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L'ésotérisme

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Description


Qu'est-ce que l'ésotérisme ? C'est l'ensemble des courants spirituels qui se développent en marge des religions établies. Il s'agit donc d'une multitude de voies parallèles et mystérieuses pour lesquelles ce livre donne des repères accessibles et vivants.



De l'histoire aux pratiques, en passant par la symbolique, il propose une introduction complète aux fondements, aux figures et aux courants de l'ésotérisme.




  • Définitions


  • Histoire


  • Philosophie


  • Pratique




  • Esotérisme ou ésotérismes ?


    • L'ésotérisme, objet d'études


    • L'ésotérisme, voie de développement




  • Une brève histoire de l'ésotérisme


    • Préhistoire et Antiquité : genèse de l'ésotérisme


    • L'Occident chrétien : essor de l'ésotérisme


    • L'époque contemporaine : l'ésotérisme "ouvert"




  • L'ésotérisme en pratique


    • Les voies de la connaissance


    • Les pratiques fondamentales


    • Les voies de l'action



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 avril 2012
Nombre de lectures 150
EAN13 9782212146875
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

J e a n - M a r c Fo n t

P R A T I Q U E

L’ésotérisme
E Y R O L L E S

P R A T I Q U E

E Y R O L L E S

Déinitions
Histoire
Philosophie
Pratique

Qu’est-ce que l’ésotérisme ? C’est l’ensemble des
courants spirituels qui se développent en marge
des religions établies. Il s’agit donc d’une multitude
de voies parallèles et mystérieuses pour lesquelles
ce livre donne des repères accessibles et vivants.
De l’histoire aux pratiques, en passant par la
symbolique, il propose une introduction complète
aux fondements, aux igures et aux courants de
l’ésotérisme.

Jean-Marc Fontest polytechnicien. Parallèlement à
ses activités de spécialiste en informatique, il a acquis
une grande connaissance théorique et pratique de
l’ésotérisme. Il a récemment publié dans ce domaine
une anthologie (Les grands textes de l’ésotérisme,
Trajectoire, 2007).

Code G55373
ISBN 978-2-212-55373-4

Con©c Iemptaigoen dNeo rcdo uCvoemrtpuore : Getty images - Photographer’s Choice

L’ésotérisme

Dans la collection Eyrolles Pratique

Comprendre l’hindouisme, Alexandre Astier
Q
Les maîtres spirituels de l’hindouisme, Alexandre Astier
Q
Les religions, Patrick Banon
Q
Le Coran, Ghaled Bencheikh
Q
Comprendre le catholicisme, Jean-Yves Calvez, Philippe Lécrivain
Q
Comprendre l’ésotérisme, Jean-Marc Font
Q
Religions du monde entier, Vladimir Grigorieff
Q
La Torah, Philippe Haddad
Q
Comprendre l’islam, Quentin Ludwig
Q
Comprendre le judaïsme, Quentin Ludwig
Q
Comprendre la kabbale, Quentin Ludwig
Q
La religion, Carine Morand
Q
La bible dans l’art, Francesca Taddei
Q
Comprendre le protestantisme, Geoffroy de Turckheim
Q

Jean-Marc Font

L’ésotérisme

Deuxième tirage 2012

Mise en pages : Istria

Éditions Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com

Ce livre a fait l’objet d’un reconditionnement à l’occasion de son deuxième tirage
(nouvelle couverture et nouvelle maquette intérieure).
Le texte reste inchangé par rapport au tirage précédent.

En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou
partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation
de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des
GrandsAugustins, 75006 Paris.

© Groupe Eyrolles, 2008, pour le texte de la présente édition
© Groupe Eyrolles, 2012, pour la nouvelle présentation
ISBN : 978-2-212-55373-4

Sommaire

Introduction .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7

Première partie : Ésotérisme ou ésotérismes ? . . . . . . . . . . . . . . . 9

Chapitre 1 : L’ésotérisme, objet d’études . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
Chapitre 2 : L’ésotérisme, voie de développement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

Deuxième partie : Une brève histoire de l’ésotérisme . . . . . . . .41

Chapitre 3 : Préhistoire et Antiquité : genèse de l’ésotérisme. . . . . . . . .43
Chapitre 4 : L’Occident chrétien : essor de l’ésotérisme. . . . . . . . . . . . . . 57
Chapitre 5 : L’époque contemporaine : l’ésotérisme « ouvert ». . . . . . . .89

Troisième partie : L’ésotérisme en pratique. . . . . . . . . . . . . . .103
Chapitre 6 : Les voies de la connaissance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
Chapitre 7 : Les pratiques fondamentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
Chapitre 8 : Les voies de l’action. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .149

Pour aller plus loin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .175
Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .185
Table des matières. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .189

