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LA FOI À LAUBE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE (tome 35, n° 2/3)

Livres
210 pages

Description

Dans ce numéro : Les recherches actuelles sur la personne de Jésus (P. Haudebert) ; 2000 ans de Christianisme en Anjou (N.-Y. Tonnerre, F. Laplanche, J.-L. Marais) ; À l’aube du Troisième millénaire, des questions à l’Église (G. Jadeau, B. Mercier, Mgr. C. Cesbron) ; Pardonner à son frère (Mgr. J.-L. Bruguès).

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Publié par
Ajouté le 01 octobre 2001
EAN13 9782296265875
Langue Français
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IMPACTS
La Foi
3èmeà l'aube du millénaire
Tome 35 -Année 2001 - N° 2/3(Ç)L'Harmattan, 2001
ISBN:
ISSN : 0019-2899
REVUE TRIMESTRIELLE
Éditée par
Les Éditions de l'UCO
1, place André Leroy - BP 808 - 49008 ANGERS cedex 01
Tél: 02 41 81 6600 - e-mail: comm@uco.fr
et Les Éditions L'HARMATTAN
5-7, rue de l'Ecole Polytechnique - 75005 PARIS
Tél: 01 404679 14 - e-mail: harmat@worldnet.fr
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1, place André Leroy - ANGERS
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Pierre HAUDEBERT
Noël-Yves TONNERRE
François LAPLANCHE
.Jean-Luc MARAIS
Gabriel .JADEAU
Bernard MERCIER
Mgr Claude CESBRON
Mgr .Jean-Louis BRUGUÈS
:3èmBmillénaireLa Foi à l'aube du
Édition L'Harmattan
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site internet: http://www.editions-harmattan.frPUBLICATIONS DE UUNIVERSITÉ CATHOLIQUE DE UOUEST
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Derniers titres parus: L'École: un champ pour des pratiques psychologiques (Série « Travaux fin
(nO 20, sous la dir. de Patrick Martin-Mattéra).l, 1997) ; Amour et créationd'études ", n°
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Revue bilingue (anglais,français, résumé aussi en espagnol), paraît trois fois par an, un des numé-
ros étant double; réalisée au Moreanum, centre de recherche relevant de l'IRFA (OCO), MOREANA
est le bulletin de l'Association internationale Amici Thomae Mori ; elle préside à la recherche mon-
diale sur S. Thomas More (1477-1535), ses écrits et son univers, notamment Erasme, Luther et
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Dernier fascicule paru: 143 144 (décembre 2000)n° -
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vivantes et des collègues associés aux quatre Unités de Recherche.
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N°24 Exiif et créationslittéraires (sous la direction de Béatrice CACERES).
CAHIERS UNIVERSITAIRES ET PROFESSIONNELS ANGEVINS.
Émanant de six Instituts spécialement voués à la formation de formateurs, la publication propose
des études qui ont trait à la formation dans ses rapports avec la culture, la vie professionnelle, les
recherches et approches théoriques. Trois séries ont trait respectivement à « Formation et
« Acteurs et développement, approches sociales et humainesFormateurs « Recherches et", ",
approches théoriques
".
Titres publiés: PsychoPédagogie du lire-écrire.Des théoriesen question: approchehistoriqueet épistémologique
- La médiation enpédagogie.Enjeux anthropologiques.OMMAIRE
3èmeLa Foi à l'aube du millénaire
Avant-Propos ..9
LEs RECHERCHES ACTUELLES SUR LA PERSONNE DE JÉSUS
............. ...19Pierre HAUDEBERT La personne de Jésus. .. . .
