Les Origines du bouddhisme - Vues nouvelles pour servir aux travaux de l

Les Origines du bouddhisme - Vues nouvelles pour servir aux travaux de l'apologétique chrétienne

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Français
40 pages

Description

Le nom de petit véhicule (hinayâna) donné au bouddhisme primitif est une création du bouddhisme nouveau. Il est évident que la religion bouddhique, à sa naissance et dans ses premiers développements, ne pouvait prendre elle-même un nom qui eût été une note d’infériorité infligée à l’unique moyen de salut qu’elle avait la prétention d’apporter au monde. Elle aurait pu, tout au plus, prendre le simple nom de véhicule, mais ce nom lui-même n’a pas dû se trouver dans le premier vocabulaire des pénitents de Çàkyamouni.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 12 décembre 2016
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EAN13 9782346132904
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Auguste-François Deschamps
Les Origines du bouddhisme
Vues nouvelles pour servir aux travaux de l'apologétique chrétienne
li sæviant in vos, qui nesciunt quanto labore veritas acquiritur.
S. AUGUSTIN. Quoi qu’en ait pensé un savant illustre, l’ascète i ndien qui a donné son nom au bouddhisme était loin de prévoir l’étonnante propag ation de son œuvre, sa durée à travers les âges, les transformations de tout genre qui l’attendaient à son passage d’une école à une autre école, d’un peuple à un aut re peuple, d’un climat à un autre climat, dans ce monde asiatique où le règne de ses idées remplace encore sur tant de points le règne de la vérité. Le Bouddha n’était pa s moins éloigné de supposer que, peu de siècles après sa mort, on élèverait des temp les en son honneur, qu’on adorerait ses reliques et ses images, et que sa pro testation indirecte mais réelle contre le cérémonial brahmanique et contre le sacer doce de naissance et de caste aboutirait à une hiérarchie basée sur les incarnati ons, couronnée par l’omnipotence du grand Lama divinisé, et à un culte dont les fêtes n ombreuses et les splendides cérémonies dépassent de beaucoup toutes les pompes du brahmanisme. Quoi qu’il en soit, il n’est pas sans intérêt pour l’histoire de l’esprit humain, au point de vue religieux, et en particulier pour l’apologétique chrétienne, d ’étudier le bouddhisme dans les développements successifs qui l’ont fait tel que no us le voyons aujourd’hui, après vingt-quatre siècles d’existence, dans ces vastes r égions encore si étrangères à la civilisation chrétienne, quoique enserrées désormai s de toutes parts et pénétrées, d’année en année davantage, par son action puissant e. Je sais bien que tout le monde aujourd’hui connaît ou croit connaître le bou ddhisme. Depuis une trentaine d’années, il n’a pas été écrit une histoire général e des peuples où la religion du Tibet, de la Chine, de la Mongolie, de l’île de Ceylan, de l’empire Birman et de ce curieux royaume de Siam dont Paris vient de voir passer les ambassadeurs, portant sur leurs riches costumes les effigies bouddhiques, n’ait été présentée dans ses principaux linéaments, sans compter les monographies spéciales dont elle a été l’objet. Mais, si l’on me permet de le dire, ce n’est qu’une idée ext rêmement vague, inexacte et incomplète que l’on se forme en général de la relig ion bouddhique ; ceux-là même, et ils sont bien rares parmi nous, qui lisent le texte de ses livres sacrés peuvent s’y méprendre facilement. Ces livres, en effet, n’ont-i ls pas tous la prétention de contenir la loi ou de donner l’histoire du législateur ? Cha que livre ne promet-il pas le bonheur et le salut à quiconque le lira « avec un esprit pu r » ou « l’enseignera clairement aux autres ? » Tout livre bouddhique n’est-il pas la « perle » des discours et le « roi » des enseignements du fondateur ? Tout naturellement le traducteur d’un livre bouddhique se croit en présence de la vraie physionomie du bou ddhisme, et les écrivains de seconde main, construisant leur système sur des doc uments partiels, ne se doutent pas qu’en les généralisant ils attribuent au bouddh isme entier un mélange de récits et de doctrines où des écoles diverses sont plus ou mo ins représentées. Pour rendre impossible à l’avenir une telle méprise , il faudrait faire l’histoire complète de la religion bouddhique sur des document s beaucoup plus considérables que ceux dont la science européenne a pu disposer j usqu’ici. En attendant qu’un tel travail devienne possible, il nous est permis de me ttre à profit toutes les études nouvelles qui sont capables d’élargir le cercle de nos idées sur ce vaste champ. Parmi les derniers résultats se place la théorie de M. Va ssilief sur l’ensemble du 1 bouddhisme , et c’est en prenant pour guide le savant professe ur de Saint-Pétersbourg que je voudrais appeler l’attention des apologistes sur les trois principales
évolutions de ce système philosophique et religieux : le bouddhisme ancien ou le « petit véhicule, » le bouddhisme nouveau ou le « g rand véhicule, » et le mysticisme. Si ce travail avait pour résultat de faire pressent ir combien de nouveaux aperçus peuvent encore être le fruit de recherches nouvelle s dans ce domaine où se trouveront toujours beaucoup de points obscurs, nous croirions déjà avoir rendu quelque service à l’apologétique chrétienne, dont le regard ne saur ait demeurer étranger à l’étude d’une religion que l’on a comparée trop souvent de nos jours au catholicisme, et qui enveloppe dans ses mensonges et ses ténèbres tant d e peuples appelés à vivre, comme nous, de lumière et de vérité ! Commençons par le bouddhisme ancien, considéré dans sa première phase ; et rendons-nous compte, avant tout, de sa première soc iété, de ses premières écritures, de sa première doctrine.
1tur,Der Buddhismus, seine Dogmen, Geschichte und Litera  von W. WASSILIEF, Professor der chinesischen Sprache an der kaiserlic hen Universität zu St-Petersbourg (traduit du russe, 1860).