Le Saint-Siège et l'État indépendant du Congo (1885-1908)

-

Livres
332 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Cette étude veut rendre compte non seulement de la façon dont s'est articulé le rapport entre le Saint-Siège (Papauté, Secrétairerie d'État et Congrégation de la Propaganda Fide) et l'État Indépendant du Congo (EIC) autour de l'organisation des missions catholiques, mais surtout dégager les éléments qui expliquent les raisons profondes des choix opérés par le Siège apostolique et évaluer l'incidence de ces choix sur la vie de l'Église catholique renaissante du Congo.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2016
Nombre de visites sur la page 3
EAN13 9782140022470
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

f
Richard Dane LokandoLE SAINT-SIÈGE
ET L’ÉTAT INDÉPENDANT DU CONGO (1885-1908)
L’organisation des missions catholiques
LE SAINT-SIÈGE
La naissance de l’État indépendant du Congo, en 1885, vient remettre en
ET L’ÉTAT INDÉPENDANT DU CONGOcause non seulement la cartographie missionnaire de l’Afrique équatoriale
telle que voulue par Rome, mais aussi l’hégémonie des missions
(1885-1908)françaises dans cette région. Léopold II veut une juridiction ecclésiastique
indépendante pour son État, à confer à des missionnaires exclusivement
belges. En outre, il refuse l’ingérence des supérieurs religieux étrangers sur L’organisation des missions catholiques
le territoire de son État. Il veut donc renégocier l’organisation religieuse de
l’État indépendant du Congo, sur une base nationaliste, et conditionne son
appui à l’observance de cette exigence.
Dans un contexte où le Saint-Siège veut reconquérir son rôle international
perdu depuis 1870 et où il se trouve privé des moyens de sa politique,
l’entente avec les puissances favorables à la cause catholique lui est plus
qu’indispensable. C’est dans ces conditions qu’il renégocie avec Léopold II
l’organisation religieuse de l’État indépendant du Congo.
Cette étude veut rendre compte non seulement de la façon dont s’est
articulé le rapport entre le Saint-Siège (Papauté, Secrétairerie d’État et
Congrégation de la Propaganda Fide) et l’État indépendant du Congo
autour de l’organisation des missions catholiques, mais surtout dégager
les éléments qui expliquent les raisons profondes des choix opérés par le
Siège apostolique et évaluer l’incidence de ces choix sur la vie de l’Église
catholique renaissante du Congo.
Richard Dane Lokando, prêtre du diocèse d’Isiro-Niangara (République
démocratique du Congo), est détenteur d’un doctorat en histoire de l’Église de
l’Université ponticale grégorienne de Rome (2016). Cette étude constitue sa
première contribution à la connaissance de l’histoire religieuse de son pays.
En couverture : Église Saint Jean-Baptiste, Faradje,
photographiée par l’auteur.
ISBN : 978-2-343-10434-8
33,50 €
LE SAINT-SIÈGE
ET L’ÉTAT INDÉPENDANT DU CONGO (1885-1908)
Richard Dane Lokando
L’organisation des missions catholiques
Eglises d’Afrique

















Le Saint-Siège
et l’État indépendant du Congo
(1885-1908)
















Églises d’Afrique
Collection dirigée par Denis Pryen


Depuis plus de deux millénaires, le phénomène chrétien s’est inscrit
profondément dans la réalité socio-culturelle, économique et politique de
l’Occident, au point d’en être le fil d’Ariane pour qui veut comprendre
réellement les fondements de la civilisation judéo-chrétienne. Grâce aux
mouvements d’explorations scientifiques, suivis d’expansions coloniales et
missionnaires, le christianisme, porté par plusieurs générations d’hommes et
de femmes, s’est répandu, entre autres contrées et à différentes époques, en
Afrique. D’où la naissance de plusieurs communautés ecclésiales qui ont
beaucoup contribué, grâce à leurs œuvres socio-éducatives et hospitalières, à
l’avènement de plusieurs cadres, hommes et femmes de valeur. Quel est
aujourd’hui, dans les domaines économiques, politiques et culturels, le rôle
de l’Église en Afrique ? Face aux défis de la mondialisation, en quoi les
Églises d’Afrique participeraient-elles d’une dynamique qui leur serait
propre ? Autant de questions et de problématiques que la collection « Églises
d’Afrique » entend étudier.

Dernières parutions


François RAKOTOMALALA, Le rôle de l’Eglise à Madagascar dans la
promotion du bien commun, 2016.
Bertrand Magloire NDONGMO, Église catholique et processus
démocratique au Cameroun. Une analyse de la participation politique dans
les archidiocèses de Douala et de Yaoundé, 2016.
Paul Venance NTAMBWE KASONGO, Normes canoniques sur les moyens
d’éviter les litiges, Contexte culturel du Congo-Kinshasa, 2016.
Honorine NGONO, La place et le rôle de la femme dans l’Église, 2016.
Dieudonné ZOGNONG, Christianisme et liberté, Les paradoxes du
pentecôtisme en Afrique noire, 2016.
Simon-Pierre IYANANIO, L’Église catholique et l’éducation à la
citoyenneté en République démocratique du Congo, 2016.
Léon Magloire FOÉ, De la culture à l’inculturation, 2016.
Pierre-Hilaire DJUNGANDEKE PESSE, Le leadership de Néhémie comme
paradigme pour la reconstruction en République démocratique du Congo,
Analyse sociale et herméneutique chrétienne de Néhémie 2-5, 2016.
Stanislas LONGONGA, La crise financière des Églises d’Afrique.
Conséquences sur le ministère des prêtres, 2016.
Louis BIRA, Consacrés africains, pour quoi faire ? Redécouvrir la fonction
sociale des vœux religieux, 2015.
Richard DANE LOKANDO






















Le Saint-Siège
et l’État indépendant du Congo
(1885-1908)


