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L'Evangile selon saint Matthieu

De
256 pages
Lorsque Matthieu le Juge, un homme de Loi, décide de s'adresser en grec à sa communauté de Judéo-chrétiens, il dispose déjà d'un texte écrit pour des Juifs par Matthieu le publicain, le Scribe, le compagnon de Jésus, notamment 265 versets écrits en araméen.
Matthieu le Juge prend la plume après les disparitions de Pierre et Paul (63-65). Il complète l'enseignement de Jésus, et nous décrit aussi le règlement intérieur des premières communautés : comment prier, comment accueillir les nouveaux convertis, comment se pardonner mutuellement…

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Francis Lapierre et Pierre Watremez
L’Évangile selon saint Matthieu Actes et discours
L’Évangile selon saint Matthieu
Religions et Spiritualité fondée par Richard Moreau, Professeur émérite à l’Université de Paris XII dirigée par Gilles-Marie Moreau et André Thayse, Professeur émérite à l’Université de Louvain La collectionReligions et Spiritualité:divers types d’ouvrages  rassemble des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue inter-religieux. Dernières parutions Paul BERNARD,L’enquête Jésus, 2017. Grégoire-Sylvestre GAINSI,De l’amitié à l’eucharistie, Un aller-retour, 2017.Elie BOTBOL, Destin et vocation du peuple juif,Réflexions sur les célébrations de Hanouka et de Pourimet sur le destin du peuple juif depuis la destruction du Temple, 2017. Fr. Louis Marie DE FRILEUZE,« Apparition » de la Vierge Marie au Cameroun. Une spiritualité pour notre temps, 2017. Michel BARON,Le concept de symbolisme, entre psychanalyse et religion catholique, 2017. Alin DJECKABE,L’apport d’Yves Jean-Marie Congar au dialogue œcuménique.Sa contribution à la première phase du dialogue luthérien-catholique (1967-1971),2017.Francis BARBEY,Dieu est-il chrétien catholique ?, 2017. Francis WEILL,Les étoiles de Jérusalem, 2017. Bruno FLORENTIN,Les temps de la fin dans le livre de l’Apocalypse, 2017. Édouard DE RIBAUCOURT,Serf-arbitre et justification selon Martin Luther, 2017. Janine ELKOUBY,Chroniques talmudiques au féminin,2017. Francis WEILL,Le Naufrage des religieux, de la sainteté au massacre, 2017. Pierre EGLOFF,Pour des interpellations entre sciences et spiritualités, Aux frontières de l’Homme et de l’Univers, 2016. Benedicte Bernard,Laïcité française et sécularité chrétienne, 2016 Robert W.JENSON,Systématique, Volume 1, Le Dieu Trine Théologie , 2016.
Francis Lapierre et Pierre WatremezL’Évangile selon saint Matthieu
Actes et discours )
Ouvrages du même auteur F. Lapierre,L’évangile de Jérusalem,L’Harmattan,2006.F. Lapierre,Les rédacteurs selon saint Jean, L’Harmattan,2008. F. Lapierre,Saint Luc en Actes ?,L’Harmattan,2010.F. Lapierre,Saint Paul et les Évangiles, L’Harmattan, 2011. F. Lapierre,L’évangile oublié, L’Harmattan, 2012 (Nouvelle édition, 2014). F. Lapierre et D Labbé,L’Évangile de Marc : un carrefour linguistique sémitico-grec. Cinquième Congrès de l’ERLA, L’Harmattan, 2008. F. Lapierre et P. Watremez,Les prières de l’Ancien Testament ou Mille ans de dialogue avec Dieu, L’Harmattan,2016. F. Lapierre et P. Watremez,L’Évangile selon saint Luc. Actes et discours, L’Harmattan,2017. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13580-9 EAN : 9782343135809
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Des Évangiles aux couches rédactionnelles successives
1.Un genre littéraire particulier
Unévangileest ungenre littéraire, comme nous disons un roman, une tragédie, un manuel scolaire ou une épopée. Ce genre littéraire semble avoir été inventé par le premier rédacteur de l’Évangile selon saint Matthieu, le collecteur d’impôts rencontré par Jésus.Il se définit ainsi : un évangile est unexposé de la foi chrétienne sous la forme d’une vie de Jésus ! Chaque évangéliste centre son enseignement sur un aspect limité du message deJésus de Nazareth, et c’est cela qui commande l’organisation de son récit. Il y a quatre évangiles ; or le chiffre 4 est, dans la Bible, celui de la totalité de la création (quatre éléments, quatre points cardinaux), de telle sorte que les quatre Évangiles se complètent pour proposer un exposé complet de la foi chrétienne.
