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La Bible pas à pas, tome 3

De
280 pages
Les deux premiers tomes de la Bible pas à pas ont mis en lumière les grandes figures de l'Ancien Testament d'Adam à Jacob, puis celle de Joseph et son combat contre l'idolâtrie en Égypte.Dans ce troisième volume consacré à l'Exode, surgit la puissante stature de Moïse, le prophète par excellence. Les symboles qui le concernent, bien qu'universellement fameux, sont en réalité assez méconnus quant à leur rôle dans l'économie de la Révélation : les dix plaies, la Pâques, le passage de la mer des Joncs, la manne et les cailles, les tables de la Loi, et tant d'autres... Évoquer Moïse et l'Exode, c'est brosser la fresque épique de « l'homme le plus humble que la Terre ait porté » (Nb 12,3), lequel a libéré le peuple hébreu non seulement de la servitude d'Égypte, mais bien davantage d'un esclavage plus profond que tous les hommes ont en partage, à savoir la « peur de la mort » (Hb 2,15).En effet, Dieu n'a eu aucun mal à faire sortir le peuple d'Égypte, même au prix de la mer fendue en deux, afin qu'il y passe à pied sec ! À l'inverse, faire sortir l'Égypte du coeur de l'homme, tel est le défi véritable dévolu à Moïse sans qu'il parvienne à le relever. Jésus, nouveau Moïse, l'a accompli, lui, pour toute l'humanité, au prix de sa Passion et de sa résurrection. Scruter Moïse, c'est voir se dessiner en filigrane le visage du Christ, « le grand prophète » promis par Dieu au Sinaï (Dt 18,15) afin que quiconque l'écoute, vive éternellement (Jn 5,24).
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La Bible pas à pas
Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction réservés pour tous pays.
© 2015, Groupe Artège Éditions Lethielleux 10, rue Mercœur –75011 Paris 9, espace Méditerranée – 66000 Perpignan
www.editionslethielleux.fr
ISBN : 978-2-249-62313-4 ISBN epub : 978-2-249-62364-6
Jocelyne Tarneaud
LA BIBLE PAS À PAS
Moïse et l’Exode
Volume III
À mon époux Éric, pour son investissement dans la m ise en forme de cet ouvrage. À mon fils Étienne, pour sa fidèle collaboration.
À mes sept enfants, leurs conjoints et mes dix peti ts-enfants – Aurore, Pauline, Jean-Vianney et Aliénor ; Éloïne, Clément et Blanche ; Gabrielle, Roch et Élie – pour la chaleur de leur affection et dans l’espérance de le ur transmettre ce que j’ai reçu.
À tous les lecteurs et lectrices, afin que cet ouvrage puisse les aider à faire des 1 Écritures « la lampe à leurs pas».
1. Ps 119,105.
Avant-propos
En suivant « pas à pas » les héros bibliques, d’Ada m à Joseph en passant par Jacob, nous sommes descendus avec le quatrième patr iarche jusqu’en Égypte, Mizrayimar le génie de Joseph est, la maison de servitude. Hélas, l’eldorado forgé p peu à peu devenu pour son clan un enfer prêt à l’en gloutir. En quatre siècles, les 1 soixante-dix personnes qui formaient le noyau initial ont si bi en proliféré qu’Israël est devenu une « bombe démographique » pour Pharaon , une menace intérieure 2 telle qu’il faut l’éradiquer . Où en est désormais la promesse faite à Abraham : « Quitte ton pays, ta parenté 3 et la maison de ton père, pour le pays que je t’ind iquerai » ? Ne risque-t-elle pas de sombrer irrémédiablement dans le bourbier d’une inh umaine servitude que Dieu lui-même avait prophétisée à Abraham dès l’origine ? « Sache que tes descendants seront des étrangers dans un pays qui ne sera pas l e leur. Ils y seront esclaves, on les opprimera pendant quatre cents ans. Mais je jug erai aussi la nation à laquelle ils 4 auront été asservis et ils sortiront ensuite avec d e grands biens . » Conscient de l’inexorable oracle, Jacob s’est arc-bouté de toute s ses forces pour ne pas quitter Canaan, pour ne pas descendre en Égypte à l’invitat ion du pharaon bienfaiteur de Joseph. Mais ce dernier sait bien que cette résista nce est vaine. La bénédiction primordiale faite à Abraham passe par l’amertume de l’Égypte, tout comme la Résurrection passe par la Croix : « Père, si tu veu x, éloigne de moi cette coupe » supplie Jésus avant d’ajouter : « Cependant que ce ne soit pas ma volonté, mais la 5 tienne qui se fasse . » En effet, le nom hébreu qui désigne l’Égypte,Mizrayim,dont la valeur numérique 6 se réduit à treize, est aussi le nombre bénéfique d es attributs de Dieu . De même que Dieu descend en Égypte avec Joseph, il y descen d aussi avec Moïse pour en faire remonter Israël vers la Terre de Canaan promise à Abraham. Ce passage obligé est prophétique de sa naissance e n tant que nation. En