Les origines historiques des trois religions du Livre
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A priori, lorsqu’on les aborde de l’extérieur, les trois grandes religions que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam apparaissent comme des systèmes de croyance inébranlables, soutenus par des dogmes, s’appuyant sur des révélations… Apparemment, il s’agit là de forteresses aux fondations solides, dotées d’une littérature, d’un appareil qui leur permet de fonctionner, d’un certain nombre d’hommes et de femmes de foi qui œuvrent en leur nom. En apparence seulement, car à y regarder de plus près, ne sont-ce pas là autant de colosses aux pieds d’argile? Par-delà les dorures, le faste, les rituels, les célébrations, les paroles que l’on dit d’or, ne sont-ce pas là des systèmes aisément réfutables, voire condamnables pour leur aveuglement et l’emprise qu’ils exercent sur des milliards d’individus? En compagnie de Jean de Levat, petite décomposition des socles sur lesquels se sont construites les religions. Si l’on dit de Dieu qu’il appartient à l’éternité, les religions – ne serait-ce que parce qu’elles ont une date d’émergence – appartiennent à l’histoire, et en cela sont liées aux communautés humaines. Ce postulat latent guide la pensée de Jean de Levat en qui il ne faudrait pas voir un athée, mais plutôt un anticlérical et antidogmatiste convaincu. Sondant le passé des religions et les réinscrivant dans une série de mutations, métamorphoses et autres détournements de la pensée, il élabore là un essai qui cible principalement l’artificialité des religions du Livre, toutes élevées sur des assises ô combien friables et qui en ont connu les dangereuses conséquences… Un essai qui secoue bien des voûtes!

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 72
EAN13 9782748353327
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0094€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait












Les origines historiques
des trois religions
du Livre Jean de Levat










Les origines historiques
des trois religions
du Livre

















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IDDN.FR.010.0114888.000.R.P.2010.030.31500




Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2010


Introduction



Depuis leurs origines, c’est-à-dire depuis la nuit des
temps aux dires de leurs thuriféraires, les 3 Religions du
« Livre » ont toujours été contestées, voire combattues,
non seulement face à leurs tentatives hégémoniques, mais
également devant l’inanité de leurs dogmes.
Des hommes sages, instruits et courageux, toujours au
péril de leurs vies, se sont sans cesse élevés contre ces
« sectes », bâties sur la peur, l’ignorance et la faiblesse des
hommes. Avec en prime l’ignominie de la culpabilisation
vis-à-vis d’une « morale » inventée et dogmatique,
coercitive et contraire aux lois de la nature, c’est-à-dire
contraire à celles instaurées par le Créateur du Monde.
Toutes les RELIGIONS ou SECTES (ce qui est la
même chose), et les IDÉOLOGIES ou PHILOSOPHIES
POLITIQUES, ont la prétention blasphématoire de détenir
la seule « vérité », inspirée soi-disant par leur « Dieu ».
Ceci les conduit inexorablement à l’intolérance, partant à
l’élimination morale et physique de ceux qui ne pensent
pas comme eux, c’est-à-dire les « hérétiques » (ceux qui
choisissent).
Sous le couvert d’un soi disant « amour des hommes »,
tous les « sectaires » se sont empressés au cours des
millénaires, d’abréger les « souffrances » de ceux-ci. À cet
effet ils pratiquèrent les pires génocides physiques et
culturels, les déportations ou l’esclavage, ou plus
simplement l’anéantissement moral des individus.

« CROIRE ou SAVOIR, il faut CHOISIR », les
« Croyances naissent sur le mol oreiller de l’IGNORANCE ».
9
Ce à quoi les « dogmatiques » rétorquent que le
« savoir » n’est nullement incompatible avec la
« croyance ». À ceci près que tout au long des siècles, et à
partir d’un même tronc commun, la BIBLE, ces religions
« révélées » ont fait entendre une incroyable cacophonie
d’interprétations (la tour de Babel), et se sont toujours
joyeusement entre-déchirées. Pour se justifier, ces bons
apôtres accusent bien entendu toujours « les autres », ou la
nature humaine (créée paraît-il, à l’image de leur Dieu ?).

Pourtant, leurs propres Évangiles ne préviennent-ils pas
eux-mêmes :
« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en
vêtements de brebis, mais en dedans ce sont des loups
ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits… C’est
donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Matthieu
8. 15/20)
« Ce n’est pas un bon arbre qui porte de mauvais fruits…
car chaque arbre se reconnaît à son fruit… » (Luc 6. 43/44)

Les IDÉOLOGIES et les RELIGIONS constituent les
« multinationales » de la CRÉDULITÉ et de la FAIBLESSE
HUMAINE. Pour s’en convaincre, il suffit de contempler
leurs extraordinaires richesses patrimoniales !
D’où viennent les ORS des cathédrales, des basiliques,
des temples, des synagogues, des mosquées et autres
pagodes, sinon de l’esclavage de millions d’individus ? Et,
que nous sachions, sur quels textes « sacrés » s’appuient
ces exactions ?
L’Histoire est là, depuis la création du monde, pour en
apporter les preuves surabondamment ; nous nous
bornerons donc à rappeler dans cet ouvrage les épisodes
les plus marquants, à partir des propres textes « sacrés »,
et de faits historiques incontestables (et hélas non
exhaustifs) ; nous serons aidés en cela par les
10 innombrables érudits qui nous ont précédés (et qui ont
tous été persécutés ou décriés).
En soulignant que ce qui vaut pour « Les 3 Religions du
Livre », vaut aussi pour toutes autres « croyances »
dogmatiques, ou pour toutes IDÉOLOGIES philosophiques
ou politiques.

Il est pourtant un raisonnement très simple pour
concevoir « l’idée de DIEU », à la dimension de notre
RAISON ; il suffit simplement de contempler l’œuvre de
GRAND ARCHITECTE de l’UNIVERS, les yeux levés
vers le COSMOS, et non vers notre propre nombril
comme d’habitude.
Les origines de la VIE, ne se trouvent pas dans
d’obscurs grimoires charlatanesques, mais proviennent des
entrailles mêmes de la Terre, ensemencée par les acides
aminés du Cosmos. Comme on le sait maintenant, les
météorites et les poussières d’étoiles nous inondent
annuellement depuis des milliards d’années, de plusieurs
dizaines de tonnes d’acides aminés ; c’est donc sous
l’action conjuguée de la photosynthèse du soleil et de la
lune, que ceux-ci nous apportent la VIE au quotidien.
C’est la version scientifique la plus vraisemblable qui est
actuellement admise !
Comment croire un seul instant que parmi les centaines
de millions de Galaxies qui animent la voûte céleste,
composées chacune de milliards d’étoiles infinies, le
Grand Architecte de l’Univers puisse avoir un
comportement comparable aux petits et misérables
humains que nous sommes ; c’est tout simplement de
l’anthropomorphisme blasphématoire, ou de l’idolâtrie et
cela est si tentant pour les esprits simples ; mais comme le
dit l’Évangile : « Heureux les pauvres d’esprit… » !


11 Cet Univers n’a délégué aucun Prophète, aucun Messie,
n’a missionné aucun représentant « inspiré » pour
interpréter son dessin, et c’est à chacun de nous seuls, au
fond de notre conscience, à trouver notre chemin… en
suivant les seules LOIS de la NATURE : « Je crois en
DIEU, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la
terre. » (Point)

Par « définition » même du nom de « DIEU », «
celuici est une puissance unique et inaccessible à l’esprit
humain » (Christian Jacq).

Toutes autres croyances ne sont donc que de monstrueux
blasphèmes ou idolâtries vis-à-vis du CRÉATEUR, et
exploités par des escrocs et des imposteurs, fusent-ils
chamarrés, tiarés, barbus, ou enturbannés.
Sur le principe d’une vision apocalyptique du monde
d’ici-bas, ils ont terrorisé le genre humain, pour les inciter
à espérer en une « une autre vie » ; ceci n’a qu’une seule
fin, à savoir de mieux s’approprier leurs âmes et surtout
leurs biens. Le règne par la terreur et l’ignorance !
C’est le postulat qui constitue la base de la domination
humaine, et qui repose sur le triptyque social commun à
tous les pouvoirs :
- l’aîné possède le titre, le château et l’épée (la force)
- le second préside aux lois religieuses (les
consciences)
- le troisième légifère en fonction des intérêts de sa
famille (les lois).

On terminera cet exposé en citant l’apôtre Marc
(13.21/23) : « Si quelqu’un vous dit alors : le Christ est
ici, ou : il est là, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de
faux Christs et de faux Prophètes ; ils feront des
12 prodiges et des miracles pour séduire les élus… Soyez
sur vos gardes, je vous ai tout annoncé d’avance ».
Donc Jésus lui-même n’a donné mandat à personne,
pour « traduire » son enseignement !

Voilà le sens du combat mené dans ce petit ouvrage,
celui des HOMMES LIBRES (les « Hérétiques »), au
moins par la pensée !



13



Chapitre I
La Bible



La BIBLE (du Grec « Byblos », les LIVRES) constitue
évidemment l’axe fondamental, le tronc commun des 3
Religions monothéistes, le JUDAÏSME, le CHRISTIANISME
et ses multiples variantes, et l’ISLAM.
Ses origines et son contenu sont considérés très
diversement, non seulement par les historiens laïcs, mais
aussi et surtout par les « dogmatiques » de chaque religion
ou secte.
Il est évident ici qu’il est hors de question de reprendre
les innombrables exégèses bibliques, mais seulement
souligner dès le départ l’effroyable discordance qui règne
à propos de la « Parole Divine ».
Déjà la composition elle-même de la BIBLE – est
sujette à d’importantes et fondamentales variations, d’une
religion à une autre ; et que dire des différences de
traductions et d’interprétations, non seulement au cours
des âges, mais aussi celles opposant « orthodoxes » (les
vainqueurs), et « hérétiques » (les vaincus) !

Le premier document écrit que nous connaissions
concernant l’Ancien Testament, est la version dite « des
Septante », série de textes grecques (et non hébreux),
datant seulement de -280 environ avant notre ère,
composé à Alexandrie par 72 érudits (dont on ne connaît
rien !), sous les auspices du second Pharaon Grecque,
Ptolémée II Philadelphe, le fondateur de la célèbre
Bibliothèque d’Alexandrie…
Et encore, cette version n’est pas reconnue canoniquement.
5

Avant cette date, il n’y a que quelques fragments
scripturaires et peu fiables, et datant au maximum du retour
de Babylone (538), qui sont conservés au British Museum.
C’est la seule partie de la Bible, qui constitue le tronc
commun aux trois religions du LIVRE.
En ce qui concerne le Nouveau Testament, propre aux
seuls Chrétiens, il s’agit de la « Vulgate », (qui reprend
également la traduction des « Septante » pour l’Ancien
Testament) composée vers 380/90 de notre ère par le moine
Jérôme, à la demande du Pape Damase et ceci en pleine
crise de l’Église primitive (Arianisme, Manichéisme,
Donatisme, les 2 Conciles de Nicée, et la main basse sur
l’Église naissante par l’empereur Théodose, etc.). Il s’agit
d’un texte en latin (langue qui est aussi éloignée de l’hébreu
que le Français peut l’être du Chinois). Cette « traduction »,
n’est pas non plus reconnue « canoniquement » de nos
jours. Ce sont les Bénédictins qui l’amélioreront par la
suite…

Cette version avait pour objet d’officialiser la doctrine
de l’Église Romaine, afin de tenter d’unifier les 40 et
quelques versions antérieures et différentes du Nouveau
Testament (L’évangile selon Luc 1.1/4 annonce déjà
explicitement « : Plusieurs ayant entrepris de composer un
récit des événements… »). On en retrouve les traces
fragmentaires chez différents « Pères de l’Église », ceci
dès les tout premiers siècles de notre ère. Le premier
document « Index », est le « canon Muratori », datant du
edébut du III siècle. Cet « index » répertorie la liste des
textes néotestamentaires, qui sont encore considérés à
cette époque comme les suppléments à l’Ancien
Testament, celui-ci restant la référence exclusivement
utilisée dans les premières communautés
judéochrétiennes.
6
Comme on le voit, les dates de composition de ces
premiers écrits sont très largement postérieures de
plusieurs centaines, voire un millier d’années pour
l’Ancien Testament, par rapport aux faits qu’ils sont
censés relater. D’où leurs relations purement
« mythologiques ».

