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Les Saints martyrs du Japon

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224 pages

S’il est doux et rassurant d’entreprendre un voyage quelque peu lointain sous les auspices de celle que l’Eglise nomme le Secours des Chrétiens, l’Etoile de la mer, combien l’est-il plus encore de monter en navire un soir, après un pèlerinage fait le matin à l’un des plus vénérés sanctuaires de la Reine du ciel ! Or ce bonheur nous fut donné.

C’était le samedi 31 mai, dernier jour du mois de Marie !

Arrivé de Paris à Marseille, la veille, en compagnie d’un savant cardinal et d’un vénérable évêque, et d’autres nombreux pèlerins de Rome, j’étais monté à Notre-Dame de la Garde.

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LES SS MARTYRS DU JAPON

5 Février 1997.

Maxime Fourcheux de Montrond

Les Saints martyrs du Japon

Pèlerinage à Rome en juin 1862

A

 

 

la glorieuse mémoire des vingt-sept Bienheureux canonisés a cubaine le 8 1862 de la Pentecôte).

AVANT-PROPOS

Le double titre de ce livre indique suffisamment ce qu’il renferme, et nous dispense d’une préface. Simple et fidèle récit d’un pèlerinage à Rome au mois de juin dernier, il rappelle, comme principal épisode, le magnifique triomphe des bienheureux martyrs du Japon, par lequel, comme l’a dit un éminent pontife, il a été donné aux hommes sur la terre d’avoir une vision sensible de ce qu’ils croient, c’est-à-dire de voir de leurs yeux l’Eglise vivante et présente à Rome1. Il nous a semblé qu’un tableau de ce grand acte de l’Eglise, encadré dans quelques scènes de voyage, quelques souvenirs de Rome ancienne et moderne, et les pensées ou réflexions d’un pèlerin, pourrait, après d’autres écrits sur le même sujet, offrir un objet d’étude intéressant et utile. Puisse celui que nous allons retracer fortifier dans les cœurs le respect et l’amour de Rome en même temps que de la foi divine dont Rome est le centre et le foyer !

En ces tristes jours où tant d’esprits dévoyés ou aveugles, méconnaissent, méprisent ou insultent la vieille cité, reine du monde et mère des chrétiens, il nous est doux de venir lui offrir un hommage de notre dévouement filial... C’est une humble voix de plus ajoutée à toutes celles qui, de près ou de loin, et sous tant de formes, ont plaidé sa cause, et rappelé sa beauté, sa grandeur et ses gloires. Heureux serons-nous si cette humble voix, se mariant à l’harmonieux concert des fidèles enfants de l’Eglise, peut célébrer dignement à son tour les nouveaux triomphes de notre auguste Mère !

Paris, octobre 1862.

CHAPITRE PREMIER

Notre-Dame de la Garde. — Embarquement. — Une messe à bord. — Les pèlerins. — Mgr d’Alger. — Arrivée à Civita - Vecchia

S’il est doux et rassurant d’entreprendre un voyage quelque peu lointain sous les auspices de celle que l’Eglise nomme le Secours des Chrétiens, l’Etoile de la mer, combien l’est-il plus encore de monter en navire un soir, après un pèlerinage fait le matin à l’un des plus vénérés sanctuaires de la Reine du ciel ! Or ce bonheur nous fut donné.

C’était le samedi 31 mai, dernier jour du mois de Marie !

Arrivé de Paris à Marseille, la veille, en compagnie d’un savant cardinal et d’un vénérable évêque1, et d’autres nombreux pèlerins de Rome, j’étais monté à Notre-Dame de la Garde...

Quel est le voyageur qui, partant de Marseille, n’aime à gravir la sainte montagne avant de mettre la mer entre lui et la France ? Il ne manque pas plus de le remplir ce devoir, qu’un enfant bien né partant pour le collége, ou le conscrit pour l’armée, ne manque d’embrasser sa mère... On part... mais sait-on si l’on doit revenir ? Oui, on le sait, on en est certain, quand on emporte sur le front le baiser d’une mère, ou dans le cœur le souvenir d’une ardente prière à notre Mère du ciel !

