//img.uscri.be/pth/d0c62dc42688c0b3898c9cdbca0e50e359adea68
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 15,00 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

L'AVÈNEMENT DE DIEU

De
236 pages
Dieu prend l’initiative. Il crée le monde et les hommes en son centre pour y être signes de son amour. Il s’insère dans l’humanité, en Jésus, pour apprendre aux hommes à vivre en fils répondant librement à son amour. Laisser Dieu prendre naissance en notre être intime est le projet proposé à chacun de nous. Le temps liturgique de Noël-Epiphanie et sa préparation durant l’Avent est le moment favorable pour prendre conscience de la venue du Christ, et ajuster notre comportement aux dimensions de l’Amour qui se donne à tout instant, à tous.
Voir plus Voir moins

L'avènement de Dieu
Avent - Noël- Epiphanie

Du Inême auteur: Un Carême autrement, Cerf. Merveilles bibliques pour prier, Brepols. J. Rencontrer Dieu. II. Devenir disciple. Une catéchèse pour le Jubilé de l'an 2000 Les fondements de la foi chrétienne, Brepols. Prêtre pour l'amour de Dieu et des hom_mes, François Xavier de Guibert Le printelnps du christianisme Mémoire des premiers siècles, Salvator.

Chez l'auteur: Devenir chrétie11 par le baptême. Histoire de la réconciliation des pécheurs dans l'Eglise

PieITe VANDERLINDEN

L'avènement
Avent

de Dieu

- Noël - .Epiphanie

Préface de Mgr Lucien Daloz Archevêque de Besançon

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@L'Hannatlan,2002 ISBN: 2-7475-3258-5

Reçois le Roi
Cyrille de Jérusalem, V catéchèse lnystagogique

Offre tes présel1ts au Roi Grégoire de Nazianze, Discours sur la~fêtede Noël

A la mémoire de Jean MaDSON, prêtre, qui consacra sa vie à l'étude de la Bible et m'apprit à l'aimer.

Note à l'attention des lecteurs:

Les citations bibliques ont été réécrites par l'auteur et ne peuvent être dites appartelllr à telle ou telle verSIon.

PREFACE
Les chrétiens de notre temps éprouvent de plus en plus la nécessité de se nourrir de la Parole de Dieu. Au-delà des études savantes, le peuple de Dieu sent le besoin de se réapproprier les Livres saints, pour y trouver une lunlière concrète dans les événen1el1tsde son existence la plus quotidienne. Les idéologies ont manifesté leur insuffisance, les théories ne peuvent éclairer que de loin nos réactions, nos décisions. Elles ne touchent pas le cœur. C'est pourtant le cœur de l'homme qui aujourd'hui cherche avec le plus d'angoisse où trouver son repos, tiraillé qu'il est par tant de sollicitations et de promesses. Nous assistons ainsi à la redécouverte de la «lecture priante» de l'Ecriture, telle que l'ont si habituellen1ent pratiquée les Pères de l'Eglise et les mystiques. Une lecture qui nourrisse à la fois l'esprit, la mémoire et la vie, qui ouvre à «l'intelligence des Ecritures», et qui rende le cœur «brûlant», comn1e celui des disciples d'Emmaüs. Une lecture qui révèle la présence mystérieuse de celui qui marche avec 110USur les routes de nos vies. s
Car la Parole de Dieu est bien autre chose que des mots ou des phrases répétées ou écrites: «Tout près de toi est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur» (Dt 30,14; Rm 10,8). Elle vient y faire naître la foi, qui rejaillit en invocation. Et «quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé» (JI3,5; Ac 2,21).

C'est à une telle lecture priante que nous fait accéder l'ouvrage du Père Pierre Vanderlinden. D'abord par sa présentation: après un texte biblique et une méditatiol1, une longue et riche prière vient

nous aider à passer de la réflexion au dialogue et à l'invocation. Les textes bibliques entrecroisent les appels des prophètes, les récits des Evangiles, les exhortations de Paul, avec les grands événements de l'Année liturgique, plus précisélnent le temps de I'Avent, de Noël et de l'Epiphanie. Les méditations invitent à la fois à la contemplation et à une relecture de notre existence chrétienne au sein du monde d'auj ourd 'hui. Sans jamais tomber dans des considérations théoriques et savantes, ces méditations parlent des pauvres, de la famille, de la violence et des enfants martyrs, du mirage des «sagesses» de ce monde.. .toujours pour appeler à la conversion, à la siInplicité, à l'amour authentique à la suite du Christ, de la Vierge Marie, de Jean-Baptiste, des Apôtres. Ces n1éditations déboucl1ent tout naturellement dans la prière au Dieu devenu tout proche en Jésus-Christ. Un bon iI1strulnent au service de la Parole, afin que nous puissions «l'accueillir dans la siInplicité du cœur et la run1iner longuement pour qu'elle pénètre jusqu'aux fibres les plus intimes de l'être».