L’organisation des missions catholiques

































































































































































© L’Harmattan, 2016
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-10434-8
EAN : 9782343104348
DEDIDACE
A la mémoire de tous les battisseurs de l’Eglise
catholique au Congo. V
D
L
R

W
Q
H
&
$
J
Q

R
Q
U
H
I
L
U


3
H
U
&
0

R
6
F
H


]
D
Q
O
H
D
L
U
V
L
G
U
R
D
P
L
R
W
X
H
D
W
V
&
W
E
F

W
&
]
Q

O

H
Q
W
L
L
D
P
H
U
V
G
U
R
SIGLES ET ABRÉVIATIONS
AAM : HOHQ 0HFK KLHIWH MN$U SHOL VFKRS LV $DUWV
ACCICM :
LD LV (Kadoc / Leuven)
Acta: $FWD UDH 6DF QLV HJDWLR &RQJU GH JDQGD URSD GH )L
(dans APF).
Affaires Etrangères: Affaires Etrangères : correspondances avec les
Puissances étrangères (fonds d’archives, AMAE).
Africa Centrale: XUH 6FULWW LWH HL LUHVV LFD IU OH UD
UDE SLD$ (WKL (dans APF)
A.I.A. : Association Internationale Africaine
A.I.C. : Association Internationale du Congo
AMAE : Archives du ministère des Affaires étrangères belge
(Bruxelles)
A.P.Bl. Archives Générales des Pères Blancs (Rome)
APF : DQGD)LG URSDJ RGL3 UL WR $UFKLYL
licoAp : FR OL$SRVWR
APR : Archives du Palais Royal (Bruxelles)
ARSC : Académie Royale des Sciences Coloniales
ARSI :
ARSOM : Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer
Art. : Article
ASV: Archives Secrètes du Vatican
B.O. : Bulletin Officiel de l’Etat Indépendant du Congo
ronB : Baron
Card. : Cardinal
C.E.H.C. : Comité d’Etudes du Haut Congo
C.F.L. : Compagnie de Chemin de Fer du Congo aux Grands
Lacs Africains
CIC : L LF ULV&DQRQ &RGH[, (1983)
CICM : 0D WL& OD FX R,P&RQJUHJD
CPAG : Congo : Politique et Administration Générale
(AMAE).
EDB : RJ LDQH%R HKRQ LRQL' (GL]
E.I.C. : Etat Indépendant du Congo
E.V.: WUD D9RV D(P D9R (FFHOOHQ
mo
E : Eminentissimo, Eccellentissimo
F.: (Feuille)
F.C.K. : Facultés Catholiques de Kinshasa (actuelle
Université Catholique du Congo)
Fasc. : ( Fascicule)
maIll : LPD ULVV OXV ,O
9
)DVFLFRO
)RJOLR

$UFKLYXP5RP DQXP 6R FL DWL ,H X
,P FXOWL &R QJUHJD RQL V HQ WUD $UFKLYXPW
H
L
O
O

H


H
O
6

R
R
&

L
G

R
H
Q

W


j
H
V
L
D

5
H
G
W

V
H
P
L
V

6
W

V


Q
R
F

5
Q
H

O
W
J
$
Q
W

R
L
]

H
W
'
L
W
L
R
IRCB : Institut Royal Colonial Belge
Lettere: HUH /HWW H HWL FU GHOOD 6DJUD QH &RQJUHJD
DU JUH V6H 0RQ GL %LJOLH (dans APF)
LL.AA.RR. : OL 5HDH]]H OW /H/RUR$
LL.MM.: 0DH /H/RUR (Leur Majesté)
M.D.B.: Musée de la Dynastie à Bruxelles
Missions : V VL RQLV 0VH &XOWH (dans AMAE).
Nuova Serie : (dans APF).
Nunz. Belgio: R Q%HOJ UHL Q]LDWX HOOH1X $UFKLYL (dans ASV)
Port. : Portefeuille (subdivision d’un fonds archivistique)
Pos. : RQ 3RVL] (Position : subdivision d’un fonds
d’archives)
Prot. : OR RO 3URWRF
r…: … recto
R.H.E. : Revue d’Histoire Ecclésiastique (Louvain-la-Neuve)
maR : LP HQGLVV 5HYHU
Rév.: Révérend
R.P.: end Père / 3DGUH GR HUHQ 5HY
RR.PP.: Révérends Pères / L L3DGU UHQ YH
Rubr.: D 5XEULF (Rubrique)
R.V.:
S.C. Belgio-Olanda: L QHULIHUXUHWW6FUL LRDQGD OJ2 HVVL%H &RQJU (dans
APF)
S.C. Congo : XUH WW 6FUL ULWHULIH HL VL QJUHV ULFD $I OD $QJ
&RQJR O QHJD ,VRO DQR FH �2 LFR DQW GH (dans
APF)
S.C.: D]LRQH JUHJ 6DFUD&RQ ( Sacrée Congrégation )
S.M. : Sa Majesté
S.M.T.F. : Sa Majesté Très Fidèle (Roi du Portugal)
S.RR.SS.: H6H]LR WLDSSRU OL WL WD (Archives de la
Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques
extraordinaires).
SS.:
SVD : Société du Verbe Divin
T.R.P. : Très Révérend Père
v…: …verso
V.M. j D0D 9RVWU
V.P.: LWj HUQ D3DW9RVWU
V.R.: ]D HUH D5LY 9RVWU
V.S. : Vostra Signoria
Vol. : Volume
10
6DQFWLV XV
6XD0D WVj
5HYHU HQWLD9H WUD
1XRYD6H UL

