Le combat politique de Jésus sera remplacé par la mythologie des "hellénistes"

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Le pasteur Roger Parmentier nous enchante par les transcriptions qu'il fait des anciens textes bibliques en actualisations saisissantes. Il nous captive par ses prises de position sur les sujets sociaux et politiques actuels les plus brûlants dans sa longue expérience de la vie politique. Il nous jette à la figure, dans son nouvel ouvrage que voici, une vision percutante et bouleversante de l'Evangile de Jésus.

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Ajouté le 01 juillet 2008
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EAN13 9782296200791
Langue Français
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La réalisation immédiate du monde heureux
Le combat politique de Jésus sera remplacé par la mythologie des "hellénistes"

Schémas

Roger Parmentier

La réalisation immédiate du monde heureux
Le combat politique de Jésus sera remplacé par la mythologie des "hellénistes"

Schémas
L'avantage des schémas c'est d'être schématiques... de simplifier, peut-être de clarifier...

L'inconvénient des schémas, c'est d'être schématiques... incomplets, sans nuances... Mais ils peuvent stimuler la réflexion.

Convictions en miettes... mais miettes de convictions...

L'Harmattan

@L.HARMATTAN. 5-7, rue de l'École-Polytechnique;

2008 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-05869-9 EAN : 9782296058699

TABLE DES MATIÈRES

ENVOI par Gilles Castelnau INTRODUCTION LE COMBAT POLITIQUE DE JÉSUS

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...

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13

La réalisation immédiate du monde heureux
LA DÉNATURATION

- LE KÉRYGME

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Retrouver le trésor refusé et enfoui: la proposition politique et prophétique de Jésus, la seule issue aux détresses et aux menaces La sagesse de Jésus: un évangile politique face aux organisateurs de catastrophes Deux « christianismes» : celui de Jésus (écarté) et celui des « chrétiens» Le KÉRYGME des Chrétiens, l'invention d'un mythe triomphaliste JUIFS HELLÉNISTESCHRÉTIENS ESSAI... L'INVENTION DU KÉRYGME
NOUVELLES CONCLUSIONS Notice

93 133
145 171

Envoi
Le pasteur Roger Pannentier nous enchante par les transcriptions qu'il fait des anciens textes bibliques en actualisations saisissantes. Il nous captive par ses prises de position sur les sujets sociaux et politiques actuels les plus brûlants dans sa longue expérience de la vie politique. Il nous jette à la figure, dans son nouvel ouvqtge que voici, une vision percutante et bouleversante de l'Evangile de Jésus. Loin de se laisser aller à des fantasmes discutables, c'est toute sa science biblique et théologique qui sous-tend ces pages ébouriffantes. Ceux de nos contemporains qui sentent leur foi se liquéfier et les abandonner inexorablement, trouveront dans ces pages brûlantes toutes les raisons d'accroître encore cette désolation. Et sur ces ruines surgira alors la Réalité vivante et dynamique, fraternelle et souriante du Monde heureux. Gilles Castelnau

Nota Bene. : Dans la partie' Juifs Hellénistes chrétiens, les textes, notes et encadrés sont tirés de la Nouvelle Bible Segond, sous la direction de Hemi Blocher, Jean-Claude Dubs, Mario Echtler 'Û',Jean-Claude Verrecchia. Coordination Didier Fougeras. ~ Société biblique française 2002. Avec autorisation. 7

Introduction
Un constat d'effondrement? - Le Protestantisme doit-il mourir ? Jean Baubérot Daniel Hervieu-Léger - Catholicisme, lafin du monde Heinz Zahrnt - À quoi sert le christianisme Henri Guillemin - Malheureuse Église Michel Clévenot - L'Église perd la raison Jean-Paul Willaime - La précarité protestante Danièle Hervieu-Léger - La religion en miettes... Engen Drevermann - La parole et l'angoisse Pierre Lathuilière - Le fondamentalisme catholique Émile Poulat - Où va le christianisme? ? Danièle Hervieu- Léger - Vers un christianisme nouveau Jean Zumstein - Sauvez la Bible André Gounelle - Après la mort de Dieu
et tellement d'autres ouvrages bien informés!