t Lucien Daloz archevêque de Besançon

OUVERTURE
Pour connaître Jésus il fàut l'avoir rencontré personnellement (1) et s'être engagé à sa suite, comme disciple, pour écouter sa parole et contempler ses oeuvres, qui S011te prolongement de l son message et son authentification (2).
Quand on s'est mis à suivre Jésus, il faut aller jusqu'au bout du cl1emil1 avec lui. Il n'est plus pennis de regarder en arrière (c:/: Luc 9, 62). Comment d'ailleurs quitter celui qui den1eure? Car il nous l'a bien promis: "Je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du Inonde" (Matthieu, 28, 20).

Notre aujourd'hui est le temps de la maturation et de la progression. "Priez sans cesse", recommande Saint .Paul (1 Thessa/onieiens 5, 17) et le même nous rappelle: "Quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au non1 du Seigneur Jésus, rendant par lui grâce au Dieu Père" (Colossiens 3, 17). Dans l'esprit de ces quelques paroles essentielles et dans la conviction qui en a résulté pour lTIoide la nécessité absolue d'une attention pennanente et de plus en plus soutenue à la présence du Christ et à la poursuite de son oeuvre aujourd'hui panni les hommes, j'ai lu et relu, médité longuement et prié les textes proposés en ces pages, durant plusieurs périodes de l'Avent et du temps de Noël- Epiphanie. Le texte de la Parole inspirée a été retravaillé en vue d'en simplifier l'approche par un public non spécialisé. Méditations et prières ont été vécues et

el1suite rédigées durant le ten1ps liturgique de l"'avènement"; il vaudrait donc mieux qu'elles soient accueillies en ce contexte afin de porter tous leurs fruits; elles offriront ainsi Ul1 accompagnen1ent quotidien dural1t ce telnps de grâce, encore qu'il soit possible de les aborder en tout temps.

(1) cf. Merveilles bibliques pour prier, tome I. (2) cf. Merveilles bibliques pour prier, tome II.

ATTENTE

Orientations

Merveille! La nouveauté

...

I

Matthieu 13, 52

"
Tout scribe instruit du royaulne des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du nel1f et de l'ancien.

"
Méditation Le neuf et l'ancien.
Les hommes cherchent toujours du neuf. La publicité attise d'ailleurs sans scrupule cette soif permanel1te de renouveau. La majorité des hommes est plus sensible à la dernière fantaisie qui s'érige en mode plutôt qu'à une valeur qui a fait ses preuves et
. . Impose avec raIson sa permanel1ce. V oiIà que le Seigneur nous offre du nouveau, la grâce d'un nouveau dépal1, l'occasion de rénover 110S haillons, de concevoir d'autres projets, qui puissent combler nos espoirs. Oh! paradoxe. Nous laissons échapper l'occasion et nous contÎ11uons à caresser nos vieilles breloques, qui nous ont si souvent déçus; nous préférons rafistoler

13

nos onpeaux nouveauté.

défraîchis plutôt que risquer la

o hon1Illeplein de contradictions. D'un côté nous dénigrons les valeurs assurées et d'autre part nous avons peur du risque de l'aventure. Mais s'agit-il vrain1e11t 'une contradiction? Les deux attitudes ne d seraient-elles pas le fruit d'un égoïsme incorrigible qui nous pousse à nous calfeutrer d'une part, pour chatouiller nos caprices d'autre part? En Dieu il n'y aucune contradiction. La 110uveauté qu'il nous offre ne comprolnet pas les valeurs assurées. C'est pourquoi Jésus attire notre attention sur ce scribe avisé qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. La nouveauté qu'il nous propose, c'est la grâce de mieux évaluer, sans a priori, des valeurs sûres de tradition. Il y a un ce11aininfantilisme, il est vrai, à négliger systélnatiquement le passé pour s'illusionner par des im1ovations fragiles.
Le temps de l'Avent nous invite à jeter U11 nouveau regard sur ce que Jésus est venu accomplir, richesse que l'Eglise exploite depuis deux mille ans, sans l'avoir épuisée, en n'ayant lnême fait que l'effleurer: 11chesse de la rédemption déftnitivelnent acquise, mais à laquelle il n1anque d'être vécue par les hOlmnes d'aujourd'hui. Si l'accoutumance nous y a rendus insensibles, tels des héritiers ingrats, l'Avent vient nous réveiller pour que nous puissions peutêtre lnieux les apprécier.