© Groupe Eyrolles

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Introduction
Il ne viendrait pas à l’esprit d’un chimiste, d’un biologiste, ou même
d’un psychologue, de commencer un exposé par quelques dizaines de
pages consacrées à la définition de la science qui l’occupe. La biologie,
par exemple, est l’étude des organismes vivants, et si la frontière entre
le vivant et l’inerte reste sujette à discussion, la biologie n’a pas besoin
d’une autre définition. L’auteur pourra donc directement aborder
l’exposé de ce que l’on sait et de ce qui reste inconnu, des méthodes
utilisées, des grandes étapes qui l’ont jalonnée, des chercheurs qui s’y
sont illustrés, voire des différentes théories qui s’y opposent.
Or, cette attitude n’est pas de mise lorsqu’on aborde l’ésotérisme – et
sans doute devrait-on dire les ésotérismes – tant ce qu’on peut mettre
derrière ce mot est vaste, imprécis, variable dans l’espace et le temps et,
finalement, totalement subjectif. Tous les ouvrages qui présentent ce
domaine d’activité de l’esprit humain (il faudra préciser ce qu’on entend
par là) commencent par une tentative plus ou moins rigoureuse d’en
définir la signification et le contenu. Ainsi, l’auteur d’une anthologie
des textes ésotériques ne consacre pas moins de 400 pages au sujet.
Nous n’échapperons pas à ce passage obligé : notre première partie est
précisément consacrée à l’explication des significations de l’ésotérisme
(ce n’est pas pour rien que les auteurs d’études sur le sujet ont qualifié
ce terme de « mot valise », « mot tiroir » ou même de « mot autobus » !).

© Groupe Eyrolles

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Cela étant, on peut aborder l’ésotérisme avec trois approches
différentes ou, si l’on veut, trois points de vue qui en donnent chacun une
description complémentaire.
³L’approche historique : comment ce courant de pensée s’est-il
développé au cours de l’histoire de l’humanité, et plus particulièrement
(mais pas exclusivement) en Occident ?
³L’approche théorique et conceptuelle : de quelles valeurs et finalités
est constitué le socle sur lequel les ésotérismes ont bâti leur vision
et leurs interprétations de la réalité ?
³L’approche pratique ou technique : quelles méthodes, quels outils et
quelles techniques l’ésotérisme propose-t-il ?
On verra, dans l’approche historique (deuxième partie), que même si
le terme est d’un usage relativement récent, l’ésotérisme remonte à
la plus haute Antiquité (probablement bien avant que Pythagore n’en
ait fait un principe de transmission initiatique), qu’il a pris plusieurs
formes et s’est servi de différents modes d’expression qui perdurent
dans l’ésotérisme contemporain. Il nous faut étudier l’histoire de ces
différentes étapes qui, à la manière des couches géologiques, servent
de soubassement au paysage qui se présente à nous aujourd’hui et
permettent d’en comprendre le relief.
L’ é s o t é r i s m e
Dans la troisième partie, l’approche théorique présentera, face aux
différentes conceptions développées, d’un côté, par les religions, de l’autre
par les théories scientifiques, les explications propres à l’ésotérisme. Ces
explications portent notamment sur le Créateur (en général assimilé à
« Dieu » par référence au vocabulaire traditionnel des religions du Livre qui
sont au fondement de la spiritualité occidentale), sur la Création et sur la
place et le rôle de l’homme dans cette Création. C’est à dessein que nous
mettons « explications » au pluriel car celles-ci sont multiples.
Mais au-delà des explications, l’ésotérisme est aussi un ensemble de
moyens, de techniques, qui sont proposés à l’Homme, ancré dans la
matière, afin qu’il puisse développer sa dimension spirituelle et
maîtriser son destin. Cette dimension de l’ésotérisme, qui fait également
l’objet de la troisième et dernière partie, est probablement celle qui
présente le plus d’intérêt pour le lecteur contemporain « non savant »,
perplexe devant la profusion de mouvements, de conceptions, de
discours prometteurs et bien souvent contradictoires.

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© Groupe Eyrolles

© Groupe Eyrolles

Première partie

Ésotérisme
ou ésotérismes ?

Chapitre 1
L’ésotérisme,
objet d’études

© Groupe Eyrolles

Pour l’historien et l’ésotérologue (qui, à la différence de l’ésotériste qui
met en pratique l’ésotérisme, voit avant tout l’ésotérisme comme un
objet d’étude), l’ésotérisme est un courant de pensée dont il s’agit de
cerner les limites, les composantes et les évolutions dans le temps. Il
s’offre ainsi, en dépit de frontières imprécises et sujettes à discussion,
comme un champ d’étude défini par certaines caractéristiques. Ce sont
ces mêmes caractéristiques qui servent de critère pour la
reconnaissance d’un corpus de texte ésotérique.