Nous ne pouvons plus dire que nous n'avons pas été avertis... La crise des christianismes est là, comme on n'en avait jamais connue... On devrait parler d'effondrement. «Alors, que reste-t-il? Qu'est-ce qui tient encore debout? - Justement. Peut-être l'essentiel est-il là, opportunément redécouvert, un trésor prodigieux, bêtement laissé à côté majoritairement par ceux qui ont bâti l'Église, les Églises: la proposition de Jésus, d'une audace inouïe: Renverser radicalement, prendre le contre-pied systématique de tout ce qui va mal dans le monde: Entrer immédiatement dans « le règne de Dieu» (comme on disait dans le jargon religieux d'il y a deux mille ans) La plupart des chrétiens d'aujourd'hui (et pendant des siècles) ne savent généralement pas (et n'ont pas su) que le vrai christianisme c'était lui; et ont accepté (comme vous et moi) qu'un tout autre christianisme s'impose et nous soit 9

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imposé. Mais il y a toujours eu, au cours des siècles, d'excellents connaisseurs pour faire le bon choix. Et nous? Nous avons la chance inouïe que la théologie du règne de Dieu longtemps en concurrence avec celle de Karl Barth (et maintenant sur ses ruines), émerge de plus en plus. Voir le travail magnifique de François Vouga et Martin Stiewe, le Sermon sur la Montagne (Ed. Labor et Fidès) et la prise en compte décisive de « La Source» (Q). Un immense espoir se lève... L'effondrement actuel Un sondage récent affirmait qu'il n'y avait plus que 51 % de Français à se déclarer catholiques. Et que seulement la moitié d'entre eux adhéraient aux affirmations du « Credo». Reste donc environ 25 % de catholiques convaincus (selon les définitions de cette Églises). Mais il est vraisemblable qu'une grande partie des autres sont à la recherche d'un christianisme libéré des convictions convenues. Un Président d'une ÉgJise Protestante française a déclaré que,la situation n'était pas vraiment grave, car « d'après les Etats statistiques» elle n'aurait perdu « que» 30 % de ses membres. . . On reste stupéfait de cette façon de minimiser la crise dans le Protestantisme. Il est vrai que cette affirmation était apportée à une Assemblée de Pasteurs retraités, que l'on ne voulait pas trop inquiéter, comme ces personnes âgées à qui l'on cache les drames de la planète, pour ne pas les angoisser. . . L'effondrement en cours (car il est loin d'être fini) serait désespérant, si de vraies raisons d'espérer n'avaient surgi récemment. Mais n'est-il pas trop tard pour qu'elles soient prises en compte? Faisons comme Jésus: inventons la représentation de Dieu que nous croyons nécessaire, indispensable pour que 1'humanité survive, devienne intelligente et s'épanouisse. Pour réaliser ce qu'il appelle à tort et dans le jargon religieux de l'époque « le royaume de Dieu », en un temps où il existait des royaume et des rois effroyables et où Dieu 10

était une valeur sûre, reconnue, évidente et qui ne faisait pas problème (ce qui n'est plus du tout notre situation, en tout cas dans les sociétés modernes, agnostiques, scientifiques, sécularisées), pour réaliser son « Royaume de Dieu », une volonté de générosité et de miséricorde sans limite, il lui a fallu inventer une nouvelle représentation de Dieu qui tranchait avec toutes les précédentes d'un despote qui massacre à-tout-va, les noyés du Déluge, les grillés de Sodome et Gomorrhe, les premiers-nés d'Egypte et l'armée égyptienne, massacré son soi-disant peuple élu exterminé, quand il devient adorateur du veau d'or, et massacreur sioniste des populations cananéennes, philistines, amalécites, phéniciennes quand elles ont eu le malheur d'être dépouillées et décimées au bénéfice des prétendus destinataires de la « terre promise» (et qu'aurait dit Jésus s'il avait connu le Dieu des premiers chrétiens faisant le sacrifice abominable d'un innocent, au bénéfice d'une bande d'inqualifiables, vous et moi, et pas mal d'autres). Jésus, donc, pour réaliser son utopie fantastique a été obligé d'inventer une représentation arbitraire et fausse d'un Dieu généreux et miséricordieux dont il décryptait l'image dans la nature, le Dieu qui fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons, sur les injustes comme sur les justes, en laissant de côté tout ce qu'il y a de mauvais pour l'homme dans la nature, les effrayants cataclysmes météorologiques, les glaciations, les volcans et les tremblements de terre, les bêtes féroces et les serpents venimeux, et de charmants éléments microscopiques comme ceux qui provoquent sida, maladies vénériennes, paludisme et tuberculose et autres joyeusetés, sans parler des humains qu'on trouve aussi dans la nature et qui depuis des millénaires s'acharnent à torturer, massacrer, exploiter, faire souffrir de mille manières... Mais l'intention de Jésus partait d'un bon sentiment: il avait besoin d'un Dieu exemplaire pour tenter de fabriquer une humanité généreuse et miséricordieuse, ce qui n'était pas un mince travail, on le voit encore aujourd'hui, un Dieu qui suscite des sentiments inouïs, un Dieu qui provoque des vocations de kamikazes dévoués et des inspirations révolutionnaires, inventives et humanitaristes. Il embauche.