D
W
R

DQG

,
,

Y
3URSDJ
AVANT-PROPOS
Au moment de publier cette étude, fruit de plusieurs années de
recherches, d’approfondissements et confrontations positives, il m’est un
devoir de remercier, le Seigneur qui m’a donné la capacité aussi bien de la
concevoir que de la réaliser.
Je remercie ensuite Leurs Excellences Messeigneurs Julien Andavo
d’Isiro-Niangara (RDC) et Corrado Pizziolo de Vittorio-Veneto (Italie), la
Congrégation pour l’évangélisation des Peuples ainsi que DXO RKQ3
LRQ )RXQGDW qui, par leurs diverses et indispensables contributions, m’ont
permis de commencer et d’achever cette initiation à l’étude et à l’écriture de
l’histoire.
Une reconnaissance toute spéciale s’adresse au professeur Fidel González
Fernández, car il a ravivé en moi l’intérêt pour l’histoire religieuse du
continent africain. En lui j’ai trouvé un ami, un initiateur et un guide dans
mon effort pour comprendre la politique du Saint-Siège dans la diffusion de
la religion catholique au Congo. De même, je suis très reconnaissant envers
le professeur Jean-Michel Derex qui n’a ménagé aucun effort pour relire et
corriger ce texte. Ses suggestions et encouragements m’ont beaucoup aidé
dans la finalisation de cette publication.
Je remercie également le Collège Saint-Paul Apotre, le
R WLF LDV HFFOHV LDQR /HRQ ainsi que la paroisse d’Ogliano qui m’ont offert,
pendant ces années d’études, non seulement l’hospitalité, mais aussi un
cadre adéquat pour la réalisation de ce travail. De la même façon, je remercie
la communauté des Pères Dominicains de Leuven pour l’accueil et l’appui
reçus pendant mes différents séjours de recherches en Belgique.
Je ne saurais taire l’assistance et les conseils combien précieux de
différents archivistes rencontrés au cours de mes recherches tant en Italie
qu’en Belgique. Je pense à ceux des Archives Secrètes du Vatican, des
Archives historiques de la section pour les Rapports avec les Etats de la
Secrétairerie d’Etat du Vatican, des Archives historiques de la
)LGH , des Archives du ministère des Affaires étrangères belge, des Archives
du Palais Royal de Bruxelles, des Archives de l’Archidiocèse de
MalinesBruxelles ainsi que des Archives du Centre Kadoc-Leuven. Qu’ils trouvent
ici l’expression de ma sincère gratitude.
Je voudrais également remercier le Professeur Etienne Zana Etambala de
l’Université Catholique de Louvain pour ses conseils et observations,
lesquels m’ont été d’une très grande utilité pour l’orientation à donner à cette
recherche et pour son approfondissement.
Je ne saurais conclure sans penser à tous les frères et sœurs avec qui j’ai
partagé les joies et peines de ces années d’études à Rome : S. Exc. Mgr
Madrapile, les compagnons de promotion, les amis du CERDC-Unigre, les
amis de la SOBANU, notamment Tasile, Abule, Mizingi, Upartho, Angora,
11
&RQ LWGinipalo, Adesengie, Kota, Tabani, Banga, Asimbo, Ukelokpa,
Kambilombilo, Mandeyi, Kpioheda, Foyo, Ingalite, Nzimaro, Siamu, Afeko,
Bendi, Masini et tous les autres dont les noms ne sont tus que par souci de ne
pas allonger infiniment la liste. A tous je dis merci pour l’amitié et la
fraternité partagées.
Enfin, je remercie, de façon toute particulière, mes Parents Emile et
Angèle, mes Frères et Sœur, ainsi que tous ceux qui, de près ou de loin,
m’ont soutenu de leurs prières, affection et attention.
12�
H
X
R
1



V

H
;
;

W
H
;

[
X
D

H
E

H
X
T
V


X
H
F

H
U
W
V
H

V
H
W
F
V
U

W
H

V
H
K
F
U
H
K
F
U
H
/
INTRODUCTION GENERALE
1. Choix et intérêt du sujet
Trois facteurs nous ont déterminé à choisir ce thème de recherche. Il y a
tout d’abord le constat d’un vide historiographique sur les problématiques
globales relatives au déploiement et à l’opérativité des missions catholiques
au Congo. Ce manque de synthèse ne permet pas à l’historien de percevoir
correctement, sur la longue durée, l’évolution de certaines questions
globales, lesquelles ne se posent que partiellement dans les études
sectorielles de type congrégationniste ou régional. Par exemple, il est
difficile de se rendre compte de l’existence ou non d’une politique romaine
de déploiement au Congo du personnel missionnaire (in)disponible, comme
aussi des raisons de l’(in)existence de cette politique, lorsqu’on étudie une
mission donnée. Une telle question vaut la peine d’être approfondie lorsque
l’on sait que le recrutement et l’emplacement de différentes sociétés
missionnaires au Congo n’ont pas été les fruits du hasard, mais des choix
minutieusement faits sur base et en fonction de visées précises.
Ensuite, l’intérêt de plus en plus croissant, notamment en Belgique, pour
une meilleure connaissance du passé colonial belge, a porté à jeter de
nouvelles lumières sur le rapport de la Belgique avec ses anciennes colonies
(République Démocratique du Congo, Rwanda et Burundi). Dans ce cadre,
l’aventure congolaise de Léopold II – longtemps laissée comme champs
1
d’investigation exclusif de l’historiographie anglo-saxonne – est
régulièrement revisitée, relue et parfois réécrite sur base d’une analyse moins
2passionnée des sources archivistiques désormais rendues accessibles . La
nouvelle perspective ainsi entamée se caractérise tant par un rejet de
l’apologétique coloniale que par le refus d’une lecture idéologique servant à
des fins politiques ou autres. Elle veut regarder l’héritage léopoldien en face
et dans toute sa complexité, recourant – pour ce faire – à une démarche
interdisciplinaire. Dans ce contexte, il nous est apparu utile de reconsidérer

