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L'invention du christianisme

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155 pages
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Spécialiste des ré-écritures des textes fondateurs du Judaïsme et du Christianisme, Roger Parmentier a actualisé et publié quinze "livres" de la Bible (notamment Marc, Matthieu, Jean, Apocalypse, Jacques, Amos et Osée, Jonas, le Cantique des cantiques). Savez-vous ce qu'est le vrai "Christianisme" ? Le monde marche à l'envers : violences, oppressions, hypocrisies religieuses... Les tentatives pour améliorer la situation ont échoué. Alors Jésus propose une autre façon de penser, de vivre, en réalisant l'inverse de ce qui fait souffrir et mourir.

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Ajouté le 01 février 2011
Nombre de lectures 26
EAN13 9782296709232
Langue Français
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LINVENTION
UDCHRISTIANISME

Roger PARMENTIER

LINVENTION
UDCHRISTIANISME

(qui aurait horriié et scandalisé Jésus)

© L'H
ARMATTAN
, 2011
5-7, rue de l'École-Poly

technique ; 75005 Paris

hdtitfpf:u//siwown.wh.alirbmraatitraienh@arwmaanttaadno.oc.ofrm
harmattan1@

wanadoo.fr
ISEBANN : :9 9778-822-2299661-3103708748 -4

Cette étude, fruits de longues années de recherches,
de découvertes, de rélexions, est écrite de façon trop
rapide. Mais je n’ai plus le temps. À plus de 91 ans, je
n’ai que trop tardé.
Je me suis hâté, car cela me semblait important.
Roger Parmentier

Mars 2010

L
invention

du

christianisme
1. Introduction
....................................................

9
2. Les textes bibliques concernés*
............................
21
Les Hellénistes anti-chrétiens
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
23
Les Hellénistes chrétiens
(invention du christianisme)
......
32
3. Essai de reconstitution de l’Histoire de l’invention du
Christianisme par les Hellénistes prépauliniens, juifs
« intégristes » hellénisés de la diaspora méditerranéenne

et autre
(Actes des Apôtres, chapitres 6 à 8)
..................

47
Qui étaient-ils ?
...............................................
51
Quand ont-ils inventé le « Christianisme » ?
.............
53
En quoi consistait ce kérygme, ce christianisme ?
Un noyau et un développement, une construction
doctrinale
......................................................
55
On ignore
......................................................
57
« Reconnus » dans « l’Église de Jérusalem »
..............
59
Conséquences catastrophiques
.............................
60
Un coup de maître : Saül devient chrétien,
ses épîtres sont un développement du Kérygme
........
61
Les Hellénistes fabriquent les « évangiles »
. ..............
63
Retrouver « Jésus » ? Un « recueil » retrouvé ?
. ..........
65
Revenir sur la « rumeur de Jérusalem »
...................
67
Pierre a-t-il été séduit par la « rumeur de Jérusalem »

et le kérygme des hellénistes
................................
69
4. Des exégètes contemporains

. ...............................

71
Étienne Trocmé —
Lenfance du christianisme

..............
75
Pierre Géoltrain —
Aux origines du christianisme

..........
93
François Vouga —
À laube du christianisme

...............
97
Charles L’ Eplattenier —
Les Actes des Apôtres

..........
105
Pierre Lémonon —
Les débuts du christianisme

...........
111
Daniel Marguerat —
La première histoire du christianisme


123
François Bovon —
De Jésus de Nazareth au Christ Panto-crator


135
Victor Fusco —
Les premières communautés chrétiennes

...
145
5. Glossaire
.......................................................
151

* Les citations sont tirées de la Bible Bayard
®
.