2000 ANS DE CHRISTIANISME EN ANJoU
Noël-Yves TONNERRE L'Anjou à la veille des fondations
cisterciennes .4
François LAPLANCHE La réforme protestante en Anjou:
réalités d'autrefois, questions pour
aujourd'hui. ..71
L'Anjou chrétien: un modèle? ..97Jean-Luc MARAISA L'AUBE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE, DES QUESTIONS
A L'ÉGUSE
Gabriel JADEAU L'Église et la « préférence évangélique
pourles pauvres ». . . . . . . . . . . . . .. .115
Bernard MERCIER Foi chrétienne et pluralisme religieux .137
Mgr Claude CESBRON Proposer la Foi dans la société
actuelle . .. .155
PARDONNER A SON FRÈRE
Mgr Jean-Louis BRUGUÈS
Pardonner à son frère.. ..173
Vie de l'Uca
Mgr Claude CESBRON Avec fierté. . . . . . .195
Cardinal Jean HONORÉ Les signes de Sa Main..... .196
Bibliographie
Mgr Louis COLLIN ..199Avant~
La grâce du Jubilé réside la surprise, lorsque des
chrétiens sont interrogés sur ce
'il est un fruit du Jubil~ de que leur a permis ce Ju?ilé,S l'an 2000, nous pournons
beaucoup s'expriment en dISant
dire que ce fut celui de la sur-
que cela leur a redonné le sen-
prise. Au fil de sa préparation,
timent du bonheur d'être chré-
des trois années de catéchèse tien. Les fêtes, les pèlerinages
proposées par le pape et sur- qui ont marqué leJubilé, la créa-
tout tout au long de l'année
tivité à laquelle cette année a
jubilaire, les communautés chré-
donné lieu ont fait de ces diver-
tiennes se sont finalement laissé
ses propositions une heureuse
un peu prendre par la grâce du
alchimie qui peu à peu a gagné
Jubilé. Ce n'était pas gagné d'a-
bon nombre de communautés
vance ont dit certains, il y avait
chrétiennes.
des craintes, des réticences.
Plonger dans ses racines en fai-
Comment les propositions tra-
sant un retour sur 2000 ans de
ditionnelles du Jubilé allaient-
christianisme, venir au coeur de
elles trouver un écho chez des
la foi chrétienne, comme nous
chrétiens appelés à vivre leur
y invitaient déjà les évêques
foi au coeur de la modernité?
français dans leur Lettre aux
Et pourtant, et c'est là que
catholiqURS, cela a permis à denombreux chrétiens d'oser Les recherches actuelles
reconnaître ce bonheur d'être sur la personne de Jésus
chrétien et de reconnaître que
La première conférence était à
leur foi n'était pas un handicap
la charnière de ce double objec-
à la rencontre avec les autres, y
tif. Le Père Haudebert, profes-
compris avec ceux qui ne la par-
seur à la Faculté de théologie
tagent pas. Le Jubilé a permis à
d'Angers, nous mettait d'em-
beaucoup de vivre la recon-
blée dans la perspective du
naissance de leur identité chré-
Jubilé en nous recentrant sur latIenne, non pas comme un
personne de Jésus et, en même
risque de repli identitaire, mais
temps, il nous obligeait à pren-
comme une chance pour un
dre en compte les questions de
dialogue en vérité avec d'autres
notre temps; questions posées
courants de pensée ou tradi-
par nos contemporains sur la
tions religieuses.
personne de Jésus. Le cinéma,
L'Université Catholique de
la télévision, la littérature ne
l'Ouest a contribué à tout cela
manquent pas de s'intéresser,
en proposant, de janvier à
encore aujourd 'hui, à la per-
novembre 2000 les huit confé-
sonnalité de Jésus. L'homme
rences qui sont regroupées dans
moderne, comme celui des
ce volume. Ce cycle de confé-
générations précédentes est tou-
rences préparé par le Diocèse
jours fasciné par cette person-
d'Angers et l'UCO avait pour
nalité. Et si la reconnaissance
ambition de permettre tout à la
du Jésus de l'histoire ne conduit
fois un retour aux sources de
pas nécessairement à la confes-
la foi et une prise en compte
sion de foi, il est clair que celle-
. ,des défis lancés aux chrétiens
CIpeut s appuyer sur toutes les
par le monde d'aujourd'hui.
recherches historiques faites
actuellement. Ce fut le grand
intérêt de la conférence du Père
Haudebert, de nous resituer les
diverses approches sur Jésus
durant les siècles passés.