1 Les premières synthèses sur le rapport de la Belgique avec ses ex-colonies proviennent
du monde anglo-saxon : L.H. Gann et P. Duignan, B. Emerson, R.O. Collins, R. Cornevin, C,
Young, T. Turner, W. MacGaffey, R. Lemarchand, N. Hunt, B. Jewsiewicki, etc. Cf. P. VAN
SCHUYLENBERGH, « Historiographie et passé colonial », dans P. VAN SCHUYLENBERGH – C.
LANNEAU – P.-L. PLASMAN (dir.),
LYSHSH Q KLRL RQLDORO Bruxelles, P.I.E. PETER LANG, 2014,
4142.
2 A ce sujet, lire GILLET,FL., « L’histoire coloniale en débat : examen d’une Belgique en
repentir », dans 51 (septembre-octobre 2007), 70-77. C’est aussi dans ce cadre
que s’inscrit l’ouvrage publié sous la direction de Patricia Van Schuylenbergh, Catherine
Lanneau et Pierre-Luc Plasman et ci-haut cité.
13
YHPHQ WV0R
YHOO LqFOHV H ,; HOJ UL $I
L
P
R
O
R
V
J
U
D
W
L
F

&

X
G
R
Q
S
p
G
Q
,

W
F
:
R
Q


F
S
P
R
R
O
R
V

D
W
L
I
W
L

Q
H
H
W
W
J
D
R
L

,
Q
W
H
U
Q
D
W
L
R

&
U
L
V
L
V

*
U
D
Q

K
H
D
W

H

H


W

6





+
L
V
W
U
H
0

H
W

&
O
X
O
3le rapport tissé par le Saint-Siège avec cet Etat léopoldien , de façon à
comprendre son incidence sur l’organisation des missions catholiques au
Congo.
Enfin, il y a le constat amer d’une indifférence généralisée sur le sort
des populations congolaises, notamment celles de l’Est de la République
Démocratique du Congo, soumises à un capitalisme avilissant dont les
conséquences se chiffrent par des milliers de morts. Elles doivent produire
vite et à bas prix, non des produits finis, mais des matières premières (bois,
or, niobium, cuivre, diamant, etc.) pour les industries des pays capitalistes.
Cela entraine la déforestation, les massacres continuels des civils, les
4déplacements continuels des populations entières, etc. On dirait que
l’histoire se répète ou que la surexploitation du Congo sous Léopold II se
prolonge dans la longue durée.
Ces trois facteurs ont suscité en nous le désir non seulement
d’approfondir nos connaissances sur la construction du Congo léopoldien,
mais aussi et surtout de comprendre le rôle qu’y a joué le Saint-Siège. En
effet, la période léopoldienne qui voit se construire l’Etat du Congo, est aussi
celle de l’implantation du catholicisme contemporain dans ce même
territoire. Partant, autant le Saint-Siège que l’Etat du Congo ont eu à recourir
l’un à l’aide de l’autre pour l’organisation des missions catholiques,
lesquelles missions devaient servir les causes aussi bien de la civilisation
voulue par l’Etat que de l’évangélisation voulue par le Saint-Siège. Dans un
tel contexte, il n’a certainement pas manqué de complicités, de divergences
de vue voire des tensions. Ce sont donc ces considérations qui justifient le
choix de notre thème de recherche : /H LqJ DLQ6 W DWO�( QWHQGD
&RQJR RQ WL DQLVD /�R GHV RQV VVL TXHVKROL WU
V URPL WF WVH OL FRQI

3 Un tel besoin a également été ressenti par le Kadoc qui a organisé, du 8 au 10 novembre
2010, un colloque international, à l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance de la R.D.
Congo, sur le thème : 5HJL QLRQ QLRQ Gp DX . Les
actes de ce colloque sont encore à paraitre, mais une brève présentation en a été faite par
VELLUT, J.-L., dans RL RQGH XU n° 16 (2010/4), 161-165, sous le titre
« ‘Religion, colonisation et décolonisation au Congo 1885-1960’. Colloque du Kadoc Leuven,
8-10 novembre 2010 ».
4 Voir à ce sujet les différents rapports des experts de l’ONU sur l’exploitation des
richesses de la R.D. Congo, notamment ceux de Mahmoud Kassem (2002 et 2003) ; les
différents rapports de l’ QDO RXS sur les conflits à l’est du Congo ainsi que
les rapports de +XP 5LJWV WFK sur les exactions de la LRA à l’encontre des populations
de l’Uele. Ces rapports se trouvent sur les sites internet de ces Institutions.
14
SUR V HR
W


H
L
U
2. Problématique
Déjà avant la conférence de Berlin (1885), le Saint-Siège manifeste de
l’intérêt pour les opérations, en Afrique équatoriale, des Institutions ayant
présidé à la naissance de l’Etat Indépendant du Congo, notamment
l’Association Internationale Africaine (A.I.A.) ainsi que l’Association
Internationale du Congo (A.I.C.). Cet intérêt a pour seul objectif de saisir les
opportunités que peuvent offrir à l’évangélisation de cette partie du continent
5africain les ouvertures faites par l’Association Internationale .
Par ailleurs, face à l’échec des expéditions de l’Association
Internationale, le roi Léopold II se convainc de la nécessité du concours des
6missionnaires pour la réussite de son œuvre . C’est dans ce cadre qu’il
inaugure une collaboration avec Mgr Lavigerie d’une part, et d’autre part,
approche, à plusieurs reprises, mais sans succès, les congrégations présentes
en Belgique (institut ou province belge) pour les inciter à s’engager dans le
territoire où opère l’Association Internationale. Mais au lendemain de la
fondation de l’Etat Indépendant du Congo (1885), il demande expressément
au Saint-Siège non seulement de réserver l’évangélisation du Congo aux
7missionnaires belges , mais aussi d’inciter ces derniers à s’y investir. Chose
que le Saint-Siège fait, et dont nous voulons découvrir les raisons profondes
dans ces recherches.
De toute façon, il y a comme une convergence de vue entre le
SaintSiège et l’E.I.C. sur la nécessité d’une présence opérative des missions
catholiques au Congo. Et c’est autour du déploiement et de l’opérativité de
ces missions catholiques que se tisse le complexe rapport bilatéral, à la fois
avantageux et controversé, entre les deux protagonistes. En effet, certains
historiens, pour des raisons politiques et suivant en cela une lecture
« victimisante » des réalités du Congo léopoldien, considèrent le Saint-Siège
complice des dérives de l’Etat Indépendant du Congo, non seulement à cause
de son appui, mais aussi à cause de son silence sur les atrocités infligées aux

