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Les agonies du Christ

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Description

Par agonies, le présent recueil d’articles et de conférences n’entend pas retracer tous les combats que jésus a menés en sa vie irrévocable. Seules ceux de la Semaine sainte ont ici été pris en considération.
L’auteur a mis à profit la méthode comparative. Pour l’idée de mort volontaire, il a procédé à un rapprochement avec Virgile et Dostoïevski. L’examen de la signification théologique de l’épisode de Gethsémani l’a conduit à mettre en contraste la doctrine mormone et l’élaboration de Maxime le Confesseur. L’originalité de l’interprétation calvinienne de la descente aux enfers a requis maintes confrontations avec le catholicisme. La mystique gethsémanique examinée à la lumière d’un texte de Karol Wojtila a reçu un éclairage supplémentaire de la poésie de Hallâj.
Jad Hatem est chef du département de philosophie à l’Université Saint-Joseph.

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Date de parution 01 janvier 2010
Nombre de lectures 10
EAN13 9782849241905
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0098€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

LES AGONIES DU CHRIST
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JAD HATEM LES AGONIES DU CHRIST Éditions du Cygne 3
© Jad Hatem, 2010 editionsducygne@club-internet.fr 4, rue Vulpian, 75013, Paris www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-190-5
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« Tu contiens tout plus que n’en supporte un mortel Tu es lumière et ténèbre dans une double coque ». Karin Boye
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À James Faulconer
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AVANT-PROPOS « Dans le cœur du Seigneur agonisant luttent la douleur et l’amour », lisons-nous sous la plume 1 d’Étienne Molinier . Quel sens assigner à ce combat ? L’amour n’est-il pas en lui-même douleur ? L’allusion étant à l’épisode du Jardin des Oliviers, il a pour enjeu la liberté car les deux affects confluent l’un en l’autre en guise cruciforme et entrent en tension au moment du choix suprême. L’écartèlement va de pair avec la vérité car l’épreuve de l’agonie, quand l’amour est de mise, est, celle qui, d’entre toutes les révélations, mobilise au paroxysme des facultés de l’homme la volonté radicale susceptible à la fois de l’infini et du fini. Par agonies, le présent recueil d’articles et de conférences n’entend pas retracer tous les combats que Jésus a menés en sa vie irrévocable. Seuls ceux de la Semaine sainte ont ici été pris en considération. Jean-Paul II tient qu’à Gethsémani, « le Christ fut dans le
1.Le Bouquet de myrrhe de l’Amante sacrée, Toulouse, 1637, p. 60. 7
1 lieu de toutes les tentations de l’humanité » . Il n’est pas illégitime de préférer caractériser de la sorte le 2 combat au désert auquel j’ai consacré une étude . L’auteur a mis à profit la méthode comparative. Pour l’idée de mort volontaire, il a procédé à un rapprochement avec Virgile et Dostoïevski. L’examen de la signification théologique de l’épisode de Gethsémani l’a conduit à mettre en contraste la doctrine mormone et l’élaboration de Maxime le Confesseur. L’originalité de l’interprétation calvinienne de la descente aux enfers a requis maintes confrontations avec le catholicisme. La mystique gethsémanique examinée à la lumière d’un texte de Karol Wojtyla a reçu un éclairage supplémentaire de la poésie de Hallâj.
1apostolique du 16 octobre 2002,. Lettre Rosarium Virginis Mariae,§ 22. 2.Qu’est-ce qu’un Messie?,inLes Tentations du Christ(avec Jacques Caillot et Guillaume Cassegrain), Paris, DDB, 2002. 8
CHAPITRE I LA LIBERTÉ DANS LA MORT * L’HOMME-DIEU ET LE DIEU-HOMME § 1. La Grèce a pour devise :la liberté ou la mort. Un tableau allégorique de Jean-Baptiste Regnault datant de 1795 et portant ce même titre, représente sur fond céleste un homme ailé (le Génie de la France) dont le chef est surmonté d’une flamme. Il est situé entre la Mort dont la main décharnée tient une faux et une femme (la République) exhibant les emblèmes de la liberté, de légalité et de la fraternité. Ma réflexion portera, par-delà l’alternative inclusive ou exclusive de la liberté et de la mort, sur l’attestation de la libertédans l’acte de se donner la mort qu’il convient de ne pas confondre avec la question du droit de se donner la mort, bonne ou mauvaise. Je ne manquerai pas de faire appel aux ressources de la
*Conférence donnée le 15 mai 2009 au colloque sur le suicide organisé par la Faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph. 9
palette de la littérature pour ce qu’elle a pris soin de typifier les problèmes. La phrase de Camus sur le suicide comme problème philosophique vraiment sérieux consistant à juger si la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être 1 vécue, pose la question dans son acuité . Elle laisse à supposer que démissionne de la vie celui qui a porté sur la sienne un jugement négatif. Je désire explorer une autre voie, l’éventualité que l’on hâte sa mort sans pour autant avoir décrété l’absurdité de l’existence humaine, ou méprisé sa temporalité (comme l’Empédocle de Hölderlin qui se jette dans l’Etna), ou soudain fléchi devant l’insoutenable ou l’injustifiable ou, plus simplement, considéré l’inanité de la bulle subjective lors de la contemplation des chutes comme 2 celles du Niagara . Il convient alors de distinguer soigneusement deux situations, celle où le sujet estime que la vie vaut en soi, mais guère pour lui-même, par exemple, lorsqu’il tombe malade ou, comme Montherlant, perd la vue, et celle où, en pleine possession de ses forces, il rend volontairement l’âme. C’est cette deuxième branche de l’alternative qui retiendra mon attention. Les motifs y sont divers comme le martyre religieux (pensons à Polyeucte), la 1.Le Mythe de Sisyphe, inEssais,Paris, Pléiade, 1972, p. 99. « Le véritable acte philosophique, disait Novalis, est le meurtre de soi » (Œuvres complètes, tr. A. Guerne, Paris, Gallimard, 1975, II, p. 40). 2dit hydracropsychique. Cf. Joyce Carol Oates,. Effet Les Chutes,Paris, éd. Philippe Rey, 2004, p. 11. 10