À défaut d’autres éléments, les « dogmatiques » de
chaque religion évoquent bien une base de
« traditions orales » à ces premiers écrits. Mais on peut
légitimement douter de leurs fiabilités, non seulement
compte tenu du temps écoulé, mais aussi à cause des
bouleversements politiques et religieux au cours des âges.
Et puis « l’oralité » dans le monde Oriental ? (voire
Occidental !). Peuples dont on connaît l’imaginaire riche,
et ceci à une époque où le prosélytisme religieux primait
sur la rigueur de la relation historique.
Époque traversée par des « Prophètes », extatiques,
visionnaires, dans une région adonnée de tout temps aux
drogues hallucinatoires.
À titre d’exemple, à l’époque actuelle, pourtant
surmédiatisée, les historiens de tous horizons, se
contredisent sur l’importance de la « Résistance » en
France pendant le dernier conflit mondial, ou sur la réalité
des tortures en Algérie… !
Pour s’en convaincre, on verra plus loin les monuments
d’incohérences et de contradictions que présentent certains
textes Bibliques une fois mis en perspective.

Les diverses découvertes plus récentes en 1945, comme
les manuscrits Coptes de Nag Hammadi en Égypte ou les
manuscrits Esséniens de Quum-ran (Mer Morte) en
Palestine en 1947, ont jeté la consternation chez les « bons
penseurs », qui se sont empressés de les cataloguer parmi
les « Apocryphes » (rejetés), alors que ces documents ont
le privilège d’avoir été rédigés à une époque
7
contemporaine des faits. Il est ainsi consternant de
constater que les « Manuscrits de la Mer Morte » (180/+
70 environ), ne font pas la moindre référence à
JésusChrist, pourtant contemporain, et qui paraît-il « attirait les
foules ». selon les Évangiles.

À ces remises aux « normes » des textes « sacrés »
opérées par les « dogmatiques », il convient d’ajouter les
innombrables destructions au cours des siècles subies par
les conflits de toutes sortes (3 fois le Temple de Jérusalem,
3 fois la Bibliothèque d’Alexandrie, et celle de Pergame,
pour ne citer les plus connues). Enfin les fameux « moines
copistes », qui existaient il est vrai dans chaque religion,
les « autodafés » durant des siècles, en Orient comme en
Occident, ont contribué largement à rendre volontairement
opaque la vérité historique.


Le plus grave, c’est que le mot « Testament » ou
« Alliance », est présenté comme une marque de leur
DIEU par ces Religions ; pour celles-ci cela constitue la
distinction divine d’une nation, d’une race, d’une secte, ce
qui lui accorderait des droits de suprématie particuliers ;
nous retrouvons cette justification, non seulement tout au
long de l’Histoire et des atrocités ainsi commises, mais
aussi dans les textes même. Ainsi les versets 9/26-27 de la
Genèse : « Que Dieu étende les possessions de Japhet,
qu’il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur
esclave », justifia entre autres, la traite des Noirs (plus de
30 millions en trois siècles, au compte des seuls Chrétiens,
sans compter les morts et la traite opérée par les Arabes !)
et l’extermination des Peaux-Rouges dans les deux
Amériques. C’est ainsi que le célébrait le Pasteur
américain Morisson : « Dieu a ordonné à l’homme blanc,
d’exterminer les hommes rouges… ».
8
Les Catholiques de base, quant à eux ont toujours
ignoré superbement les Écritures, dont la lecture leur était
einterdite par Rome depuis le VII siècle !
Ce qui est le plus haïssable et impardonnable chez ces
« Hommes de Dieu », c’est d’avoir ensanglanté le monde
pendant des millénaires, pour asseoir leurs hégémonies, en
se servant de ces soi-disant « SAINTES ÉCRITURES »,
dont on verra encore plus loin qu’elles sont tout, sauf
« saintes ».

Revenons aux différentes compositions de la BIBLE.

Pour les JUIFS, la BIBLE représente 24 livres, établis
selon le nombre de lettres de l’alphabet hébraïque :
La THORA (la LOI), qui comprend exclusivement les
5 premiers livres, attribués à Moïse, (ou Pentateuque selon
les Chrétiens), à savoir :
- La Genèse
- L’Exode
- Le Lévitique
- Les Nombres
- Le Deutéronome

Les PROPHÈTES antérieurs à Salomon :
- Josué
- Les Juges
- Samuel I et II
- Les Rois I et II

Les PROPHÈTES postérieurs :
- Isaïe/Esaïe
9
- Jérémie
- Ezéchiel
- Les 12 petits Prophètes

Les ÉCRITS, qui regroupent des textes d’origine ancienne,
et qui ne sont pas « reçus » au même titre par les Juifs.

Pour les CHRÉTIENS ORTHODOXES et les
CATHOLIQUES, (pour ces derniers, le « Canon », n’a été
établi définitivement qu’au Concile de Trente en
15451563 !), reconnaissent 45 livres, alors que les
PROTESTANTS ne reconnaissent que 39 livres, qui sont à
peu près les même que les 24 livres Juifs, mais présentés
différemment. Les listes synoptiques des différents Livres
figurent dans toutes les Encyclopédies comme la prestigieuse
« Universalis ».

Ainsi non seulement entre les CHRÉTIENS les livres
sont différents, mais également les textes ; ceci et surtout
afin de donner plus de corps aux Prophéties dites
« messianiques », et tenter d’établir une concordance avec
les prétendues citations de l’Ancien Testament. En effet
beaucoup de textes ont été rajoutés ou revus en ce sens
dans le Nouveau Testament, par certains « Pères de
l’Église » au cours des quatre premiers siècles ; d’autres
ont au contraire disparu, mais on en retrouve certains dans
les écrits dits « Apocryphes » (v. chapitre V). Les «
posttraducteurs ont pu être aidés ainsi dans leurs
manipulations, non seulement par la multiplicité des
sources, mais aussi par les difficultés inhérentes à toutes
traductions.
Enfin, sachant que les mots sémitiques peuvent avoir
jusqu’à 7 sens différents, du fait d’alphabets sans voyelles,
les interprétations « dogmatiques », ont pu se donner libre
cours. Ça ne leur donne pas le droit de tuer !

10
Parmi les exemples les plus connus, nous en citerons
seulement quelques-uns, car encore une fois il n’est pas
dans nos intentions d’entreprendre une exégèse biblique (il
y en a assez par ailleurs, et dont le seul point commun,
c’est d’être toutes discordantes !) :
- dans la Genèse, il est question de « la côte
d’Adam » pour les Catholiques, alors que les Juifs
traduisent par « souffle de vie », ce qui est plus
rationnel.
- la fin d’Isaïe est reconnue par les uns, mais pas par
les autres.
- dans l’Évangile de Marc (10/25) : « Il est plus facile
à un chameau de passer par le trou d’une
aiguille… », alors qu’en réalité il s’agit de la « Porte
de l’Aiguille » à Jérusalem.
- Dans sa version CATHOLIQUE les frères et sœurs
de Jésus sont baptisés « cousins », ceci pour justifier
le « credo » contre-nature, de la « virginité » de
Marie.
- Enfin et surtout, il faut mettre en exergue dans le
« Nouveau Testament » les incessantes citations
concernant Jésus, appelé abusivement « Fils de Dieu »
par les Chrétiens, alors qu’« Emmanuel » veut dire
simplement « envoyé de Dieu », titre dont se
qualifiaient du reste tous les prétendus « Prophètes ».

Les traductions Chrétiennes, et surtout Catholiques sont
pleines de contresens, voire de non-sens, et ceci souvent
sur des passages entiers. C’est du reste la raison pour
laquelle le canon biblique a été établi si tardivement par
eRome, au XVI siècle seulement comme on l’a vu.
Ils ont eu le temps de réfléchir entre-temps sur
l’authenticité de « la parole de Dieu » !
11
Pour conforter cette analyse, il suffit de rappeler que
l’Église Catholique Romaine n’a pas craint de mettre à
l’INDEX, ses propres « Livres SACRES », ceci pendant
eplusieurs siècles et encore jusqu’au début du XX siècle,
de crainte que certains fidèles puissent se poser trop de
questions.

Ce qui est paradoxal, c’est que les JUIFS n’ont jamais
reconnu en Jésus un quelconque « Dieu », parmi les
multiples « Messies » qui foisonnaient à l’époque. Pourtant
leurs érudits et docteurs de la Loi avaient précédé les
Chrétiens et pratiquaient couramment l’hébreu.
Ceci a donc amené les Chrétiens, à revisiter les
Écritures pour justifier leurs invraisemblances.

Quant aux MUSULMANS, le CORAN ne consacre pas
moins de 52 versets aux sources bibliques, reconnaissant
entre autres Abraham, Noë, Moïse, Jésus (comme
« prophète »), et Marie.
Ce fut l’ange « Gabriel » qui aurait fait ses premières
révélations à MOHAMMED.
Il faut rapprocher ces réminiscences, de l’influence que
les Chrétiens Nestoriens et les Familles Juives installées à
Médine, exercèrent sur le jeune MOHAMMED. Il fut
élevé en effet dans une famille de riches marchands
caravaniers, qui commerçait tant avec Damas, qu’avec le
Yémen, toutes deux régions chrétiennes à l’époque. La
ville comportait également une population cosmopolite,
avec une forte présence Juive, les Banou Qaynouqâ, les
Banou Nadîr et les Banou Qourayza entre autres
(cohabitation qui a souvent bien changé aujourd’hui !).
Mais les prétentions hégémoniques de ces familles
provoquèrent par la suite leurs expulsions.
À noter que les deux dernières des 40 épouses ou
concubines du Prophète furent l’une Juive, l’autre
Chrétienne.
12

L’enseignement et la morale qui ressortent de
l’ensemble Coranique, rappellent par bien des points, la
rigueur morale des épîtres de l’apôtre Paul, ou celles de
Pierre (notamment concernant la famille et le rôle de la
femme, les textes relevant parfois du mot à mot).
Toutefois pour le Coran, quoiqu’à un degré bien
moindre, se pose le problème de l’authenticité des textes.
En effet Mohammed comme Jésus n’a rien écrit, et n’a fait
part à ses disciples que de ses « visions ».
Pire, à la mort du Prophète (632), son beau-père Abou
Bakr prend le titre de « Commandeur des Croyants », titre
que lui contestent aussitôt son cousin et gendre Ali.
D’où un schisme sanglant, encore vivace de nos jours,
entre les « SUNNITES » majoritaires (tenants d’Abou
Bakr), et les « CHIITES » (tenants d’Ali) prépondérants
en Iran, et fortement implantés en Irak, en Syrie ou au
Liban.
eCe n’est que le 3 Khalife, Othman, qui fit entreprendre
vers 652, la rédaction du Coran. Quand on sait que
l’écriture Arabe, comme toutes les écritures sémitiques
(dont l’Hébreu), ainsi que nous l’avons déjà souligné, ne
comporte pas de voyelles, et que chaque mot peut avoir
jusqu’à sept sens différents, le moins que l’on puisse dire,
c’est que les différences d’interprétations ne méritent pas
une « Djihad » !

Il convient de signaler que le CORAN qualifie DIEU
par le nom d’« Allah » (« IL », « l’Imprononçable » tant
est grand le respect pour LUI). Pour les JUIFS
« Yahweh » a le même sens, et inspire le même respect.
On est bien loin de la caricature anthropomorphique de
DIEU, donnée par les Chrétiens ; cette interprétation fut
pourtant déjà combattue par Augustin d’Hippone, Père de
el’Église au V siècle, sans grand succès, semble-t-il.
13
A noter aussi, est c’est particulièrement important, que
le Coran a été conçu à deux étapes différentes de la vie du
Prophète, d’une part à Médine (la partie la plus ouverte du
Coran/27 sourates), et d’autre part à La Mecque (la partie
la plus sévère/87 sourates).

En CONCLUSION de ce chapitre, nous rappellerons
une émission de TV, présentée par le bien connu François
de Closet, érudit et catholique, à propos des fouilles
archéologiques du Moyen-Orient, indiquant qu’aucune
trace du village antique de Nazareth (1) n’avait été
retrouvée. Le Père PUECH, Directeur de l’Institut
Biblique de Jérusalem, resta très prudent et réservé dans
ses réponses ; par contre le Préfet de la Congrégation de la
Foi, un Cardinal Hollandais, visiblement irrité par cette
question, répliqua sèchement que, pour lui : « La foi lui
suffisait ! » Fermez le ban !