5 A ce sujet, le Secrétaire de la Propagande, Mgr Agnozzi, adressa, au nom du Préfet, une
circulaire à tous les chefs des missions d’Afrique afin que ces derniers fournissent à la
Propagande non seulement des informations sur l’Association Internationale Africaine, mais
aussi sur le meilleur moyen à mettre en œuvre pour mieux diffuser la religion catholique dans
ces régions ouvertes à la civilisation. Cf. WWH/H vol. 373 (1877), f. 398 : circulaire du 31
août 1877.
6 Il l’avait fait savoir à Mgr S. Vannutelli, Nonce apostolique à Bruxelles, lequel s’était
empressé de le communiquer au Cardinal Nina, Secrétaire d’Etat. C’est ce dernier qui prit
soin d’en informer le Préfet de la Propagande, par sa lettre du 26 janvier 1880. Cf.
&HQ UDOH vol. 8 (1871-1880), f. 1047.
7 r-vCf. S. RR. SS., %HOJ , Pos. 152-158, fasc. 88 (1880-1886), ff. 46-47 : lettre du 6 avril
1886, adressée à Sa Sainteté Léon XIII.
15
$IULFDV
Q

R
8Congolais . D’autres, en revanche, passant sous silence les aspects négatifs
de l’opérativité des missions catholiques au Congo, se versent dans une
lecture apologétique du « fait civilisateur » mis en œuvre tant par l’Etat que
par l’Eglise catholique.
Cependant, le problème ne consiste pas, d’après nous, à condamner ou à
dédouaner le Saint-Siège pour son agir au Congo, ce qui serait une approche
très réductrice et porterait à construire une histoire moralisante. Mais la
question se pose plutôt en terme de pertinence et d’opportunité de cet agir.
Ce qui suppose avant tout une compréhension correcte de ce qu’a fait le
Saint-Siège relativement au déploiement et à l’opérativité des missions
catholiques au Congo.
Pour ce faire, nous avons choisi quatre grilles de lecture qui sont entre
autres le recrutement du personnel missionnaire, son déploiement au Congo,
l’objet de sa mission au Congo et le moyen mis à disposition pour réaliser
cette mission. Ces grilles valent, d’après nous, pour toutes les sociétés
missionnaires déployées au Congo de 1885 à 1908. Pour chacune de ces
grilles, le Saint-Siège a eu à traiter avec l’Etat du Congo. Par conséquent,
une bonne analyse de chaque grille permet de comprendre non seulement
l’agir du Saint-Siège, mais aussi le pourquoi de ses choix. Et c’est au terme
de l’analyse de toutes les grilles qu’il nous sera possible de rendre compte de
la pertinence et de l’opportunité de cet agir comme aussi de son incidence
sur l’histoire religieuse et civile du Congo.
3. Etat de la question
Avant d’oser une synthèse sur l’état des recherches en histoire religieuse
du Congo, il importe de souligner que l’intérêt pour l’histoire congolaise est
9récente et remonte principalement aux années suivant l’indépendance . C’est
précisément à partir des années 1970, après la formation des premières

8 Entrent en ligne de compte non seulement les atrocités liées à la production du
caoutchouc rouge, mais aussi le décès massif des enfants dans les colonies scolaires, le
recours à l’Etat pour forcer les villages à offrir ou à vendre aux missions les denrées servant à
leur subsistance, les spoliations des terrains des autochtones en faveur non seulement de
l’Etat, mais aussi des missions, etc.
9 Avant l’indépendance, il y a eu des études – pas proprement historiques, mais –
ethnographiques et linguistiques faites par des missionnaires, sur commission du
gouvernement de l’E.I.C. et cela conformément aux clauses de la convention de 1906. La
plupart de ces études se faisaient dans le cadre des Institutions consacrées aux questions
d’Outre-mer. C’est à partir de 1951, notamment avec la création de l’Institut africaniste de
Louvain que les études sur le Congo atteignent le niveau universitaire. Mais l’orientation est
celle de l’anthropologie culturelle et de la sociologie. Au Congo, c’est en 1962-1963 qu’est
organisé le premier département d’histoire dans la faculté de philosophie et lettres de
l’Université de Lubumbashi. Cf. I. NDAYWEL E NZIEM, « L’historiographie congolaise : essai
sde bilan », dans &LYLOLVDWL vol. LVI, n° 1-2, 240-241.
16p

V
H
W
L
H
/





H
V
L
D
O
F

Q
R
D
U
X
D
O

R
J
Q
D
Z
.
G

Q
P

'

