Jésus, le messie des juifs
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Description


La chrétienneté a, depuis près de deux millénaires, présenté Jésus sous les traits d'un Messie demi-dieu, à la fois humain dans sa manifestation et divin dans son essence.



Pour des générations de chrétiens, Jésus est apparu comme l'incarnation d'un Dieu Trinitaire, porteur d'un message et d'une foi nouvelle, chargé d'une mission rédemptrice, très éloignée de la définition juive du Messie.



Raison majeure de son succès auprès des peuples l'Antiquité païenne ou polythéiste, puis de son universalisation, la définition chrétienne du Messie au travers d'un Jésus divinisé a conduit la chrétienté à ignorer la judaïté de Jésus et de son enseignement en même temps qu'elle a convaincu les juifs que les prétentions messianiques de Jésus n'étaient pas acceptables.



Pourtant une simple relecture des évangiles, confrontée à certaines données historiques et à une juste connaissance de la religion juive et du milieu dans lequel Jésus s'est manifesté, semblent suffire à réconcilier les prétentions messianiques de Jésus avec la théologie juive du Messie, sans diminuer la valeur de son ministère et de son oeuvre.



Un mot de l'éditeur



Bien qu'indépendant, ce premier essai trouve sa continuité dans un second (Jésus, le mystère de la crucifixion), où l'auteur nous plonge dans une analyse fascinante de deux évènements majeurs de la biographie de Jésus : son procès et sa crucifixion.






Sujets

Informations

Publié par
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EAN13 9791095299103
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sommaire

Mentions
Avant-Propos
Introduction
Jésus face à la Torah
Jésus et les Pharisiens
Le maître du Sabbat
Jésus et la transgression
Jésus et l'argent
La Pâques de Jésus
La Nouvelle Alliance
Conclusion
L'auteur
Anima Studio Productions
Notes
Jésus, le messie des Juifs

David Allouche



édité par Anima Studio Productions
Collection Naran-Haï

isbn : 979-10-95299-10-3
Collection Naran-Hai : spiritualité & foi

 
 

Naran-Hai, c'est acronyme obtenu à partir des initiales des 5 noms de l'âme dans la Kabbale.
 
En lui même, le mot signifie le feu vivant. 
 
Et, n’est-ce pas là la finalité de toute spiritualité : raviver en nous le feu sacré, celui qui donne un sens à la vie ?

La collection se compose de films et de livres numériques que vous pouvez découvrir sur notre site :
www.animastudioproductions.com


David Salomon,
Responsable de l’édition,
Anima Studio Productions.
INTRODUCTION

Voici près de deux millénaires, un jeune homme, âgé d’une trentaine d’années, connu sous le seul prénom de JÉSUS, proclama aux habitants de la Judée, de la Samarie et de la Galilée, provinces insignifiantes de l’Empire romain, qu’il était le Messie annoncé par les Écritures hébraïques.

En quelques siècles seulement, le message de cet illustre inconnu s’est répandu, ramenant à lui et à son enseignement les peuples et les nations de la Terre.

L’Empire romain, la Grèce, le continent européen, l’Afrique, le continent américain, et même l’Asie, furent tour à tour touchés par l’enseignement de JÉSUS, avant d’y être convertis.

En quelques siècles donc, ce galiléen, héraut d’une foi en un Dieu unique et invisible, qui n’était alors que le fait exclusif du peuple juif –et du Pharaon Akhénaton pendant son règne–, réussit à convaincre les peuples de la terre d’abandonner leurs anciennes croyances idolâtres et polythéistes, et d’adopter les commandements prônés par le Dieu d’Israël.

Ce seul constat suffirait à confirmer la messianité de JÉSUS.

Le Livre d’ESAÏE, rapportant les oracles relatifs au Messie, énonce au chapitre 49 verset 6 : « je te donne pour lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre » .

La mission du Messie, dans sa première manifestation, consistait donc dans l’universalisation du monothéisme juif, supposant évidemment des amodiations au rigorisme de la Torah, préalable indispensable à son expansion et à l’adhésion des peuples.

Les Juifs de Galilée, de Samarie et de Judée qui avaient, un temps, cru en la messianité de JÉSUS, s’en détournèrent, pour partie, lors de l’annonce de sa crucifixion, jugeant en effet que l’avènement du Messie devait marquer le triomphe d’ISRAËL sur ses ennemis –et non la mise à sac de Jérusalem et l’exil des Juifs comme cela se produira malheureusement près de trente ans plus tard–, et celui du Judaïsme sur les autres croyances.

Cette vision ethnocentrique de la messianité a participé à l’occultation de la véritable mission du Messie, celle d’assurer dans les cœurs et les esprits des hommes de la Terre, le triomphe de Dieu et de ses commandements, ainsi que l’espoir du salut.

Cette espérance du salut et les moyens spirituels pour y parvenir, dont les israélites étaient les premiers dépositaires, ne pouvaient demeurer interdits au reste du monde.

Comment ne pas admettre que JÉSUS, par son œuvre et son enseignement, au delà des altérations et travestissements subis au cours des siècles, a été l’instrument de cette universalisation de la foi monothéiste.

Le christianisme, à travers ses différentes obédiences, né de la prédication de JÉSUS, a assuré la diffusion des principaux commandements consignés dans la TORAH, celle de l’histoire du peuple Juif et des enseignements des prophètes hébreux, en même temps qu’il a été l’instrument du salut pour des générations d’hommes de toutes origines, par la connaissance de Dieu et la promesse en la vie future.

Le temps est aujourd’hui venu de réconcilier juifs et chrétiens autour de la messianité de JÉSUS, en redonnant à son œuvre et à sa mission, leur véritable dimension, en expurgeant pour ce faire l’hagiographie chrétienne des mythes et des affabulations que les siècles écoulés ont apportés et en acceptant également de réviser le crédo de l’Église catholique.

Ainsi, juifs et chrétiens, unis dans une même attente de la venue, ou du retour, du Messie, à l’instar de leurs « cousins musulmans », se doivent au préalable, de reconsidérer leur vision de JÉSUS et de son œuvre, afin d’en accepter la messianité, à l’aune d’une nouvelle théologie.

C’est à n’en pas douter, ce qu’exigera d’eux le Messie à l’occasion de sa seconde manifestation.
JÉSUS face à la TORAH

« Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon... ».
(Luc 6:17)

« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un iota ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des Cieux » .
(Matthieu 5:17-19)

« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : « Tu ne tueras point » et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : tout homme qui se met en colère contre son frère, en répondra au tribunal ».
(Matthieu 5:21,22)

« Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu ne commettras pas d’adultère ». Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire, a déjà commis l’adultère dans son cœur ».
(Matthieu 5:27,28)

« Vous avez appris qu’il a été dit : « Œil pour œil, dent pour dent ». Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends lui encore l’autre. Donnez à qui vous demande, et ne vous détournez pas de qui veut vous emprunter sans intérêt. »

« Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain » et du haïras tes ennemis. Eh bien moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait tomber la pluie sur les justes et les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’ordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc soyez parfait comme votre Père céleste est parfait ».
(Matthieu 5:38,39,42-48)

À n’en pas douter, ce que l’on a eu coutume d’appeler « Le Sermon sur la Montagne », représente l’allocution la plus connue et la plus souvent citée des cinq grands discours de Jésus 1 consignés dans l’Évangile de Matthieu.  

S’il ressort des études exégétiques menées jusqu’à ce jour par certains historiens des religions et/ou théologiens, que ce « Sermon », n’est pas l’écho d’un véritable discours suivi, mais en réalité le recueil de propos, de commandements épars, tenus par JÉSUS au cours de son ministère, il n’en demeure pas moins, que la chrétienté, et au premier plan, l’Église Catholique, continuent d’y voir le socle de ce qu’elle considère être la Loi Nouvelle instituée par celui qu’elle désigne comme le Christ.

L’un des crédos essentiels de l’Église romaine consiste à considérer que JÉSUS aurait eu pour mission, par son enseignement, par l’annonce d’une Loi Nouvelle et par son sacrifice rédempteur, de mettre fin à l’antique loi mosaïque, substituant au Salut par la Loi (la Torah des israélites) un Salut par la Grâce.

À n’en pas douter, la réconciliation des communautés judéo-chrétiennes et la reconnaissance de la messianité de JÉSUS par les Juifs, passent par la révision de ce crédo.

Révision nécessaire, en ce qu’il nie, par sa nature même, la légitimité du peuple juif et l’utilité de la Torah.