Jusqu’à des temps assez récents, tout ce qui touchait à l’ésotérisme
était considéré dans les milieux académiques au mieux avec suspicion,
au pire avec mépris, et était en tout cas tenu à distance des
préoccupations universitaires. Les choses ont changé, et l’ésotérisme commence
à bénéficier d’une reconnaissance officielle, au moins en tant que
domaine de recherche universitaire.

Ainsi, en France, il a été créé en 1965, à l’École pratique des hautes études
(section des Sciences religieuses, Sorbonne), une chaire « Histoire de
l’ésotérisme chrétien », devenue par la suite « Histoire des courants
ésotériques dans l’Europe moderne et contemporaine ». Il existe aussi
deux autres chaires portant sur cette même spécialité : l’une, à
l’université d’Amsterdam, depuis 1999 ; l’autre, à l’université d’Exeter
(RoyaumeUni), depuis 2006. Dans ce cadre officiel, les publications savantes sont
de plus en plus nombreuses : on exhume des textes autrefois
volontairement ignorés, tout en s’interrogeant sur leur contenu et leur place
dans le champ de la spiritualité.

© Groupe Eyrolles

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C h a p i t re1 .L’ é s o t é r i s m e ,o b j e td ’ é t u d e s

Il faut toutefois remarquer que ce rattachement de l’étude de
l’ésotérisme à celui de l’histoire des religions traduit bien l’irréductible
méfiance des milieux scientifiques occidentaux envers tout ce qui
n’entre pas dans le cadre de la pensée rationaliste. Car si le mot «
ésotérisme » figure officiellement en filigrane de la dénomination officielle
(« courants ésotériques et mystiques »), il sent toujours le soufre : une
odeur qui n’est pas de sainteté, combattue autrefois par l’Inquisition et
maintenant par la science officielle.

Les grands courants de l’ésotérisme
Au cours de l’histoire, différentes façons d’appréhender l’« invisible »
sont apparues. Certaines se sont imposées de façon plus ou moins
durable dans les mentalités, créant des courants de pensée qui, comme
les branches d’un arbre attachées à un tronc commun, se sont souvent
ramifiés. Les noms des principaux courants (hermétisme, gnose,
théosophie, mysticisme, occultisme…) sont bien connus, mais leur
contenu exact n’est pas toujours clair. Il convient donc de les présenter
rapidement.

L’ é s o t é r i s m e
L’hermétisme

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Voilà sans doute le mot qui est le plus facilement associé à l’ésotérisme,
à tel point que le langage courant s’est approprié l’un et l’autre sous
forme d’adjectifs (« hermétique », « ésotérique »), pour qualifier ce qui
est abscons et qu’on ne peut comprendre d’emblée, à moins d’être un
spécialiste du sujet exposé… et par extension, sur le plan pratique, ce
qui ne laisse rien passer, ce qui reste fermé.

En réalité, l’hermétisme désigne la pensée philosophique (au sens grec
du terme, c’est-à-dire la recherche de la sagesse) et religieuse
développée par les penseurs « néoplatoniciens » de l’école d’Alexandrie et
exposée dans un ensemble de textes grecs attribués à Hermès Trismégiste.

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Hermès Trismégiste

Hermès est le nom du dieu grec (devenu Mercure pour les Romains)
assimilé au dieu égyptien Thot. « Trismégiste » signifie « trois fois
grand ». Thot autant que Hermès sont considérés dans certaines
traditions comme des personnages légendaires déifiés.

LeCorpus Hermeticumplusieurs textes, dont le plus connu comprend
est lePoimandres. Ces textes seraient ceux de l’enseignement qu’aurait
reçu Hermès, en même temps que la charge de le faire connaître à
l’humanité. On y reconnaît l’influence de Platon, car la plupart utilisent une
forme de dialogue entre le Maître et le ou les élèves (dont Asclepios),
qui rappelle les dialogues de celui-ci. Le texte le plus célèbre pour son
hermétisme (au sens populaire du terme), bien que plus tardif et
certainement apocryphe, est intituléLa Table d’Émeraudeet finit ainsi :

C’est pourquoi j’ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les
trois parties de la philosophie universelle. Ce que j’ai dit de
l’opération du soleil est accompli et parachevé.
(La Table d’Émeraude, Les Belles Lettres, 1960)

Tous ces textes et leur doctrine seront repris par les alchimistes du
Moyen Âge puis de la Renaissance, et c’est par eux que l’hermétisme
deviendra une composante majeure de l’ésotérisme.