S
G

V
Q
D

D


X

X
D

V
G

H
L
D
S
P
R
&

G

Q
P


/

H
Q
X

Q
R
L
P
U
R
I
D
D
W

D
O
L
W
X
E
L
U
U
F

générations d’historiens congolais, que des ébauches d’études historiques sur
le Congo commencent à être publiées, notamment autours de trois foyers de
recherches : Lubumbashi (Congo), Louvain (Belgique) et Madison
(EtatsUnis). Ces premiers essais connaissent également la collaboration d’autres
historiens – congolais et étrangers – formés en Occident et s’organisent
autour des orientations sociale (J.-L. Vellut), économique (Bogumil
Jewsiewiski), démographique et des villes (Léon de Saint-Moulin),
10religieuse (Gaetan Feltz et Frans Bontinck) et culturelle (Isidore Ndaywel) .
Cependant, depuis 1970 jusqu’à nos jours, l’historiographie sur le Congo
a ouvert plusieurs pistes de recherches dont certaines attendent d’être
11 12approfondies , d’autres sont en cours d’approfondissement et d’autres
13enfin connaissent un bon épanouissement . Dans cet univers
historiographique, l’histoire du catholicisme au Congo, précisément pour la
période de notre étude (1885-1908), reste encore, en grande partie, à
défricher.
Certes, il existe d’abondantes monographies sur la question religieuse au
ème ème
Congo aux XIX et XX siècles, mais peu seulement approfondissent les
problématiques relatives à l’époque de l’E.I.C. En outre, en dehors des
14 15 16travaux réalisés par l’IRCB d’abord et par l’ARSC et l’ARSOM
ensuite, lesquelles datent d’avant l’indépendance et des années successives à
celle-ci, les études sur le catholicisme au Congo – devenues fréquentes –
sont récentes. Ce sont en majorité des thèses soutenues dans le cadre
d’études doctorales ou des articles ébauchant des nouvelles pistes de
réflexion.
De ce corpus, plusieurs orientations historiographiques se dégagent.
Certains chercheurs, et ils sont les plus nombreux, suivent une orientation
socio-religieuse, s’intéressant à l’histoire des congrégations ayant été à
l’origine des Préfectures et Vicariats apostoliques de l’Etat Indépendant du
Congo, en tâchant de rendre compte des changements survenus dans les
sociétés congolaises suite à la présence et à l’action des missionnaires
17catholiques . Cette tendance historiographique s’intéresse également à la
genèse et au développement des institutions ecclésiastiques au Congo.

10 Cf. I. NDAYWEL E NZIEM, « L’historiographie congolaise … », 241.
11 Il s’agit notamment de l’histoire précoloniale du Congo, l’histoire des peuples du
Congo ou des régions du Congo, l’histoire de l’art contemporain, etc.
12 L’histoire des villes, des mentalités, des religions, etc.
13 C’est le cas de l’histoire politique et de l’histoire de l’art ancien (statuaire).
14 Institut Royal Colonial Belge, fondé en 1928.
15 Académie Royale des Sciences Coloniales, dès 1954.
16 Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer, à partir de 1959.
17 L’on peut retenir des titres comme:
RQWRQ j QVDW G� JL JRRQ Rome 2010 (Nteba
Mbengi) ; X j
17
LVVLR OD H pH�pSR WVFHQ wUHR=QJ&R -pVX V
.ZLO -pVX H JQ OD H LVVLRH
Q
H
V
p

V
F
L
H
U
L
R
W
V
L
W
D
V


&
R
Q
H
W

+
G
Q
D
W
D
U
Q
H


V
V
L
O
Y
p


D
V
V
K
V
R
J
Q
R
&
D
X
D
D
K
L
.

R
J
Q
W
R

G
1
D
0

X
&
L
I

w
&


H
U
D
%
D
L
W
=
U
W
Q
O
R

H


&R
Q
J
R


O






D


U
O

L
V
V
L
0
Q

R
W

G
P
L
R
Q
/
V
D
R
H
Y
X
H
R
p

O
F


L
H
L
W
p
U
j
K
D
H
V
U
H
R
L
S


V
U
X
H
K

O

H
J
/
X
O
H
E

H
U
V
D
5
G

Q
R
L

P


X
D


Z
.
G

Q

R
V
V
L
P

D
O
L
H


H
(


H
F
Q

D
V
D
/



V

O
V
O

H
V
L
O
J
D
(
H
Q
X

H
D
V

%
O

R


H
V
q

H
F









U
F
H
G

R
L
U
p
V
S
D
O

R
&

V

D

O

W
H

H
D
V
V
V




V
H
P

H
D
Q
&
H
D
%

D

V
H
J
O
O

V
H
R
V
J
R
J
R





W





1



R
L
Q


O
R
K
W
p
p
P
U
H
U
L
P
H

O
Y
Y
U
R
D
P
H
G
p
5
K


&
L
W
D
V
L
V
O
&
H






[

X
I
H
L
F
U
V
<
D
H

/

R
U
W
L
Q
H
V
G
H
P
p
W
K

G

H
V

Q
\
'

P
H
F
D
O
H
V

D
X

%
O
D
P
U
D
Q
Q
R
L
p
P
F

S
F
H
U
G

H
Q
X
D
H
W
p
P

H
G

K
R
V
H

O
LT
X

V

WK
WHV
0

H
U
LVVLRQ
V
R
FD
L
V
L
P

H
L
J
V
R
G

R
G
H

V
V
V
Q
H
R

p
0
HW
S
URWHVWD
G
Q
J
X
U
D
S

j
V
J
p
V
D
%

X
D

Q
V
L

\

V
H
O

R

P


Q


D
N
L


p
Q
J
H
O
L

V
H
W
O
U
R
W
]

V
]
D
L
Q
D
J
L
[

V

&
L
R
J
R

%
H
O
J
Q
D
Q
J
H

O
H
L
V
V
H
L

D
O

H
G

P
V
V

W
D
V
L
J
Q
X
L
H



H
X
X

T
O
R
W
R
6

H
G

Q
Q
L
Q
Q
V
R

F
U
D

H
G
D
O
O

H
G
H
X

S
G
$HTXDWR
U
LD
$
H
U
U
H

W
V

G

D

O
H
%


/

p

L
P


L
J
L
Q
H
V
V
H
W

O
H
V

E
X
W
V

Il y a une seconde orientation qui se concentre sur l’histoire de la
méthodologie missionnaire et s’efforce de dégager les stratégies mises en
18œuvre afin de favoriser l’émergence d’une chrétienté catholique au Congo .
Elle représente un champ d’investigation privilégié des chercheurs
congolais, du fait qu’elle se prête bien à un procès de l’agir missionnaire au
Congo.
Une autre orientation est celle qui se focalise sur l’histoire politique des
missions. Bien qu’inaugurée depuis les années 1960, elle est encore moins
19explorée et reste à approfondir .
D’autres chercheurs, en revanche, s’efforcent d’offrir une vision
d’ensemble de la question religieuse, mais avec une attention particulière au
20processus d’évangélisation-civilisation . Et enfin, il y a un effort
historiographique plus ou moins consolidé, initié et soutenu par la revue
devenue dans les années 1980, V OH $QQD LD TXDW Cette revue
suit une ligne que l’on pourrait qualifier d’anthropologie culturelle et de
sociologie missionnaire. Elle se focalise sur la rencontre des cultures ainsi