Révision indispensable, en ce que d’une part, la mission d’universalité impartie au Messie ne peut aboutir à la négation du Peuple Juif et de la révélation faite à Moïse, et d’autre part, en ce que l’enseignement de JÉSUS infirme expressément le dogme de la chrétienté.

Le verset 17 chapitre 5 de l’Évangile de Matthieu s’ouvre en ces termes : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un iota ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des Cieux. »

Contrairement à ce qui a été affirmé pendant plusieurs siècles, le discours de JÉSUS n’enseigne nullement l’abrogation ou l’abandon de la Torah, mais encourage une interprétation et une mise en application parfaite, idéale et humaine, de la Loi donnée à Moïse.

Le Sermon sur la Montagne, et avec lui les quatre autres grands discours consignés dans les évangiles canoniques, constituent en fait une exhortation à la perfection et à la sublimation.

Ainsi, en sus de la condamnation de l’homicide, JÉSUS condamne la colère et appelle à la paix civile et au bon voisinage :

« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : « Tu ne tueras point » et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : tout homme qui se met en colère contre son frère, en répondra au tribunal ».  
(Matthieu 5:21,22)

Cet appel, remet-t-il un seul instant en cause, l’interdiction de l’homicide posée par la Torah ? Certes, non, cet appel enjoint les hommes à la conciliation et à la condamnation de toute forme de violence, comme prévention à l’homicide, en recourant au besoin au Tribunal –comme aujourd’hui la loi pénale sanctionne les violences verbales ou physiques.

Dans le même sens, JÉSUS appelle ses contemporains à la droiture de cœur, mettant l’accent sur la gravité de l’adultère.

« Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu ne commettras pas d’adultère ». Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire, a déjà commis l’adultère dans son cœur ».
(Matthieu 5:27,28)

Ce sermon, loin d’abroger l’interdiction de l’adultère, en renforce bien au contraire la portée et l’intransigeance, l’intention coupable étant ici toute aussi condamnée que l’acte lui-même.

Soucieux en toute chose, de privilégier l’esprit à la lettre, JÉSUS appelle les croyants à la pureté des intentions ; la chaire est faible, mais la faute de l’homme procède plus de son esprit et de son mental que de son corps.

Nombreux sont les chrétiens qui considèrent que JÉSUS serait également venu abolir la Loi dite du Talion qui, pour beaucoup, représente l’emblème de la Loi de Moïse.

Cette erreur d’opinion procède en réalité d’une mauvaise interprétation du concept même de cette Loi dite du Talion, qui n’est autre en fait, qu’un principe de proportionnalité où le degré de la sanction et/ou de la réparation doit être mesuré et défini à l’aune de la gravité de la faute commise et du préjudice réellement subi.

Sans avoir à contester ce principe, JÉSUS commande d’aller encore plus loin, en conseillant de ne pas riposter aux insultes –c’est le « soufflet » sur la joue droite et la joue gauche tendue–, et de porter aide et secours à son prochain dans le besoin :

  « Vous avez appris qu’il a été dit : « Œil pour œil, dent pour dent ». Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends lui encore l’autre. Donnez à qui vous demande, et ne vous détournez pas de qui veut vous emprunter sans intérêt. »

C’est au demeurant dans le prolongement de cet appel, que JÉSUS a exhorté les juifs, et au delà, l’ensemble des hommes, à aimer leurs prochains –au sens large du mot, sans considération de race, d’ethnie ou autre appartenance communautaire–, et à leur témoigner de la compassion :

« Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain » et du haïras tes ennemis. Eh bien moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d’être vraiment les fils de votre Père »

Le Livre du Lévitique, quatrième livre du Pentateuque, exhortait déjà les juifs dans le même sens :

« Tu ne devras pas haïr ton frère en ton cœur. Tu devras absolument reprendre ton compagnon, afin de ne pas porter de péché avec lui ».
(Lévitique 19:17)

« Tu ne devras pas te venger, ni garder de rancune contre les fils de ton peuple ; et tu devras aimer ton prochain comme toi-même »
(Lévitique 19:18)

Faut-il donc alors continuer de voir dans l’enseignement de JÉSUS, une quelconque volonté d’abolir la Loi mosaïque et d’instituer une Loi nouvelle ?

Les versets cités ci-dessus imposent une réponse négative.

Dans son Livre intitulé « JÉSUS », l’historien Charles Guignebert a parfaitement résumé le sens du Sermon sur la Montagne.

Pour lui, en effet, JÉSUS « règle des cas en conformité de sa tendance générale, qui est de chercher Dieu et son esprit sous des formules auxquelles s’arrête le simple dévot ; de laisser parler son cœur, de remonter d’instinct jusqu'à l’idéal que, pratiquement, le précepte, en le fixant, affaiblit toujours.  

Le législateur a permis le divorce dans certains cas, mais l’idéal c’est l’union indissoluble ; il a interdit l’homicide, mais l’idéal c’est d’éviter la violence sous toutes ses formes ; il a condamné l’adultère, mais l’idéal c’est de supprimer le désir coupable.  
Le Grand Commandement, qui prescrit l’amour de Dieu et du prochain, impose à Jésus, en face de tous les cas, une uniformité de point de vue qui prend, en effet, une apparence de doctrine ; mais nous devons écarter cette illusion et ne pas identifier la pensée de Jésus avec les conclusions de la théologie chrétienne.

Toutes les majorations que je viens de rappeler demeurent, si je puis dire dans le sens de la Loi, si bien que Jésus a pu penser, s’il les a vraiment formulées, loin de les contredire, qu’elles la développaient et l’achevaient, en conformité de son véritable esprit. »

S’il apparaît bien que JÉSUS, en qualité de Messie, est bien le porteur d’une Nouvelle Alliance, conclue entre Dieu et le reste de l’humanité non israélite et alors païenne, force est de relever qu’il n’a à aucun moment entendu être le dépositaire d’une Loi nouvelle qui viendrait se substituer à la précédente.
JÉSUS et les PHARISIENS

Le mythe de l’opposition entre JÉSUS et le Judaïsme, sa Loi et ses Représentants, s’est principalement développé autour des dissensions qui auraient opposé le Galiléen à la communauté des Pharisiens.

La chrétienté a ainsi cru pouvoir utiliser les critiques consignées dans les Évangiles, que JÉSUS aurait portées à l’encontre de certains religieux, aveugles et sourds au véritable message de la Torah, comme un réquisitoire contre toute la communauté pharisienne et contre la pensée juive de son temps.

Les études récemment menées autour de la pensée pharisienne, et plus principalement autour de son Maître, HILLEL, ont mis à néant cette thèse, et laissent bien au contraire apparaître une profonde unité entre le message de JÉSUS, sa perception de la Torah, et l’enseignement de HILLEL.

Les pharisiens, dont le nom hébreu « paruchim » signifie « les séparés » , vivaient dans l’observance absolue de la Loi, dans laquelle s’inscrivait également JÉSUS, comme on l’a vu précédemment, au travers du Sermon sur la Montagne et de ses exhortations en faveur d’une application extensive et idéalisée de la Torah.

Aux temps de Jésus, les Pharisiens étaient divisés en deux courants, deux écoles de pensée : l’école « hillélite » et l’école « shammaïte ».

La première, fondée par Hillel, sans nul doute le plus grand penseur juif du IIème siècle avant J.C., donna au judaïsme un souffle nouveau.  

Invoquant une plus grande souplesse dans l’interprétation de la Torah, réaffirmant, à l’instar des grands prophètes d’Israël, la véritable finalité de la Loi et la nécessité de faire prévaloir l’esprit des Écritures sur la lettre, ce dernier contribua au renouveau de la pensée juive.

À l’inverse, l’autre tendance, fondée par Shammaï, ancien collaborateur d’Hillel, était d’aspect beaucoup plus rigoriste, scrupuleusement attachée à la forme littérale.  

Minoritaire, ce courant de pensée ne semble avoir été représentatif du pharisaïsme de l’époque de JÉSUS.

Une anecdote célèbre illustre parfaitement cette situation.  

Selon les disciples d’Hillel, il semble qu’un jour un non-juif ait défié Shammaï de lui enseigner la Torah durant le temps qu’il tiendrait debout sur une jambe.  

Le Maître, agacé, chassa le plaisantin, qui alla aussitôt trouver Hillel afin de lui soumettre la même proposition.  

Ce dernier aurait alors répondu sans hésiter :  

« Ce que tu trouves détestable, ne le fais pas à ton voisin ; voilà toute la Torah, le reste n’est que commentaire » .

Nul ne contestera que cette réponse aurait pu tout aussi bien être donnée par JÉSUS.

À cet égard, il est bon de souligner que la rhétorique empruntée par JÉSUS, son recours aux allégories et aux métaphores, le rattache incontestablement à cette communauté.