énonçantMizrayim, on entend sonner en échomayim, les eaux, entremêlées au son tsr’image d’une naissance, la rupturesignifie étroit, resserré. Aussitôt s’impose l  qui de la poche des eaux qui permet au fœtus de se fray er une voie à travers le chemin resserré du col de l’utérus grâce aux contractions du travail qui aboutira à la venue au jour du bébé, si tout se passe bien. Voyage péri lleux et douloureux s’il en est qui fait dire au Christ, se référant à sa passion : « L a femme sur le point d’accoucher s’attriste par ce que son heure est venue ; mais lo rsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au 7 monde . » L’Égypte,Mizrayimpar la, est cet utérus où Dieu a fait nider l’œuf fécondé promesse faite à Abraham à Ur de Chaldée. Celui-ci a progressé, comme en la trompe, avec Jacob descendu à Goshen à la rencontre de son fils Joseph devenu 8 Grand Vizir de Pharaon, lui « le fils perdu et retr ouvé ». Moyennant les dix plaies d’Égypte agissant à l’instar des contractions, Isra ël a été expulsé du giron morbide qui menaçait de l’étouffer une fois atteinte la tai lle requise à sa naissance, soit un
peuple d’un peu plus de deux millions d’âmes, fort de six cent mille fantassins ! Car la Terre promise à Abraham n’est pas un lieu vi de à la disposition des premiers venus. C’est pourquoi c’est Yahvé Sabbaot, Dieu des armées qui marche en tête, car il s’agit de la conquérir au préjudice des sept nations qui l’ont investie, plus nombreuses et plus puissantes que ce ramassis d’esclaves en déshérence. Or, ce pays promis à Abraham, est désigné par le terme hébreuaretz(alef,resh,tsadé) dont la somme des lettres (291) se résout à 3. Ce m ot signifie « la terre » plus que « le pays » à proprement parler. Il apparaît dès la Genèse : en effet,aretzen termine le premier verset et en commence le deuxième : « Au commencement, Dieu créa le 9 ciel et laterre. Laterre. » Qu’il apparaisse si tôt et de façon était vide et vague redoublée ne peut que souligner son importance dans l’économie du Salut. Qu’elle soit qualifiée de « vide et vague » (tohû ve bohû, expression devenue proverbiale pour désigner le désordre et le défaut d’harmonie), suggère que ce chaos est impropre à la vie. D’ailleurs, à la fin de ce premi er jour, il n’est pas écrit que « Dieu vit que cela était bon », leitmotiv qui scande les créations des jours suivants. Seule 10 la lumière est qualifiée de bonne ; pas le reste, encore sous l’emprise des ténèbres (‘hesheqean se plaît à le) qui ne sont pas le fait du Créateur comme Saint J 11 souligner : « Dieu est Lumière, en lui point de tén èbres . » Or l’eau qui sourd de la terre et la recouvre tout entière et les ténèbres q ui l’enveloppent, s’opposent au surgissement de la Vie. C’est pourquoi Dieu command e aux eaux de s’amasser en un seul lieu (maqom hejad) pour qu’apparaisse « le sec » (bashah). Et « le sec », Dieu l’appelle « terre », autrement ditaretz. Après quoi « Dieu vit que cela était 12 bon ». Combat cosmique de la lumière contre les ténèbres, lutte titanesque du sec pour apparaître en dépit de l’omnipotence des eaux, tout semble prophétiser dès l’origine la difficile émergence de la terre comme figure de ce pays promis plus tard à Abraham et à sa descendance. Et c’est la permanence du termearetztoutes dans ces occurrences qui en suggère l’idée. Conduire le Peuple élu jusqu’à la Terre, tel est le défi qui incombe à Moïse. Certes, Dieu est aux avant-postes pour donner à Israël l’héritage promis. Mais pour y parvenir, Moïse doit combattre sur deux fronts. D’u ne part faire sortir son peuple d’Égypte, mais de l’autre, et c’est le plus diffici le, faire sortir l’Égypte du cœur d’Israël 13 toujours prêt à faire marche arrière à la vue des c ombats . Il a beau être « le plus 14 humble de tous les hommes que la terre ait portés », il faillira à la tâche et ne verra 15 la Terre que de loin, du haut du mont Nebo, sans po uvoir y pénétrer . En effet, ce livre du Pentateuque que nous appelons l’Exode suggère une libération, la sortie pleine d’espérance du peuple hébreu de l’Égypte, maison de servitude physique, sociale, mais par-dessus religi euse. « Quand tu feras sortir le peuple d’Égypte, dit Dieu à Moïse lors de leur tête -à-tête au buisson ardent, vous 16 servirez Dieu sur cette montagne », signe que la lutte contre l’idolâtrie est bien l’enjeu véritable de l’Exode et la dure pédagogie d u désert. Cependant, en hébreu, ce livre commence par «vehelej shemot bnei israël », voici les noms des fils d’Israël.Shemot, les Noms, désigne pour Israël l’Exode. Ce détail suffit à souligner que le peuple n’est en ri en encore une entité organique, « Une » comme Dieu est « Un ». Ce sont d’abord des tribus, des hommes, des libertés qui doivent adhérer peu à peu au dessein d e Dieu de faire d’eux « la lumière 17 des nations » en leur confiant la Torah au Sinaï. Cette gestat ion houleuse et
