La révolution du pasteur rappeur

La révolution du pasteur rappeur

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Livres
128 pages

Description

C’est dans le ghetto camerounais de Mokolo surnommé « Madagascar » que Manou Bolomik voit le jour. Sa mère n’a que 17 ans quand il naît. Bagarres de rue, alcool, malnutrition plantent le décor de ce bidonville où il passera toute son enfance.


Ce contexte et plusieurs deuils familiaux viennent assombrir la vie de Manou qui s’enferme dans la haine, la violence, la pornographie… Le rap devient l’exécutoire de sa colère. Le jour de la rentrée, il est renvoyé de son lycée, malgré tous les efforts de sa mère pour rassembler des économies année après année pour lui offrir d’aller à l’école. Cette sentence irrémédiable réduit en cendres tous ses espoirs de réussite. C’est alors que sa vie bascule totalement au travers d’une rencontre forte, celle de Dieu. Des bidonvilles du Cameroun aux défis à relever par l’Église de France, ce livre-entretien avec le journaliste Paul Ohlott est un témoignage puissant de rédemption. Plus qu’un récit de vie, il s’intéresse aux enjeux actuels des Églises ethniques en France et de l’évangélisation.


Manou est chanteur de rap chrétien. Son 3e album, « Révolution », le classe définitivement dans les éléments majeurs de la scène rap française. Il se produit régulièrement en concerts (France métropolitaine, Québec, DOM TOM…). Installé à Pau, il est pasteur d’une église évangélique, père de deux enfants et diplômé d’une maitrise en éco-gestion. Son ministère est très riche et diversifié, et trouve son impact le plus fort auprès des jeunes (prévention contre le suicide, la pornographie, l’avortement, ateliers artistiques…)

