Les paroisses au défi de la postmodernité

Les paroisses au défi de la postmodernité

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Comment l'Eglise et ses paroisses se sont-elles adaptées à la crise de la modernité et à l'avènement de cette nouvelle ère postmoderne ? A partir d'un des principaux foyers catholiques du monde, l'archidiocèse de Montréal, pour Fabien Venon, un triple mouvement s'opère, faisant passer de la communauté locale au réseau étendu des acteurs catholiques, du territoire paroissial au site particulier d'expression de la foi et, enfin de la centralité normative à la marginalité foisonnante.

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Ajouté le 01 avril 2013
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EAN13 9782296534148
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Série Questions urbaines
Fabien VENON
Questions contemporaines
3 /117  TMODERNIE-LA-POS  21/630ETi.dn dAR_PONEN_VPFS_NED-IFED-UA-SESSIOUESTQROIAETPMC-NOOISN
     L ES P AROISSES  AU DÉFI DE LA POSTMODERNITÉ   L’archidiocèse de Montréal        
                             © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00230-9 EAN : 9782343002309
   
Fabien V
   
EONN
 
L ES P AROISSES  AU DÉFI DE LA POSTMODERNITÉ   L’archidiocèse de Montréal                  
Questions contemporaines Série « Questions urbaines » Dirigée par Bruno Péquignot
 La ville est au centre de la vie politi que, économique et culturelle de la modernité. Cette série, dans le cadre de la collection « Questions Contemporaines » publie des ouvrages qui proposent des réflexions interdisciplinaires sur la ville.
 Dernières parutions  Mouna M’HAMMEDI, Habitat de la bourgeoisie marocaine , 2013.
I NTRODUCTION   Cinq diocèses dans larchidiocèse de Montréal  « Saturation  recomposition. Peut-être est-ce là la seule loi que lon puisse repérer dans le cours chaotique des histoires humaines » (Maffesoli M., 2003, p. 19). Les époques se suivent et ne se ressemblent pas, pourrait-on dire aussi. Or nous avons peut-être la chance de vivre aujourdhui lune de ces phases qui scandent lhistoire de lhumanité, lune de ces ruptures majeures qui recomposent une organisation sociale parvenue à saturation. La modernité a structuré le monde, lOccident tout particulièrement, depuis trois siècles environ. Il convient probablement de trouver en Descartes (1596-1650) les prémices de ce processus général dhomogénéisation nationale, institutionnelle et idéologique qui deviendra la nouvelle norme avec les Lumières autour des trois piliers de lIndividu, de lHistoire et de la Raison. Toutefois, la modernité est-elle encore le cadre théorique approprié pour comprendre le monde actuel ? Nous nen sommes pas persuadés. Depuis la fin des années 1960, un faisceau dindices laisse penser que le paroxysme de lindividualisme conduit aujourdhui à une recherche du groupe, de la tribu, que le sens de lHistoire tendu vers le progrès et la civilisation triomphante cède le pas à une conception cyclique, à la recherche dun Age dor mythique, et que le culte de la déesse Raison plie sous lémotion et laffectif. Tout passe ! Réjouissons-nous ! Les nombreux ouvrages du célèbre et controversé sociologue de la postmodernité, Michel Maffesoli, nous encouragent dailleurs à regarder le présent non pas dans une optique nostalgique dun monde qui séteint, mais avec le regard enjoué du spectateur dun monde qui séveille. Tout seffondre sous nos yeux de ce que nous croyons éternel. Soit, il sagit là dun traumatisme historique propice à tous les discours de restauration. Ces incantations passéistes sont pourtant vouées à léchec, car elles nempêcheront pas le monde de changer si chacun de nous, dans son quotidien, pense et agit selon de nouvelles normes. En effet, limpression de désordre et
