrain strictement religieux, elle se trouve également en grande difficulté. On observe une diminution du nombre de prêtres. L’absence des congrégations occasionne le démantèlement des œuvres. Et les conséquences de ces multiples carences sont catastrophiques pour la religion catholique. La proximité entre le prêtre et ses ouailles diminue fortement. Certains lieux, surtout de campagne, se retrouvent sans prêtres ou avec un service religieux seulement épisodique. La superstition qui avait commencé à reculer revient progressivement, surtout dans ces espaces de déficience
1 Article 2 de la loi de séparation des Églises et l’État.
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cléricale. La menace protestante se fait de plus en plus pressante et inquiétante pour les catholiques. La religion se trouve aussi aux prises avec les prémices d’une sécularisation de la société guadeloupéenne engendrée par la montée, de plus en plus prégnante des idées rationalistes. Sur le terrain social, sa légitimité est aussi contestée par le projet socialiste qui à la fin du XIXe siècle fait de nombreux adeptes. L'Église perd ainsi peu à peu sa mainmise sur le monde ouvrier. Seule lui reste la foi, la fidélité d’un grand nombre de Guadeloupéens, les femmes et les enfants surtout, qui continuent à croire avec ferveur au message révélé. Elle gagne aussi, paradoxalement, avec la loi de séparation, débarrassée de la tutelle de l'État, une certaine liberté, qui pourrait être propice à l'innovation. Par conséquent, en 1911, le défit à relever est grand. L'Église catholique se doit de faire entendre sa voix sur pratiquement tous les terrains. Abandonnée par l’État, elle est dans l’obligation de trouver des moyens de financement pour subvenir aux besoins du culte. Elle est aussi contrainte de renflouer le cadre et de restructurer le personnel ecclésiastique, de se montrer vigilant à la superstition qui monte et à la menace protestante. L’Église doit rendre le diocèse à nouveau attractif pour faire revenir les anciennes congrégations et en attirer d’autres. Face à la perte de l’école, son principal espace d’enculturation, il lui faut en inventer d’autres afin de garder les enfants et les jeunes, surtout après le catéchisme, sous son influence. Il lui faut également repartir à la reconquête du terrain social grignoté par les socialistes. Nombre de défis qui montrent que l’Église catholique de Guadeloupe rentre dans le XXe siècle affaiblie par des handicaps énormes. C’est une Église qui a perdu beaucoup de ses privilèges, et également toute son énergie. Par conséquent, l’enjeu est extrêmement important, il en va de la survie du catholicisme dans cette colonie. Pour y parvenir, elle se doit de puiser dans ses ressources pour trouver une nouvelle dynamique afin de
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reconquérir cette population qui n’a jamais perdu la foi, mais qui est, par la défaillance d’encadrement pastorale, sujette à des tentations multiples. Réussira-t-elle à opérer le réveil nécessaire ? Quelles réponses apportera-t-elle pour replacer la religion catholique au cœur de la société guadeloupéenne ?
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PREMIERE PARTIE
1911-1943 :
LE REVEIL DE LA RELIGION