Un épisode de la vie de JÉSUS, relaté tour à tour dans les évangiles de Mathieu et de Marc, apparaît sur ce point particulièrement significatif et démonstratif de cette parenté spirituelle :

« Les Pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve :

« Maître, dans la Loi, quel est le Grand Commandement ? »

Jésus lui répondit (Deutéronome - :5) : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. »

Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable (Lévitique 19 :18) : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Tout ce qu’il y a dans l’Ecriture, - dans la Loi et les Prophètes, - dépend de ces deux commandements » .
(Matthieu 22:34-40)

Cette réponse aurait pu être donnée par HILLEL.

La réplique, consignée dans l’évangile de Marc, et donnée à JÉSUS, par celui-là même qui l’avait interrogé, en l’espèce, un membre de la communauté des rabbins pharisiens, le confirme parfaitement :

« Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l’Unique et qu’il n’y en a pas d’autres que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices ».
(Marc 12,32,33)

Bien évidemment, l’appartenance à une communauté, religieuse ou laïc, n’exclut pas que l’on puisse être pourvu d’un esprit critique à l’égard des errements de certains de ses membres, dont le comportement peut ne pas être irréprochable, voir même contraire à l’esprit de la communauté.

Déviation commune à toutes les communautés religieuses, l’observance scrupuleuse d’une Loi ou d’un texte conduit toujours à un éloignement de l’esprit au profit d’un attachement à la lettre, ce qui induit parfois des comportements sectaires, intégristes et obscurantistes.

Comme le souligne Marcel Pelletier dans son ouvrage sur les pharisiens, ces derniers n’ont vraisemblablement pas échappé à la règle.  

Comme ils étaient de plus en plus respectés, certains d’entre eux se mirent certainement à faire ostentation de leurs sentiments religieux.  

Bon nombre d’entre eux étaient prompts, si l’on en croît les chroniqueurs de l’époque, à condamner toute personne qu’ils jugeaient trop peu zélée et à afficher leur mépris pour ceux qui ne les suivaient pas.  

Ces pharisiens là n’ont pu qu’être l’objet des jugements les plus sévères de la part de Jésus, comme ils auraient pu l’être de la part d’Hillel ou des prophètes bibliques.

Les réactions de colère de JÉSUS et ses critiques contre certains religieux, rapportées par les récits évangéliques, n’emportaient donc pas une remise en cause du judaïsme pharisien –comme l’ont, hâtivement et pour des raisons non-désintéressées, affirmés les Pères de l’Église–, mais ne concernaient simplement que certains Docteurs de la Loi, éloignés, tant par leurs prêches que par leurs attitudes, de l’esprit de la Torah et de l’enseignement des Prophètes.

Ce type de déviance n’était pas propre au judaïsme, mais caractérise malheureusement toutes les communautés religieuses, hier comme aujourd’hui.

Les tensions radicales que rencontre aujourd’hui le monde musulman en sont la plus actuelle illustration.

Contrairement à la présentation des faits proposés par les évangélistes, dont l’identité et l’origine ethnique demeurent incertaines, et la narration partisane, il est bien plus vraisemblable que les invectives de JÉSUS se soient dirigées à l’encontre des prêtres sadducéens.

Cette communauté était en effet composée d’aristocrates, de riches propriétaires terriens, de prêtres et des fonctionnaires du Temple.

Leur pensée religieuse se caractérisait par un profond rigorisme et un étroit conservatisme marqué par la primauté accordée à l’aspect littéral de la Torah –considérée comme sacrée, intangible et inviolable–, leur rejet de la Loi orale, leur manque de foi en la résurrection, leur rejet de l’angélologie et de la démonologie et leur croyance en la liberté de la volonté humaine au détriment de toute idée de prédestination.

Cette pensée trouvait par ailleurs son prolongement politique, au travers d’un conservatisme soucieux de préserver la pérennité des institutions, ennemi de tout élan révolutionnaire ou messianique –les deux étant alors très étroitement associés–, lequel justifiait la collaboration pour ainsi dire systématique avec l’occupant, qu’il fut grec ou romain.

Les revendications messianiques de JÉSUS, la nature de son enseignement et la ferveur suscitée autour de lui, ne pouvaient que générer un sentiment de défiance au sein de la prêtrise sadducéenne.
Le MAÎTRE du SABBAT


« Un jour de Sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient :  

« Regarde ce qu’ils font le jour du Sabbat ! Cela n’est pas permis ! »

Jésus leur répond :

N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui et ses compagnons ? Au temps du grand prêtre Abiathar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que seuls les prêtres peuvent manger, et il en donna aussi à ses compagnons.

Jésus leur disait encore :

Le Sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le Sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du Sabbat. »  
(Marc 2:23-28)

Le Sabbat est le nom du septième jour de la semaine et se définit comme un jour de repos hebdomadaire (du vendredi soir au samedi soir) consacré à Dieu, et dont l’observance est fondée sur les Écritures hébraïques.

Le Sabbat apparaît comme l’un des rites essentiels du Judaïsme, car l’un des plus riches en signification.  

Comme le souligne A. Heschel, « il est peu d’idées au monde aussi chargées de force spirituelle que l’idée du Sabbat » .  

Celui-ci articule en effet trois aspects de Dieu dans son rapport à l’homme comme Créateur, comme Libérateur et comme Législateur.

Comme Créateur, conformément au livre de la Genèse où il est dit que « Dieu mit fin le septième jour à l’œuvre faite par lui ; et il se reposa le septième jour de toute l’œuvre qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le proclama saint parce qu’en ce jour, il se reposa de l’œuvre entière qu’il avait produite et organisée ». (Genèse 2:2-3)

Comme libérateur, car le Deutéronome associe le Sabbat à la sortie d’Egypte et à la délivrance de l’esclavage : « Et tu te souviendras que tu fus esclave au pays d’Egypte et que le Seigneur ton Dieu t’en a fait sortir d’une main puissante et d’un bras étendu ; c’est pourquoi l’Eternel ton Dieu t’as prescrit d’observer le jour du Sabbat » . (Deutéronome 5:15)

Comme législateur enfin, car le Décalogue (les Dix Commandements) énonce l’obligation suivante : « Pense au jour du Sabbat pour le sanctifier. Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires, mais le septième jour est la trêve de l’Eternel ton Dieu : tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave homme ou femme, ton bétail ni l’étranger qui est dans tes murs ». (Exode 20:8-10).

Mais le Sabbat, au delà de ces différents aspects, souligne également le rapport de l’homme à l’homme et au monde.

En imposant l’arrêt de tout travail profane, le Sabbat amodie la peine des hommes, l’exploitation, le travail avilissant, l’aliénation et toutes les souffrances liées aux activités humaines.

Face à la sobriété du commandement biblique, une littérature talmudique des plus importantes a été élaborée, afin de répondre à la conscience et à la signification profonde que les juifs se faisaient du Sabbat.

Le traité Shabbat énumère ainsi pas moins de trente neuf catégories de travaux interdits pendant ce jour sacré :

« semer, labourer, moissonner, lier des gerbes, battre le grain, vanner, trier, moudre, tamiser, pétrir, cuire, tondre, blanchir, carder, teindre, tisser, ourdir, faire, tresser ou séparer deux fils, nouer, dénouer, coudre deux points, couper le fil pour coudre deux points, chasser le cerf, le tuer, écorcher, saler (la viande), préparer la peau, racler (le poil), le couper en morceau, écrire deux lettres de l’alphabet, effacer, bâtir, démolir, allumer ou éteindre un feu, frapper avec un marteau, porter un objet d’un endroit à un autre »
(Chab.7-2)

Les pharisiens du temps de JÉSUS respectaient scrupuleusement les interdictions sabbatiques, même si elles n’étaient vraisemblablement pas aussi nombreuses que celles développées au cours des siècles suivants par les écoles rabbiniques.

Mais, à l’inverse peut être des Esséniens, dont le rigorisme implacable rapporté par l’historien juif Flavius Josephe, cadre mal avec la personnalité et l’enseignement de JÉSUS auxquels d’aucuns ont longtemps voulu le rattacher.

Les pharisiens ne perdaient jamais de vue que le Sabbat était avant tout un jour de fête, de sérénité et de félicité.  

En aucun cas, celui-ci ne devait causer de tort à la santé ou à la vie du dévot.  

Comme l’indique très justement Marcel Pelletier dans son ouvrage consacré aux pharisiens, les docteurs de la Loi établirent un certain nombre de dérogations aux obligations sabbatiques, « notamment en cas d’accidents inopinés : bête qui tombe dans un puits, poutre qui se rompt et menace la sécurité, fût qui se brise ; ou en cas de mort ; ou encore pour les soins à donner à un nourrisson » .