Il a été remplacé depuis par l’ancien Archevêque de
Cologne, le Cardinal Ratzinger, à la tête de ce qui fut la
« Sainte Inquisition » et qui est bien connu pour ses
positions intransigeantes et dogmatiques ! Il est
maintenant Pape !
À propos Monsieur le Cardinal, où se trouve donc la
emystérieuse 3 prophétie de Fatima ?

La foi, c’est comme l’amour, il faut savoir fermer les
yeux !

Napoléon n’a-t-il pas écrit : « L’Histoire est un
mensonge que personne ne conteste », et il savait de quoi
il parlait. Et il n’est pas le seul !
Ceci n’est en quelque sorte qu’un bref aperçu,
concernant l’historicité et l’authenticité des LIVRES dits
« sacrés », et on en trouvera les développements dans les
chapitres suivants
14


NB – (1) Le village (mythologique) de Nazareth, n’a
rien à voir avec le mot « Nazir » qui signifie « le Pur/la
Vie », qui était le qualificatif de IESHUA HA NAZIR. Le
e« Nazareth » actuel, ne date que du IV siècle !



15



Chapitre II
Les origines du Christianisme



Le sujet a été traité des milliers de fois depuis des siècles.
L’ennui c’est que la prétendue « parole de Dieu »
semble avoir été si peu claire, qu’elle a été traduite par tant
de versions différentes ; or celles-ci, comme nous l’avons
écrit maintes fois, et que nous écrirons autant de fois que
nous le pourrons, ont ensanglanté le monde !
Mais jamais nous ne saurons atteindre le nombre des
victimes !

Aussi avant de commencer ce chapitre, je me référerai
volontiers au livre éminemment chrétien publié par les
éditions du « Reader’s Digest », réputées pour le sérieux et
la prudence de leurs publications, à savoir : « Jésus et son
temps ». Étant donné son immense diffusion, cet ouvrage
a été réalisé par un aréopage de sommités et d’érudits des
Universités américaines et Israéliennes, pour prévenir
toutes dérives par rapport à l’orthodoxie.

Et que lit-on dès l’introduction : « Il y a de nombreux
iconoclastes (rappelons que les premiers chrétiens furent
eux-mêmes qualifiés « d’iconoclastes », car ils détruisaient
les Temples et les statues des Empereurs et des Dieux
Romains, tout comme pourraient le faire actuellement les
« loubards » des banlieues) qui, selon eux, Jésus n’est
qu’une figure mythique, création imaginaire des premiers
chrétiens… on prétend encore que Jésus a survécu à un
simulacre d’exécution… Pratiquement, tout ce que l’on
sait sur Jésus, nous vient des Évangiles ».
17
eCe en quoi E. RENAN au XIX siècle dans sa « Vie de
Jésus » abonde en écrivant : « si l’on s’astreignait, en
écrivant la vie de Jésus, à n’avancer que des choses
certaines, il faudrait se borner à quelques lignes »
Le même E. Renan ajoute : « Il est une chose qu’un
théologien ne saurait jamais être, je veux dire historien…
Le théologien a un intérêt, c’est son dogme ». Ce à quoi
nous rajouterons : « le dogme est le fonds de commerce
des idéologies et des religions, toujours basées sur
l’ignorance et la crainte ».
Nous retrouverons du reste abondamment E. Renan et
son œuvre de démystification, dans le chapitre intitulé :
« Les critiques et contestataires des 3 Religions du
Livre ».
Reprenons les citations de « Jésus en son temps » :
« Qui furent les rédacteurs des Évangiles ? Tous les
spécialistes s’accordent pour dire que ces noms ne leur
eavaient été attribués qu’au cours du II siècle, et l’on en
discute encore ». C’est à cette époque que les premiers
responsables de l’église naissante, comme Tatien ou
Papias, ou la dichotomie imbécile d’Irénée (« puisqu’il y a
4 points cardinaux, il y a nécessairement 4 évangiles »)
tentèrent déjà (!) une première remise en ordre. Cela
provoqua immédiatement le premier schisme de
MARCION, que nous verrons par ailleurs.
Mais les auteurs de « Jésus en son temps », concluent
péremptoirement : « les discussions savantes sur l’origine
de ces textes importent peu » !
Nous pouvons confirmer avec l’article de
« L’Encyclopaedia Universalis », consacré à JÉSUS (Vol.
9/p. 456) : « Il n’a pas fondé de religion… Les Évangiles
qui sont notre seule source documentaire, ne sont pas des
biographies de Jésus, ni un compte rendu de ses discours,
mais un témoignage de la foi des premiers Chrétiens (!) ».
Et nous avons pris soin, à dessin, de prendre pour base
de l’exégèse chrétienne, ces ouvrages récents et qui font
18
références ! Que dire des ouvrages catholiques des siècles
précédents, où l’anathème et la « sainte colère »
remplacent le plus souvent l’argumentation !
I. Les sources chrétiennes
Avant tout, il convient de consacrer un long
développement à celui par qui « le scandale est arrivé »
(Matthieu 18. 7).
JÉSUS de Nazareth, ou plutôt « IESHUAH ha Nazir »,
fils de IEUDAH ha Gamala, a la particularité première, c’est
celle de n’avoir laissé pratiquement aucune trace de son
existence parmi ses contemporains, ce qui est pour le moins
paradoxal, pour quelqu’un qui, suivant les Évangiles
« rassemblait des foules autour de lui ».
Pratiquement, tout ce que l’on sait officiellement sur
JÉSUS, nous vient des Évangiles (dont le premier texte, la
« Vulgate » de Jérôme, date de 380 ans après les faits
prétendument relatés). Le premier fragment, le papyrus
e« Ryland » daterai de la moitié du III siècle.
Toutefois plusieurs dizaines de variantes couraient dès
erla fin du 1 . siècle de notre ère, comme le fameux
Évangile de Thomas (le Thomas dit « Didyme », qui
avait déjà manifesté son scepticisme, lors de l’apparition
du Christ au Cénacle, après sa mort) et dont il nous reste
en Occident quelques extraits, rescapés à la censure du
temps et des hommes ; heureusement, on a pu les
comparer avec le seul exemplaire complet, datant du début
edu II siècle et en langue Copte, retrouvé en 1945 dans le
désert Égyptien de Nag Hamadi.
Le malheur pour les soi-disant exégètes chrétiens, c’est
que l’Évangile de Thomas ne fait aucune mention de la
« prétendue » résurrection du Christ, seule raison pour
laquelle il est retenu comme « Apocryphe » et figure à
« l’Index » du St. Office ! Et pourtant ces mêmes :
19
« exégètes ont même soutenu qu’elles étaient parfois plus
proches des véritables paroles du Christ » (suivant « Jésus
en son temps »).
Il convient de citer aussi l’Évangile de Pierre
(prétendument « Apocryphe » lui aussi), où il est
explicitement indiqué que Joseph aurait eu des enfants
d’un premier mariage, et qu’il en aurait eu d’autres avec
Marie.
Il est très important de noter que la différence
fondamentale entre les écrits dits « Apocryphes » (et
auxquels, un chapitre sera consacré), et les écrits
« canoniques », c’est que les premiers documents sont
authentiques et contemporains des faits qui y sont relatés,
alors que les seconds sont toujours largement postérieurs
de plusieurs centaines d’années, ainsi que nous l’avons vu
dans le chapitre consacré à « La BIBLE »
C’est du reste à partir des différentes versions des
premiers Évangiles, autant qu’en fonction de la recherche
de la primauté parmi les Apôtres, que ce sont développées
les premières « hérésies » ; on en trouve déjà les
manifestations dans les Évangiles « canoniques »
euxmêmes (Matthieu 20/27 : les fils de Zébédée), ainsi que
dans les Épîtres de Paul exposant ses différents avec
Képhas-Pierre notamment, et aussi avec bien d’autres.
Les seuls et rares renseignements réellement historiques
que nous possédions, sont des documents « gnostiques »
erdu 1 . siècle (c’est-à-dire des « croyants », qui étaient
Chrétiens, mais qui ne croyaient déjà pas en la « Divinité »
de Jésus), et les documents Juifs des Pharisiens contenus
dans les deux « Talmuds » (celui de Babylone et surtout
celui d’Alexandrie).
Les Esséniens n’en soufflent mot, dans les
« Manuscrits de la Mer Morte », qui pourtant lui sont
contemporains. Il est vrai que ces écrits authentiques, sont
rejetés des « canons » Chrétiens comme « Apocryphes »,
20
alors que les Juifs plus subtils, les classent parmi les
documents dits « à côté ».

Ces « Manuscrits de la Mer Morte », ont quand même
une particularité fondamentale pour bien comprendre les
ORIGINES du CHRISTIANISME, c’est que datant du
erI siècle avant notre ère, ils contiennent, à des citations
textuelles près, toute la doctrine prêtée à Jésus

Il est inutile de rappeler que les Juifs, étaient pourtant
aux premières lignes à l’époque ; en lutte contre la
domination Romaine, ils attendaient un « Sauveur », mais
ils n’ont jamais cru dans leur immense majorité à cette
« réincarnation ». Eux-mêmes, appelaient cette nouvelle
secte « Minimes », c’est-à-dire « hérétiques », et tous les
textes du Nouveau Testament rappellent le peu de succès
rencontré par les prédications de Jésus, y compris parmi
ses Apôtres (dont certains le quittèrent rapidement (Jean
6/66), le prenant pour un fou blasphémateur !). Les
« miracles » n’ont pas fait recette, au moins devant ceux
qui en auraient été témoins ! D’où les rajouts a posteriori
dans les « Actes », des épisodes de la Pentecôte et de
l’Ascension ; quant à l’Assomption de Marie ? Nulle
trace !

Mais les deux faits les plus significatifs, ce sont
d’abord ceux-ci :
- Jamais, dans les écrits « dogmatiques » des
« Religions (prétendument) révélées », ni dans les
Évangiles, ni dans les Actes, ni dans les Épîtres,
Jésus ne prétend être Dieu, mais simplement
« envoyé de Dieu » et ceci malgré les traductions
manipulées ultérieures. Quand il est directement
interrogé à ce sujet, soit par ses Apôtres, soit par les
Pharisiens, il ne répond pas, ou seulement par
d’obscures paraboles, auxquelles personne ne
21
comprend rien ! Et il parle seulement de son « Père
qui l’a envoyé » (Jean 8. 43) ; ou encore Jean (5.
30) : « parce que je ne cherche pas ma volonté, mais
la volonté du Père qui m’a envoyé » ; et toujours
Jean (4. 44) : « car il avait déclaré lui-même qu’un
prophète n’est pas honoré dans sa propre patrie » !
Mieux, il répond : « Pourquoi m’appelles-tu
BON ? Il n’y a qu’un seul BON, c’est DIEU »
(Matthieu 19. 16/17) » Peut-on être plus clair ?
L’apôtre Paul, qui pourtant ne l’a pas connu, ne fait
aucune référence aux écrits (?) des Apôtres qui l’auraient
précédé et qui donc auraient connu Jésus (sauf Luc : 1.
1/4). Paul l’appelle de multiples façons, dont « grand
Rabbi » ou même « grand Thaumaturge » (ce qui veut dire
« Magicien » ; ceci amènera par la suite E. Renan à le
qualifier de « saltimbanque Nazaréen »), mais jamais il ne
l’appelle « DIEU ».

Selon de nombreux historiens comme le chercheur
Allemand Rudolph Bultmann, on pense que « l’ensemble
des récits dans lesquels Jésus prédit sa mort et sa
résurrection, ne possèdent aucuns fondements historiques.
Ces éléments lui auraient été attribués seulement après sa
mort ». Dans « La Vie de Jésus », l’érudit incontournable
E. Renan cite abondamment les passages modifiés par les
« dogmatiques » dans les textes primitifs, et nous y
renvoyons allégrement nos éventuels lecteurs.
- Le second fait, tout aussi important, ce sont les quatre
récits évangéliques de sa soi-disant résurrection qui
sont totalement discordants en dépit des contorsions
des post-traducteurs. On en a quatre relations
complètement différentes et contradictoires, purement
hallucinatoires, et qui ne tiennent qu’en UNE seule
page, sur les 30 ou 35 qui composent chaque Évangile.
Après sa « mort », il ne s’agit que de quelques
apparitions fantasmagoriques, comme sur le chemin
22
d’Emmaüs (site par ailleurs totalement mythique !),
où ses disciples ne le reconnaissent pas ; ou encore à
travers les murs du Cénacle par exemple, où selon
Marc (16. 14) : « il apparut aux onze, et il leur
reprocha leur incrédulité, parce qu’ils n’avaient pas
cru ceux qui l’avaient vu ressuscité »
C’est un comble après trois ans de prédications en
commun avec des hommes simples et d’un naturel
crédule ! Et c’est bien peu pour une « résurrection » d’un
« Dieu vivant » ! ! ! ! ! ! ! ? ? ? ? ? ?
Du reste lui-même ne croit pas non plus à sa
résurrection, comme en témoigne la longue complainte au
Mont des Oliviers qu’on lui attribue avant sa mort,
puisqu’aucun disciple ne semble en avoir été témoins, et
avec comme point d’orgue : « Père, éloigne de moi ce
calice… », ou « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Ou
dans Jean (14. 30/31) : « Je ne parlerai plus guère avec vous,
car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi… ».
Par ailleurs, Jésus ne dit-il pas lui-même dans Marc
(12. 24/27) : « Car à la résurrection des morts, les
hommes ne prendront point de femmes ni les femmes
de maris, mais ils seront comme les anges dans les
cieux ». Il n’y a donc aucune « résurrection » pour
personnes ! On est bien loin des billevesées traditionnelles
à ce sujet.