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Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2011
Nombre de lectures 67
EAN13 9782365260602
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Au commencement était le Verbe. Le Verbe s’est incarné...Et chez Manou, le Verbe est devenu rap.
Préface
Quand j’ai connu Manou, le rap n’était pas ma tasse de thé. J’avais été hippie et plutôt « Côte Ouest » sur le plan musical. Mais quand j’ai entendu ce grand escogriffe, tout juste débarqué d’Afrique, jongler avec les mots et les faire exploser et claquer comme le bouquet final d’un feu d’artifice, j’ai mesuré toute la dimension du personnage et de son talent. Et j’ai aimé, non, j’ai « kiffé ». Il faut dire qu’avant l’artiste, j’avais déjà été séduit par Manou le jeune chrétien, plein de foi et d’ardeur pour servir Dieu et les autres. Il y a un feu qui le dévore, c’est l’Évangile.
Père et grand-père une kyrielle de fois, je suis aussi devenu père adoptif d’un Africain avec une bouche toute grande ouverte sur un cœur encore plus grand. Dans ma vie j’ai misé sur bien des personnes improbables, des « zéros de la vie » chez qui j’ai vu naître et surgir des héros. Manou est de ceux-là, de ceux qui ne se prennent pas la tête. Son héroïne ? Sa femme Lauryne, qui bien mieux qu’une muse, sait l’encourager, le comprendre, l’attendre parfois et le rassurer toujours.
Manou est bien plus qu’un rappeur, c’est un poète. Je me suis souvent demandé si c’était dans son ghetto qu’il avait si bien appris à manier notre langue. Quand son concert est correctement sonorisé, si vous parvenez à vous arrimer au texte en vous agrippant de toutes vos forces au fil des mots qui passent, et que vous restez arcboutés tant bien que mal dans cette position jusqu’à la fin du chant, alors débutera l’enchantement des mots qui virevoltent, vous caressent ou vous cognent, avec ce désir étrange que la chanson ne s’arrête pas. Essayez l’immersion : émotion et régal garantis.
Manou est avant tout pasteur. Il est membre de l’équipe de quatre pasteurs que j’ai la fierté de diriger au sein de l’Église Le Phare à Lons près de Pau. Et c’est un collaborateur que j’apprécie tout particulièrement. Pasteur aimé de toutes les générations de l’Église, il est un prédicateur étonnant et enflammé. Son jugement et ses conseils sont précieux et de plus, c’est un travailleur acharné. Lorsque nous avons pendant 7 ans construit notre nouvelle salle de culte, énorme outil pour la diffusion de l’Évangile, l’équipe pastorale était au premier rang des travailleurs bénévoles et Manou n’a jamais rechigné à la tâche, préparant parfois ses concerts le soir ou la nuit. Le rap n’est qu’un de ses talents, mais il l’utilise comme outil de sa vocation.
Devant hélas l’hécatombe morale et spirituelle qui entraîne dans la ruine tant d’artistes présentés comme chrétiens, parce qu’ils n’ont tout simplement pas respecté certains principes fondamentaux, l’attitude de Manou est exemplaire ; et à tous ceux qui voudraient suivre ses pas dans le milieu artistique, je veux dévoiler son secret. Il vous faudra aimer et servir Dieu plus que tout en travaillant plus que tous, considérer le succès comme un serviteur mais jamais comme un maître, et enfin,
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rester un humble serviteur de Dieu, enraciné dans son Église locale.
Quand on me demande si Dieu est favorable au rap et si c’est la place d’une telle musique dans l’Église, je réponds que je ne sais pas si les anges du Ciel rappent mais je suis par contre bien conscient que certains chrétiens ou responsables d’Églises dérapent quand ils jugent et tranchent sans savoir de quoi et de qui ils parlent. Beaucoup dans les Églises se fourvoient gravement en confondant moderne et mondain. Ils pensent que la sainteté s’épanouit quand on s’isole, se protège en rompant avec les autres. Si quelque chose doit être rompu, c’est bien le pain que l’on partage au nom de Jésus-Christ, appelé l’ami des pécheurs et des gens de mauvaise vie. Et entre nous, quitte à choisir l’endroit où je voudrais habiter, je préfèrerais habiter une tente près de l’enfer plutôt qu’un palace non loin du paradis, car là au moins, j’aurais encore une chance d’en avertir quelques-uns...
Le rap n’est trop souvent que haine et blasphème. Avec Manou, il devient louange, témoignage et bonne nouvelle. Alors, « Allez ! Vozzi Manou, vozzi leur djire que Dieu les aime à tous ces petits des banlieues qui, semblables aux ouvriers de la dernière heure, restent assis toute la journée, à attendre en vain que quelqu’un vienne miser sur eux ».
Serge SantanderPasteur de l’Église ÉvangéliqueLe Phareà Pau
Préface
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Présentation des auteurs