C’est bien dans ce même esprit, que se placent les propos de JÉSUS consignés dans l’Évangile de Marc, tel que rapportés en tête de ce chapitre.

L’arrachage d’épis par ses disciples aux seules fins de se nourrir, au terme de plusieurs jours de jeûne forcé, à l’instar des soins prodigués à un malade ou à un blessé (cf. Luc 3:1-6) constituaient autant de dérogations potentielles aux interdictions sabbatiques, dans la mesure où elles étaient dictées par l’urgence et le bien de l’Homme.

Les versets rapportés par l’évangéliste Marc, relatant l’altercation entre JÉSUS et certains prêtres ou rabbins, n’emportaient dès lors aucune remise en cause de la valeur, de l’importance et du caractère sacré du Sabbat, comme l’a, à tort, interprétée une partie de la Chrétienté.

Notons qu’un siècle plus tôt, HILLEL l’Ancien, Maître spirituel de la Communauté pharisienne, avait déjà énoncé cette maxime : « le Sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le Sabbat » .
JÉSUS et la TRANSGRESSION


« Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place.

Survint une femme de la ville, une pêcheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec les cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.

En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pêcheresse. »

Jésus prit la parole : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. »

« Parle, Maître ».  

Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs. Le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvaient rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’en aimera davantage ? »

Simon répondit : « C’est celui à qui il a remis davantage, il me semble. »

« Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, n’a cessé d’embrasser mes pieds (...)  

Puis il s’adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés (...) Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »  
(Luc 7:36-50).

Cet épisode relatif au pardon de la pécheresse (en fait, une prostituée) revêt une grande importance, non seulement parce qu’il éclaire le cadre de vie de JÉSUS, mais également parce qu’il participe à une bonne compréhension de son enseignement.

Dans ses oracles sur le Messie, le prophète hébreu Esaïe rapporte les propos suivants du Seigneur :

«C’est pourquoi je lui donnerai une portion parmi la multitude, et ce sera avec les puissants qu’il répartira les dépouilles, parce qu’il a répandu son âme jusqu'à la mort, et que c’est parmi les transgresseurs qu’il a été compté, et que lui-même s’est chargé du péché de beaucoup de gens et qu’il s’est mis à intervenir pour les transgresseurs  » .
(Esaïe 53:12)

Cette caractéristique attribuée au Messie par Esaïe semble bien conforter l’idée selon laquelle l’Oint de Dieu est appelé à côtoyer les hommes et les femmes vivants dans le péché ou dans la transgression de la Loi.

À maintes reprises, JÉSUS a exhorté ses disciples à diriger leur attention et leurs prêches vers ce qu’il avait coutume d’appeler les « brebis égarées de la Maison d’Israël » :

Pour JÉSUS, l’essence de sa mission, était, sur un premier plan, de ramener vers Dieu ceux des enfants d’Israël qui s’en étaient, pour quelques raisons que ce soient, éloignés, en même temps, qu’elle était, sur un second plan, d’amener à Dieu ceux des hommes, peuplant le reste du monde, vivant par définition dans le péché de l’idolâtrie et du polythéisme.

Certes, cette attitude conciliante, empreinte de pardon, a pu surprendre certains religieux, pharisiens ou sadducéens, voire même susciter des critiques.

Celle-ci, toutefois, ne saurait valablement remettre en cause ni l’attachement de JÉSUS au judaïsme et à sa Loi ni son appartenance à la communauté des Pharisiens.

Tout au plus, dans son ardent désir de sublimation des commandements divins, JÉSUS a-t-il voulu donné une illustration tangible et humaine au principe d’amour pour son prochain, enseigné par Moïse, par les Prophètes et par HILLEL lui-même.

Pour JÉSUS, la plus grande manifestation de l’amour du prochain ne s’exprime que lorsque ce prochain est différent de soi, lorsqu’il appartient au nombre des transgresseurs.

Au cours de son Sermon sur la Montagne, JÉSUS a parfaitement répondu à cette interrogation :

« Eh bien moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait tomber la pluie sur les justes et les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous ?  
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’ordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc soyez parfait comme votre Père céleste est parfait. »  
(Matthieu 5:42-48)
JÉSUS et l’ ARGENT


  « Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda :  

« Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements :

« Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vols, ne porte pas de faux témoignages, ne fais pas de tort à personne, honore ton père et ta mère »  
(Exode 20:12-17)

 L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »

Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer.  

Il lui dit : « Une seule chose te manque : Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens et suis-moi. »

Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens ».
(Marc 10:17-22)

« Et Jésus dit à ses disciples : « Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le Royaume de Dieu. Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu » .  
(Matthieu 19:23,24)

La Chrétienté a vu dans ces versets, une condamnation de la richesse et une apologie de la pauvreté, seule condition pouvant permettre l’établissement d’une relation parfaite entre l’homme et son créateur, facilitant son Salut.

La quasi-totalité des dogmes religieux exhorte les croyants à l’abandon des biens matériels et des ambitions professionnelles qui éloignent l’homme de la spiritualité et l’égarent sur une voie le menant le plus souvent à la transgression.

S’il n’est pas réellement contestable que l’abondance de biens matériels plonge l’homme dans une matérialité excessive –dont souffre au demeurant notre société occidentale totalement immergée dans des préoccupations matérialistes et hédonistes–, incompatible avec une véritable spiritualité, on aurait tort pour autant, de lire les propos de JÉSUS, comme une exhortation à la pauvreté et à l’indolence.

Les communautés religieuses qui ont, dans l’histoire, favorisé à l’excès cette condamnation de la matérialité et de la richesse, ont toutes, sans exception aucune, conduit leurs membres à l’indigence, en générant des sociétés exsangues, incapables de se développer, pour certaines mêmes, fossilisées.

L’excès étant toujours et par nature l’ennemi du bien, la vérité –au sens de ce qui est bon pour l’homme, pris individuellement et collectivement– réside naturellement dans le juste milieu.

Dans ses propos, JÉSUS ne condamne pas la richesse, ni la réussite.

Il éprouve simplement celui qui l’interroge dans sa foi et dans sa capacité à renoncer à ce qu’il possède pour la cause de Dieu.

De même, JÉSUS ne déclare nullement que Dieu réprouve les riches ou la richesse.

Comment en serait-il au demeurant autrement, alors que Dieu a accordé à SALOMON une opulence dont la Bible hébraïque nous rapporte qu’elle était alors inégalée ?

La réussite, l’enrichissement, apparaissent bien au contraire dans la Bible, comme la récompense de Dieu à ses serviteurs, et comme un signe de bénédiction.

Le malheur de JOB ne réside pas dans l’accumulation de richesses, mais dans la répétition des épreuves qui lui sont infligées, et notamment la perte de tout ce qui lui était cher et son état d’indigence.

La volonté de JÉSUS n’est autre que d’appeler chacun, et au premier ordre les plus riches, à pratiquer l’aumône au profit des plus démunis, à maintenir une distance entre sa réussite professionnelle et matérielle et l’essence spirituelle de la vie humaine et, enfin, à se convaincre que seule la foi en Dieu est de nature à assurer le salut de l’homme.

Par ailleurs, en empruntant une locution proverbiale connue, que l’on retrouve dans le Talmud, ( « Car il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu » , Matthieu 19:23-24), JÉSUS entend bien mettre l’accent sur l’effort supplémentaire qui doit être accompli par les riches pour échapper aux conséquences du matérialisme.

Les propos de JÉSUS rapportés par les évangélistes Matthieu et Luc, n’éloignent nullement celui-ci de la pensée de ces contemporains.

C’est donc à tort que la Chrétienté a cru pouvoir interpréter ces versets, non seulement comme une réaction de rejet au judaïsme (sic !), mais également comme une condamnation de la richesse et une exhortation à la pauvreté.

Et c’est à l’aune de cette erreur de compréhension majeure que le Droit Canonique a pu interdire aux chrétiens le commerce de l’argent, lequel était laissé aux Juifs comme symbole d’avilissement –considération au surplus paradoxale au regard de l’opulence des Églises catholiques et orthodoxes.
La PÂQUE de JÉSUS

« Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent demander à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? ».  

Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites lui : Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples. »

Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. »  
(Matthieu 26:17-19)

Placée chronologiquement entre les récits du Complot fomenté par le Sanhedrin, de la Trahison de JUDAS et de l’arrestation au Jardin de Gethsamani, sur les hauteurs de Jérusalem, le repas pascal rapporté par les évangélistes, représente la pierre angulaire du clivage entre chrétiens et juifs autour de la personne de JÉSUS.