Il faut faire néanmoins confiance aux « interprètes
inspirés et mandatés » pour nous donner un complément
d’informations sur ce point évidemment crucial !
Un théologien de religion Catholique, interrogé à ce
sujet, nous répondit avec assurance : « Christ est ressuscité
dans son « corps glorieux ».
Voilà une bonne réponse !
C’est la position officielle des Chrétiens !
Que penser par ailleurs du passage de Marc, citant
Jésus, annonçant sa fin prochaine (13.21/23) « Si
23
quelqu’un vous dit alors : le Christ est ici, ou : il est là,
ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux Christs et de
faux Prophètes ; ils feront des prodiges et des miracles
pour séduire les élus… Soyez sur vos gardes, je vous ai
tout annoncé d’avance ».
Cette citation est à rapprocher de Matthieu (16. 27/28)
toujours à propos de Jésus annonçant sa mort : « Car le fils
de l’homme doit venir dans la gloire de son père, avec ses
anges (légions). Je vous le dis en vérité, quelques-uns qui
sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le fils de
l’homme venir dans son règne » (épisode de la
« transfiguration »).
Du reste devant le nombre de « résurrections » miraculeuses
relevées dans l’ensemble du Nouveau Testament, on ne peut
que rester encore plus sceptique ! Il est curieux de noter que
depuis cette époque, les « miracles » ont lieux
essentiellement en terres Chrétiennes, à l’exclusion des
autres contrées, ou du moins pas avec le même sens.
Il est par ailleurs pour le moins tout aussi curieux que
les miracles imputés tant à Jésus qu’aux Apôtres, touchent
essentiellement des « possédés du démon ». Ce Démon
qui selon Luc (4. 9/13, « tentation de Jésus ») fait pour le
moins jeu égal avec le dénommé Jésus. Qu’est ce que c’est
ce « Dieu », qui a créé son propre ennemi, et qui est tenté
par lui ?

Quant à la prétendue « sainteté » de la doctrine
Évangélique, il suffit de se rapporter aux textes suivants,
cités à titre d’exemple, parmi tant d’autres :
- « À cause de mon nom, le frère livrera son frère à
la mort, le père ses enfants ; les enfants se
soulèveront contre leurs parents et les feront mourir
(Matthieu 10. 21/22) ».
- « Ne croyez pas que je sois venu apporter la
paix sur la terre… mais l’épée. Car je suis venu
mettre la division entre l’homme et son père, entre
24
la fille et sa mère, etc. (suit une longue invocation
où le fanatisme le dispute à la mégalomanie
(Matthieu 10. 34/42). »
- Toujours dans Matthieu, mais aussi dans Marc et
Luc, les pires malédictions sont adressées aux
villes et aux habitants qui ne l’ont pas accepté.
- Pratiquement chaque page des Évangiles et plus
tard des Épîtres contiennent des malédictions
souvent atroces.
- On peut encore rappeler la parabole des « invités
de la noce » où personne ne voulant venir, le roi
fait rabattre toute personne trouvés en chemin.
Parmi celles-ci se trouve un pauvre hère qui n’a
pas d’habits de noces : « jetez-le dans les ténèbres
du dehors, où il y aura des pleurs et des
grincements de dents » s’insurge le roi ! (Matthieu 22.
1/14).
- Dans Luc on trouve des paraboles qui, même pour
l’époque, devaient sentir le soufre : « Un homme
riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme
dissipant ses biens… Le maître loua l’économe
infidèle… car les enfants de ce siècle sont plus
prudents… que ne le sont les enfants de lumière »
(Luc 16. 1/8).
- Que dire encore de l’invraisemblable « parabole
des talents » bien connue, où la malhonnêteté est
érigée en vertu ! Et qui se conclue par : « Au reste
amenez-moi mes ennemis, qui n’ont pas voulu
que je règne sur eux, et tuez-les en ma
présence » (Luc 19. 11/27).
- Luc encore : 20. 43/44 : « Le Seigneur dit à mon
Seigneur : Assied toi à ma droite, jusqu’à ce que je
fasse de tes ennemis mon marchepied » !
25
- Le même Luc 21. 8/11 : « Prenez garde que vous
ne soyez séduits.
Car plusieurs viendront sous mon nom disant :
C’est moi, et le temps approche. Ne les suivez
pas… Il y aura de grands tremblements de terre, et
en divers lieux des pestes et des famines… ».
- Ou encore Paul : « Les ennemis de Dieu méritent la
mort », (Romains 1. 32), auquel répondra en écho
au Moyen-âge, Thomas d’Aquin : « L’hérétique
doit être brûlé »
- Enfin, nous rappelons les innombrables
malédictions, anathèmes, menaces d’anéantissement,
concernant « ceux qui ont des yeux et ne voient
pas, des oreilles » etc., les villes qui refusent de le
recevoir, et en point d’orgue, les abominations de
la prochaine destruction de Jérusalem. Nul doute
que ses enseignements ont été suivis
soigneusement par ses disciples sur ces points !

Et ces innombrables prédictions apocalyptiques, dont
non seulement l’Apocalypse de Jean, mais aussi les
« Apocryphes » ; ceux-ci constituent le fonds de
commerce des sectes « millénaristes », et furent contredits
du vivant même de Jésus : « Je vous le dis en vérité,
quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront pas, qu’ils
n’aient vu le fils de l’homme venir dans son règne. »
(Matthieu 16. 28/déjà cité). Jean, Pierre, Paul reviennent
sans cesse sur cette prédiction. Et heureusement on
l’attend encore ! Sauf pour les malheureux et dangereux
« Témoins de Jéhovah »
Et pour les multiples incohérences doctrinales
majeures, on se bornera à rapprocher :
- « N’allez pas vers les païens et n’entrez pas dans
les villes des Samaritains (Matthieu 10. 5/6) », en
26
contradiction totale avec : « Allez et enseignez à
toutes les nations » (Matthieu 28. 18/20).
- Ou encore dans les Épîtres de Paul (Galates 2 en
entier) où Pierre Khéphas est donné pour l’Apôtre
des circoncis (les Juifs), et Paul celui des gentils
(les non-circoncis). En fait si Pierre est considéré
ercomme le 1 . Pape de la Chrétienté, Paul s’évertua
avant tout à essayer de convertir les Juifs de la
Diaspora (avec des succès très mitigés). Ce passage
souligne par ailleurs le climat d’antagonisme
encore plus personnel que doctrinal, qui régnait entre
les deux premiers protagonistes du Christianisme.
- Enfin, les récits de l’Ascension ou de la Pentecôte,
ne figurent comme on l’a vu, que dans un texte très
controversé par les Chrétiens eux-mêmes, celui des
« Actes des Apôtres », où le « merveilleux » le
dispute souvent à l’invraisemblable, et 4 lignes
(rajoutées ?) à la fin de Marc, et une seule ligne
chez Luc. C’est bien peu pour de tels prodiges !

En résumé, comme nous l’avons déjà dit, tout ce que
l’on est censé savoir sur JÉSUS, nous vient pratiquement
des seuls Évangiles qui, selon tous les historiens sérieux et
compétents, sont plutôt des ouvrages de propagande
religieuse, que des relations historiques. En effet, on a
peine à croire que les Apôtres, simples pêcheurs d’après
les Évangiles, aient eu à l’époque une érudition
quelconque (sauf le « miracle » de la Pentecôte !). Du
reste, très hypocritement, les 4 Évangiles sont dits par les
Chrétiens : « selon » ou « attribués » à St. Mathieu, St.
Luc, etc.
Et comme nous l’avons déjà dit aussi, il n’y en a
aucune trace de ces Évangiles chez l’apôtre Paul, juif
rabbinique, né à Tarse près d’Antioche (c’est-à-dire très
loin de Jérusalem), et qui a bâti toute sa théosophie, bien
postérieurement à la vie de Jésus.
27

Nous reviendrons pour finir à l’« Encyclopaedia
Universalis » (Vol 9/p.426-431) en nous bornant à citer les
seules têtes de chapitres. Après avoir souligné qu’il
n’existe aucun texte historique relatif à l’existence et à la
vie de Jésus, et que les Évangiles (dont on vient de voir les
incohérences de textes), ne sont que de simples écrits
apologétiques, l’E.U. ne fait allusion, nulle part, à une
prétendue « réincarnation » de Dieu. On cite les chapitres
dans l’ordre :
- L’enseignement de Jésus
- Le Royaume de Dieu (pas de Jésus)
- La volonté de Dieu (pas de Jésus)
- Dieu (Le Maître dont il est le métayer, suivant la
parabole)
- La FOI en Jésus (il faut en avoir pour y croire) :
« l’événement de la résurrection de J.C. d’entre les
morts… Sont des réalités qui échappent à la
science historique () …
- Paul : « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre
prédication est vide, vide aussi notre foi » (Cor I.
15/14-15). Tout est là ! CQFD

Nous conclurons en citant encore une fois Matthieu (4.
5/7) : « Prenez garde que personne ne vous séduise. Car
plusieurs viendront sous mon nom, disant c’est moi qui
suis le Christ… ».
À bons entendeurs, salut
II. Les textes « Gnostiques » et Talmudiques
erEn fait, il n’y a que les textes « Gnostiques » des 1 .
eet 2 siècle de notre ère dont on a parlé auparavant,
28
ensemble d’écrits dits « Apocryphes » (c’est-à-dire
« rejetés », par les Chrétiens), mais authentiques quant à
leurs dates.
Ces manuscrits sont conservés à Londres, à Oxford, à
Berlin et surtout au Caire en ce qui concerne plus
particulièrement ceux trouvés en 1945 dans le désert de
Nag Hamadi en Égypte, et d’origine Copte.
Il convient d’y rajouter les fameux « manuscrits de la
Mer Morte » déjà évoqués également. S’il nous semble
peu opportun de rentrer dans le détail de ces très
nombreux textes, ce qui est une affaire de spécialistes,
nous renvoyons nos lecteurs au chapitre concernant les
« Apocryphes ».
Il nous faut cependant insister sur le fait que ce sont
essentiellement ces textes qui ont engendré les diverses
sectes chrétiennes des premiers siècles, et qui furent
combattues avec acharnement par les « Pauliniens »
(appelés en fait « Nazaréens ») ; devenues minoritaires,
elles ont été appelées par la suite « hérétiques » (« ceux
qui cherchent »), par opposition aux « dogmatiques »
restés majoritaires.
L’écrivain Romain, Ammien Marcellin n’a-t-il pas été
eamené à écrire au III siècle : « Les bêtes sauvages ne sont
pas plus ennemis des hommes, que les chrétiens les uns
des autres » ; ce à quoi Sulpice Sévère, autre écrivain
eRomain du III siècle surenchérit : « Maintenant tout est
troublé par les discordes des Évêques. Partout la haine et
la faveur, la crainte, l’envie, l’ambition, la débauche,
l’avarice, l’arrogance, la paresse ; c’est la corruption
générale. ». On est loin du fameux roman « Quo vadis ? »,
et de « Aimez-vous les uns les autres » !
Ces textes qui, encore une fois, ont le privilège d’être
d’époque, ont toujours été soigneusement occultés, non
seulement dans l’enseignement Chrétien traditionnel, mais
aussi par les historiens classiques. L’ignorance
institutionnalisée évite de poser des questions embarrassantes !
29