Il

Le combat politique de Jésus a échoué
(voir plus loin, à partir de la page 43)

La proposition de réalisation immédiate du monde heureux
Quelqu'un, un humain, un des nôtres, a osé imaginer et commencer à mettre en œuvre un renversement complet de tous les désordres et de toutes les détresses, le rejet de toutes les politiques et les morales censées leur porter remède... Mais - ses propositions ont été généralement rejetées, - les pouvoirs politiques et religieux s'y sont opposés, - ils se sont coalisés pour se débarrasser de lui, - même la foule, versatile, les a soutenus Et le pire: - de prétendus disciples ont inventé un tout autre « christianisme », mythologique et justifiant des pouvoirs politiques et religieux absolus, les théocraties chrétiennes, les « chrétientés ». - et ont eu l'audace de le présenter sous le nom de Jésus, en le dénaturant par l'adjonction du mot « Messie », le roi sacré, - et fait de lui effectivement pour des siècles le Dominateur, le Dominus, le Seigneur du ciel et de la terre qui nous a été présenté jusqu'ici... - remplaçant la proposition de Jésus d'un renversement total par un message (un kérygme) séduisant et illusoire. Cependant, tout espoir n'est pas perdu, au contraire: - les chrétientés abusives s'effondrent 13

- le trésor écarté, longtemps enfoui et pourtant conservé, a refait surface... Il est repris au sérieux par des poignées de volontaires...