La chrétienté y a en effet vu la justification théologique de la volonté prêtée à JÉSUS de se séparer de l’Ancien Code mosaïque, d’en abroger les dispositions, et de poser les bases d’une nouvelle alliance.

L’étude précise des circonstances dans lesquelles JÉSUS a célébré la Pâque, et de la chronologie du récit, révèlent une réalité contraire à la position théologique consacrée par la chrétienté, en ce qu’elle rattache davantage encore JÉSUS au judaïsme pharisien.

La doctrine officielle de l’Église, relayée il est vrai pendant longtemps par un certain nombre d’historiens, situe la Cène –nom donné au dernier repas de JÉSUS–, au jeudi soir 13 Nisan, c’est à dire au 6 avril de notre calendrier moderne, soit la veille de la crucifixion, en même temps qu’elle fixe la Pâque juive au Samedi 15 Nisan.

Or, les manuscrits de Qûmran ont révélé qu’il existai, à l’époque de JÉSUS, un calendrier liturgique officiel reposant sur le cycle lunaire, et un calendrier solaire, devenu obsolète et ne demeurant plus observé que par quelques communautés attachées à la tradition ancienne telles que celle des Esséniens.

Dans le premier calendrier, les dates des fêtes étaient mobiles.

L’année où aurait eu lieu la crucifixion de JÉSUS, la Pâque tombait un samedi.  

Pour le second, l’année commençait obligatoirement un mercredi et la Pâque tombait inéluctablement un mercredi, les dates des fêtes étant rigoureusement fixes.

En se référant à cet ancien calendrier, la Pâque aurait été célébrée par JÉSUS le Mardi 11 Nisan au soir.

Le mérite essentiel de cette datation du 11 Nisan est de donner enfin au récit évangélique du procès de JÉSUS, une chronologie plus conforme au respect des règles juridiques et procédurales imposées par les droits juifs et romains de l’époque.

L’autre mérite, sur un plan théologique, est de donner à JÉSUS, l’image d’un homme attaché à la tradition et respectueux d’un calendrier religieux conforme à celui observé par ses pères, bien qu’abandonné par ses contemporains.

Pour tenter de démontrer le rattachement de JÉSUS à ce calendrier traditionnel, certains ont développé la thèse de son appartenance à la Communauté des Esséniens.

S’il ne peut être contesté que, par certains aspects, JÉSUS s’en rapproche effectivement, force est tout de même de reconnaître que le rigorisme des Esséniens et leur ostracisme s’accommodent mal avec le message prodigué par JÉSUS.

Les Esséniens ont ainsi l’intime conviction de représenter la communauté des Saints appelés à survivre à la fin des temps, les élus auxquels font référence les prophéties bibliques.  

Aussi, à l’interdiction qu’ils font à leurs membres de ne rien révéler à l’extérieur des mystères divins acquis à l’intérieur, s’ajoute une profonde inimitié à l’encontre des transgresseurs, qu’ils désignent comme les « Fils des ténèbres » et un certain mépris pour ceux qui souffrent d’infirmités ou de disgrâces physiques.

L’étude des discours de JÉSUS témoignent de la distance idéologique qui le sépare des Esséniens.

JÉSUS prêchait ainsi aux samaritains –que les Juifs haïssaient–, fréquentait les transgresseurs, exhortait ses fidèles à en faire autant et à pardonner aux pécheurs, mangeait à la table des publicains, recrutait parfois ses disciples parmi ceux qu’il appelait les « brebis égarées ».

Les Évangiles rapportent également que JÉSUS soulageait les paralytiques, guérissait les infirmes et témoignait de la compassion à l’égard de ceux que le malheur accablait.  

Enfin, alors que les Esséniens vivaient reclus dans le désert, menant une vie monastique, JÉSUS quant à lui se déplaçait dans toute la région, résidait au milieu de ses contemporains et fréquentait différentes catégories de personnes.

Par conséquent, aussi arrangeante qu’elle puisse être pour expliquer l’attachement éventuel de JÉSUS au calendrier liturgique traditionnel, force est bien de reconnaître, que son appartenance au mouvement essénien est pour le moins improbable.

Ce que l’étude du contexte politique, économique et religieux de la Palestine à l’époque de JÉSUS a révélé, c’est l’existence d’une multitude de groupes religieux, plus ou moins autonomes et marginaux.

L’un d’eux mérite une attention toute particulière, celui dit des NAZAREENS.

Les évangiles accolent fréquemment l’épithète « nazaréen » au nom de JÉSUS.

La Chrétienté y a longtemps vu une référence au village de NAZARETH en Galilée, où JÉSUS aurait grandi.

Outre le fait qu’il semble bien ressortir des évangiles que JÉSUS ait grandi à CAPHARNAUM, et non à NAZARETH, dont l’existence même à l’époque considérée n’a jamais été démontrée, il convient de souligner que selon l’hérésiologue du 4 ème siècle, EPIPHANE, les NAZAREENS relevaient d’une secte juive pré-chrétienne, composée essentiellement de pieux pharisiens contestant l’autorité et la légitimité du sacerdoce de Jérusalem.

Cette simple définition correspond déjà pleinement au profil de JÉSUS.

Le Livre des Actes associe lui-même JÉSUS aux nazaréens (Actes 2:22), qu’il étend également aux disciples.  

Ainsi, en Acte 24:5, Paul est accusé par le Sanhédrin d’être « un meneur de la secte des Nazaréens. »

Le fait même que le nom de cette « communauté » des Nazaréens ait été utilisé pour désigner JÉSUS, ses Apôtres, puis toute la Communauté de JERUSALEM et l’ensemble des premières congrégations dites « chrétiennes », paraît bien inscrire JÉSUS d’appartenance à cette mouvance.

Outre l’appellation qui sous-entend cette appartenance, l’aspect pharisaïque du discours de Jésus correspondrait au fait que la composition de ce mouvement était principalement composé de pharisiens.

Il serait, en effet, pour le moins surprenant que les évangélistes aient attribué à JÉSUS et à ses disciples l’épithète d’un mouvement religieux auquel ils n’appartenaient pas.

On peut dès lors raisonnablement convenir que JÉSUS était membre, et peut être même le chef, du mouvement nazaréen.

Cette affiliation à l’une des communautés les plus pieuses de l’époque participe naturellement au rejet définitif de toute théologie visant à faire de JÉSUS le tenant de l’abolition du judaïsme et de la Loi mosaïque.

Elle permet également d’expliquer, sans difficulté, la parenté qui transparaît de façon manifeste entre les propos de JÉSUS et les enseignements des Maîtres pharisiens.

Elle explique, en outre, l’ascension de JÉSUS et son impact auprès de la population, en même temps que l’autorité avec laquelle il s’adressait aux prêtres et aux rabbins et avec laquelle il prêchait aux abords du Temple et dans les synagogues.

Enfin, cette affiliation confère au récit évangélique de l’arrestation et du jugement une chronologie conforme aux règles de procédures judiciaires en vigueur, en rattachant la Pâque de JÉSUS au calendrier traditionnel.

L’observance par JÉSUS de cet antique calendrier, signe d’un profond attachement à la tradition juive, est en outre corroboré par les écrits des Pères de l’Église.

Comme le révèle Jean Imbert, dans son ouvrage intitulé « Le Procès de Jésus », la Didache, texte datant de la fin du premier siècle, ordonne de ne pas jeûner en même temps que les « hypocrites » mais au contraire de le faire le mercredi et le vendredi.

Les raisons, en sont expliquées dans un autre texte, la Didascalie, datant de la fin du 2 ème - 3 ème  :

« Vous jeûnerez pour les Juifs le mercredi...car c’est le mercredi...qu’ils m’arrêtèrent. La nuit qui suit le mardi appartient au mercredi comme il est dit : il fut un soir et il fut un matin, un jour ; le soir appartient donc au jour suivant. Le mardi soir, j’ai mangé ma Pâque avec vous et, dans la nuit ils me prirent. Et le vendredi, jeûnez pour eux parce qu’en ce jour ils m’ont crucifié » .

En outre, les Constitutions Apostoliques soulignent également qu’ « il nous a été donné de jeûner le mercredi et le vendredi, le premier à cause de la trahison (de Judas), le second à cause de la Passion. »

Deux conséquences majeures ressortent de cette filiation au mouvement nazaréen et de cet attachement au calendrier traditionnel : une profonde remise en cause de la théologie chrétienne sur la place de JÉSUS dans le judaïsme, son rapport à la Loi mosaïque et sur sa messianité, ainsi qu’une révision catégorique de l’économie du procès qui s’est tenu devant le Sanhédrin puis devant le Tribunal romain.