14

Prière
Seigneur, que ton Esprit vienne purifier notre regard et mieux le diriger pour qu'il nous évite de passer à côté de grandes merveilles et nous apprenne à mieux les apprécier. Notre esprit et notre cœur, rafraîchis par la grâce de l'Avent, pourront mieux contempler tout ce que tu fais pour nous et dont la création et l'histoire présentent mille témoignages. Seigneur, je ne suis pas de ces scribes dont la science s'el1richit chaque jour par la fréquentation assidue de ta parole; je désire seulement l'accueillir dans la siInplicité du cœur et la ruminer longuelnent, pour qu'elle pénètre jusqu'aux fibres les plus intimes de mon être. Jésus, laisse-moi contempler en mon cœur la richesse infinie de ta parole, si souvent entendue et si peu approfondie; accorde-moi la grâce de lui être plus disponible pour qu'elle soit ma seule règle de vie. Seigt1eur, merveilleuse est ta parole, déjà si ancienne et cependant toujours nouvelle; qu'elle habite mon esprit et lnon cœur; qu'elle nourrisse ma foi, emacine mon espérance, épanouisse mon amour.

15

Seigneur, je sais qu'il ne suffit pas de m'appliquer à l'étude de ta parole, qu'il me faut la méditer longuement dans la prière, pour qu'elle soit ma règle de vie.

II Merveille! ... Un homme rappelé à la vérité de sa condition
2 Samuel 7,1-5; 8b.ge.llc

"
Le roi David est installé dans son palais. Le Seigneur lui a accordé la paix avec ses ennenlis voisins.
Il dit au prophète Nathan: "Vois donc! J'habite dans une lnaison de cèdre l'arche de Dieu est sous une tente". Nathan lui répon(/: "Réalise ton projet, car le Seigneur est avec toi". et

La nuit suivante la parole de Dieu est adressée à Nathan:
"Va dire à mon sen'iteur David: Ainsi parle le Seigneur: Est-ce toi qui me bâtiras une maison !Jour que j~v delneure? ... Je t'ai pris au pâturage, derrière ton troupeau, pour faire de toi le ch~f' de mon peuple Israël... Je te donnerai un nom parmi les grands de la terre... C'est moi qui te
donnerai une maison".

"

16

Méditation L'initiative revient à Dieu
Le jour était venu où le peuple pouvait s'honorer d'avoir sa capitale et d'y avoir installé son roi. Une certaine stabilité était acquise, qui fit bientôt oublier les errances du désert. En signe évident de ce progrès, le roi était installé dans un palais. Ce temps de paix offrait le loisir de construire en matériau solide et durable. A y réflécllir le roi pouvait s'inquiéter d'être bien logé, alors que l'arche de Dieu continuait à séjourner sous la tente, comme à l'époque des allées et venues d'un can1pen1ent à l'autre, dans le désert. Mais était-ce bien un si noble sentiment de piété qui inspirait au roi ce projet de construire Ullemaison pour Dieu? Un dessein humain n'est pas innocent d'une certaine ambiguïté. Fixer Dieu dans une maison solide pouvait paraître un moyen de l'elnprisonner. Au cours des siècles, il 11'ajamais n1anqué de pouvoir politique désireux de maîtriser la religion pour en faire un rouage de l'Etat; le politique est toujours un peu jaloux de l'influence du religieux. Le prophète, en homme de Dieu, l'a bien compris. Dieu entend rester libre dans l'expression de son amour universel et ne pas être emplisonné au service d'un peuple particulier, au risque d'en devenir J'esclave. Le prophète tente de faire prendre conscience au roi de la place exacte qui lui revient dans le desseÎ11 Dieu. TIne faut pas que le pouvoir de en vienne à le griser; il doit se rappeler qu'il n'est que le roi d'un petit peuple et que Dieu est le n1aître de l'univers. Il faut toujours un prophète pour rappeler à l'homme, fût-il le roi d'Israël, que c'est Dieu qui a en 17