Bruxelles 1995 (A. Deneet et Alii) ;
, Rome 2011
(Mobanda Bosakaibo) ; /H RU Gp X JRDQ
Kinshasa 1993 (Mukoso Ng’ekieb); XVJOKL%GHLVODLQQQLGH
, Rome 2005 (Nkunzi Baciyunjuze Justin) ;
DX RQJ GH DLOO Bruxelles 1970 (M. Kratz) ; /D
QDLQF D RLQF G� RF /H DV GX GLRF GH
%X WHPE %HQL .LQ Lyon 2006 (Muhemu Subao Sitone) ;RQG/�DQJp
L RPEH DX QV XOGLWpII SU W LQ FX LR OWX
L’Harmattan 2010 (Mpia Bekina) ; Q QQH SU GH D DGLQ RUDO
RQJRJH Karthala 2007 (Fl. Nkai Malu).
18 DL
RORG DLQQ Rome 2008 (Mambuene Yabu) ; /H RU RQ GX
7DQ GHKR SDV Rome 1983 (N. Gapangwa) ; /D GH
RQDQJpG� GH SW EH X V Rome 1999
(Kavenadiambuko Ngemba Ntima);
GHRFQW Lubumbashi 1983 (Mushaury Kuletambite) ;
VKDSHRGHV 1973 (G. Ciparisse).
19 C’est l’orientation que suit Gijs Anne-Sophie dans ses études sur le rapport entre les
Jésuites et l’Etat Indépendant du Congo ou Cuypers avec ses études sur la politique foncière
de l’Etat Indépendant du Congo vis-à-vis des missions. Du côté congolais, un effort a été
tenté par Balaamo Mokwela sur les fondements juridiques du rapport entre les Eglises et
l’Etat. Mais les efforts dans ce domaine restent encore limités.
20 L’on retiendra parmi les travaux importants, ceux de LAZZAROTTO A., DVF LHVD
D]O�QH =DLQHSHGLDS3RW STRAELEN C.
van, Bruxelles 1898; ALEXIS M.-G., /
DLQH DX JR $I
TXDWRU Paris 1889 ; NKULU BUTOMBE, D TXH Q GX QV XU
MXOpVLD V ULGLFWL VWLT HF Kinshasa 1982 ; etc.
18
ULF V LVV HV FLYL OLVDWULFH FWL �D HW IULFDL H LH UED %D
OD H LJHV V
LUD OHV H] FK LUH LVV WLR O�D H LT
WLU &RQ R �pYD OLVDWLR WUDWpJ LHV HW V WK
HV LVWHV pGHPSWR HV LVV
HXFK UHV LVVLR OHV U SD pOLpYD UOHX HW YHUVYHOO $Q 1R
HSR X JDDQ HV WUDOH FHQ �$ IULT FH RYLQ
H
Q

G
&
R
R


'
H
Q
W
V

O
G

,
,

S
L
p

S
L
T

U
H
O
H
X
V
H

G
H

O

(
W

,
G
Q
O
H
T

O

$
I
U
L
T

(
L
D
O
H






L

W

6
D
L
Q
q
J
H

H
W

O
H
V

P
L
V
V
L

D
F
G
que sur les œuvres sociales réalisées par les missions, fondamentalement
dans la région de l’Equateur.
Il importe de reconnaître que tous ces efforts n’ont été que des pistes
ébauchées et attendraient un travail d’approfondissement qui reste encore à
faire. En plus, comme le reconnait bien Ndaywell dans sa synthèse sur
l’historiographie congolaise, il reste des régions entières dont il faut écrire
l’histoire religieuse (le nord, le sud-est et l’est du Congo).
Par ailleurs, sur la période précédant immédiatement notre époque
d’étude (1876-1885), se sont concentrés les efforts du Père Auguste
Roeykens, collaborateur de l’ARSOM, sur la figure de Léopold II dans le
processus de l’évangélisation du Congo. Au-delà du caractère parfois
apologétique de certaines de ses affirmations et des conjectures qu’il
multiplie pour combler les vides d’informations, il offre d’appréciables
sources, collectées de façon chronologique, sur la politique religieuse de
21l’E.I.C. de 1876 à 1885 .
Pour clore, s’il est un secteur pas encore assez exploré, c’est celui relatif
22
au rapport entre le Saint-Siège et l’Etat Indépendant du Congo , non
seulement sur l’organisation des missions catholiques, mais aussi sur le
soutien institutionnel qu’ils se sont donné ou refusé l’un à l’autre. C’est sur
cet aspect que voudraient se concentrer nos efforts de recherches afin de
comprendre l’agir du Saint-Siège (spécialement de la papauté, de la
Secrétairerie d’Etat et de la Propagande) au Congo entre 1885 et 1908.
4. Hypothèse du travail
L’hypothèse sur laquelle se base notre étude est qu’entre le Saint-Siège et
l’E,I.C., du fait de devoir coopérer au déploiement et à l’opérativité des
missions catholiques, il y a eu des convergences et des divergences de vue
ainsi que des opportunités saisies. En ce sens, le Saint-Siège a profité de la
politique philo-catholique de l’Etat du Congo pour consolider, moyennant
certaines concessions, la position et l’extension de la religion catholique
dans cet Etat, au grand dam du patronat portugais et des protestants. Ensuite,
le fait de considérer l’actuel gouvernement du Congo comme le seul capable
de garantir le bien de la religion catholique, le souci pour la WDWLODR HLILG et
la suppression de l’esclavage ont amené à mettre à place un catholicisme

