Jamie ou la vraie vie

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60 pages
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Description

«Lorsque Jamie arriva devant la maison, elle s’arrêta. Ainsi c’était là que vivait Jason? Enfin, s’il n’y avait pas d’erreur. Elle pressa ses deux mains sur son cœur qui battait à tout rompre et se força à respirer calmement. Ce Jason C. Mac Douglas était-il bien le Jason qu’elle cherchait maintenant depuis deux ans? Tous les renseignements qu’elle avait pu obtenir correspondaient bien. Arrivait-elle enfin au bout de sa quête? Pour le savoir, il lui suffisait de traverser la rue et de frapper à la porte.»
Le récit romanesque des déboires amoureux d’une jeune femme enrôlée dans l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale. Sa descente dans l’enfer de la drogue et son retour à la «vraie vie»

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Date de parution 01 juillet 2012
Nombre de visites sur la page 16
EAN13 9782889135332
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Langue Français

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Extrait


Lorsque David pénétra dans la cave, il fut assailli par une odeur nauséabonde. Un relent d’urine parvint à ses narines et il ne put réprimer une grimace de dégoût.

Une faible clarté pénétrait dans la pièce à travers une lucarne couverte de poussière. C’était une cave, comme beaucoup d’immeubles en avaient à Chicago. Enterrées à mi-hauteur, elles possédaient des lucarnes qui s’ouvraient au ras des trottoirs de la ville.

Cependant, la lumière du jour n’y entrait pas suffisamment et David dut allumer sa lampe torche qu’il avait toujours avec lui lorsqu’il était en mission.

Le faisceau de lumière fit fuir un rat et un long frisson parcourut le dos de David. Décidément, il ne s’y habituerait jamais.

La lumière de sa lampe révéla un mobilier des plus sommaires. Une caisse retournée servait de table et une bougie enfoncée dans le goulot d’une bouteille en était l’ornement. Une boîte de gâteaux à moitié entamée traînait par terre. Des détritus jonchaient le sol et une odeur de pourriture stagnait dans la pièce. Les murs suintaient l’humidité et l’endroit était lugubre.


David continua son inspection et il découvrit un grabat dans le coin le plus reculé de la pièce. Il s’en approcha rapidement et s’agenouilla auprès de la forme allongée qu’il devinait sous les couvertures.

– Oh mon Dieu, murmura-t-il, le cœur serré.

Son regard fit le tour du matelas et il trouva ce qu’il cherchait. Tout le matériel nécessaire pour se droguer traînait à terre.

Avec des gestes empreints de douceur, il écarta les cheveux sales et poisseux qui couvraient la figure de la loque humaine qui gisait là, inconsciente. Le visage d’une jeune femme apparut. Marquée par le masque tragique des prémices de la mort; les yeux enfoncés dans les orbites auréolés de larges cernes violets, le visage exsangue et les narines pincées.

– Pourvu qu’il ne soit pas trop tard, pensa David.

Il prit le pouls de la jeune femme d’un geste professionnel et poussa un soupir de soulagement. Il percevait un faible battement.

Il se redressa et appela son collègue à l’aide de son talkie-walkie. Willy était resté en haut dans la rue, auprès de leur véhicule de secours, en attendant l’appel de David.

– Viens vite avec le brancard, il y a quelqu’un en bas, dit-il brièvement.

Il se pencha de nouveau sur la forme recroquevillée et essaya d’évaluer l’âge de la jeune femme qui gisait là.

Elle devait avoir entre 20 et 30 ans. C’était difficile d’être plus précis vu l’état dans lequel elle se trouvait.

D’une maigreur extrême, elle flottait dans de vieux vêtements sales. David releva une des manches du pull-over qu’elle portait et hocha la tête tristement. Vu le nombre d’hématomes qui couvraient ses bras, elle devait se droguer depuis pas mal de temps, pensa-t-il en son for intérieur.

Il ôta la couverture qui la couvrait et c’est alors qu’il aperçut un cadre que la jeune femme tenait contre elle. David l’attrapa et dirigea le faisceau de sa lampe sur la photo qu’il contenait. Un couple en uniforme militaire se tenait tendrement enlacé devant un avion de combat.

Ses regards se portèrent sur la jeune femme qui souriait à l’objectif. Se pouvait-il que ce soit la même que celle qu’il avait devant lui? Cela semblait difficile à imaginer. Un sourire éclatant de bonheur faisait resplendir de joie un visage fin aux traits réguliers. Elle portait l’uniforme du corps d’armée féminin et son calot posé sur des cheveux bruns coupés courts, lui donnait un air mutin. David poussa un soupir.

– Encore cette fichue guerre! ne put-il s’empêcher de penser.

Elle devait être fiancée au jeune pilote qui l’entourait de son bras protecteur et, très certainement, il avait dû mourir au combat, comme tant d’autres. Elle n’avait pas dû supporter sa mort et sa vie avait basculé. Recherchant l’oubli illusoire dans la drogue, elle s’était fait piéger comme tous les autres. Des histoires dramatiques comme celle-là, il en entendait à longueur de journée au centre dans lequel il travaillait.

Il porta alors son attention sur le jeune pilote et détailla son visage. Il fronça les sourcils et regarda plus attentivement en braquant la lumière de sa lampe sur la photographie. Il lui semblait reconnaître le jeune homme.

– ça alors! Il ressemble à Jason Mac Douglas, pensa-t-il.

Mais non, ce ne pouvait pas être lui. Ils avaient été à l’université ensemble avant la guerre, alors qu’ils faisaient tous deux de brillantes études. David devait certainement être victime d’une troublante ressemblance. Quoique, en y réfléchissant bien, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu de nouvelles de Mac Douglas. Il avait été appelé à la guerre, comme tous, et justement… David réfléchissait. Cela lui revenait maintenant, Jason n’avait-il pas été pilote? C’est alors que les yeux de David se posèrent à nouveau sur la photographie et qu’il remarqua ce qu’il n’avait pas vu au premier abord, trop occupé à détailler les visages.

En bas à droite de la photo, il y avait une dédicace écrite à la main.

De Jason à Jamie - décembre1944 -