1. Intr

oduction

ès la mort de Jésus, des juifs « hellénistes » de
Jérusalem (Juifs de la Diaspora méditerranéenne
D
construit le christianisme par la proclamation,
parlant grec et de culture gréco-romaine évoqués
dans les Actes des Apôtres, chapitre 6 à 8) ont
le Kérygme, avec conviction et exaltation, un message, un
système de croyances messianiques ou christologiques
qui
n’avaient rien à voir avec Jésus
(avec sa prédication, son
enseignement, sa proposition d’entrée immédiate dans la tout
autre façon de croire, de penser, de vivre…, ce qu’il appelait
l’entrée dans le « Règne de Dieu »).
Cette « invention » du christianisme était une complète
dénaturation du « projet » de Jésus, une vraie catastrophe qui
nous a été proposée ou imposée pendant vingt siècles.
Il est
temps de revenir à l’authentique.
Le « christianisme » des hellénistes a été construit sur la
« rumeur de Jérusalem », la résurrection de Jésus et sur son
interprétation par quelques citations de l’Ancien Testament.
Il faisait de Jésus un super messie rédempteur, un Kurios
(Dominateur, disposant de pleins pouvoirs), ce qui aurait
indigné Jésus.
Le christianisme a été présenté (et souvent imposé) dans
toutes les variétés de confessions « chrétiennes ».
Il est urgent de retrouver et de réaliser le message authentique
de Jésus, vivable dans toutes les cultures religieuses ou

non religieuses.
« Vous êtes heureux si vous savez ces choses, pourvu que vous
les mettiez en pratique ».
En reconnaissance envers Dieu pour les idèles et les pasteurs
qui ont constitué et animé cette communauté protestante de
disciples de Jésus, à travers enthousiasmes et oppositions,
guerres et paciications, l’Édit de Nantes et sa révocation,
l’exil, l’oppression, la clandestinité, la liberté de conscience et
11

de culte retrouvés par la Révolution française, l’hécatombe
des guerres de la République et de l’Empire, la Terreur
blanche contre les protestants lors de la Restauration, les
Révolutions et les reconstructions, du 18
e
et du 19
e
siècle, les
conquêtes coloniales et les révolutions, la guerre de 1870 et
la Commune, les deux guerres mondiales qui ont durement
frappé notamment les habitants de ce village, tant d’autres
catastrophes et sursauts de foi.
À Dieu seul la gloire !

21

u
n

événement

théoLogique

de

grande

ampLeur

31

L
a

vaLidation

croissante

de
« L
a
s
ource

des

paroLes

de
J
ésus
» (
dite

aussi
L
a
s
ource
q)
la suite de travaux d’exégètes américains, suisses
et aen bénéiciant, le
A
A

msdu Christianisme
prement stupéiant a
été p renom, Frédéric
primitif à la Fac
Calvin) et de Lausanne (réputée pour la qualité de ses travaux
exégétiques). Après un travail considérable, il a donc édité
chez Labor et Fides
« Lévangile inconnu », la Source des Paroles
de Jésus
(traduction, introduction et innotations par Frédéric
Amsler). Comment les paroles authentiques de Jésus, pense-
t-on après examen, ont-elles pu être discernées au milieu de
paroles inauthentiques, mises dans la bouche de Jésus par
des disciples exaltés, certainement sincères et croyant bien
faire ? Tout simplement en constatant que Matthieu et Luc
avaient des phrases identiques (ou des lambeaux de phrases).
Deux hypothèses se présentaient : Ou bien l’un d’eux avait
« copié » l’autre (ça se fait) ; ou bien tous les deux avaient
eu connaissance d’un ensemble de « Paroles de Jésus »
sous forme écrite ou orale ; et Matthieu et Luc les avaient
miraculeusement intégrés, chacun dans son propre évangile
de manière différente. Avec un soin inini, Amsler a donc
reconstitué ce recueil. Ceci représente un examen, une
rélexion et un acquis d’une importance considérable. Mais
Amsler, en quelques pages, nous offre une étude solidement
étayée sur l’histoire de la rédaction des évangiles ; et par
conséquent des lumières essentielles pour la connaissance des
origines du christianisme.

ed ellec( evèneG ed eigoloéhT ed étlu eriotsiH’d ruesseforp ,reled etègéxe nu rap tiudormelbatirév egarvuo rei te ,sertua’d te ,sdnamell
c
onstatations