tout l'initiative. C'est lui qui a tout créé par amour, c'est lui qui mait1tient tout dans la logique de cet amour; c'est lui qui, au départ, a élu un homme pour en faire le point de départ d'un peuple qu'il a édifié au cours des génératio11s; c'est lui qui continue à choisir les hommes auxquels il veut confier une mission particulière, les rois, les prophètes, les apôtres. Trop souvent l'homme s'est révolté, a prétendu ne conlpter que sur lui-nlême et son oeuvre s'est écroulée, parce qu'elle n'était pas fondée sur Dieu. Mais lorsque l'ho1mne accepte d'être inséré à sa place dans le dessein de Dieu, il trouve son bonheur dans l'accomplissement de sa mission. Qui 11'apas été choisi comme roi, prophète ou apôtre, qu'il sache accepter humblement de rester à la petite place qui lui est dévolue, qu'il prenne conscience que c'est là que le Seigneur l'a nns et que c'est là précisément qu'il fructifiera par la grâce d'état qu'il reçoit.

Prière Seigneur, tu es à l'origine de toutes choses; c'est toi qui Ï11spires entreprises humaines les et leur donnes de réussir; celles qui prétendent se passer de toi S011t aines et vouées à l'échec; v donne-moi ton Esprit, qu'il inspire toutes mes actions, afin qu'elles soient conformes à ton dessein.
Seigneur, l'orgueil des homn1es leur fait concevoir de grands desseins, qui se révèlent fragiles s'ils ne sont pas fondés en toi;

18

donne-moi l'esprit d'humilité, qu'il me fasse comprendre que l'homme est petit devant toi, que sans toi il ne peut rien, mais qu'il peut tout attendre de ton Amour. Seigneur, tu me connais, car c'est toi qui m'as créé; je me reçois de toi tel que tu me veux; au travers des circonstances de la vie, j'ai déformé en moi ton image; que ton Esprit la restaure afm qu'elle retrouve la perfection originelle, dont tu es l'auteur. Seigneur, tu m'as choisi et tu nl'as mis là où je me trouve; je n'ai pas de grand dessein, je veux être tout simplement disponible à ton Esprit, pour occuper ma petite place dans ton grand dessein d'amour. Seigneur, je n'ai qu'une ambition: me laisser guider par ton Esprit, accepter que se réalise en lTIoi et par moi en ce monde qui passe l'initiative de tOll anl0ur. Seigneur, tu n1'as donné un nom et je t'appartiens, je renonce à disposer de moi-même pour être dispoI1Îble au service de ton dessein.

Seigneur je m'offre à toi tel que je suis; fais-moi tel que tu veux que je sois. Seigtleur, je crois que tu es avec moi;
19

je veux être avec toi, tout simplement.

III
-Merveille! ... Un peuple nouveau va naître

Sophonie 3,1-2.9.12-13

"
Malheur à la ville rebelle, souillée et tyrannique! Ja1nais elle n'a écouté l'appel ni accepté la leçon; elle ne s'est pas cOf!fiée au Seigneur, elle ne s'est pas approchée cie son Dieu. Je rendrai pures les lèvres des peuples pour qu'ils invoquent tous le nom (lu Seigneur et qu'ils le servent sous un lnêmejoug.

Je laisserai au 1nilieu de toi un peuple pauvre hUlnble, qui cherchera r~fuge dans le nom Seigneur. Le reste d'Israël ne conl1nettraplus d'iniquité ni dira de lnensonge et on ne trouvera plus
mensonge en leur bouche.

et du ne de

"
Méditation L'espérance des pauvres
Il paraît qu'en régime démocratique il faut faire droit à l'avis de la majorité. La minorité est-elle pour autant réduite au silel1ce et à la soumission? Il est vrai que son importance peut varier beaucoup. Mais une société ne s'honore-t-elle pas lorsqu'elle prel1d aussi en considération l'avis de la minorité, quelle que soit son importance? 20