102000 ans de christianisme fut celle de la réforme protes-
en Anjou tante. François LAPLANCHE,
directeur de recherche hono-
Il aurait été vain, durant ce cycle raire au CNRS, nous présenta
de conférences, de vouloir retra-
donc l'histoire du protestan-
cer 2000 ans de christianisme
tisme en Anjou. L'Anjou n'est
en quelques heures. Un double certes pas une région fortement
parti fut pris dès le début: d'une
marquée par le protestantisme,
part concentrer notre regard sur
mais il y eut cependant à
l'Eglise d'Anjou, d'autre part Saumur, à une cenaine époque,
procéder par « sondage », en près de 10% des habitants qui
mettant en relief trois périodes
étaient protestants. Et dans la
de cette histoire.
première moitié du 17ème siècle
La première approche histo- Saumur fut un haut lieu d'éru-
rique fut faite par M Noël-Yves dition et d'enseignement théo-
TONNERRE, professeur d'his- logique pour les protestants.
toire médiévale à l'Université L'Académie protestante déli-
d'Angers. La richesse de la vie vrait des grades universitaires
religieuse en Anjou au Moyen et préparait près de 20% des
Âge méritait ce choix de s'inté- pasteurs protestants de France.
resser aux implantations des Le regard sur l'histoire est tou-
premières abbayes en Anjou et jours intéressant pour l'éclai-
en paniculier des abbayes cis- rage qu'il apporte sur notre
terciennes. Des abbayes ont for- présent. M. LAPLANCHE ne
tement marqué l'Anjou, cacha pas les conflits entre
Saint- Aubin, Saint-Serge, Saint- catholiques et protestants, les
Florent et plus tard, bien sûr, épisodes tragiques et doulou-
Fontevraud. Les monastères reux qui marquèrent en Anjou,
étaient des foyers de vie lirur- comme ailleurs, leurs relations.
gique, intellectuelle mais aussi La question est alors posée, et
économique et avec les prieurés elle demeure d'actualité: com-
leur influence fut considérable. ment concilier conviction et
tolérance, vérité et charité?La période qui fut proposée au
second conférencier historien C'est la question que nous livre
11François LAPLANŒIE au terme fois dans son fonctionnement,
de sa présentation. dans la réflexion qu'elle porte
sur elle-même, et aussi dans laC'est à M. Jean-Luc MARAIS ., .
perceptIon qu en ont ceux qUtqu'il revenait d'introduire les
se situent à l'extérieur. Cela nousauditeurs des conférences du
conduit tout naturellement auxJubilé dans le troisième et der-
trois conférences suivantes quinier regard historique. Maître
présentent, là aussi parmi biende conférences en histoire
d'autres possibilités, commecontemporaine à l'Université
trois grands défis auxquels sed'Angers, il nous proposait un
trouve confrontée l'Église.regard sur l'Anjou chrétien de
1800 à 1950. Cette période fait A l'aube
apparaître un nouveau modèle du troisième millénaire,
de la vie chrétienne. Le clergé des questions à l'Église
n'a plus la même physionomie
Dans la tradition biblique duque celui de l'Ancien Régime,
Jubilé ce fut sans doute l'appella religion devient plus popu-
à la remise de la dette qui eut lelaire, les manifestations reli-
plus d'échos chez de nombreuxgieuses sont nombreuses et
chrétiens. C'est la piste qui futsimples, les symboles religieux
retenue par l'abbé Gabrielmarquent à la fois l'espace (égli-
JADEAU, prêtre du diocèseses, calvaires etc.) et le temps
d'Angers, responsable adjoint(fêtes religieuses, cycle litUr-
de la Formation permanente,gique), l'ordre social est bien
dans sa conférence sur «L'Égliseintégré à la vie ecclésiale; Jean-
et lapréférence évangélique pourLuc MARAIs,parle, à ce propos
les pauvres ». Cette préférenced'un « ordre social angevin
s'enracine dans le mystèreecclésiocratique ». Mais après
même de Dieu, puisqu'en Dieu1950 ce modèle va peu à peu
même, Amour et pauvreté neéclater, pour des raisons exter-
. ..
font qu'un. L'option préféren-nes malS aussI mternes.