Pour en revenir aux écrits « gnostiques » et à la vraie
personnalité de Jésus dit « de Nazareth » par une fausse
traduction, en réalité IESUAH ah NAZIR (Sauveur le
Pur/la Vie) est le fils de IEUDAH ah GAMALA (appelé
par les Chrétiens : « Joseph ou Judas de Gamala »).
À l’époque, les Juifs étaient en pleine effervescence
contre les Romains, ce qui n’apparaît aucunement dans les
relations évangéliques, et qui corrobore le fait qu’ils aient
été composés en réalité, comme on l’a vu, très
postérieurement aux événements qui y sont relatés. En
outre, les Juifs étaient divisés en plusieurs factions rivales,
qui n’hésitaient pas à se dénoncer les uns les autres à
l’occupant Romain, comme le feront aussi très vite les
premiers Chrétiens Nazaréens. On verra ces questions plus
loin dans le chapitre consacré au JUDAÏSME.
D’après la tradition hébraïque, sa famille descendrait du
Roi DAVID là aussi, les nomenclatures à ce sujet, dans les
Évangiles de Mathieu (1.1/16) et de Luc (3. 23/38) ne
concordent pas ; mais on peut légitimement penser que sur
plusieurs milliers d’années les « fiches d’état-civil » aient
été quelque peu malmenées, surtout par l’apôtre Luc qui
n’a pas connu Jésus.
Du reste, faute d’éléments historiques tangibles, on
pourrait être amené à penser, que parmi les 4 Évangiles
« canoniques », ceux-ci se réduiraient tout simplement à
deux Évangiles. Il y aurait tout d’abord celui de JEAN,
(composé vers 70/90 de notre ère), celui qui prétend avoir
connu Jésus, et ensuite une série d’autres Évangiles.
Ceuxci auraient été composés au cours des premiers siècles à
des dates différentes et dans des langues différentes.
Malgré le fait que des données plus précises aient été
soigneusement effacées, cette explication reste la plus
vraisemblable, surtout si l’on s’en tient aux différents
styles de textes qui racontent à quelques épisodes près, et
parfois au mot à mot, la même histoire (d’où le nom
30
d’Évangiles « synoptiques », retenu par la suite). C ‘est
encore une fois l’opinion d’E. Renan, dans la préface de la
e13 édition de la « Vie de Jésus ».

Pour revenir à ce qui concerne la famille de IESHUAH
ha Nazir, dit aussi de Gamala, village de Galilée (le pic
des aigles), son grand-père EZECHIAS de Gamala,
patriarche des lieux avait donné beaucoup de fil à retordre
aux Romains et mourut en prison. Les Pharisiens
euxmêmes avaient beaucoup de préventions vis-à-vis des
Galiléens : « Examine, et tu verras que de la Galilée, il ne
sort point de Prophètes. » (Jean 7. 52). Et pour cause, car
pour les Juifs du Temple, les Galiléens vraisemblablement
e ed’origine Gauloise (invasions du III ou IV siècle avant
notre ère), étaient des « convertis », donc des suspects
d’hérésies.
À la mort d’Ezéchias, son fils aîné IEUDAH
(Judas/Joseph) ha Gamala repris le flambeau, et s’allia à un
redoutable chef de bande « zélote » (patriotes intégristes),
nommé ZADOC (le Juste) de la tribu sacerdotale Pharisienne
des « Cohen ». Ce sont eux qui organisèrent l’idéologie
définitive du mouvement « ZELOTH ». C’étaient des
Esséniens intégristes et farouchement nationalistes, dont on
retrouve les échos aujourd’hui.
IEUDAH HA GAMALA eut trois enfants d’une certaine
MYRIAM (Marie), qui serait elle aussi descendante de
David, non par la Roi Salomon, mais par son frère Nathan
(?). Ce qui est sûr par contre, c’est que MYRIAM veut dire
en Hébreux « PRINCESSE », ce qui était peut-être son
titre ?

Ils eurent 3 enfants qui, par ordre chronologique
furent :
- SIMON bar Jona (l’anarchiste)
- JACOB (Jacques, successeur et frère de Jésus dans
les Évangiles)
31
- IESHUAH ha Nazir (notre Jésus, « Dieu
Sauveur » en Hébreux)

Ce IEUDAH ha Gamala était surnommé « GEBER
EL », ce qui signifie « Héros de Dieu », pour ses actions
contre les Romains. Il fut tué lors d’une révolte vers l’an
5, son fils IESHUAH ayant à l’époque environ 20 ans. Ce
serait le sens exact à donner aux paroles : « Je suis le fils
du Père… Mon Père qui est au ciel… » etc.
Un mot encore sur ses deux frères :
- SIMON bar Jona (l’anarchiste), ou encore
« l’Iscariote » (l’homme au poignard), pourrait être
assimilé à KEFAS-PIERRE, à qui Jésus aurait
confié sa succession ? En tous les cas, il n’a rien à voir
avec le JUDAS des Évangiles !
er- JACQUES, son autre frère, aurait présidé au 1 .
synode de Jérusalem en l’an 46, selon Eusèbe de
Césarée. C’est le seul qui soit cité par Flavius
Joseph dans son « Histoire de Juifs » qui précise qu’il
fut mis à mort par les Pharisiens.
Par contre l’Apôtre Marc dans son évangile compte
quatre frères, soit les deux déjà cités, plus Joses et Jude (6.
3).
Son appartenance à la famille sacerdotale des
« Cohens », peut expliquer également la facilité il aurait
pu pénétrer et enseigner dans les Synagogues. Et son
appartenance à la secte « Zeloth » pourrait expliquer aussi
la scène des « marchands du Temple, où aucun prêtre n’est
intervenu.
De toute façon la version des « gnostiques », est
beaucoup plus rationnelle et plus certaine que celle des
Évangiles, qui sont encore une fois bien postérieurs et qui
ont été profondément remaniés au cours des siècles.
32
III. Les autres « messies »
Il convient de ne pas perdre de vue, comme on l’a déjà
dit maintes fois, qu’à cette époque les JUIFS attendaient
ardemment la venue d’un « Sauveur », celui annoncé par
la Bible croyaient-ils, et qui viendrait « dans ses nuées »,
les délivrer de la sacrilège occupation Romaine. Aussi, et
ainsi que nous l’avons déjà mentionné, il y avait nombre
d’autres « Messies » à cette époque. Déjà il y a ceux
indiqués dans les Évangiles eux-mêmes, où par ailleurs les
textes « millénaristes » abondent ; ils furent tous
parfaitement contredits par la suite, ce qui est occulté
soigneusement par les « dogmatiques ».
Tout d’abord il faut citer Jean le Baptiste, dit par la
suite le « Précurseur », dont on connaît bien l’histoire,
narrée en partie dans les Évangiles, mais surtout confirmée
par l’historien Juif Flavius JOSEPH.
Ensuite on en trouve dans l’Évangile de Marc :
9.38/41 : « Maître, nous avons vu un homme qui chassait
les démons en ton nom… Ne l’en empêchez pas répondit
Jésus ». On retrouve même une « Prophétesse Anne » chez
Luc (2. 36), ainsi que d’autres plus ou moins qualifiés de :
« Faux Prophètes »
À noter le nombre très important de « miracles »
accomplis en exorcisant des « Démons », au point de se
faire chasser par les habitants, au cours d’une scène de
démonologie hallucinatoire avec des cochons (Marc 5.
1/20).
Ses propres parents le jugeaient eux-mêmes « Hors de
sens » (Marc 3. 21) ; il est vrai qu’il avait très peu de
considération pour ceux-ci (Marc 3. 31/35) !

Dans les Actes, on trouve aussi quantité de « Prophètes »
plus ou moins « inspirés » (par le « kif » ?). Ainsi au chap.
19. Versets 14/16 : « Quelques exorcistes juifs essayèrent
d’invoquer sur eux le nom du Seigneur… ». Plus loin (21.
10/11) : « Un prophète nommé Agabus… vint nous trouver.
33
Il prit la ceinture de Paul, se lia les pieds et les mains et dit :
« Voici ce que déclare le Saint-Esprit : l’homme à qui
appartient cette ceinture, les Juifs le lieront de même manière
à Jérusalem… ». Et d’autres…
Les Épîtres de PAUL, nous donnent encore plus de
références de différents « Messies ou Prophètes ». Dès la
première Épître, celle aux « Romains », il dit : « Je rends
d’abord grâce à mon Dieu par Jésus-Christ… » (1. 8), ce
qui implique bien, que pour lui aussi, J.C. et Dieu, sont
bien des entités différentes ! Et cette dichotomie est
répétée inlassablement en début de chaque Épître. Ceci
rejoint sa profession de foi des Actes (22.3) : « Je suis Juif,
né à Tarse en Cilicie, mais j’ai été élevé dans cette ville
(Jérusalem) dans la connaissance exacte de la Loi de nos
pères… », renseignements complétés au verset 24. 6 par :
« (Paul) qui est chef de la secte des Nazaréens. ». Il s’agit
donc bien d’une secte hérétique Juive !
Dans le second Épître de PIERRE (2. 1/3) : « Il y eut
parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même
parmi vous de faux docteurs qui introduiront des sectes
pernicieuses… ». On ne peut mieux parler de soi-même !
Chez JEAN 1 (4. 1/3) : « car plusieurs faux prophètes
sont venus dans le monde… celui de l’Antéchrist, dont vous
avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le
monde » et plus loin (4. 12) : « Personne n’a jamais vu
Dieu… », ce qui exprimé par l’apôtre Pierre, celui à qui
Jésus aurait donné les clefs de son Église, est pour le moins
paradoxal.
Dans les « Actes » (8. 7/13), on trouve entre-autres
Simon le Magicien (épithète qui, comme nous l’avons vu,
qualifie également Jésus), que l’on retrouve aussi dans
l’Évangile « Apocryphe » de Pierre.
On remarquera par ailleurs, les mises en garde
lancinantes dans les 4 Évangiles, concernant les « faux
Prophètes ».
34
Pour en revenir au plan purement historique, parmi les
nombreux « Messies », il faut citer tout d’abord le
« Maître de Justice » de la secte Essénienne (que nous
retrouverons plus loin, au chapitre concernant les
« APOCRYPHES ») ; ensuite appartenant à la même
secte, on trouve Menahem l’Essénien, dont l’existence
est relatée par le Professeur Israël Knohl, Directeur du
département Biblique à l’Université hébraïque de
Jérusalem (v. Bibliographie), ainsi que son compétiteur
Pharisien Hillel.
Il ne faut surtout pas oublier Juda de Gamala, le chef
de la résistance juive aux Romains, dont on a déjà parlé
erplus haut. À la fin du I siècle on trouve encore le
prophète Théudas, et bien d’autres…
Enfin et encore, il convient de citer Siméon Bar
Kochba, autre chef de la résistance juive aux Romains,
reconnu comme « Messie » par une partie des Juifs
orthodoxes, mais qui ne se manifesta que près d’un siècle
plus tard. Et on peut en citer bien d’autres encore !
Ce qui est, encore une fois, pour le moins curieux, c’est
que devant cette abondance de « Messies », les Juifs qui
n’attendaient que ça, n’en ont reconnu aucun à l’époque,
esauf Bar Kochba au début du II siècle !