Mais d’où vient cette affluence extraordinaire ? C’est que ce jour est le dernier du mois de Marie. Or, qui ne connaît depuis longtemps la filiale dévotion des Marseillais envers l’auguste patronne de leur vieille cité ? N’est-ce pas cette piété généreuse qui élève en ce moment, à côté de l’humble et bien-aimée chapelle de Notre-Dame de la Garde, ce vaste et magnifique temple dont on découvre déjà le faîte et le couronnement ? Qu’il dira bien, du haut de sa montagne, à tout voyageur débarquant sur ce brillant rivage : La France est plus que jamais le royaume de Marie ; c’est la terre aimée, choisie pour le théâtre de ses miséricordes !

Voyez-vous tout ce peuple fidèle demeuré en dehors, en plein soleil, sur la petite plate - forme de la chapelle ? il attend pour pénétrer dans son enceinte que les pèlerins premiers venus en soient sortis. Je suis donc réduit à mon tour à faire sentinelle plus d’une heure durant. Enfin, grâce à Dieu, la porte s’est ouverte ; à la suite d’un nouveau flot, j’ai pu venir m’agenouiller dans l’humble sanctuaire tapissé d’ex-voto.

Le saint sacrifice va être offert par un illustre évêque, aussi pèlerin de Rome : c’est Mgr Pavy, évêque d’Alger.

Bien que l’ayant vu autrefois, je ne le reconnus point sous son visage bruni au soleil d’Afrique et avec sa barbe, qui rend si vénérable aux yeux des Arabes eux-mêmes un chef des marabouts chrétiens Je le pris d’abord pour un patriarche ou un évêque d’Orient. Mais les premiers sons de sa voix détruisirent mon erreur. Oh ! quelle douce émotion sa parole sympathique fit éprouver à tout l’auditoire, lorsqu’après la messe célébrée au milieu de pieux cantiques et du délicieux Ave Maria de Miné, chantés par de fraîches voix marseillaises, le pieux pontife nous rappela quelle confiance sans bornes nous devons avoir en celle que toutes les générations proclameront bienheureuse. Qu’il est doux et consolant d’entendre un successeur du grand Augustin, vieilli dans les labeurs apostoliques, s’écrier, avec l’autorité de l’âge, de la science et du caractère le plus auguste : « Non, je vous le dis, ne vous laissez point effrayer par la tempête soulevée en ce moment contre la barque de l’Église !... c’est un nuage qui passe comme tant d’autres ont passé !.... Poursuivant sa bienfaisante marche, protégée par l’Etoile de la mer, non, la barque de Pierre ne se brisera point contre l’écueil ; elle ne sortira de l’orage que plus belle, plus glorieuse ! » Paroles rassurantes ! puissent-elles recevoir dans un prochain avenir leur entier accomplissement !

Il est dix heures du soir. Le ciel serein est parsemé d’étoiles ; la mer est belle et calme. Le port de la Joliette présente une animation extraordinaire. Le Capri, superbe navire à vapeur de la Compagnie des Deux-Siciles, s’apprête à partir pour Civita-Vecchia, emmenant à son bord la dernière caravane des pèlerins de Rome... Hâtez-vous, voyageurs attardés ! Entendez-vous le sifflement de la vapeur qui s’échappe, le bruit des chaînes et des cordages, roulés sur le navire, les cris des matelots qui se préparent à lever l’ancre ?... Aiguillonnés par cet appel bruyant, les voyageurs arrivent sur le port. Ils sont nombreux, et l’on compte parmi eux d’illustres personnages ; S. Em. le cardinal-archevêque de Reims, NN. SS. les évêques de Versailles, de Mende, d’Alger, quelques autres évêques d’Amérique ou d’Irlande, près de deux cents prêtres ou religieux de France, d’Espagne, d’Allemagne ou d’autres nations, enfin une cinquantaine d’autres passagers, hommes et femmes. Tel est l’équipage qui s’apprête à voguer vers Rome, vers la ville éternelle.