18 chaotique à la responsabilité passe par le désert, l’indispensable creuset, et v a durer quarante ans ! Car tel est le nombre de semai nes nécessaires à l’enfantement d’un humain ! Il convient en effet, avant d’entrer dans la Terre de la Promesse, qu’apparaisse un peuple nouveau, purgé de l’idolâtr ie et capable de relever les défis qui l’attendent. Car cette Terre qui se dérobe à la convoitise des o rgueilleux se donne aux humbles : « Heureux les doux car ils possé deront l a terre », affirme Jésus dans la 19 troisième Béatitude . Cette Terre,aretz, composée de trois lettres dont la somme se résout à 3 n’est autre que le sein même de la Tr inité, le Royaume des Cieux 20 promis aux pauvres en esprit . C’est à découvrir les arcanes de cette quête fondatrice et paradoxale que cet ouvrage veut s’emp loyer. La « Terre promise », en tant qu’image du bonheur, n’est-elle pas l’objet et la fin de tout désir humain ? Jocelyne TARNEAUD
1. Gn 46,27. 2. Ex 1,10. 3. Gn 12,1. 4. Gn 15,13-14. 5. Lc 22,42. 6. A. STEINSALTZ,La Rose aux treizepétales, Albin Michel, 2002, p. 9. 7. Jn 16,21. 8. Lc 15,32. 9. Gn 1,1-2. 10. Gn 1,4. 11. 1 Jn 1,5. 12. Gn 1,9-10. 13. Ex 13,17b. 14. Nb 12,3. 15. Dt 34,1-5. 16. Ex 3,12b. 17. Is 49,6. 18. R. DRAÏ,La traversée du désert, Fayard, 1992. 19. Mt 5,5. 20. Mt 5,3.
Chapitre I
Moïse et l’Égypte
1 Le livre de la Genèse s’achève sur le mot Égypte . Quand commence l’Exode, quatre siècles se sont écoulés dans cette Égypte où repose le cercueil du patriarche Joseph dans l’attente d’une grande délivrance qui f era remonter Israël vers la terre 2 de Canaan provisoirement désertée par les fils de J acob . Le second livre du Pentateuque, qui en compte cinq, relate cette migra tion jusqu’aux portes de la Terre promise. En hébreu, l’Exode s’appelleShemot (shin,mem,vaw,taw) qui signifie « les Noms », ceux des douze tribus d’Israël au mom ent de leur entrée dans Mizrayimue que ce qui est en cause. Cette énumération n’est pas fortuite : elle indiq dans ce récit c’est moins un exode, la sortie d’Égy pte et l’entrée dans la Terre de la promesse, que le destin du Peuple de l’Alliance. C’est dans ce contexte, et parmi les descendants de Lévi que Dieu va appeler Moïse. L’exégèse hébraïque souligne que c’est par l e motHashem (hé, shin, mem) qui se traduit « le Nom », que l’on désigne Dieu pa r respect envers sa transcendance. Mais c’est aussi grâce à ces trois l ettres qu’on écritMoshe, forme hébraïque de Moïse, l’homme que Dieu charge de tire r Israël hors de la nasse égyptienne ! La valeur numérique de ces deux noms e st douze, écho aux douze tribus qui constituent le Peuple élu. Bien plus, ce nombre se résout à 3, exactement c o m m earetzhébreu, terme qui désigne la Terre promise ! In sondables en profondeurs des Écritures qui toutes rendent témoig nage à la Trinité et 3 particulièrement au Christ, la Parole faite chair ! Cependant comme l’Histoire du Salut passe par le relais des générations, avant d’ en venir à Moïse, il est nécessaire 4 de remonter au partage de la Terre au terme du Délu ge entre les trois fils de Noé . C’est à Cham (le chaud), le deuxième, qu’échoit le Sud, terre de chaleur comme son nom le suggère. Et parmi les quatre fils de ce dern ier, c’est au second, prénommé 5 Mizrayim , qu’il revient d’hériter de l’Égypte. On se souvie nt de la faute de Cham, 6 découvrant sciemment la nudité de son père pris d’ivresse à l’abri de sa tente pour avoir abusé du vin nouveau, signe du monde nouveau mettant fin à la dévastation des eaux. Le Patriarche dormait, inconscient de la transgression perpétrée par l’impudente curiosité de Cham. En violant son intim ité, ce dernier cherchait à dérober, à l’insu de son père, les secrets de la Co nnaissance remis par Dieu à Noé afin de s’en servir pour conquérir le pouvoir et s’ y maintenir moyennant l’idolâtrie et la magie, comme le prétend la tradition juive. D’ai lleurs, à charge de preuve, l’Égypte ne recèle-t-elle pas quantité de magiciens auxquels Pharaon fera appel pour 7 contrecarrer les prodiges opérés par Moïse et Aaron ? C’est pourquoi Dieu désigne 8 l’Égypte comme la « Maison des Servitudes »,beth abadim, suggérant ainsi, outre