tielle pour les pauvres n'estsiècle va boule-La fin du 20'''''
donc pas une conséquence de
verser le visage de l'Église à la
12l'acte de foi, elle en est un élé- affirme sa conviction «j'aim! la
ment constitutif. Comme le rap- foi chrmmne parœ qu'elle est exi-
pelle la parabole du jugement de ». Dans la démar-c/ialqJœwre
dernier en Matthieu 25, le che- che même de Dieu vers
rnin vers Ie Christ est un chernin l'homme se découvre cette
qui passe par celui qui est mar- vocation au dialogue, cette
qué par la pauvreté, quelle que à être les «imitateurs»
soit la forme de cette pauvreté. de Celuien qui ilscroient. C'est
Le Jubilé a appelé les chrétiens à l'éclairagede cette notion de
à se mettre devant cette exi- dialogue que peut alors s'abor-
gence de la solidarité et aussi à der la question de la relation
oser se laisser instruire par les des chrétiens avec les autres tra-
plus pauvres. Il ya chez eux une ditions religieuses. «L'É fiise est
force de renouvellement pour indissociable d'une expérienœ de
l'Église, si elle sait leur faire une l'autre », c'est dans cette lumière
place. C'est l'un des appels par que doit être alors revisitée l'af-
lequell'abbéJADEAUterminait firmation centrale de la foi chré-
sa conférence. tienne sur le Christ unique
médiateur du salut. La situationUn autre défi qui marque l'ac-
èmesiècle,des chrétiens au 21tualité de l'Église est celui de la
dans beaucoup de régions durencontre de la foi chrétienne
monde, exige que la réflexionavec le pluralisme religieux.
et le comportement des com-L'abbé Bernard MERGER,prêtre
munautés chrétiennes soientdu diocèse d'Angers, de l'équipe
approfondis sur ce point.de Formation Permanente et
enseignant à la Faculté de théo- Le dialogue avec les autres tra-
logie a souvent travaillé cette ditions religieuses ne dispense
question tant dans ses recher- cependant pas le chrétien d'en-
ches personnelles qu'au gré de tendre à chaque génération l'ap-
nombreuses rencontres avec pel qui a bouleversé l'apôtre
des croyants d'autres traditions Paul: «Malheur à mi si je nan-
spirituelles ou religieuses. Y1l»1Œ pas tE ». Le regard
1.n1'lfi1e
D'emblée le conférencier sur le siècle écoulé et le passage
13à un nouveau millénaire sont proposition de la foi pour
propices aux bilans et aux aujourd'hui.
prospectives. L'année de Jubilé
Pardonner à son frère
fut ainsi, pour beaucoup, une
occasion de réentendre l'appel Il revenait à l'évêque d'Angers
lancé par les évêques français de conclure ce cycle de confé-
en 1996 à « Proposer lafoi dans rences. Ordonné évêque
la société actuelle ». Mgr d'Angers, le 30 avril précédent,
Cesbron, Recteur de ru CO devenu chancelier de
était bien placé pour aborder ru niversité Catholique de
cette conférence puisqu'il fut, l'Ouest, Mgr Jean-Louis
avec d'autres et aux côtés de Bruguès prononça cette der-
Mgr Dagens, un des experts qui nière conférence du Jubilé le 14
ont aidé à préparer cette lettre novembre 2000. Selon le désir
des évêques aux catholiques de des organisateurs, il ne s'agis-
France. Le défi est de grande sait pas d'une conclusion mais
ampleur, il appelle à sortir de plutôt d'une conférence d'en-
certains clivages ou oppositions voi et il n'est pas anodin que le
comme celle entre évangélisa- thème choisi par Mgr Bruguès
tion et sacramentalisation ; la fut celui du pardon. A l'aube
préparation et la célébration des d'un nouveau siècle et d'un nou-
sacrements sont aussi des lieux veau millénaire n'est-ce pas un
de proposition de la foi. L'appel des cadeaux les plus précieux
des évêques de 1996 rejoint que les chrétiens peuvent
bien la démarche proposée par contribuer à apporter à la cité.
le Jubilé. En se recentrant sur le À la question posée parfois de
Christ, en revenant aux sources savoir si l'on peut pardonner
de la foi chrétienne, l'Eglise est
l'inexcusable, le philosophe juif
invitée à redécouvrir le coeur Jankélévitch avait eu cette
de sa mission: célébrer le salut, réponse que Mgr Bruguès rap-
servir la vie des hommes et pelait dès le début de sa confé-
annoncer l'Evangile. Sur ces trois rence : « Le pardon peut ce que
pôles de la mission de l'Église l'excuse nepeut pas». La force
peut s'articuler un effort de
14d'une telle réponse dit bien la Les pages qui suivent livrent le
profondeur d 'humanité vers texte de ces huit conférences.