obtenues

dans

L

examen

de
« L
a
s
ource
»
Amsler écrit : « Dans la
Quelle
(La Source), il n’est jamais
question ni d’Église, ni d’Apôtres »... Mais le plus troublant
est l’absence d’un récit de la Passion et d’une allusion à la
résurrection de Jésus. Ce vide inquiétant pour le croyant
chrétien n’est atténué ni par une mention isolée de la croix, ni
par les accusations portées contre Israël et Jérusalem de tuer
ses prophètes. L’auteur, ou plutôt les auteurs du document
connaissent indubitablement les circonstances de l’exécution
de Jésus, mais cette mort tragique ne fait pas l’objet d’une
interprétation théologique. La bonne nouvelle, l’Évangile, ne
repose pas sur le binôme croix et résurrection, comme chez
l’apôtre Paul et dans toute la tradition chrétienne qui en dépend,
mais sur l’annonce de l’irruption du royaume de Dieu. En
outre, l’absence complète des termes de Messie et de Christ,
qui, avec la proclamation de la résurrection, constituent les
traits distinctifs ordinaires de la foi chrétienne, peut également
faire douter du caractère réellement chrétien de l’ouvrage.
Peut-on imaginer une foi chrétienne sans Christ ? (On a envie
d’ajouter : « mais avec Jésus, un Jésus généralement écarté et
ignoré »)…
« Sur le plan théologique, l’enjeu fondamental de la Source
des Paroles de Jésus est l’existence, aux premiers temps
du christianisme, des chrétiens qui ne confessaient pas
explicitement Jésus comme le Christ, mais qui le tenaient
néanmoins pour un Maître de sagesse prêchant et vivant lui-
même l’abandon de toutes les sécurités de l’existence ».
Pour compléter ce tableau, forcément trop rapide, on lira avec
grand intérêt deux cahiers d’
Évangile
, deux études de l’exégète
catholique réputé, Jean-Pierre Lémonon :
« Jésus prophète et sage »

(nº 119) et
« Les judéo-chrétiens : des témoins oubliés »
(nº 135).
C’est une découverte bouleversante : nous avons fait fausse
route depuis 2000 ans… Jésus n’a jamais voulu être ce Christ
ictif, adoré par les Églises, mais un prophète généralement
inspiré, susceptible d’apporter un remède (« de cheval ») à
tous les maux dont meurt notre humanité et de proposer aux
41

courageux la plus belle façon de vivre, et d’abord de penser,
pour instaurer un vrai Nouveau Monde, un tout autre monde
si elle était prise au sérieux par les institutions ecclésiales, cela
pourrait produire un bouleversement supérieur à la Réforme
du XVI
e
siècle. Mais le voudront-elles ? Peut-être quelques
idèles, quelques prédicateurs ?
Le deuxième ouvrage sur le même thème que j’aimerais
chaudement recommander est celui de Jean-Marc Babut,
exégète et traducteur de la Bible renommé,
« À la recherche (ou
à la découverte) de la Source »
. Le pasteur de l’Église réformée
a été publié par les Dominicains, aux Éditions du Cerf, qui
ont également publié du même auteur
« Pour lire Marc »
,
utile complément au précédent. Bien que passionnants, ces
ouvrages réclament du lecteur une attention soutenue, bien
récompensée.
L’auteur scrute les textes évangéliques avec une rigueur toute
scientiique, mais avec passion, on le sent, évoquant à mes
yeux un détective exigeant, analysant le moindre indice textuel
avant de se prononcer. Il examine « Mots et thèmes » de La
Source en détail. Le chapitre sur « le royaume de Dieu » (ou le
règne), élément central de la proclamation de Jésus m’a paru
le plus important. Il renverse toutes les conceptions en cours
depuis 2000 ans, notamment celles qui feraient exister ce
royaume à la in de notre vie ou à la in du monde. Il présente
successivement « Le message de Jésus » ; « Qui est Dieu ? » ;
« La Bible de la Source » ; « La relation à Dieu » ; « Comment
la Source voit-elle Jésus? » ; « Rapport au judaïsme » ;

« Perspective eschatologique » ; « La Source et la tradition
évangélique recueillie par Marc » ; « Une structure dans Q ».
Conclusion : On est volontairement intéressé ici au contenu du
document et donc limité à un examen synchronique du texte
reconstitué de la Source, pour essayer de dégager, dans l’état où
les évangélistes Matthieu et Luc l’avaient probablement sous
les yeux quand ils composaient leurs propres récits, ce que ce
texte cherchait à transmettre du message de salut proclamé
par Jésus… Un certain nombre de recoupements internes
et externes inviteront probablement « l’historien à faire
jouer alors les critères d’historicité comme ceux d’attestation
51