197 pages
Français

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L'inefficacité de l'église face à la sorcellerie africaine

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Description

Dans ce livre l'auteur explore les causes de l'inefficacité de l'église dans sa lutte contre la sorcellerie en Afrique et les décrit comme une conséquence d'une mauvaise définition de haute tradition religieuse africaine et son assimilation erronée à la sorcellerie. Partant de la tradition kôngo, l'auteur explore la vraie nature de la religion bantoue et démontre qu'elle n'a rien à voir avec la sorcellerie. L'auteur indique aussi les moyens d'une lutte efficace contre la sorcellerie et montre ce que devrait être l'apport de l'église pour l'élévation des mentalités religieuses profondes des Africains.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2010
Nombre de lectures 471
EAN13 9782296698499
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.


En 1986, j’ai suivi un cours de métaphysique divine avec un professeur
sud7africain dans l’optique de me voir à la fin doté d’une compréhension
suffisante pour me défendre contre les méfaits de la sorcellerie.
Lorsqu’après douze jours de cours le professeur avait annoncé la fin de la
session, ma déception pouvait être lue dans ma question : « C’est tout ? »

Comprenant que mon attente profonde était d’apprendre comment
combattre la sorcellerie africaine, le professeur m’avait invité à entreprendre
des recherches moi7même avec les bases acquises. Cette recherche, dans
laquelle je me suis engagé avec beaucoup d’application, m’a conduit à
rétablir par une analyse étymologique et sémantique la vérité concernant le
, qui jusqu’alors était faussement égalé à la sorcellerie.

En 2006 l’un des participants à mon cours de métaphysique divine, avec
qui j’avais auparavant échangé pendant longtemps des idées sur mon
approche de la métaphysique divine et de l’épistémologie, m’a encouragé à
rédiger une thèse sur mon approche de la spiritualité et de la philosophie.

J’avais le choix entre étudier en ligne pour un Ph.D. en philosophie, en
anthropologie ou en théologie. Je me suis finalement fixé sur un doctorat
(Ph.D. Honour) en théologie (apologétique) à Trinty School of Apologetics
and Theology de Kerala en Inde.

Cette thèse, intitulée








, rédigée sous la direction de Dr Johnson Philip et
1
de Dr Saneesh Cherian, a été sanctionnée par la mention A . Elle est le fruit
de vingt7deux années de recherche et de pratique de la guérison par la
prière. Pratique qui m’a mis en contact avec des différents initiés qui étaient
des sources précieuses des renseignements.

1
La cote A équivaut à 93 à 96 % des points.

7

Beaucoup m’ont souvent posé la question de savoir: comment peut7on
étudier la sorcellerie sans être soi7même un sorcier ?Mon approche est
toujours d’étudier la sorcellerie en examinant à fond son antithèse : la
métaphysique divine. Grâce à cette approche tout chercheur peut étudier la
nature de la sorcellerie sans être entravé tant dans ses recherches que dans la
révélation de ses trouvailles.

Ma thèse est basée sur mon livre intitulé


publié en 2002 sous le pseudonyme de Ne Kiana Mazamba. Ce livre a
encore été publié en 2009 dans une version corrigée et augmentée par les
éditons l’Harmattan sous le titre
. Mais
contrairement à ce premier ouvrage qui aborde le sujet dans l’optique de
l’anthropologie et de la philosophie, ma thèse était écrite dans une
perspective totalement théologique, en vue d’aider l’Eglise à mieux cerner la
notion de la sorcellerie africaine, car cette compréhension est essentielle au
succès de son entreprise d’évangélisation du continent noir.



L'année 1482 fut un tournant dans l'histoire de l'Afrique noire.
Cherchant la voie d’accès vers les Indes, un navigateur portugais, Diego
Caô, avait découvert l'embouchure du fleuve Congo. Cette découverte
ouvrira la voie à la christianisation du peuple.

Prêtres et laïcs seront, dès ce moment, envoyés par le Portugal pour
ouvrir le Royaume Kôngo non seulement à la civilisation occidentale, mais
plus encore à l'Evangile! Pour accélérer le travail missionnaire, l'Eglise 7
L’Eglise Catholique Romaine 7 a décidé de faire recours à l'ancienne
stratégie utilisée avec succès pour l'Empire Romainet la Gaulle :
christianiser le roi pour amener facilement la population à l'Evangile.

Ce travail d'ouverture de la voie à Jésus dans la nation peutêtre
divisé en trois phases :

La pénétration du Royaume Kôngo par L'Eglise Catholique
e
Romaine et ses activités du 15siècle, jusqu’au moment de la
chute et la désintégration du royaume en 1665.
L’évangélisation de l'État libre du Congo, qui deviendra plus
tard le Congo7Belge, par les missionnaires catholiques et
e
protestants du 19siècle à l'indépendance du Congo7Kinshasa,
du Congo7Brazzaville et de l'Angola.
La poursuite par les chrétiens locaux de l’œuvre entreprise par
les missionnaires occidentaux.

Dans toutes ces phases, l’Eglise fait face à de nombreuses difficultés.
Mais la plus grande difficulté rencontrée par l'Eglise depuis la deuxième
phase de l'évangélisation est la peur parmi ses membres du,
considéré à tort comme égal à la sorcellerie. Le problème avec leest
que le concept n'est pas bien défini et semble difficile à expliquer.