laquelle s'engagent ceux qui Au terme de 2000 ans de chris-
acceptent de réfléchir sur le par- tianisme, ces pages nous mVl-
don. Une fois comprise l'ap- tent à regarder lucidement vers
proche éthique du pardon, sous l'avenir. Nous sommes héritiers
le registre de la responsabilité, d'une histoire riche et parfois
ambiguë, mais cette histoireMgr Bruguès nous entra"mevers
une réflexion novatrice à nous renvoie toujours à la
laquellenous invitent les divers source: Jésus-Christ, hier,
actes de repentance qu'a susci- aujourd'hui et demain. D'autres,
tés le Jubilé. On ne peut un jour, liront les pages de l'his-
demander pardon pour les fau- toire de l'Eglise que nous écri-
tes des autres, fussent de nos vons aujourd'hui, puissent-ils y
ancêtres. Par contre, dans une redécouvrir, comme nous l'a-
attitude de profonde solidarité vons fait chez nos prédéces-
humaine, il est une demande seurs, la saveur de l'évangile et
que l'on peut faire, une le bonheur d'être chrétien.
demande adressée à Dieu, qu'il pardonne ceux:
Jean QuRIs
de nos ancêtres qui ont pu être
Prêtre du diocèse d'Angerscoupables. Parce que ce sont
Vicaire épiscopal du Choletaisdes frères en humanité, parce
Responsable de la Formationque nous nous sentons pétris
Permanentede la même pâte humaine, parce
qu'aujourd'hui se développent
encore des conséquences de
leurs fautes, il nous importe de
nous tourner vers Dieu pour
implorer son pardon. Ce que
Mgr Bruguèsappellele «pardon
selon la solidarité ».
15les recherches actuelles sur la personne
de Jésuspersonne de JésusLa
Pierre HAUDEBERTLA PERSONNE DE JÉSUS
a question de Jésus, précisons, de «Jésus historique», qu'il convient
de distinguer de celle du «Christ de la foi» -la suite du dévelop-
pement précisera cette distinction- ne date pas d'hier. Pour faireL
vite, nous pourrions dire qu'elle remonte au siècle des Lumières, en
précisant toutefois que ses plus beaux jours se situent entre 1850 et
1950. C'est ainsi que la Vie deJésusd'Ernest RENAN,parue en juin 1863,
a connu un succès extraordinaire: 10 éditions l'année même de sa paru-
tion, traduction immédiate en allemand, anglais, danois, espagnol, italien,
portugais, russe... et même esperanto ; en 1867, quatre ans après, elle
en est à sa troisième édition; soixante ans plus tard, en 1923, elle tota-
lise 205 éditions françaises et 216 étrangères I. Fort modeste à côté, avec
ses 200 000 exemplaires, vendus l'année même de sa sortie, c'est-à-dire
1994, le Jésus de Jacques DUQUESNE2n'en constitue pas moins un suc-
cès de librairie impressionnant compte tenu du paysage religieux fran-
çais de cette fm de siècle.
Cela dit, apportons tout de suite deux précisions qui, nous semble-t-il,
caractérisent Je débat actuel. Tout d'abord, nous ne sommes plus au
temps où le docteur PL. COUCHOUD,à la suite de VOLNEY(1791) et
DUPUIS (1794), dans son ouvrage Jésus le Dieufait homme (paris, 1937)3,
s'ingéniait à nier l'historicité de la personne de Jésus et s'égarait dans la
voie du mythe4. Cette problématique, négative à tous égards, est totale-
, ment abandonnée aujourd'hui. Aussi bien, ne retiendra-t-elle pas plus
CUVllLlER, E., «Jésus historique dans l'exégèse francophone., in Jésus de Nazareth.
Nouvelles approches d'une énigme, MARGUERAT,D., et alii, éd. Ed.labor et Fides, Coll.
Le Monde de la Bible 38, Genève, 1998, p. 63, note 12. Ouvrage cité désormais:
Nouvelles approches.
2 CUVlllIER, E., art. cil., p. 85, note 108.
Ce titre n'a rien à voir avec l'ouvrage récent de MESSADIE, G., L'homme qui devint Dieu,
I. 1 et2, Paris, 1988-1989. 11«manque de rigueur scientifique et (fait preuve d'une)
méconnaissance des enjeux herméneutiques de la question. (CUVllUER, E., art. cit., p.
80, note 85). Cf. la critique de P. GRElOT, Un Jésus de comédie: l'homme qui devint Dieu,
Paris, 1989.
4 Notons toutefois l'ouvrage de STEPHANE, M., La Passion de Jésus, fait d'histoire ou
ob;et de croyance, Paris, 1959, qui tente de 'rajeuni( la thèse mythique de COUCHOUD.
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