21 A. ROEYKENS, /D XHROLW LJL DW QWGD X QJ RFXP
/pRSR W6L RQVXHVKRO QVGD XHRUDWTX
Brussel, Koninklijke Academie voor Overzeese Wetenschappen, 1965.
22 Une étude synthétique a été faite par Storme sur l’ « Engagement de la Propagande pour
l’organisation territoriale des missions au Congo », en 1975. Mais elle n’a été ni poursuivie
comme orientation de recherche ni approfondie par d’autres historiens.
19
,D

H
G
U
3
G
L
6
K
TXHP
TXR
DG
conquérant, plus que jamais préoccupé à garantir sa survie au Congo, et donc
recentré sur les missionnaires.
5. Délimitation spatio-temporelle
Notre étude porte sur le territoire de l’Etat Indépendant du Congo dans
ses limites telles que définies dans la déclaration de neutralité présentée au
Saint-Siège par la notification du 15 août 1885, et successivement modifiées
en 1887 (par les protocoles de Bruxelles, du 29 avril), en 1891 (par la
convention du 25 mai 1891 avec le Portugal) et en 1894 (par la convention
du 14 août 1894 avec la France et du 12 mai 1894 avec l’Angleterre).
L’organisation des missions catholiques dans cet espace géographique a
constitué l’objet du rapport du Saint-Siège tant avec les autorités politiques
du Congo qu’avec les sociétés missionnaires belges et non-belges.
La période d’étude va de 1885 à 1908. Ces deux dates signent l’une la
naissance et l’autre la disparition de l’Etat Indépendant du Congo. Du point
de vue du rapport bilatéral, ces deux dates ne marquent aucune rupture, car
c’est avant la naissance de l’E.I.C. que des négociations ont été inaugurées
entre le Saint-Siège et l’Association Internationale au sujet l’évangélisation
de l’Afrique équatoriale. Ces négociations se sont poursuivies également
après la naissance de l’E.I.C. C’est dire que le choix de 1885 comme
terminus de notre étude se justifie non pas par la rupture qu’il marque,
mais bien par l’orientation et l’impulsion nouvelles qu’il donne à la question
religieuse. En effet, en cette année, le Saint-Siège reconnait l’E.I.C. comme
Etat ami et accepte d’établir avec lui un rapport réciproquement avantageux.
C’est l’année à partir de laquelle la donne politique et diplomatique
commence à avoir de l’impact sur les choix missionnaires du Saint-Siège en
faveur du nouvel Etat.
Par ailleurs, le choix de l’année 1908, comme terminus se
justifie par le fait de la disparition de l’Etat Indépendant du Congo. C’est
désormais avec le gouvernement belge que le Saint-Siège traite, le Congo
étant devenu une colonie belge.
6. Démarches méthodologiques
Il s’agit de déterminer, outre le champ heuristique, les instruments
d’analyse dont nous nous sommes servi pour porter à terme cette étude.
De prime abord, il sied de préciser que nos investigations se sont basées
principalement sur les Archives de deux institutions dont il est question dans
ce travail, à savoir le Saint-Siège et l’E.I.C. En ce sens, nous avons consulté
notamment LR LY O�$UF FR WRU HOOD GD RSDJDQ )L , les Archives de la
Congrégation pour les Affaires Ecclésiastiques Extraordinaires les Archives
secrètes du Vatican ainsi que les Archives du Ministère des Affaires
20Etrangères belge et celles du Palais Royal de Bruxelles. Nous n’avons eu
recours aux archives de différentes Congrégations missionnaires ayant
évangélisé l’E.I.C. pendant la période en considération que pour compléter
les renseignements relatifs à notre sujet de recherche. La limitation à ces
archives se justifie à la fois par la contrainte de temps et l’abondance de
23données disponibles tant à Rome qu’à Bruxelles .
Ensuite, s’agissant du procédé d’analyse, nous nous sommes servi de la
méthode historico-critique. D’une part, nous avons analysé les sources à
notre disposition afin d’établir non seulement leur authenticité, mais aussi
leur nature et la vérité de leur contenu, tout en les resituant dans leur
contexte. D’autre part, nous avons étudié les conditions de possibilité des
assertions contenues dans ces sources et confronté celles-ci à celles que
présentent des sources externes ou d’autres études.
Une attention spéciale a également été accordée à l’historiographie
religieuse existante afin de nous rendre compte de la façon dont certaines
sources ont été traitées et interprétées par d’autres historiens ; ceci afin de
confronter notre compréhension des faits étudiés, adhérer à la ligne
historiographique existante ou nous en écarter.
7. Subdivision du travail
Pour atteindre notre objectif, nous avons articulé ce travail autour de
neuf chapitres, subdivisés en quatre parties.
La première partie, de nature introductive, reconstruit le processus de
conquête du Congo tant par l’Association Internationale (Africaine d’abord,
et du Congo ensuite) que par Rome. Il s’agit de comprendre comment
Léopold II a conquis, grâce à l’Association Internationale, les territoires du
centre de l’Afrique et s’y est installé d’une part ; et d’autre part, de voir la
façon dont le Saint-Siège, grâce à l’action de la Propagande, a organisé les
missions, depuis 1865 jusqu’à 1886, dans les territoires de l’Afrique
équatoriale. L’objectif de cette partie est de voir la nature et le contenu du
rapport qui s’est établi, avant la naissance de l’E.I.C., entre le Saint-Siège et
Léopold II ainsi que son Association.
La deuxième partie, en revanche, traite de l’organisation religieuse du
territoire de l’E.I.C. Elle s’intéresse notamment à deux questions
principales : d’abord celle de la convergence et de la divergence de vues et
d’intérêts, entre l’Etat du Congo et le Saint-Siège, autour du processus de
belgicisation des missions congolaises. Au-delà des intérêts évidents
qu’assure ce processus à l’un et à l’autre, il est aussi question de connaitre
les limites que l’un ou l’autre y pose. Ensuite, cette partie aborde la question

23 Notons que le fonds de l’E.I.C. au Congo a été versé au Ministère des colonies dès la
reprise du Congo par la Belgique.
21