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Alerte: on s'est trompé de « christianisme» !
De cette erreur d'aiguillage, vous n'êtes pour rien. Ça s'est passé il y a très longtemps, tout au début, juste au début, juste après la mort de Jésus. On s'est mis à remplacer le christianisme de Jésus par celui de disciples mal inspirés ou de sympathisants qui se sont cru tout permis pourvu que cela les séduise et que ça marche auprès des gens; disciples ou sympathisants plus soucieux d'un message triomphaliste et leur permettant de convaincre des adversaires juifs que de respecter l'enseignement de Jésus (dont ils ne se préoccupent guère) et d'authenticité spirituelle. Jusqu'ici vous n'y êtes pour rien. Mais si vous persévérez dans l'erreur, vous y serez pour quelque chose:« Perseverare diabo/icum» (continuer c'est catastrophique). En fait il s'agit moins de trouver ou de désigner des« coupables », que de tenter avec courage de sortir de cette situation consternante. Jésus avait fait une proposition fabuleuse, fruit d'observation et de réflexion profonde sur le train de ce monde, du point de vue social, politique, religieux, courant à la catastrophe... une proposition inouïe et gigantesque: mettre fin à tout ce qui va mal dans le monde, tout ce qui fait souffrir et mourir les humains. Il avait appelé cela (dans le langage de son temps) le «règne de Dieu », prendre le contre-pied de toutes les horreurs et de toutes les injustices. l'aimerais appeler ça la proposition du «monde renversé» ou «la grande réalisation du monde heureux ». C'était fantastique (et humainement délirant, d'ailleurs on l'a pris pour un fou !). Bien sûr, c'était gratuit, proposition généreuse; mais - en un sens - le prix à payer était considérable: renoncer à tous ses pouvoirs (et à ses pouvoirs de nuisance) et à toutes ses richesses. C'était exaltant et plus révolutionnaire que toutes les révolutions imaginables! Cela mettait en fureur tous les pouvoirs établis qui, avec raison, se sont sentis menacés, déstabilisés, dénoncés. Et d'autre part, bien des auditeurs de Jésus se sont ingéniés à comprendre de
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travers sa proposition. Parmi eux les fondamentalistes et nationalistes alliés décidés à une insurrection généralisée contre la domination romaine. Horrible dénaturation. Justement Jésus voulait combattre ce type de fanatisme qui ne pouvait que conduire à la catastrophe (d'ailleurs on l'a bien vérifié lors de la guerre des Juifs contre les Romains, en l'an 66-70) Et au cours des siècles ce nationalisme religieux a continué à faire des dégâts, vous l'avez constaté. Autre méprise grave: tandis que Jésus parlait d'un royaume à portée de la main, immédiatement accessible, réalisable sans délai, des nuls ont interprété sa proposition dans un sens futuriste: ton règne viendra plus tard! Et on s'est mis à inventer un christianisme de l'attente (plus ou moins fébrile). Jésus disait: «Le royaume est là. » Eux ont compris (ou feint de comprendre) qu'il viendrait plus tard. Une prière tardive est allée jusqu'à dire «Que ton règne vienne! » Et on s'est mis à vivre, non pas dans la réalisation immédiate, mais dans l'espérance de la «parousie» (une seconde venue de ce Jésus dont ils avaient fait un Messie, un Christ). D'autres se sont mis à imaginer que Jésus voulait dire: « Vous entrerez dans mon royaume après votre mort ». Et c'est ce que croient encore beaucoup de gens. Mais le pire allait venir quand on a changé de christianisme, quand on a fait de Jésus (qualifié de Messie) le personnage divin qui gouverne le monde, le Seigneur, le Dominus qui règne en dominateur; quelle horreur, quelle dénaturation de Jésus, humble parmi les humbles et les humiliés; et quelle dénaturation de son message, voulant mettre fin à tous les abus de tous les pouvoirs! Car cette effarante doctrine de Jésus Dominateur, Kurios, Seigneur, allait légitimer l'abomination de la théocratie dite chrétienne, l'alliance d'un pouvoir politique tyrannique, celui de l'Empereur qui s'affirme « chrétien» et le« lieu-tenant» du Christ, et du pouvoir religieux absolu, infaillible, s'arrogeant le pouvoir scandaleux de« Vicaire du Christ ». Pauvre Jésus, dont le message si généreux a été dénaturé à ce point, et cela dure encore... Al1ez vous rester indifférents? Un tout autre christianisme est possible, inouï, et que peutêtre même vous n'imaginez pas et n'osez pas espérer, tant il vous a été peu présenté, qu'on vous a caché en l' ensevelissant par ce christianisme qui aurait horrifié et scandalisé
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Jésus; oui, le véritable évangile est possible et crédible, bien que généralement écarté et remplacé par ceux qui lui ont préféré les « contes de fées pour grandes personnes », peut-être crédibles autrefois, mais sûrement plus de nos jours; contes de fées recevables en des temps crédules, naïfs, délirants, superstitieux, super-religieux; mais de moins en moins aujourd'hui. Accueillez plutôt, vous aussi, l'évangile surprenant de Jésus, annonçant qu'un tout autre monde est possible (car Jésus a été radicalement « altermondialiste» et avant tous les autres). Ce qui est un véritable « miracle» dans ces circonstances, c'est que l'évangile de Jésus n'ait pas complètement disparu, mais qu'il ait été intégré dans les évangiles de Matthieu et de Luc, dans ce qu'on appelle aujourd'hui « les Logia » ou « la Source Q », où l'on est arrivé à les retrouver, pour notre bonheur et l'avenir de l'humanité. Si vous le pensez vraiment, vous pouvez vous associer en pensée aux paroles de ce chant «Nous entrons dans ton royaume» : Nous entrons dans ton « royaume» Dans ton monde « renversé» Génial et inespéré...
Nous entrons dans ton « royaume », Révolution et bonté Et tout mal éliminé...

Du monde que tous convoitent Franchissant la porte étroite En ton monde « renversé» L'espéré, inespéré... Nous entrons dans ton « royaume », Dans ton monde « renversé» Qui guérit tous les blessés'
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