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dinsécurité ressentie par les citoyens relève dune inadéquation profonde entre lémergence de nouveaux modes de croire ou de vivre et le confort des habitudes ou des institutions. En somme, les acteurs du monde contemporain ne se rendent pas encore bien compte quils demandent à la fois tout et son contraire. Nul ne parvient encore à déterminer ce qui relève de lordre ancien, ce qui est périmé mais que lon conserve par peur de se dépouiller de son identité, et ce qui relève de lordre nouveau, ce qui émerge mais que lon ne revendique pas parce quon ne lidentifie pas encore. Notre objectif dans cette recherche dépasse probablement toute capacité humaine de réussir. Il sagit ni plus ni moins de tracer le portrait dun continent encore inconnu, le monde de demain. Il existe, certes, mais dans les brumes dun inconscient collectif qui agit sans toujours bien penser à la portée de ses actes, qui réclame ordre et sécurité alors que, chaque jour un peu plus, chacun, en paroles et en actes, sape les fondements anciens de lordre et de la sécurité. Lordre nouveau du monde : tel est notre propos. Trop vaste, trop précoce, une telle problématique est vouée à léchec. Elle mérite donc dêtre précisée, recentrée. Dans limmensité des nouvelles formes dagir et de penser, nous nen choisirons quune : la religion. Au sein de limmense champ religieux, nous ne choisirons quune tradition, profondément marquée par les luttes et les accommodements avec la modernité des Lumières : le catholicisme. Il nous fallait enfin choisir un espace, profondément marqué par la tradition catholique, et soumis à des restructurations dampleur. Selon ce cahier des charges, le Québec savérait idéal et tout particulièrement la région de Montréal. De fait, larchidiocèse de Montréal compose un paysage humain très divers. La région de Montréal a été divisée, au cours du XIX ème  siècle, en cinq diocèses indépendants pour faire face à lexpansion rapide du peuplement francophone et catholique. Le diocèse de Montréal (1836) se trouve ainsi entouré dune couronne de quatre diocèses périphériques, Valleyfield (1892), Joliette (1904), Saint-Jean-Longueuil (1933), Saint-Jérôme (1951), où les banlieues les plus intégrées au mouvement urbain (près de 600 000 catholiques dans le diocèse de Saint-Jean-Longueuil) côtoient des espaces encore
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ruraux (moins de 200 000 catholiques dans le diocèse de Valleyfield). Peut-être aurons-nous la chance de contempler ici les différentes étapes de la crise de la modernité et lémergence progressive du nouveau monde postmoderne ?
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C HAPITRE I    Le défi de la postmodernité
 Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil, a accordé en 1994 une série dentrevues à Paul Longpré, journaliste. Un ouvrage, Malgré tout, lespoir , a été publié. Le plus haut dignitaire de lEglise locale dresse, sans détours, un portrait de son diocèse, aux prises avec labandon massif de la pratique religieuse, leffondrement des vocations, la mobilité généralisée des fidèles. Ce tableau de la religiosité contemporaine nous semble particulièrement éclairant pour comprendre les bouleversements qui ont touché les territoires de lEglise catholique à la fin du XX e siècle. Le mouvement généralisé des idées et des personnes qui anime les masses de croyants est dabord associé à la crise. Il sagit, en effet, clairement dune remise en cause de lordre religieux établi. Linstitution peine à sadapter. Elle doit changer sa perception de lidentité catholique, modifier sa pyramide de pouvoirs hiérarchiques, redéfinir la paroisse, abattre des limites séculaires, redessiner ses territoires pastoraux. Cest la fin dune civilisation paroissiale qui a marqué lEurope depuis mille ans, le Québec depuis quatre cents ans. Il sagit plus globalement dune crise de la modernité, dont plusieurs éléments constitutifs, lindividualisme, la masculinisation du pouvoir et la bureaucratie, ont fini par déraciner les croyants. La modernité, en déresponsabilisant lindividu, le laisse seul et isolé, pris avec le désir dentrer dans le tourbillon dun mouvement sur lequel il na aucune prise, source dangoisses et dapathie. Or lémergence contemporaine de « tribus » au plan social et la coresponsabilité croissante des prêtres et des laïcs, en grande majorité féminins, au plan ecclésial modifie la donne. De nouvelles solutions pastorales tendent à remplacer la paroisse territoriale, notamment par le rassemblement de plus petites communautés, soudées par des intérêts socioculturels communs. Le territoire importe désormais moins que le lieu de réunion. Le choix des sites de célébration dominicale démontre alors limportance croissante de la marge, de la périphérie sociale et
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