Le propos de cet ouvrage n’est pas de réécrire le procès de JÉSUS, ni même de démontrer que celui-ci a été volontairement travesti dans sa narration pour renforcer la culpabilité des Juifs et alléger celle des romains.

C’est la raison pour laquelle nous n’aborderons pas dans cette étude, les récits de la trahison de JUDAS, de la comparution de JÉSUS devant le Sanhedrin –bien que cette dernière soit riche en enseignements sur les liens unissant JÉSUS à la communauté pharisienne–, de sa comparution devant Pilate ni même de sa crucifixion.

L’objectif de cette étude n’est autre que de démontrer que JÉSUS, véritable Messie des Juifs, était un représentant éminent de la communauté pharisienne, que sa prédication s’attachait à la pensée de cette communauté, que son rôle s’inscrivait dans le prolongement des grands prophètes d’Israël, à cette exception près que la sienne comportait une dimension d’universalité, à laquelle n’avait pu répondre ses prédécesseurs.

L’étude de la Nouvelle Alliance célébrée lors du repas pascal de JÉSUS est sur ce point particulièrement explicite.
La NOUVELLE ALLIANCE


C’est précisément au cours du repas pascal que JÉSUS institua ce que la Chrétienté désignera sous le nom d’EUCHARISTIE.  

Considérée comme le symbole de la Nouvelle Alliance, la cérémonie décrite par les Évangiles, à savoir la fraction du pain, la coupe de vin et les bénédictions, ne présente en la forme aucun caractère novateur mais s’inscrit parfaitement dans le rituel juif de l’époque.

Comme le souligne fort justement le théologien britannique Hyamm Maccoby dans son ouvrage intitulé « JÉSUS », les repas de la communauté juive étaient rythmés, et le sont encore actuellement, par la cérémonie du SEDER, les jours de Sabbat et les jours de fête.  

Cette cérémonie débutait par la prononciation d’une action de grâce (sens étymologique du terme Eucharistie) par le chef de famille, qui rompait ensuite le pain puis en donnait un morceau à chacun des convives.

À la fin du repas, une nouvelle action de grâce était prononcée au-dessus d’une coupe de vin dans laquelle buvaient successivement toutes les personnes présentes.

Le Traité PESAHIM du Talmud décrit le rituel institué pour le repas pascal aux alentours de 150 de notre ère.

Reprenant ces descriptions dans son ouvrage « JÉSUS EN SON TEMPS » , l’historien Daniel-Rops précise que « l’on trempait d’abord du pain azymé dans une sauce rouge dite haroseth ; on buvait les deux premières coupes, séparées par quelques gouttes d’eau salée, en souvenir des larmes d’Egypte, et l’on psalmodiait le psaume 64 qui raconte l’Exode et le recul de la mer sur l’ordre du Très-Haut. Puis on mangeait l’agneau avec les « herbes amères » (ces aromates à la saveur vive, origan, laurier, thym, basilic, que la cuisine de Grèce et de Turquie prodigue autour du mouton). On buvait ensuite les deux autres coupes rituelles, la troisième étant dite « coupe de bénédictions », parce qu’on l’accompagnait d’une formule d’action de grâce, puis on entonnait le Hallel, le chant de grâce formé des psaumes 63 à 65 » .

La lecture des Évangiles démontre qu’à l’époque de JÉSUS, la Pâque n’était pas célébrée différemment en Palestine.

Ce qui confère au repas pascal de JÉSUS une dimension particulière, c’est bien évidemment, le sens symbolique que celui-ci semble avoir attribué à ce rituel :

« Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez : ceci est mon corps ».
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant :  
« Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés » .  
(Matthieu 26:26-28 et Marc 14:22-24)

« Puis il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant :
« Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi.  
Et pour la coupe, il fit de même à la fin du repas, en disant : « Cette coupe est la Nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous » .  
(Luc 22:19,20)

Tout au long de l’histoire biblique, Dieu a établi des alliances successives avec ses prophètes et les enfants d’Israël.  

L’établissement d’une Nouvelle Alliance par le prétendant au titre messianique, était par conséquent naturel, et au surplus annoncé par les Écritures hébraïques :

« Voici que des jours viennent, telle est la déclaration de YHWH, et je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Judas, une Alliance Nouvelle ; non pas une Alliance comme l’Alliance que j’ai conclue avec leurs ancêtres, le jour où j’ai saisi leur main pour les faire sortir du pays d’Egypte (...) Car voici l’Alliance que je conclurai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, telle est la déclaration de YHWH : Je mettrai ma Loi au-dedans d’eux, et je l’écrirai dans leur cœur » .  
(Jérémie 31:31-33)

« Voici que j’envoie mon messager, et il devra frayer un chemin devant moi. Et soudain viendra à son temple le vrai Seigneur, que vous cherchez, et le messager de l’Alliance en qui vous prenez plaisir » .
(Malachie 3:1)

La Chrétienté a cru voir dans cette nouvelle alliance la volonté avérée de JÉSUS de mettre un terme à l’alliance née de la Loi mosaïque, et le transfert de l’élection divine, jusqu’alors réservée aux enfants d’Israël, aux disciples du Christ, puis à toute la communauté chrétienne.

L’Église de Rome, relayée par les Églises dissidentes, ont fixé l’idée selon laquelle cette nouvelle alliance abrogerait les précédentes, ferait des chrétiens le nouveau peuple élu, et du message de JÉSUS, un enseignement se substituant à l’antique Loi de Moïse.

Habilement, la chrétienté a récupéré le dernier alinéa de la prophétie de Jérémie (31:31-33) en ce sens.  

La lecture des paragraphes précédents nous a démontré l’inverse, et l’impérieuse nécessité de rétablir une théologie authentique de la messianité de JÉSUS.

Son attachement au judaïsme, aux prophètes bibliques, son appartenance à la pensée pharisienne et son affiliation à la communauté pharisienne des nazaréens, son observance du calendrier religieux traditionnel, son exhortation à une application sublimée des commandements révélés par Moïse, plaident en faveur d’une révision de la théologie ecclésiastique.

La revendication des Apôtres en faveur de ce rattachement indéfectible à la communauté israélite, comme facteur indissociable de leur foi en la messianité de JÉSUS, est sur ce point parfaitement éclairante sur le sens exact qu’il convient de donner à cette Alliance nouvelle  :

« Je demande donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Que ce ne soit jamais le cas ! Car moi (Paul) aussi je suis israélite et de la postérité d’Abraham, de la Tribu de Benjamin. Dieu n’a pas rejeté son peuple qu’il a reconnu en premier lieu » .  
(Romain 11:1-2)

Ce que la Chrétienté a omis de retenir, c’est que l’Ancien Testament lui-même fait référence à plusieurs alliances conclues successivement par Dieu avec Noé, Abraham, Moïse et leurs descendances respectives.  

L’Alliance posée par JÉSUS n’abroge nullement les précédentes mais les complète, en conférant à l’alliance instituée par Dieu avec les Hommes, un caractère d’universalité.

Cette nouvelle alliance marque le salut offert à l’ensemble de l’humanité par l’intermédiaire de l’œuvre de JÉSUS.

Elle coexiste avec les précédentes alliances consacrées au cours des siècles avec les enfants d’Israël.
CONCLUSION


Reconnaître la messianité de JÉSUS consiste avant toute chose à admettre sa judaïté et inscrire sa prédication et son œuvre dans le prolongement de celles des Grands prophètes d’Israël.

Cet enracinement dans la pensée juive, cette filiation avec la communauté pharisienne, cette parenté avec la pensée d’HILLEL, témoignent de la messianité de JÉSUS.

L’idée selon laquelle le Messie des Juifs, annoncé par les Écritures juives, serait venu blâmer les juifs, condamner la Loi qui leur avait été donnée par Moïse, et revenir sur l’élection des enfants d’Israël –initialement choisis pour être les témoins de Dieu, parmi tous les peuples de l’Antiquité–, est par nature contraire à la reconnaissance de JÉSUS en tant que Messie.

Rappelons que la notion de MESSIE est d’essence et d’origine exclusivement hébraïques.

Son appropriation par la Chrétienté n’en prive pas pour autant celui-ci de sa véritable substance et de son sens réel.

Ainsi donc, conformément à la mission théologiquement impartie au MESSIE, tant par les écritures hébraïques que par les docteurs de la Loi, l’œuvre de JÉSUS visait à une meilleure appréhension des commandements divins, et non à leur abrogation ou à leur substitution :

« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux » .

