//img.uscri.be/pth/452f564212c5de7dbe2a40b6aec1f45492ecce47
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Le voyeur et le voyant

De
169 pages
Les Écritures dépossèdent l'Homme de ses mythologies. Les mythes sont le langage de l'origine, l'écrit est celui du partage d'un butin, celui de l'Histoire. Écrire dans cette conscience c'est restituer ce qui peut l'être du butin. C'est ce que véhiculent ces constats intimistes livrés ici par l'auteur. Le voyeur, comme le voyant, n'est jamais que sous le coup de son désir de voir au-delà du visible qui réduit l'Occident à une cruelle et confortable fatalité.
Voir plus Voir moins
Gilles Gontier
Le voyeur et le voyant
LE VOYEUR ET LE VOYANT
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10986-2 EAN : 9782343109862
Gilles GontierLe voyeur et le voyant
Du même auteur chez L’Harmattan
Le vieil homme, poèmes, 2005
Repentirs, précédé deChasseur de pierres, 2015
Le voyage des objetsessai sur la collection d’arts primitifs, 2016
L’ermite et le renégat Essai sur deux types de renonciations poétiques, 2016
Les chiffres entre parenthèses dans le texte renvoient aux notes en fin de volume.
Dans un lieu nous sommes vus plus que nous ne voyons, dans un autre nous verrons plus que nous ne se-rons vus. Le premier est la forêt que nous sommes sou-vent trop enclins, à cause du bruit que nous y faisons sans y penser, à croire un désert. Le second est la rue d’un quartier périphérique de la capitale, occupée par des gens qui ne peuvent pas, ne veulent pas nous voir. Ils ont leurs raisons, des raisons qui ressemblent d’ailleurs un peu à celles des animaux qui, à notre passage en forêt, se con-traignent à une parfaite discrétion. Comparaison qui peut prêter à sourire car, discrets, ils ne sont pas réputés à l’être beaucoup. Ils ne se cachent pas, ces êtres des péri-phéries citadines, simplement ils ne nous voient pas, nous cachent dans leur indifférence qui seule contient un peu ce qu’ils ont de mépris pour ce que nous sommes. Je ne suis qu’un homme en forêt, quand, à ma fenêtre parisienne, mon affût est celui d’une bête observant de vrais hommes. Dans un cas comme dans l’autre, l’ar-chaïsme des soucis qui y sont remués est celui d’une ob-session religieuse. Cette obsession de l’origine que met en toute chose celui qui s’est détourné du terrible, de l’aso-cial monothéisme. Celui-ci prétend figer le langage (c’est un grammairien) substituer le langage à l’origine, comme si le langage lui-même n’en avait d’autre que lui-même. Les Ecritures nous ont dépossédés de nos mytholo-gies. Les mythes sont le langage de l’origine, l’écrit est celui du partage d’un butin, celui de l’Histoire. Ecrire dans cette conscience est restituer ce qui peut l’être du butin. C’est ce que véhiculent ces deux constats intimistes que je livre ici à la suite l’un de l’autre. Le voyeur, comme le voyant, n’est jamais que sous le coup de son désir de voir au-delà du visible qui réduit l’Occident à une cruelle et confortable fatalité.
7
LE HOGAN’