2.Une rédaction en plusieurs phases
2. 1.  Généralités sur la rédaction des Évangiles
L’étude des Évangiles synoptiques (Marc, Matthieu, Luc) met en évidence des rédactionssuccessives, liées à l’évolution socioculturelle des premières communautés, ce qui entraîna une catéchèse à adapter aux nouveaux convertis. Il n’est donc pas inutile de résumer ce que ces Évangiles nous ont appris sur leur propre cheminement, l’Évangilede Jean étant examiné séparément.
L’analyse de formes verbales répétéesainsi qu’un vocabulaire spécifique nous ont amenés à proposer que Matthieu, Marc et Luc avaient en commun un canevas sémitique de 265 versets, formant un
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récit simple mais cohérent et dont la pièce la plus ancienne est un récit 1 primitif de la Passion, particulièrement sémitisant. Suivant ce que nous ont transmis les Pères de l’Église –notamment Eusèbe de Césaréedésignons nous Matthieu le Scribe, le publicain converti par Jésus, comme étant ce premier rédacteur, autour de l’année 40.
Chez Marc, le récit de la Passion (Mc 14,116,8) est précédé par un récit apocalyptique, annonçant la fin des temps, sous la forme d’un long discours de Jésus (chapitre 13). Il n’est pas absurde de penser que ce discours ait représenté, un temps, le préambule au récit primitif de la Passion, premier texte écrit des Évangiles, vu l’unité littéraire et la cohérence des procédés de rédaction montrés par les chapitres 13 à 15, chez Marc.
Outre la Passion du Rabbi Jésus, ce canevas commun comprend notamment : le baptême de Jésus, une prédication en Galilée autour de cinq guérisons accompagnant la parabole du semeur, une multiplication des painstoujours en Galiléela transfiguration, un enseignement dans le Temple de Jérusalem, puis le Dernier Repas, la Passion et enfin la résurrection signifiée aux femmes devant un tombeau vide. L’ensemble ainsi énoncé constituele kérygme la proclamation primitiverévélant une progression en trois étapes :
un cycle de la semence, don originel de Dieu, centré sur la parabole du semeur ; un cycle du pain partagé, où l’homme est associé à l’œuvre de Dieu : la Création, centré sur la multiplication des pains ; un cycle de l’eucharistie enfin, où Dieu se fait chair, pour diviniser l’humanité à son image, centré sur le Dernier Repas.
Cette première couche littéraire, que nous proposons d’appelerle canevasÉvangiles, paraît correspondre à une proclamation des destinée à la communauté de Jacques à Jérusalem. Jésus y est présenté comme un maître et un guérisseur, tourné vers les siens. Un réformateur juif donc, souhaitant comme Ésaïe, que toute oreille
1 . Francis Lapierre,L’évangile de Jérusalem, L’Harmattan, 2006.
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entende son message. Nul appel à la conversion dans ce canevas, si ce n’est celle du cœur.Au plan des rites eucharistiques, cette première communauté ne connaît du Dernier Repas quela bénédictionsur la nourriture. Le récit d’Emmaüs de Luc ne parle ainsi que de la fraction du pain, tout comme les multiplications des pains en Galiléedu rite eucharistique pratiqué dans la reflets communauté de l’évangéliste au moment où il rédige –ne rapportentqu’une bénédictionsur cinq pains, ayant généré douze couffins de restes.La réforme du judaïsme promue par Jésus aurait pu évoluer lentement, commetoute secte juive spécifique à l’intérieur des différents courants de pensée qui parcouraient Israël au premier siècle : Ésséniens, Pharisiens, Sadducéens… chacun intégrant, à sa manière, les contraintes socioéconomiques liées à l’occupation romaine. C’était compter sans lesgentils, les païens, que l’enseignement libérateur du christianisme naissant enthousiasma. Très vite, ils demandèrent un enseignement traduit dans la langue véhiculaire de l’époque: le grec, revendication que partagèrent également quelques Juifs convertis vivant en diaspora, plus à l’aise dans la lecture du grec de la Septante que dans celle de l’hébreu des rouleaux du Temple.Deux problèmes majeursse posèrent alors aux premiers rédacteurs des Évangiles : Une simple traduction se révéla impuissante à transmettre un enseignement aussi savoureux que l’original, à des gens peu formés à l’interprétation de la Torah et ignorants de l’histoire d’Israël. Il fallut donc, non traduire maistransposer, trouver des équivalences, qui tiennent compte de l’enracinement culturel des nouveaux convertis.Au plan du rite eucharistique, il fallut construire une théologie du Royaume de Dieu maîtredu temps et de l’espace,invitant les païens à s’associer au Dernier Repas, dontl’histoire les avait privés, avec pour contrepartie, une coresponsabilité morale dans les événements de la Passion, desquels ils étaient tout aussi étrangers. Les textes qui nous sont parvenus montrent donc la trace d’une couche littéraire grecque secondaire, commentant paragraphe par
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