Cette exhortation, trop souvent oubliée, présente JÉSUS comme le sceau des Prophètes d’Israël, venu parfaire et non défaire , la religion des israélites, conformément aux oracles bibliques décrivant le MESSIE comme l’ultime envoyé de Dieu auprès des enfants d’Israël, chargé de les diriger dans la droite voie et dans la vérité, ainsi qu’auprès de l’ensemble des Hommes afin d’amener l’humanité à la connaissance du vrai Dieu et à l’obéissance à ses commandements :

« Voici mon serviteur que je tiens ferme ! Mon élu que mon âme a agréé ! J’ai mis mon esprit en lui. La justice pour les nations, voilà ce qu’il fera sortir » .
(Esaïe 42:1)

« C’est trop facile pour toi d’être un serviteur à moi, à relever les rameaux de Ia’aco b (Jacob), à faire retourner les préservés d’Israël. Je te donne pour lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre » .  
(Esaïe 49:6)

« Car YHWH a consolé son peuple ; il a racheté Jérusalem. YHWH a mis à nu son saint bras devant les yeux de toutes les nations ; et toutes les extrémités de la terre devront voir le salut de notre Dieu » .  
(Esaïe 52:9,10)

Ainsi, le Messie était-il appelé à satisfaire à deux missions spécifiques : ramener « les brebis égarés » de son peuple vers Dieu et universaliser Sa parole, pour étendre le salut à l’ensemble du monde païen, ce que symbolise l’alliance instituée par JÉSUS lors de la Pâque.

Il ne fait nul doute que JÉSUS a parfaitement satisfait à cette mission, comme en témoigne l’Histoire de ces deux derniers millénaires.

Certes, l’universalisation de son message, de la loi mosaïque et de la foi en un Dieu Unique ne s’est réalisée que progressivement, après la disparition de JÉSUS.

Les versets évangéliques, témoignent de la parfaite connaissance par JÉSUS du sens de sa mission :

« Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » .
(Marc 16:15,16)

Force est bien de reconnaître, que cette injonction avait toutes les chances de ne pas prospérer.

Les probabilités pour que les propos d’un homme, né quelque part en Galilée, issu d’un peuple méconnu ou haï par le reste du monde, porteur d’une foi monothéiste et de concepts religieux étrangers aux autres peuples et aux grandes nations de l’Antiquité, puissent réellement être portés jusqu’aux extrémités de la Terre, et être finalement accueillis par des hommes et des peuples de toutes origines, sont quasi nulles.

Cette universalisation, suffit à elle seule à confirmer la messianité de JÉSUS.

Celui-ci ne fut pas le seul prétendant au titre messianique au cours de l’histoire juive. Aucun de ses concurrents, n’a pour autant réussi à étendre son œuvre à l’ensemble de l’humanité.

Tous sont finalement retombés dans l’oubli, et ne demeurent connus que des seuls historiens ; aucun n’est parvenu, en dépit de ses prétentions ou de la grandeur de ses faits d’armes, à s’ériger comme le héraut du Dieu des Juifs à travers le monde.

Il ne fait aucun doute que si la Bible est encore aujourd’hui, le livre le plus lu dans le monde, c’est exclusivement grâce à JÉSUS, à son œuvre, et au christianisme qui lui a succédé.

De façon toute aussi manifeste, l’universalisation du concept monothéiste, de la Foi en un Dieu unique, invisible, omniprésent et omniscient, procède exclusivement de l’œuvre de JÉSUS et de son universalisation.

Faut-il rappeler qu’aucun des peuples de l’Antiquité, dont bon nombre abritait des communautés juives plus ou moins importantes –en Grèce, en Egypte, à Rome–, ne furent attirés par la religion juive, à l’égard de laquelle ils témoignaient d’une méfiance caractérisée, et qu’aucun n’abandonna ses croyances polythéistes au profit d’un Dieu Unique ?

Ce long processus d’évolution spirituelle ne naîtra qu’à compter de la venue de JÉSUS et de la proclamation de son œuvre et de sa messianité.

L’Islam lui-même, en tant qu’accomplissement de la promesse faite par Dieu à l’ensemble de la postérité d’Abraham et à son fils Ismaël, n’a pu être révélé que plusieurs siècles après la venue de JÉSUS, et après que son œuvre d’universalisation monothéiste ait déjà fortement avancé et réussi.

Certes, d’aucuns considérerons, à la lecture notamment du présent ouvrage, que cette universalisation n’a pu être obtenue qu’au travers d’une institution, l’Église romaine, dont la légitimité peut être contestée, de dogmes parfois très éloignés du sens réel du message de JÉSUS et d’une théologie messianique étrangère au concept juif et à la perception même que JÉSUS en a eue de son vivant.

Cette objection ne peut être démentie.

Sa réalité, tient au fait que l’oeuvre de JÉSUS a été diffusée hors de Palestine, par des disciples n’appartenant le plus souvent pas à la communauté juive, alors même que le Temple de Jérusalem avait été mis à sac par les romains et que les israélites étaient en exil à travers le monde.

Celui que l’on connaît plus particulièrement sous l’identité de Saint Paul, et dont le véritable nom était Saül de TARSE, a eu pour souci premier de mettre à la portée des païens le message et l’œuvre du Christ, en en présentant une version plus compatible avec les esprits et les croyances des peuples de l’Antiquité (Romains 1:5,6).

Très rapidement, le concept messianique s’est totalement détaché de son essence juive pour se rapprocher des grandes figures mythiques de l’Antiquité grecque ou romaine.

La référence à la Loi mosaïque a été réduite au point de disparaître, au profit de commandements moins contraignants, la rigueur de la Torah étant alors limitée à la conduite morale, expurgée des règles d’hygiène, d’alimentation et de sacrifice :

« C’est pourquoi je juge, moi, qu’il ne faut pas tracasser ceux des païens qui se convertissent à Dieu. Qu’on leur mande seulement de s’abstenir de ce qui a été souillé par les idoles, des unions illégitimes, des chairs étouffées et du sang » .
(Actes 15:19,20)

« Or, on sait bien tout ce que produit la chair : fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haine, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, sentiments d’envie, orgies, ripailles et choses semblables – et je vous préviens comme je l’ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu » .  
(Galates 5:19-21)

Le calendrier liturgique s’est alors calqué sur celui des fêtes païennes, ne serait-ce pour exemple que la datation attribuée à la Nativité, le 24 Décembre.

Facilité par la ruine de l’église de Jérusalem fondée par Jacques, le frère de JÉSUS, et par la diaspora du peuple juif, l’œuvre de diffusion du message christique a répondu à un souci d’adaptation aux peuples auxquels il s’adressait et de pragmatisme.

Avec la disparition de l’Église de Jérusalem, prirent fin les critiques émises par les Apôtres à l’égard de Saint Paul et les dissensions qui les opposaient aux premières congrégations fondées par ce dernier.

L’objectivité commande de reconnaître que le triomphe de l’œuvre de JÉSUS et son universalisation –et partant celle de la foi monothéiste– sont en très grande partie liés à l’œuvre de Saint Paul, faisant de ce dernier le véritable fondateur du christianisme.

L’adaptation du concept messianique aux croyances antiques, par la divinisation de JÉSUS, et l’apologie de la notion de sacrifice rédempteur, sont autant d’éléments théologiques qui se sont avérés indispensables à l’universalisation du monothéisme juif auprès d’un monde païen et idolâtre.

Quelque puisse être l’importance des altérations commises puis dogmatisées par l’Église de Rome –et les églises d’Orient–, au cours des siècles écoulés, la croyance en un Dieu unique, révélé aux enfants d’Israël, créateur de l’univers et de l’Homme, Juge suprême des actes quotidiens de la vie humaine, sont autant d’acquis apportés à l’humanité par l’œuvre du messie juif JÉSUS.

L’histoire du peuple d’Israël, de ses prophètes et patriarches, des manifestations spectaculaires de Dieu pour délivrer son peuple du joug des égyptiens, n’ont été portés à la connaissance des hommes que par le seul intermédiaire de la foi chrétienne né de l’œuvre de JÉSUS.

* * *

Au terme de cet exposé, JÉSUS, Messie des Juifs, se présente tout à la fois comme le Sceau des prophètes hébreux –chargé de parfaire la loi mosaïque, d’amener son peuple à une plus juste compréhension des commandements de Dieu, de faire d’Israël une nation d’hommes justes et pieux–, et comme le héraut du monothéisme juif à travers le monde, chargé d’amener l’humanité à la connaissance du Dieu unique et à sa promesse de salut.