Manou BOLOMIKchanteur de rap chrétien et pasteur. est Originaire du Cameroun où il a grandi dans des conditions précaires, il y découvre le rap comme exutoire à sa colère et ses souffrances et y fonde son premier groupe Archangelik. Arrivé en France en 1999, il s’installe dans les Pyrénées. Il obtient en 2004 une maîtrise en économie à l’Université de Pau, pour finalement s’orienter vers des études en théologie. Sa carrière de rappeur prend forme avec un premier album, Fantastik, en 2002. Les deux albums suivants,Au maximum1 etRévolution, confirment son succès et le placent parmi les valeurs sûres de la scène rap française chrétienne. Aujourd’hui pasteur à Pau dans une Église évangélique, il exerce un ministère d’accompagnement et de prévention, notamment sur les questions du suicide, de l’avortement, de la pornographie... qui trouve un impact particulièrement fort auprès des jeunes. Homme de conviction,Paul OHLOTTest le responsable du site Actu-Chretienne.Net qui attire plusieurs dizaines de milliers de visiteurs chaque mois. Plus de 12 000 personnes sont abonnées au fil d’actualité. Par ailleurs, il travaille pour TopChretien.Com, le plus grand portail chrétien francophone et co-anime Ze Mag, une
1 Fantastik,Au maximumetRévolution, label Première Partie Music.
émission de télévision diffusée sur les chaînes TBN Europe, ACG & ATV (Antilles), Impact TV (Burkina Faso), Télé Zion (Togo), TPT (Congo), RTEVA & Diffusion TV (RDC), Radio Télé Lumière (Haïti) et le réseau Phare FM (France). Également journaliste pour Dieu TV et chroniqueur pour la radio Phare FM, il avait commencé sa carrière en présentant un FlashInfo hebdomadaire pour un collectif d’une trentaine de radios et en travaillant pour différents magazines liés au groupe franco-Suisse Alliance Presse. Paul OHLOTT a aussi publié plusieurs « livres-entretiens ». Orateur apprécié, il participe à diverses conférences afin d’encourager l’Église à relever les nombreux défis qui se dressent sur sa route, et à encourager les chrétiens à s’investir dans les différentes sphères d’influence de la société. Enfin, il est l’un des responsables du Centre Chrétien Carmel, une Église protestante évangélique récemment implantée à Toulouse.
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Introduction de Paul Ohlott
« On ne choisit pas de naître sur les trottoirs de Manille », 1 chantait Maxime Le Forestier . Mais quand bien même notre vie aurait « mal commencé » par une naissance dans un ghetto, il est toujours possible de s’accrocher de manière irrationnelle à un rêve « déposé » dans le cœur, tel un Jamal Malik dans le célèbre filmSlumdog Millionnaire. Pour Emmanuel Bolomik, plus connu par les amateurs de rap sous le pseudo de « Manou », ce rêve n’était pas la poursuite du grand amour à travers tout le pays, mais la certitude qu’un jour il voyagerait pour accomplir une grande mission pour Dieu. Dieu ? Que vient-il faire ici ? Peut-on trouver Dieu dans ce lieu où le dénuement, la souffrance et la violence marquent tristement le quotidien ? Que s’est-il donc passé dans la vie du « fils mal-aimé » du ghetto de Mokolo (Cameroun) pour qu’il ait subitement envie de servir Dieu ? Pourquoi un tel revirement chez celui qui passait tout son temps à déverser sa haine et sa rébellion par le biais de son groupe de rap ?
1  Maxime Le Forestier,Né quelque part, chanson de l’album éponyme paru en 1987 chez Polidor
Au cours de cet entretien, Manou nous raconte la vie qu’il a menée au Cameroun et nous explique dans quelles circonstances celle-ci va connaître une véritable révolution, au point de l’amener à devenir un prédicateur zélé de l’Évangile. L’occasion de partager avec nous le choc culturel et spirituel qu’il a connu lors de son arrivée en France, les difficultés de son intégration et ses premiers pas dans le ministère pastoral. Manou n’hésite pas à marcher à contre-courant d’un nouveau phénomène religieux, en privilégiant une Église multiethnique et multiculturelle, à la prolifération des Églises ethniques bien souvent repliées sur elles-mêmes. Enfin, le « pasteur-rappeur » de Pau encourage les jeunes à expérimenter la présence de Dieu et à devenir les acteurs d’une révolution qui commence, tout naturellement, au sein de l’Église. Êtes-vous prêt à être bouleversé en profondeur ? Êtes-vous prêt à entrer dans une nouvelle dimension de foi ? Êtes-vous prêt pour une aventure qui vous conduira à faire la rencontre vivante de Dieu ? Après les premiers succès des « livres-entretiens » que j’ai 1 2 menés avec Carlos Payan et Saïd Oujibou , je suis heureux de vous livrer le témoignage et les convictions percutantes de ce révolutionnaire du Christ ! Manou a trouvé la bonne formule pour aimer tout en prêchant sans détour un Évangile dépoussiéré. Une alchimie étonnante, conjuguant à merveille la percussion du rap à la douceur pastorale !
1e La guérison divine au 21 siècle. Vos doutes, mes convictions, Carlos Payan et Paul Oholtt, Éditions Première Partie 2 Fier d’être arabe et chrétien, Saïd Oujibou et Paul Ohlott, Éditions Première Partie 22La révolution du pasteur rappeur
Puisse ce parcours hors-normes vous encourager et vous inspirer. Laissez-vous gagner par cette révolution dont la Francophonie a tant besoin ! Paul OHLOTT
Introduction 23