De petites embarcations nous ont menés à bord du Capri. Il est près d’onze heures. Le capitaine donne enfin le signal, le navire s’ébranle. Nous voilà partis !....

Quel départ solennel ! C’est le chant de l’Ave maris stella, redit par deux cents pèlerins, les yeux tournés vers Noire-Dame de la Garde, et par les nombreux groupes de Marseillais accourus sur le port. Les cris de Vive Pie IX ! acclamés tout à la fois par les passagers du Capri et la population du rivage, viennent s’y mêler. N’est-ce pas là un de ces tableaux qui émeuvent profondément et dont on ne perd jamais le souvenir ?

Qu’il est doux et consolant, cet hymne à la Reine du ciel, chanté en face de son bien-aimé sanctuaire ! Monstra te esse matrem.... iter para tutum ! Après de telles paroles, après ce cri filial élancé de nos cœurs vers notre Mère du ciel, comment craindre l’orage désormais et ne pas voguer en pleine assurance ?

Un cantique à Notre-Dame de Bon-Secours, quelques versets du Magnificat, quelques invocations des Litanies, avaient suivi l’Ave, maris stella. Plein de joie et d’une pieuse émotion, l’équipage ne pouvait suspendre ses chants. Il le faut cependant : la voix des passagers couvre celle du pilote et gêne la manœuvre. On se résigne donc, on fait silence C’est alors qu’un second tableau d’un autre genre vient remplacer le premier.

Un des grands charmes des voyages n’est-ce pas cette gaîté, ce joyeux entrain qu’on rencontre d’ordinaire chez des compagnons de route et qu’on est généralement disposé à partager avec eux ? Cet entrain, cette gaîté ne sont point à l’extérieur seulement. Pénétrant dans le cœur, ils y portent une bienveillance mutuelle, qui est trop rare entre les hommes dans le commerce habituel de la vie. J’en appelle à tous ceux qui ont quelque peu voyagé : sur presque tous les chemins, souvent même contre leur attente, n’ont-ils pas rencontré des amis et des frères ?... Dans cette bienveillance des voyageurs en général, n’y aurait-il pas un grain d’égoïsme ? Se sentant isolé loin de son pays, de sa famille, l’homme a besoin de soutien et d’appui : pour trouver de la bienveillance sur son chemin, il commence donc par en témoigner lui-même aux autres Mais pourquoi parler ici d’égoïsme ? Non, j’aime mieux croire que l’homme en voyage, libre des préoccupations de sa maison, de ses affaires, est ramené à sa bonne nature, et qu’il est ici bienveillant sans intérêt, sans calcul, à l’exemple de l’Être souverainement bon qui l’a créé à son image et ressemblance.

Il en était ainsi de mes compagnons de traversée, la plupart prêtres ou religieux.

Homme d’étude et d’oraison, occupé constamment des fonctions les plus saintes, le prêtre porte sur sa figure l’empreinte de sa vie austère et de sa haute dignité. Mais qu’à certains jours il lui soit donné de partir, lui aussi, avec de pieux confrères pour un voyage qui sourit merveilleusement à sa foi et à son cœur, c’est alors qu’on le verra, plus que tout autre, épanouir son âme et se livrer aux épanchements d’une gaîté franche et naïve, dont le monde, si injuste envers le prêtre, pourra s’étonner, se scandaliser même. Ce n’est là pourtant qu’un innocent reflet de la joie intérieure dont son âme plus pure possède une plus large part.

Tel fut le tableau de la première heure de notre marche sur le Capri.