À ce point de notre exposé, il faut surtout citer PAUL
de Tarse, le vrai « refondateur » du Christianisme,
quoique cela soit contesté par les « dogmatiques », au
mépris de la plus élémentaire vraisemblance.
Il est quand même paradoxal que « la parole de Dieu » ait
été si peu claire, qu’il ait fallu que pendant des siècles, des
commentateurs « inspirés » et se prétendant « mandatés », se
soient autorisés à en donner diverses interprétations et le plus
souvent contradictoires, ce qui est à l’origine des soi-disant
« hérésies ». L’on a pourtant déjà vu à ce sujet les
différentes citations Évangéliques, mettant en garde contre
les faux Prophètes. Il est vrai que les Apôtres ne
35
comprirent pas (Jean 16. 29/30), et ne crurent pas en Jésus
(Jean 6. 66) : « Dès ce moment, plusieurs de ses disciples
se retirèrent et n’allaient plus avec lui », ou encore le
même Jean 7. 5 : « Car ses frères ne croyaient pas en
lui » ; du moins pas avant le « miracle » de la Pentecôte,
rapporté par les seuls « Actes » !
Il faut aussi se référer au fameux Évangile dit de
Thomas déjà cité, pour qui Jésus est un Prophète
« ésotérique », mais aucunement un Dieu, et que nous
retrouverons dans le chapitre consacré aux « Apocryphes ».
En résumé, on peut raisonnablement considérer que le
personnage « Mythique » du Jésus des Évangiles
Chrétiens, est bâti autour de la vie d’un ou plusieurs
obscurs « prophètes hallucinés » qui foisonnaient à
l’époque, à laquelle s’ajoute celle d’un personnage un peu
plus consistant, qui est IESHUA HA NAZIR.
En tous les cas, rien de « Divin » en tout cela, et ce sera
par la suite le rôle de Paul de Tarse de reprendre à son
compte une doctrine moribonde, pour en faire la secte
Nazaréenne d’abord, et qui donnera par la suite la secte
« Chrétienne ».
IV. Paul de Tarse
PAUL de Tarse, dont on ne connaît l’histoire que par
ses seuls « Épîtres » serait né au début de notre ère, et
aurait disparu dans la plus grande discrétion, peut-être
erexécuté comme Pierre, à la fin du 1 . siècle.
D’une nature apparemment excessive et autoritaire (les
« Épîtres » constituent une longue série d’imprécations
violentes et de menaces contre ceux qui ne pensent pas
comme lui, ou pire, lui résistent : « Les hérétiques méritent
la mort »), serait donc né à Tarse en Cilicie, prés
d’Antioche, d’une famille rabbinique (Galates 3.10 :
« Maudit est quiconque qui n’observe pas la Loi, et ne la
36
met pas en pratique… ». Il dit avoir été élevé à Jérusalem
« dans la connaissance exacte de la Loi ». Comme on le
sait, il se serait converti sur le chemin de Damas (haut lieu
de la secte Essénienne), où il se rendait pour persécuter les
premiers Chrétiens (Actes 9. 1/9 – Actes 22. 6/11). Tout
laisse à penser qu’en réalité, il aurait été peut-être victime
d’une terrible insolation suivie d’hallucinations, ce qui est
plus plausible. Nous retrouvons abondamment des signes
de son déséquilibre, tout au long des Épîtres, comme lors
de sa comparution devant le gouverneur Félix (Actes 24.
22/23) ; suite à la plainte des « Juifs d’Asie », lui
reprochant la disparition d’une somme d’argent ; son
comportement laissa très perplexe le gouverneur Romain.
De l’aveu même des exégètes chrétiens modernes :
« Paul fut et demeure encore la figure la plus discutée
du Christianisme. Son autorité même, fut âprement
contestée au sein des communautés chrétiennes qu’il
venait de fonder… Actuellement, les uns l’accusent
d’avoir trahi la pensée de Jésus, et de lui avoir substitué un
système doctrinal compliqué et même révoltant (Cor. I –
4. 10/12 – 10. 10/12, etc.) ». Nietzsche y décelait : « la
signature d’une religion décadente ». Paul fut le chantre
des prédictions avortées concernant l’imminence de la
fin apocalyptique du monde.
La reconstitution de ses « Épîtres », en réalité une
juxtaposition de textes réunis par la suite selon leurs
thèmes, (le premier papyrus contenant un fragment de
l’épître aux « Philippiens » date seulement de la fin du
e III siècle), a donné lieu à bien des controverses durant les
premiers siècles, notamment de la part de Clément
d’Alexandrie. Il en est de même pour les « Actes des
Apôtres », qu’on lui attribue faute de mieux, à moins que ce
soit Luc ? Il est certain que la relation des faits, tels que
rapportés par les Épîtres (dont certains sont du reste
« canoniquement » contestés), sont parfois en contradictions
entre eux, ou avec les « Actes ». Sa « théosophie », très
37
inspirée du rigorisme Pharisien, est aussi mouvante que ses
pérégrinations (cf. les 2 Épîtres aux Corinthiens). Constat
curieux pour tous les spécialistes, les documents écrits de
Paul seraient antérieurs à la rédaction définitive des
Évangiles. Pas si curieux que ça, si l’on pense que nombre
de documents primitifs ont peut-être « disparu », comme
cela a eu lieu encore récemment avec certains rouleaux des
« Manuscrits de la mer Morte » confiés un peu hâtivement
au départ, aux Dominicains de Jérusalem (cf. Fr. de Closet).
Étant donné son caractère irascible et exalté
(Thessaloniciens 2.9/10) : « L’apparition de l’impie se fera
par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles,
de signes et de prodiges mensongers » (vive les sectes
millénaristes !), certains chercheurs pensent même qu’il
aurait été également épileptique (convulsionnaire), tout
comme le fut du reste le Prophète Mohammed chez les
Musulmans, ou nombre de Prophètes chez les Juifs, sans
parler des visionnaires en tous genres dans toutes les
Religions. Ils présentent tous des cas cliniques
caractéristiques de névroses pathologiques.
On retrouve également ces comportements psycho
pathologiques chez tous les grands « fauves » de l’histoire,
dont près de nous, Hitler, Staline, Mao Tsé Tong, Saddam,
Ben Laden, pour ne citer qu’eux. Ils ont aussi tous un
point commun, c’est celui d’avoir été, un temps du moins,
adulés par les foules !
Il ne faut pas perdre de vue aussi que l’usage des
drogues hallucinatoires est parfaitement commun dans ces
régions, et ce depuis la nuit des temps. On peut en trouver
même des allusions dans Jean (11. 42) : « vous Pharisiens,
parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue et de
toutes sortes d’herbes… » (le « rue », est un calmant
médicinal).
On notera en plus, sa propension à trouver des démons
et des démoniaques partout… et à les exorciser !
38
Cette nature irascible lui vaudra bien des déboires au
cours de ses périples, où il ne dut souvent son salut que
dans la fuite. Pire, il entra en conflit avec ses propres amis
comme Barnabas par exemple (Actes 15. 36/41) et surtout
avec Pierre Khéfas et à l’église de Jérusalem (Galates 2.
1/14)
Lui-même, comme on l’a vu, n’a jamais identifié Jésus
à DIEU : « Pour nous, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, et
un seul Seigneur, Jésus-Christ » (Cor. I – 8. 5/6).
En conclusion, on peut penser que Paul s’est pris petit à
petit lui-même pour un nouveau Messie ; c’est la raison
pour laquelle son enseignement, dans sa rigueur intégriste
(notamment vis-à-vis des femmes, Colossiens 3/I8 –
Ephésiens 5. 8/24 – Galates 5. 19/22 – Ephésiens 5.
22/24, etc.), et qui semble avoir inspiré celui que l’on
retrouve dans le Coran, est assez éloigné des Évangiles.
Par contre, elle sonne comme un écho, aux enseignements
des Pharisiens tels que présentés en contrepoint dans les
Évangiles eux-mêmes, ou encore mieux, à l’ascétisme
Essénien, et tel qu’on le retrouve également dans les
Épîtres de Pierre (Pierre 1. 3/1).
Sa doctrine ascétique, dénonce une nature taraudée par
la chair (cf. « Épître aux Romains », et les autres), frisant
l’hystérie frénétique !
En effet, Jésus semble avoir eu beaucoup plus de
compréhension pour les « pécheresses » ; par exemple la
femme adultère (Jean 8. 3/11) et Marie de Magdala et ses
consœurs (Matthieu 21. 31 – 26. 6/13 – Luc 7. 36/48 –
Jean 11. 1/11), ont eu droit à toute sa clémence, voire à sa
compassion. Ceci a donné lieu du reste, à bien des
commentaires à ce sujet.
Il est particulièrement intéressant de noter que le
premier Évangile (dit « Apocryphe ») dont nous avons le
texte authentique est celui de… Marie de Magdala (celle
qui prit tant soin de Jésus, tout au long de sa vie !)
39
Par contre on peut rester perplexe sur la réalité de
l’ascétisme de Paul lui-même (comme beaucoup de son
espèce, et en tous temps, et peut-être même Jésus
luimême, cf. Luc 7. 36/48), en lisant l’épître à Philémon/10 :
« Je te prie pour mon enfant que j’ai engendré, étant dans
les chaînes, Onésime… je te le renvoie, lui mes propres
entrailles… ». À croire que les chaînes étaient déjà bien
souples (comme les principes) à l’époque !
C’est lui aussi qui emploiera pour la première fois le
terme de « CHRÉTIENS », terme de dérision employé par
les Juifs pour désigner la secte (Actes 11. 26).
Il faut souligner encore que c’est Paul et non Jésus, qui
jeta les premières bases d’une organisation ecclésiale,
instituant évêques et diacres : « Si quelqu’un aspire à la
charge d’évêque… qu’il soit irréprochable, mari d’une
seule femme… Les diacres doivent être maris d’une seule
femme » (Timothée I 3. 1/16) ; par ailleurs Paul n’exclut
pas les femmes des fonctions sacerdotales (Romains 16.
1/2).
Toujours dans l’épître à Thimothée : « Cette conscience,
quelques-uns l’ont perdue… que j’ai livré à Satan, afin
qu’ils apprennent à ne pas blasphémer. », ou encore : « Je
ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de
l’autorité sur l’homme, mais elle doit demeurer dans le
silence » (Thim.1.2/12). On appréciera les contradictions !
C’est encore pire pour les femmes, dans l’Évangile de
Thomas que l’on verra plus loin !
Quoi qu’il en soit, Paul portera en lui la haine de tout
un peuple, le peuple Juif, contre Rome la sacrilège, surtout
après la destruction du Temple en 70 par l’Empereur
Titus, et la dernière « diaspora » Juive.
Cette « diaspora », qui comptera plusieurs millions
d’individus dans le monde Grec et Romain, constituera un
prolétariat remuant et structuré dans les grandes villes de
l’Empire. Les Juifs de toutes confessions, Rabbiniques,
Pharisiens, Nazaréens, ardents prosélytes et revanchards,
40
trouveront de précieux alliés dans la plèbe des faubourgs
miséreux d’Alexandrie, Athènes, Corinthe ou Rome. Cette
plèbe « les simpliciores », constituée d’esclaves évadés,
d’étrangers de tous les pays conquis par Rome, d’anciens
mercenaires ou de déserteurs des légions, ou encore de
laissés pour compte de l’Empire, recevra favorablement
les nouvelles doctrines. Ces doctrines sont, il faut le
rappeler, basées essentiellement sur la haine et le désir de
détruire Rome et de s’approprier ses richesses ostentatoires.
La révolution contenue dans le Christianisme naissant
est résumée dans cette phrase d’Origène (que nous verrons
plus avant) : « Les catéchistes, les docteurs s’efforcent de
montrer aux esclaves comment ils peuvent acquérir une
âme d’homme libre ».
Le besoin de « merveilleux » pour ces populations sans
espoir, sera puisé aux sources des innombrables sectes
provenant d’Orient, comme les cultes de Mithra, de
Zoroaste, de Bacchus, de Baal, et autres Isis.
Ce sera le terreau et le ferment des innombrables
soulèvements populaires, des « iconoclastes » détruisant
Temples et statues de l’Empereur abhorré, donnant
naissance pour les Chrétiens, aux légendaires « martyrs ».
Et pour Rome et la civilisation Grecque, la fin d’un
monde ! remplacé par la chape de plomb
JudéoChrétienne.
V. Les écrits des Contemporains de Jésus
Cela nous amène à nous intéresser particulièrement à
trois écrivains Juifs qui parlent non pas de la vie de Jésus,
qui encore une fois, semble être passée totalement
inaperçue de tous ses contemporains, mais dont deux
erd’entre eux ont vécu au 1 . siècle.
Il s’agit de l’érudit et philosophe PHILON d’Alexandrie
(20 + 45), ainsi que de FLAVIUS JOSEPH (38 – 100), chef
41
de la résistance juive aux Romains et historien
incontournable. Mais on ne doit surtout pas oublier
ORIGENE (185-253) qui, bien que de beaucoup
postérieur, eut une influence déterminante sur l’évolution
du Christianisme primitif.