Parlant de son travail en tant que prêtre catholique, Abbé Matota
Ndongala Masinga explique :

9

« Les gens continuent à fréquenter les prophètes, à consulter les devins. Les
meilleurs de nos chrétiens ne trouvent pas anormalle fait de consulter les
devins. Le matin on les voit à la messe. Ils prient pour être épargnés de tout
malheur, dans l’après7midi, ils sont surpris en train de consulter des devins ou
les prophètes. Ils interprètent mal le proverbe quidit : « ! "
. »(Aide7toi, le ciel t’aidera.) L’idée [du] continuedonc
son chemin malgré l’effort du christianisme. Mes 69 ans et mes 42 ans
d’apostolat me portent à croire que le christianisme n’a pu rien apporter de
positif dans sa lutte contre [le]. C’est dire que les méthodes employées
2
pour combattre [le]laissent à désirer. »

Il n'est pas étonnant de voir l'Abbé conclure en disant : « Suivre la voie
que nous avons empruntée jusqu’ici dans la lutte contre [le], c’est
3
vouer à l’échec l’évolution du Mukôngo. »Dans l'esprit de l'Abbé Matota,
comme dans celui de beaucoup de Bakôngo, le veutdire la
sorcellerie, d'où il doit être combattu par l'Eglise.

Dans le livre# $
% présente la même Carpenter
crainte de la sorcellerie comme l’un des obstacles aux activités missionnaires
de protestants au Congo. Il écrit à la page 18 concernant les Besikôngo :

« La sorcellerie est leur principale ou seule croyance : tout ce qui advient est
causé par elle; tous les cas de sécheresse, de maladie, de décès, de brûlure,
d'accidents et même les circonstances les plus triviales sont attribuées à la
4
mauvaise influence de la sorcellerie ou du fétiche. »

Il convient de noter que quoique Carpenter ne parle pas du, c’est
ainsi qu’il perçoit la sorcellerie dans cette citation, car tel était et est encore
la compréhension commune de tout protestant et catholique, comme on
peut le constater dans la préface du livre du pasteur baptiste Charles
H. Harvey : « C’est évident que j’ai eu l’aide de plusieurs pour pouvoir écrire

2
Matota7Ndongala7Masinda,"la Kindoki, obstacle à l’évolution chez les Bakôngo", in

&

' (&
)* ' +, Mayidi, 1992, p. 96.
3
Ibidem, p. 97.
4
Carpenter, G.,#$
% , Kinshasa, 1952, page 18.

10

5
sur le sujet [de], ! !!. »(C’est moi
qui souligne).

La difficulté que l’Eglise rencontre dans son approche du problème du
et de la sorcellerie a de nombreuses causes :

Les préjugés et l'ignorance de missionnaires pionniers les a
conduit à ne pas tenir compte de la culture spirituelle de
l’Afrique et même à l’estimer démoniaque. Cela résulte du fait
que l’Eglise n’a pas distingué les éléments positifs des éléments
négatifs ancrés dans la culture africaine, qu’elle n’a pas distingué
lela sorcellerie. Mais cela résulte aussi du fait de de
n’avoir pas accepté que les Noirs ont une philosophie soutenant
leur pensée.
La tentative obstinée, dans une certaine mesure, à comprendre la
mentalité africaine dans une approche rationaliste. Ce qui a
empêché l’Eglise de discerner que le peuple africain utilise un
autre type de raisonnement que l'Occidental, un raisonnement
qui donne la priorité à l'intuition sur la raison, un raisonnement
dans lequel la réalité est métaphysique.
L'Eglise moderne n’arrive pas à changer les mauvaises
présuppositions héritées des missionnaires pionniers au sujet du
et à adopter des nouveaux paradigmes.

Le triste résultat de tout ce gâchis est la conversion superficielle des
tribus bantoues en particulier et des Africains engénéral. John Mbiti
l'explique ainsi : «(…) dans les villages comme dans les villes, l’une des
caractéristiques du christianisme missionnaire estd’être superficiel,
assaisonné de culture et de matérialisme occidental et étranger à l’âme des
6
sociétés africaines. »

5
Harvey, C., , Kinshasa, 1974, p. 1.
6
Mbiti, J.,,

, Yaoundé, 1972, p. 245.

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L’autre résultat de cette mauvaise approche est la destruction du
divin, l’enseignement initiatique divin traditionnel, dans un effort de
l’Eglise de combattre la sorcellerie qu’elle confond au; cette
destruction a conduit à la montée de la sorcellerie.

Tous les chercheurs qui ont étudié le phénomène du ont
commencé par la fausse présupposition que lela sorcellerie et est
cela les a amenés à rater leur cible. La difficulté que l’Eglise rencontre avec
le concept du estd’ordre sémantique. Je propose, dans cette thèse,
d'aborder le problème sous un angle différent : parune analyse
étymologique des motset, je vais tenter de rétablir la véritable
signification de ces concepts africains et aider l’Eglise à établir des nouveaux
paradigmes dans la christianisation de l’Africain et dans la lutte contre la
sorcellerie sur le continent noir.

Le rétablissement du vrai sens des motsetme permettra de
clarifier leur différence de la sorcellerie et du sorcier et d'élucider les trois
niveaux du le divin, l’humain et le démoniaque. Cette distinction
des trois niveaux du, le mystère religieux, contribuera à aider
l'Eglise à comprendre qu’elle doit exploiter les éléments positifs du
divin, œuvrer à élever le humainet à lutter contre le
démoniaque.

La clarification des trois niveaux dupermettra d'expliquer le me
lien entre leeet le christianisme et de proposer l'approch divin
paulinienne envers les Athéniens et les Corinthiens comme un paradigme
efficace dans la christianisation de la mentalité profonde de la tribu. Il
me permettra également de montrer que le développement des Besikôngo
est fonction de la restauration du mystère divin dans le cadre du
christianisme commeun facteur important pour tenir en échec le
mystère démoniaque et pour élever le mystère humain, comme le montre
l'histoire des enfants d'Israël.

En fait, cette étude du mystère religieux des Besikôngo permettra à
l'Eglise d’approcher les tribus bantoues (et les Africains en général) d'une

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