La gnose
Ce mot, qui signifie « connaissance » (du grecgnôsis), est une forme
d’approche et d’explication globale de la réalité dans ses différents
« niveaux », tant matériels que spirituels. Elle fait référence à une forme
de révélation obtenue plus par l’intuition que par le raisonnement, plus
par une descente dans les profondeurs de la psyché que par une analyse
objective de la réalité. Elle applique, de ce point de vue, la célèbre
maxime qui figurait, dit-on, sur le fronton du temple de Delphes :
« Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’Univers et les dieux ».

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C h a p i t re1 .L’ é s o t é r i s m e ,o b j e td ’ é t u d e s

Cette connaissance est érigée en certitude par le gnostique. Cette
adhésion, qui est en apparence analogue à la foi religieuse, est en réalité
vécue comme une conséquence naturelle de cette connaissance et
donc fondée sur des intuitions personnelles, et non comme un acte de
soumission volontaire à un « credo ».

Sur ces bases, la gnose, qui s’est également développée à Alexandrie
(on parle alors de « gnose alexandrine »), a donné naissance à divers
courants gnostiques. Le gnosticisme s’est développé en parallèle ou à
l’intérieur du christianisme naissant (et en rivalité avec lui, bien qu’il ait
aussi existé une gnose chrétienne). Une dominante parmi ces
mouvements est l’opposition profonde entre le monde matériel, considéré
comme mauvais, et le monde spirituel auquel l’être humain doit
chercher à accéder, en obtenant son « salut » dans l’au-delà.

La théosophie
Dans son acceptation courante, ce mot est associé au seul mouvement
créé en 1875 par Helena Petrovna Blavatsky dont la Société
théosophique remporta un succès considérable et reste notoirement connue
aujourd’hui.
L’ é s o t é r iMsaims iel serait erroné d’en rester là, car la théosophie constitue un
courant de pensée qui remonte à l’Antiquité. Le terme lui-même, qui
vient du grec et qui veut dire « sagesse du divin » (sagesse signifiant ici
« connaissance »), est dû à Ammonios Saccas, un philosophe grec du
e
IIIsiècle à Alexandrie (eh oui, là encore !).
Pour la théosophie, il s’agit essentiellement d’explorer, voire de
découvrir, la nature du divin en s’appuyant, d’une part sur l’étude approfondie
des textes réputés « sacrés » (par exemple la Bible pour les théosophes
chrétiens ou les kabbalistes juifs) et en les interprétant au-delà de
leur contenu mythique, et d’autre part sur des « révélations » de type
prophétique ou mystique.

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© Groupe Eyrolles

Le mysticisme

Encore un terme qui vient du grec (mustikossignifie « initié »), et qui a la
même racine que le mot « mystère » (au sens des « écoles des Mystères »
de l’Antiquité). Les rapports entre le mysticisme et la théosophie sont
étroits, en ce sens que le premier est une manière (ou si l’on veut une
technique) d’atteindre les connaissances recherchées par la seconde.
Mais ils diffèrent en ce que le mysticisme est généralement inclus
dans le cadre d’une religion établie, alors que la théosophie se situe
en dehors, ou plutôt en parallèle de cette dernière, même si les cadres
conceptuels sont les mêmes. De ce point de vue, le mysticisme se situe
plutôt à la frontière de l’ésotérisme.

Toutefois, l’expérience mystique, telle qu’elle est vécue, est de même
nature que celle que l’ésotérisme cherche à atteindre avec les techniques
qui mènent à l’illumination : méditation, expériences de conscience
modifiée, etc.

L’occultisme

e
Lancé au milieu duXIXsiècle par Eliphas Levi (pseudonyme
d’AlphonseLouis Constant), le terme d’occultisme a eu un succès considérable, à
tel point qu’il s’est presque substitué au mot « ésotérisme » lui-même,
avec lequel il entretient des rapports ambivalents. Occulte signifie, on
le sait, « caché ». Cette signification se rapproche, bien entendu,
fortement de l’idée qui est la caractéristique première de l’ésotérisme, selon
laquelle la connaissance est d’un accès difficile et réservé à un petit
nombre. Le mot forgé par Eliphas Levi est dérivé de l’adjectif « occulte »,
déjà utilisé à l’époque de la Renaissance, quand une grande partie de
ce qui constitue le domaine de l’ésotérisme s’appelait « philosophie
occulte », elle-même voisine de la notion de « sciences occultes ». En
réalité, l’occultisme correspond à un mouvement de profonde évolution
e
de l’ésotérisme, à partir duXIXsiècle, parallèlement au développement
des sciences « rationnelles ». Visant comme elles à expliquer le
fonctionnement de l’univers matériel, l’occultisme en appelle, au contraire
des sciences, à une dimension non matérielle de la réalité. Cette vision
concurrente de la science est refusée, dénigrée, qualifiée d’irrationnelle
ou de « charlatanisme » par les scientifiques.

© Groupe Eyrolles

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