PHILON d’Alexandrie faisait parti des nombreux
Docteurs de la Loi hébraïques, qui composaient l’élite de
l’importante « diaspora » Juive, répandue autour du bassin
méditerranéen. On estime l’importance de cette
« diaspora » à plusieurs millions d’individus à l’époque.
C’est-à-dire que, comme maintenant, il y avait un nombre
de Juifs exilés bien plus important qu’en Palestine même.
Ce fait jouera un rôle déterminant dans la diffusion du
judéo-christianisme au cours des premiers siècles. Il se
répandit, comme on l’a déjà dit, essentiellement au départ,
dans le milieu Juif de cette « diaspora ».
Issu d’une famille très riche, élevé dans le Judaïsme
hellénistique, ethnarque de la communauté Juive
d’Alexandrie, il connu de près le mouvement Essénien (les
« Thérapeutes »), qu’il réprouva du reste.
Ses œuvres et son enseignement visent à établir un
syncrétisme entre ces philosophies, tout en préservant
l’identité judaïque de Dieu, c’est-à-dire celle de
« l’Existant », « l’Immanence ». Philosophe éclectique et
ouvert, il prônera l’antériorité de la pensée Mosaïque, sur
la philosophie Grecque.
Il fut en quelque sorte un des pères de l’école
« néopythagoricienne », qui brillera autour de la fameuse
Bibliothèque d’Alexandrie, précédant en cela ORIGENE.
Cette Bibliothèque sera par la suite brûlée en 389 par la
populace Chrétienne, à l’instigation de l’Évêque Théophile,
et ses docteurs seront ignoblement massacrés. Ce qui est
pour le moins curieux, c’est que ce fait soit soigneusement
gommé ou occulté dans les encyclopédies officielles. Ce
qui est aussi curieux, c’est que Philon, qui voyagea à
42
Jérusalem et à Rome pour défendre les intérêts des siens,
ne dise pas un mot sur le prétendu Jésus, « qui soulevait
les foules » !
Mais Matthieu (IX. 25) n’écrit-il pas : « Seigneur, je
vous rends grâce d’avoir caché ces choses aux sages et aux
prudents… » ; sans compter : « Heureux les pauvres en
esprit… » (les 8 béatitudes. Matthieu 5. 1/10).
Philon, qui n’a donc manifestement jamais entendu
parler de Jésus, pourtant son contemporain, influencera les
écrits attribués à l’Apôtre Jean (selon E. Renan) ; comme
deux siècles plus tard Clément d’Alexandrie, Père de
l’Église, et surtout, comme on l’a déjà dit, le célèbre
Origène (auquel nous consacrons plus loin un article). Il
est important de souligner que c’est lui qui reprit la
doctrine platonicienne du « LOGOS », (le « Verbe » de
DIEU), que l’on retrouvera ensuite dans le Christianisme.

Flavius JOSEPH, de la descendance des Rois
Asmonéens, fut le chef de la dernière révolte Juive contre
les Romains (66-70), qui aboutit à la destruction du
Temple de Jérusalem et à la déportation de la majorité des
Juifs. Cette révolte, faisait suite à de nombreuses autres ;
on ne compte pas moins de 26 en un seul siècle… et dont
on ne trouve toujours pas le moindre écho dans les
Évangiles, pourtant prolixes en faits divers. Massada et la
secte Essénienne seront anéanties quelque temps après en
73.
Historien, il écrivit principalement deux ouvrages « La
guerre des Juifs » et « les Antiquités Judaïques » ; ces
ouvrages ont été écrits d’abord en Araméen la langue
usuelle des Juifs de l’époque, puis traduits en Grec, la
langue internationale du monde Romain, et celle de
l’intelligentsia.
C’est dans le second ouvrage qu’il consacre quelques
lignes (contestées) aux débuts du christianisme, où il
mentionne seulement Jean-Baptiste et Jacques, (le frère de
43
Jésus) ; ces personnages sont présentés comme des
« zélotes », résistants juifs proches des milieux Esséniens.
C ‘est le premier document historique indubitable qui
fait part des origines du Christianisme.
e e Des rajouts ultérieurs datant du X ou XII siècle (dont
le « testimonium flavianum »), nettement identifiables de
par leurs styles, dus aux premiers copistes chrétiens, et
reconnus comme des faux par tous les vrais exégètes, font
état d’un Jésus, présenté comme un simple prophète
agitateur, et initiateur d’une nouvelle secte. Ce passage est
totalement incompatible avec la pensée de Joseph, resté
toujours fidèle au Judaïsme.
À part ça, le personnage fut traître à sa cause politique
et entra par la suite dans la « famille » de l’empereur
Tibère ; ce fait lui valut la vindicte de son compétiteur
Juste de Tibériade (autre « Messie »), resté dans le
Pharisianisme orthodoxe.

ORIGENE, bien que postérieur d’un siècle et demi à
Jésus, est à la jonction du christianisme primitif balbutiant
et de sa première expansion dans le monde Romain entre
e ele II et le III siècle.
Né en 185 dans une famille judéo-chrétienne
d’Alexandrie, pris en charge par l’évêque Démétrius, il
prit la succession de Clément d’Alexandrie, (que l’on
retrouvera au chapitre concernant « Les Hérésies »). Très
tôt il essaya de comparer et d’analyser les multiples
versions des différents Évangiles qui courraient à l’époque
(« Sur les principes/Les Hexaples »). Devant l’anarchie
des textes, leurs évidentes contradictions et non-sens, il
essaya de transposer le débat, en proposant des
interprétations plus philosophiques, voire ésotériques
privilégiant « l’essence » sur le « factuel ». Ceci lui
semblait plus conforme à la « raison Pythagoricienne », et
donnait un sens plus consistant aux écrits dits
« messianiques » de la Bible.
44
Sa renommée atteint même les sphères impériales, alors
troublées par l’intrusion des sectes orientales, et jusqu’à
l’empereur Alexandre Sévère. Il exerça de fait une
influence très importante sur toute l’Église de son époque,
y compris sur les Pères, et même bien après. Bien entendu,
cela lui valu la condamnation des « dogmatiques », dont
son propre évêque Démétrius ; ceux-ci en effet étaient
issus pour la plupart de la frange plébéienne du
Christianisme, c’est-à-dire indemne de toute culture !
Réfugié en Palestine, il reçu la protection de l’évêque
Théoctiste, mais fini comme victime des persécutions de
l’empereur Décius (vers 252/53). Il écrivit également :
« Contre Celse », une diatribe apologétique où il s’élève
contre l’un des derniers grands écrivains Romains ;
celuici tenait en effet, à mettre en garde ses compatriotes contre
la ruine prévisible de l’Empire, miné par l’expansion de la
secte iconoclaste. Dans cette diatribe, il essaya également
de faire prévaloir l’idée selon laquelle les théosophies
Grecques, procédaient de l’Ancien Testament.
Ses thèses « néoplatoniciennes » furent définitivement
condamnées sous l’empereur Grec Justinien en 553.
L’occultation de sa doctrine par les Églises Chrétiennes
« officielles » perdure encore, ainsi que nous avons pu le
constater personnellement à St. Bertrand de Comminges ;
en effet, l’Église Catholique a fait disparaître récemment
les anciens panneaux, qui expliquaient l’influence
d’Origène sur les premiers « paléochrétiens » du lieu. En
réalité, ces premiers chrétiens étaient des «
JudéoChrétiens », venus à la suite d’Hérode II Antipas ; celui-ci
avait été déporté avec sa famille et sa suite, à Lugdunum
Convenae (St. Bertrand de C.).
La haine des Chrétiens contre les Juifs, qui a engendré
pendant vingt siècles un racisme virulent, dont l’horrible
« Shoah » est le dernier avatar, n’est pas seulement basée
sur la honteuse et perverse accusation de « déicide » ; cette
haine provient essentiellement et avant tout du fait que les
45
Juifs, pourtant aux premières loges à l’époque, n’ont
jamais accepté la théosophie de « JESUS-DIEU ».
Ce n’est qu’à une date récente que cette monstrueuse et
stupide accusation a été levée contre le peuple Juif
(Concile « Vatican II » en 1962, sans condamner pour
autant l’ignoble « Concile de Latran » de 1216), mais cela
ne ressuscitera pas les millions de cadavres, victimes
innocentes du délire insensé des « dogmatiques » chrétiens
de tous poils ; ni surtout la gangrène qui s’est insufflée
depuis des siècles dans le subconscient de l’« Occident
Chrétien », depuis des siècles !
VI. Les « traditions théosophiques »
Sous ce vocable, nous tenons à mettre en lumière deux
traditions concernant Jésus et les origines du
Christianisme qui, si elles peuvent être contestées, sont
loin d’être incompatibles ni aussi invraisemblables que les
sources Chrétiennes.
Nous ferons références d’une part, à la présence
supposée de Jésus dans l’Inde, et d’autre part aux sources
Rosicruciennes.
A. La présence de Jésus dans l’Inde, nous vient de sources
Bouddhiques
Selon ces sources, rapportées par Pierre Notowitch,
dans « La vie inconnue de Jésus », ce dernier serait parti
dès l’âge de 13 ans dans le nord du Sind, en Inde. Il avait
donc atteint sa majorité rabbinique, et cela pourrait
expliquer l’incompréhensible et longue période de « la vie
cachée » de Jésus.
Depuis plusieurs siècles en effet, et surtout depuis les
conquêtes d’Alexandre le Grand, le périple ne posait pas
problème ; cela pourrait également expliquer le fameux
46
épisode des « Rois Mages », présidant à la naissance de
Jésus. Et puis « rituellement », ne va-t-on pas toujours
rechercher la « Lumière » à l’Orient ?
Selon les textes « Brahmaniques », il aurait appris à lire
et à comprendre les « Védas » dans la région de Bénarès,
sur les bords du Gange.
Mais petit à petit, il se serait éloigné de la doctrine des
« Védas », refusant entre autres le système des castes :
« Aidez les pauvres, soutenez les faibles, ne faites de mal
à qui que ce soit ». (Cf. « Ce que vous ferez au plus petit
d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez » Matthieu
25. 40).
Il dû s’éloigner dans l’Himalaya pour méditer, puis il
en redescendit pour continuer à répandre sa doctrine : « Je
me lève, ô Brahma, et je dirai la Loi aux créatures ».
Véritable « Nabi », il enseignait une doctrine que l’on
retrouvera plus tard dans les Évangiles : « Ne dérobez pas
le bien d’autrui… ne trompez personne… ne vous adonnez
pas à la débauche… vous atteindrez à la béatitude… ».
(Cf. Sermon sur la montagne – Matthieu 5. 1/10)
À son retour, il séjourna en Perse, où il aurait contesté
le culte de Zoroaste, ce qui lui attira la bienveillance de
certains Mages. Peut-être peut-on aussi trouver dans cet
épisode l’origine de la prolifération des démons et des
possédés dans les livres du Nouveau Testament, alors
qu’ils sont pratiquement absents dans la Thora.
Par la suite, Jésus aurait rejoint Jérusalem, pour y subir
son destin.
Cet épisode de la vie de Jésus est repris dans les
documents Rosicruciens, que nous verrons ci-dessous. On
notera la curieuse similitude entre les vies mythologiques
de Bouddha, Krishna, et Jésus ; la « Passion » n’est-elle
pas l’aboutissement du « nirvana » ?
Il faut aussi rapprocher cette version, du passage
« merveilleux », rapporté par le seul Matthieu, concernant
47
la naissance de Jésus, c’est-à-dire l’épisode des « fabuleux
Rois Mages » (Maharadjahs ?).
L’histoire de ces Rois, venant d’Orient et guidés par
une étoile, n’a strictement rien à faire dans la théosophie
christique. Ni Marc, pourtant fidèle copiste de Matthieu, ni
Jean dont l’évangile serait beaucoup plus tardif, n’en
parle. Par contre Luc, qui n’aurait pas connu Jésus, parle
de « bergers » !
Mieux, les Pères de l’Église, Clément d’Alexandrie et
e eOrigène dès le II et III siècle et Eusèbe de Césarée un
peu plus tard, indiquent que Pantène fondateur de l’école
eChrétienne d’Alexandrie au début du II siècle, serait allé
en Inde (pourquoi ?) et y aurait trouvé des communautés
Chrétiennes et un exemplaire de l’évangile de Matthieu,
en Araméen !