L’évangéliste JEAN rapporte que JÉSUS aurait déclaré : « De même que tous meurent en Adam, tous reprendront vie dans le Christ » , comme un écho aux versets suivants :

  « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » .
(Jean 8:12)

« Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais »  
(Jean 11: 25,26)

Pour JÉSUS, le salut des hommes est indéfectiblement attaché à la croyance en Dieu, au respect de ses commandements et dans une vie saine et droite.

En tant qu’instrument d’universalisation de la foi monothéiste, JÉSUS s’est ainsi présenté ouvertement comme objet de salut, lequel ne repose nullement sur une mort sacrificielle mais seulement sur une œuvre de foi et sur un message à vocation universelle.

C’est en ce sens, que doivent être interprétées les paroles de Jean 3:16 : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la Vie Eternelle » ou encore ceux consignés dans le Livre des Actes 10:34 : « En vérité, je me rends compte que Dieu ne lèse personne, mais qu’en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable » .

La réussite de cette universalisation atteste de la messianité de JÉSUS.

Certes, le lecteur pourra légitimement conclure que cette universalisation et la conversion des peuples païens au monothéiste chrétien n’ont été rendues possibles qu’au prix d’une véritable déjudaïsation de JÉSUS et du concept messianique.

Le Messie qui s’est imposé au monde, n’est pas le Messie Juif que nous venons de décrire, mais un Messie Dieu, matérialisation terrestre d’un Dieu Trinitaire, aux allures de Héros de l’Antiquité, venu sur Terre pour y mourir d’une mort ignominieuse, et pour racheter par son sang, le péché originel.

Il n’en demeure pas moins vrai que ce Messie, véritable défiguration du Messie Juif, est celui-là même par lequel l’œuvre messianique promise par les Écritures et impartie à JÉSUS, a pu être accomplie.

Aucun autre prophète juif n’y était parvenu avant lui.

L’heure est désormais venue de rétablir JÉSUS dans sa véritable dimension.

Les enjeux de notre temps ne sont plus d’assurer un rapprochement théologique entre la figure emblématique du MESSIE JÉSUS et les croyances et héros de l’Antiquité, mais bien de réconcilier JUIFS et CHRÉTIENS, autour d’un JÉSUS retrouvé, d’un Messie reconsidéré, préalable indispensable à l’avènement de sa seconde manifestation, attendue par ces deux communautés religieuses.

La mythologisation de JÉSUS et sa déjudaïsation, furent en quelque sorte, le prix à payer pour la rédemption de l’Humanité, par l’universalisation du monothéisme juif, la connaissance de Dieu et la soumission à ses commandements.

Par la suite, l’institution de l’Église romaine, hiérarchisée, opulente et exerçant son influence auprès des souverains des grandes puissances européennes, contribua fortement et nécessairement à cette œuvre d’universalisation.

La puissance des églises d’Orient y contribua tout autant.

L’Église, en tant qu’institution, incarna le bras séculier grâce auquel cette universalisation put être obtenue, même s’il est vrai que le prix en fut très souvent élevé pour nombre de peuples indigènes convertis dans la violence, et de populations européennes maintenues dans la peur et la contrainte morale.

Par ailleurs, un autre facteur paraît avoir garanti la réussite de l’œuvre messianique d’universalisation de la foi monothéiste : la destruction du Temple de Jérusalem en 70 de notre ère, l’exil des Juifs à travers le monde et leur refus de reconnaître la messianité de JÉSUS, dans sa définition chrétienne.

N’oublions pas que la réussite du christianisme tient particulièrement dans son antagonisme avec le Judaïsme et avec les Juifs –que nombre de peuples antiques n’aimaient pas–, et dans son profond éloignement sur un plan théologique.

À l’instar de la Shoah, qui a finalement permis aux juifs de revenir en Israël après un peu moins de deux mille ans d’exil, l’épreuve de la diaspora et l’impossibilité de reconnaître JÉSUS comme le Messie ont permis l’universalisation du monothéisme juif, au travers de la diffusion de la Bible, de l’enseignement des récits de la Torah, et de l’adhésion des païens à un corpus de commandements au moins égal aux Lois Noachides.

Tel semble être le paradoxe du Peuple Juif, tenant à son élection, que de devoir subir de lourdes épreuves pour que se réalisent les desseins de Dieu et le salut des Hommes.

* * *

Le temps de la réconciliation est enfin venu.

Juifs et chrétiens doivent accepter de reconsidérer l’œuvre de JÉSUS, de la replacer dans une nouvelle dimension et une perspective plus ouverte.

Cette approche sera le préalable indispensable à l’avènement de l’ère messianique promise par les Écritures.

Au besoin d’universalisation de la foi monothéiste à laquelle a répondu la première manifestation messianique, sous la figure JÉSUS, doit désormais succéder une œuvre de réconciliation, celle-là même à laquelle devra répondre la seconde manifestation du Messie.

L’ère messianique est en effet décrite, au travers des Écritures Juives et chrétiennes, du Coran, et des écrits bouddhistes 2 et indouistes 3 , comme un temps de paix et d’union universelle, autour d’une même foi, après que l’humanité ait été secouée par de profond bouleversements, cataclysmes et conflits majeurs.

Cette communion spirituelle supposait l’universalisation préalable d’un corpus de croyances et de concepts élémentaires, que la chrétienté a incontestablement permis d’établir.

L’avènement de l’Islam, au 7 ème siècle de notre ère, et son incroyable extension, ont indiscutablement œuvré à cette universalisation de la foi monothéiste.

La révélation faite au Prophète arabe Muhammad, consacre la sainteté de tous les prophètes hébreux de l’ancien testament, l’élection du peuple juif et la messianité de JÉSUS.

L’occasion est aujourd’hui donnée de mettre en œuvre ce mouvement, entre Juifs et chrétiens d’abord, puis auprès des musulmans, autour de la personne de JÉSUS.

Que l’on ne s’y trompe pas, l’avènement du Nouveau Temple de Jérusalem, qu’espèrent nombre de Juifs religieux, n’interviendra pas avant la venue du prochain Messie.

Ce rétablissement ne pourra être que la conséquence d’une réconciliation universelle qui suivra la prochaine œuvre messianique.

Bien évidemment, alors même que l’œuvre d’universalisation impartie au premier Messie JÉSUS a mis plusieurs siècles à se réaliser, nul ne sait le temps que nécessitera l’accomplissement de l’œuvre de réconciliation impartie au Messie à venir.

La Bible souligne à plusieurs reprises que le temps n’est qu’un paramètre humain, étranger à DIEU dans le dessein qu’il a assigné à l’histoire humaine (Nombre 14:34).

L’annonce faite par JÉSUS à ses apôtres de son retour, en des termes qui laissaient penser que ce retour était imminent, alors même que ce retour n’est toujours pas intervenu plus de deux mille ans plus tard, témoigne de cette distorsion temporelle importante.

Nul ne sait à ce jour si l’ère messianique promise viendra brutalement s’imposer à l’Homme, en une sorte de miracle planétaire auquel s’attendent bon nombre de dévots sans doute en mal de sensations, ou si celle-ci s’établira progressivement, à l’aune d’épreuves difficiles pour l’humanité, et bien après l’avènement du Second Messie, comme cela fut le cas pour l’œuvre de JÉSUS :

« Quant à ce jour et à cette heure là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais le Père seul » .  
(Matthieu 24:36)
David Allouche


Avocat exerçant sur Nice et Paris, David Allouche doit son patronyme à son père de confession hébraïque, et sa religion à sa mère chrétienne.
Ainsi, plongé dès son plus âge au cœur de deux des religions révélées, David Allouche a consacré plus de vingt ans à l'étude historique et théologique des religions monothéistes et de leurs textes fondateurs.
Cette triple combinaison le prédestinait-elle à réviser la vie de Jésus et son procès ?
Il faut le croire, car le présent ouvrage pose les bases d’un second essai ( Jésus, le mystère de la crucifixion ) qui passe aux rayons X le procès du Christ.
Anima Studio Productions
Open eyes, open minds

Anima Studio Productions est un studio de création polymédias dont les œuvres —films ou livres— sont réparties dans six collections thématiques :

Atomik : SF et anticipation
Backstage : L’art de la création
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Naran-Haï : Spiritualité et foi
Narrative : Films, littérature et transmédia
Noir : Mystères et occultisme

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Notes
1. Ces cinq grands discours sont : le Sermon sur la Montagne ; les Instructions pour la Mission ; l’Enseignement en Paraboles ; les Conseils pour la conduite de la communauté et le Discours d’adieu à Jérusalem/
2. cf. le Tantra Kalachakra.
3. cf. les Védas du Kali Yuga.