Il est aisé de constater que la majorité suit généralement la voie de la facilité, fût-ce pour son 111alheur,plutôt que celle de l'effort, qui croise quelquefois celle de l'héroïsme. Jérusalem, cité de Dieu, a trop souvent cédé à la facilité, n'écoutant que la n1alice de son cœur, qui l'entraînait sur la pente de l'impureté et détournait son attention de la voix des prophètes qui l'invitait à la conversion. Chaque fois qu'elle cédait à ses instincts égoïstes, refusant de servir fidèlement son Seigneur, Dieu lui envoyait un prophète pour lui toucher le cœur, mais le plus souvent en vain. Se heurtant à l'apatl1ie du peuple et à l'hostilité de ses chefs, les prophètes ne pouvaient que déplorer la stérilité de leur mission. Leur parole insistante ne manquait cependant pas de vigueur, mais la surdité volontaire des hOlnmes l'emportait sur la force de leur parole, qui ne parvenait qu'à émouvoir un petit non1bre. C'est à partir de ce petit reste fidèle que Dieu devait édifier le peuple nouveau, purifié de ses égarements, destiné à servir son Seigneur par l'offrande constante de son adoration, un peuple dont le cœur serait libéré de toute insolence orgueilleuse pour se réfugier dans la confiance en son Dieu. Peuple de Dieu, nous SOlnmesles héritiers de ce petit reste, qui s'est développé au cours des siècles pour replonger souvent dans les mêmes iniquités, préférant son mensonge à la vérité de Dieu, dont il fuyait la lunlière pour se con1plaire dans les ténèbres de ses fourberies. La croissance dén1esurée est raren1e11t l'alliée de la qualité de vie n10rale. Le grand nombre ne n1anque cependant jamais d'impressionner. C'est toujours la force de la majorité qui s'ilnpose, jusqu'au jour où les vieux démons de la facilité et de l'autosatisfaction reprennent le dessus; un 21

corps trop volul11ineux n'est plus aisément commandé par la tête et pour peu que celle-ci aussi se mette à pourrir, tout s'en va à la dérive. Nous connaissons ces périodes-là; elles appartiennel1t à notre histoire; il serait malhonnête de le nier.
Mais toujours un petit reste fidèle, le petit noyau des saints, s'est enfoui en terre pour faire pousser les germes du renouveau; ces temps d'eft1orescence aussi 110USles cOilllaissons. Alors, pourquoi se lanlenter? Aurions-nous oublié l'espérance? Nos assemblées sont moins nombreuses, certes. Mais, surtout, quel est le degré de leur ferveur? Il y a mOllls de prêtres pour les conduire, certes. Mais n'avons-nous pas privilégié l'autorité de fOl1ctionnaires du culte au détriment du service pastoral assural1t la guidance en sainteté?

Si le peuple élu a pu se lamenter d'être sorti du temps des propllètes, nous n'en manquons pas aujourd'hui. Il nous suffit de les reconnaître et d'être attentifs à leur n1essage. Ils nous parlent de Dieu et nous conduisent à lui. Prière
Seigneur, je me sens tellement solidaire de ce peuple dévoyé qui s'enlise dans sa déchéance à mesure qu'il s'éloigne de toi, peuple souillé, loin de la pureté à laquelle tu l'appelles, peuple du mensonge, loin de la vérité que tu lui enseignes, peuple qui choisit la l11ort, alors que tu lui offres la vie; il nous suffirait d'écouter la voix de tes prophètes d'hier et d'aujourd'hui pour retrouver toute la saveur de la vie en toi.

22

Jésus, tu nous avais bien prévenus que de faux messies se lèveraient, de Illauvais prophètes, des gourous imbus d'eux-mêlnes, habiles pour abuser de la naïveté de certains; mais qu'avons-nous besoin d'autres guides que toi? quelle perversion nous pousse vers d'autres maîtres que toi? ils auront beau crier leurs InensoI1ges séducteurs, toi seul suffis à mon bonheur. Seigneur, à partir d'un petit reste fidèle tu as édifié un peuple de disciples et tu invites tous les hommes à le rejoindre; pour toi il n'y a pas de privilégiés ni d'exclus; en toi la Vie, avec toi la plénitude de la joie. Jésus, en commençant à te suivre j'ai tourné le dos à l'iniquité, mais les forces du mal n'ont pas cessé pour autant leurs assauts; si la tentation du Inensonge et de l'erreur demeure, ton Esprit Ille donne la force de la fidélité; il me faut sans cesse redresser la barre pour reprendre la route avec toi. Seigneur, touche notre cœur par l'Esprit qui vit en tes prophètes et fais de nous tous un peuple de prophètes, appelant les hon1mes à une plus grande rigueur de vie, fondée sur la force de la foi et en laquelle s'épanouit la plénitude de ton amour; donne-nous surtout la grâce de l'espérance. Seigneur, nous sornn1es ce peuple humble,

23