Toutefois, il faut souligner que cette version semble
confirmée par l’existence au nord du Cachemire, dans le
Laddakh, d’un curieux tombeau à flanc de montagne ; les
moines locaux affirment qu’il contiendrait les restes d’un
saint, qu’ils identifient à Jésus.
Où est la vérité ? Ce qui est certain, c’est
qu’actuellement encore dans l’Inde, la philosophie
Chrétienne est très bien acceptée, dans la mesure où elle
ne revêt pas les oripeaux du prosélytisme néoimpérialiste.
B. Les sources « Rosicruciennes »
Elles sont abondamment exposées dans l’extraordinaire
bibliothèque de cet Ordre philosophique mondialement
réparti et dont nous retiendrons surtout « La vie mystique
de Jésus » du Dr Spencer Lewis.
Pour lui : « Rien de ce qui est exposé ici, n’a été ignoré
des Pères de l’Église Chrétienne primitive… ».
Ces sources sont évidemment occultées par les
« dogmatiques » qui, à défaut d’autres arguments sérieux
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ou probants, se bornent à diffamer la pensée et l’Ordre
Rosicrucien, comme ils le font du reste contre tous ceux
qui osent enfreindre leur « credo ».
L’ennui pour eux, c’est que c’est seulement la
recherche d’une vérité historique qui guide les historiens
laïcs, et non la défense d’un quelconque « pain quotidien »
qui a couvert d’or leurs églises ou leurs temples. Ces
documents sont essentiellement des « documents
Esséniens, et de la « Grande Fraternité Blanche », au
Thibet, aux Indes et en Égypte ».
Sur les Esséniens, depuis la découverte des Manuscrits de
la Mer Morte en 1947, beaucoup de choses ont été écrites.
Nous y reviendrons au Chapitre des « Apocryphes ».
Selon les « Rosicruciens », les Esséniens étaient une
branche de la Fraternité Blanche qui avait pris naissance
en Égypte, peu avant le règne du Pharaon Aménophis IV,
le grand fondateur de la première religion monothéiste »,
adorateur d’Athon, le Dieu Soleil). Cette version est bien
entendu, contredite par certains commentateurs
« dogmatiques », mais nous en conforterons la réalité au
chapitre concernant le « JUDAÏSME », en nous appuyant
entre autres sur les travaux de Messod et Roger Sabbah
« Les secrets de l’Exode ».
« C’est à Alexandrie que les membres de la Fraternité
prirent le nom d’Esséniens ». Suivant les études
étymologiques réalisées, ce mot désignerait « une fraternité
secrète », vouée à la médecine et à la guérison (plus tard « les
Thérapeutes », chez les Grecs d’Éphèse et d’Alexandrie).
Les deux premiers centres de recherches principaux
s’établirent, l’un en basse Égypte, dans le Pays de
Choshen (du secret) et l’autre à Engaddi au bord de la mer
Morte, qui émigra ensuite sur la Mt. Carmel.
« C’est là que se trouvent les sources principales de la
documentation sur les Esséniens… Ils y étudiaient le
« Zend-Avesta » (Bramahniste), dont les principes
insistaient sur l’obligatoire descendance Aryenne ». C’est
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aussi à cette époque que furent établies les « Règles » de
l’Ordre », que nous retrouvons dans les « Manuscrits de
la Mer Morte ».
Les Esséniens fondèrent les premiers hôpitaux
(Bethsaïda/v. Luc 9. 10/11), les premiers hospices
(Porches), et chose qui était impensable dans l’antiquité,
les femmes pouvaient être admises comme associées. On y
ignorait l’esclavage, la vie était communautaire, les
contrats et les serments y sont prohibés (la parole
suffisait). D’une manière générale, on retrouve dans leur
enseignement et dans leur mode de vie, les prémices des
prédications et des enseignements évangéliques (qui sont
souvent très éloignés des textes « Pauliniens », ceux-ci
relevant beaucoup plus de l’orthodoxie Pharisienne,
notamment en ce qui concerne les femmes). Contrairement
à une idée reçue, les Juifs n’étaient pas les seuls habitants
ede la Palestine (ce nom fut donné à cette région au II .
siècle seulement par l’Empereur Hadrien, en référence
aux… Philistins !).
Seul, l’aréopage des Prêtres du Temple, les Pharisiens
et leurs compétiteurs Sadducéens parlaient l’Hébreu (dit
« moderne »), les élites Juives et le Palais pratiquaient le
Grec, alors langue et culture internationale (comme
l’anglo-américain aujourd’hui). Le Latin était la langue de
l’administration, et la langue populaire restait l’Araméen,
une variété du Syriaque.
Il faut rajouter que pour les Juifs du Temple, seuls
étaient réellement reconnus comme Juifs, essentiellement
ceux de Judée ; ceux de Samarie (l’ancien Royaume
d’Israël) étaient suspects d’hérésies. Quant aux Galiléens,
dont était issu Jésus, descendants d’une tribu Gauloise, qui
eétait elle-même un avatar de l’invasion Galate (VI siècle
av. notre ère) : « Rien de bon ne pouvait venir de
Galilée », comme cela est écrit dans les Évangiles.

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Et ces Galiléens étaient avant tout appelés
« GENTILS » (païens), race honnie par les Juifs
orthodoxes. Et Jésus était né dans « La Galilée des
gentils » (Matthieu 4. 15), et on l’appelait le « Galiléen ».
Il est très curieux de noter que le prétendu « St. Suaire »
de Turin, révèle l’empreinte d’un homme du nord, plutôt
que celle d’un sémite, ce qui prouve qu’au XIIe. siècle…
on savait faire de vrais « faux », et surtout que l’on
connaissait la vérité (comment ?). Il faut souligner que
Pierre et nombre d’Apôtres, comme les frères de Jésus,
étaient aussi nés en Galilée.
Donc les parents de Jésus pourraient avoir été :
« Aryens » par le sang, « gentils » de religion, et Juif par
contrainte ». « Depuis l’année 103 av. J.C., les Gentils de
Galilée devaient se soumettre à la circoncision… et accepter
la foi hébraïque… ».
Visiblement Jésus parlait d’autres langues que
l’Araméen, en plus de l’Hébreu devant les Pharisiens (selon
Marc 5. 41/VII. 34/14. 36), c’est-à-dire probablement le
Grec, ou encore des langues Orientales.

Pour ce qui concerne les généalogies de Jésus, qui le
fait descendre du Roi David, elles ont un point commun,
c’est celui de ne pas concorder (Matthieu 1. 1-17 et Luc
qui n’a pas connu Jésus 3. 23-38 ; celui-ci la fait remonter
même jusqu’à « Dieu père d’Adam » !). C’est beau quand
même pour une époque où il n’y avait pas d’état-civil,
voire plus avant, d’écriture. Il faut se rappeler également
la scène de la crucifixion, où la populace juive vient
invectiver « le Roi des Juifs » (appelé ainsi par dérision),
ce qui est pour le moins paradoxal.

Il faut enfin faire un sort à NAZARETH, petite
bourgade qui n’existait pas du temps de Jésus, mais qui a
été fondée trois siècles plus tard, peut-être pour les besoins
de la cause. « Nazaréen » veut dire « Pur », terme que
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l’on retrouve dans les « Actes » et dans les « Épîtres ».
Jean-Baptiste portait déjà cette épithète, ce qui laisse
entendre, en plus de la nature de son enseignement, qu’il
appartenait lui aussi à la secte Essénienne. Nous avons
déjà vu cette question à l’article concernant les sources
er e« GNOSTIQUES » des I et II siècles. Une autre
appellation, celle de « Nazarite », concerne la même secte.
C’est encore une preuve de la réécriture du Nouveau
Testament, bien après les événements évoqués !

Sur le chapitre consacré à « l’Immaculée Conception »,
nous serons plus circonspects, sauf à souscrire à une
incarnation mystique, comme cela était parfaitement
accepté par les Bouddhistes, les Hindous, voire même les
mythologies Égyptiennes et Grecques. Le « souffle de
l’esprit » peut être une notion parfaitement rationaliste. On
peut aussi penser que certaines formes d’ésotérisme relèvent
du même phénomène, comme le magnétisme, l’hypnotisme,
ou certains phénomènes dits « paranormaux ». Le
rationalisme pur et dur n’explique pas tout, loin de là, et il
faut savoir rester humble devant des faits patents qui nous
dépassent. « Il n’y a-t-il pas une vie après la vie » ?
En tous les cas, il est évident que l’Esprit préside en
tout à la Matière, et qu’il y a pour le moins « un Grand
Principe » qui régit le Cosmos. L’Athéisme rationaliste est
aussi absurde que la foi du charbonnier de Pascal.
L’Amour comme la Haine, l’Aversion ou l’Attirance, la
Faim, la Soif, ne se voient que dans leurs manifestations,
mais n’ont aucune existence matérielle ; et pourtant ce
sont les moteurs de l’Humanité !
La notion de « bien » et de « mal », tel que nous le
concevons actuellement, est une notion tardive dans la
Bible, et d’origine « manichéiste », c’est-à-dire Perse.
Dans la Bible ancienne, cette notion n’avait de sens que
par rapport à l’observance du Décalogue, ou de la Loi
Mosaïque. C’est cette dernière notion que le Père de
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e l’Église Augustin a tenté de réintroduire au IV siècle dans
le Christianisme, sans grand succès semble-t-il.

Mais cette interprétation peut aussi donner corps à la
croyance de l’« onction » (Christ), de la « réincarnation »,
des « apparitions », de l’« animisme », de l’« au-delà »,
des « miracles », etc. Il est à rappeler que ces notions, tout
comme celles des démons, ne sont intervenues aussi que
très tardivement dans la Bible, surtout après les invasions
Perses. Par contre, elles sont le fondement même du
Nouveau Testament ; et si l’on fait la corrélation avec les
traces du passage de Jésus en Inde, on peut se poser des
questions ? En effet, ces croyances sont à la base même
des théosophies Bouddhistes et Bramahnistes.
De plus, elles sont également à la base de toutes les autres
croyances de l’humanité, de l’animisme au chamanisme, en
passant par toutes les composantes spiritualistes.
Elles se sont manifestées dans les religions Chrétiennes
par le « mystère de la Transsubstantiation », c’est-à-dire la
transformation du pain et du vin « en corps et sang de
JésusChrist (l’Oint) » ; c’est la justification du « Sacrifice de la
Messe ».
Cette « TRANSSUBSTANTIATION » est l’essence
même de la Vie, de l’Univers, depuis la « création » du
Cosmos, jusqu’à la naissance du moindre ÊTRE. Et ceci
depuis la nuit des temps ! Et non seulement la VIE, mais
aussi le SAVOIR « et toutes les choses visibles et
invisibles ». On peut même reprendre la formule du
ecélèbre chimiste Lavoisier au XVIII siècle : « Rien ne se
crée, rien ne se meurt, tout se transforme ».
Mais ce qui est grave, c’est que ce sacrifice se traduisait
souvent par l’immolation d’un enfant chez les premiers
Chrétiens. Aucun historien laïc ne conteste la réalité des
nécropoles d’enfants découvertes dans les catacombes de
la Via Appia, ou du rituel de la pose de la première pierre
du N-E des Cathédrales.
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Là aussi, il faut rapprocher ces croyances et rituels de
sacrifices, des religions Orientales, et que nous retrouvons
également dans la Bible (Abraham, Melchisedech.
Baal, etc.).
Tous les grands Rois de l’antiquité, se sont prétendus
« fils de Dieu », Hindous, Égyptiens, Assyriens, Perses
(Darius, Xerxes), Grecs (Alexandre), et tous les
Empereurs Romains. Ils ont tous allié les fonctions
politiques aux fonctions sacerdotales, pour leur permettre
de mieux asseoir leur pouvoir. En France, la Royauté a été
bâtie sur ces bases jusqu’à la Révolution, avec le « sacre »
du Roi à Reims. Encore de nos jours, le « dogme de
l’infaillibilité Pontificale » (1870) est également établi sur
ces principes. Cette prétention a l’énorme avantage de
permettre à leurs bénéficiaires de pouvoir se livrer à leurs
prédations en toute impunité.

Pour en revenir aux sources Rosicruciennes concernant
la naissance de Jésus, il est patent que le monde Judaïque
attendait depuis longtemps la venue d’un Messie, d’un
Sauveur, qui viendrait encore une fois les purifier et
purifier le Temple, et par voie de conséquence les
débarrasser des envahisseurs. La Fraternité Essenienne
avait son centre à Alexandrie, son Grand Temple à
proximité à Héliopolis (la bien nommée), et un Temple à
Jérusalem, en même temps qu’au Mt. Carmel.
Un des Grands Prêtres du Temple de Jérusalem nommé
Joachim avait pour épouse Anne, qui mit au monde une fille
dénommée Marie (Colombe). Très tôt, elle fut consacrée au
Temple, dans le collège des « Vestales » (Vierges). À l’âge
de la puberté (13 ans), elle dut épouser un homme âgé et
veuf, charpentier de son état, dénommé Joseph.
« Tu ne concevras pas de la façon que tu imagines,
mais tu porteras de la façon que tu imagines », lui aurait
susurré l’« apparition » d’un grand Maître du Temple,
« car si les lèvres de l’homme peuvent t’embrasser comme
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