Après que les chants et les cantiques eurent cessé, chaque passager dut songer à sa cabine, ou du moins à sa couchette, pour les quelques heures de la nuit. Rien de plus simple : un matelas sur le pont, et pour les plus heureux l’appendice d’une couverture. Voilà-quel doit être pour les trois quarts des passagers tout le mobilier d’une nuit à la belle étoile sur le Capri. C’est alors que l’entrain joyeux dont je parlais tout à l’heure vint remplacer la scène touchante du départ.

Il est minuit environ. Sur mer comme sur terre c’est l’heure du repos ; chacun donc de s’emparer d’un matelas, de le traîner sur le pont et de l’y installer de son mieux. Figurez-vous cent couchettes de ce genre étendues dans toutes les directions sur le plancher du navire, et cent passagers à robe noire s’y établissant comme sur un terrain conquis. Mais ces pèlerins à robe noire ont dépouillé leur gravité habituelle. Beaucoup d’entre eux sont jeunes, ils ont peu voyagé, la plupart n’ont jamais navigué sur mer. Une gaîté enfantine régnait donc dans tous les rangs. On aurait presque cru voir une nuée d’écoliers s’en allant en vacances dans la maison paternelle... Et, en vérité, n’en est-il pas un peu ainsi ? tous ces pèlerins ne vont-ils pas vers Rome, vers le manoir de leur père bien-aimé ? comment ne seraient-ils pas saintement joyeux ?

Cette première nuit fut mauvaise cependant : la pluie vint mouiller nos couchettes ; un vent contraire ralentit la marche du navire, et amena un fort tangage, précurseur, pour beaucoup de passagers au pied et au cœur peu marins, d’un pénible mal de mer. Quand reparut le jour, le temps était plus calme. Avec quelle joie, le dimanche matin, fut salué par l’équipage le retour du soleil, s’élevant des flots bleus de la Méditerranée, et messager d’un bonheur promis, attendu, mais dont nous avions craint un moment d’être privés. Je veux parler d’une messe à bord du Capri.

Rien d’émouvant et de sublime comme ce spectacle d’une messe à bord, au milieu des chants de deux cents voix, la plupart de prêtres ou d’évêques, se mariant au bruit sourd du navire qui poursuit sa marche en sillonnant les flots. Qu’il est beau, qu’il est touchant, ce cri de la prière : O salutaris Hostia quœ cœli pondis ostium... redit sur mer, dans un temple de bois flottant qui emporte vers Rome deux cents pèlerins au milieu desquels le divin Sauveur vient de descendre des hauteurs du ciel pour les bénir et se faire lui-même un instant leur compagnon de voyage ! O Victime salutaire qui ouvrez la porte du ciel ! quand de puissants ennemis nous attaquent, donnez-nous la force, apportez le secours !...

Quelle prière fut jamais plus opportune et mieux appropriée aux besoins présents ? Entourés de tant d’ennemis, oui, c’est vers vous, Victime salutaire, que nous levons nos mains et nos voix ; c’est vous qui nous donnerez là force et le secours... Gloire vous soit donc rendue, ô bon Pasteur qui nous nourrissez de votre propre chair ! Gloire soit aussi rendue au Père et au Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles2 !

Passagers sur un navire au pavillon napolitain, pouvions-nous oublier cependant que nous étions pour la plupart Français, enfants de la nation qui s’honore toujours d’être la fille aînée de l’Eglise ? Aussi le chant du Domine salvum fac imperatorem... fut-il répété par trois fois sur ce navire devenu tout ensemble une petite France et un temple catholique. La messe terminée, Mgr d’Alger donna la bénédiction épiscopale. L’apôtre de l’Afrique française bénissant les enfants de la mère patrie !... Que de glorieux souvenirs, que de radieuses espérances attachés en ce moment à cet acte solennel !

Je dirai maintenant quelques-uns des charmes de cette traversée de trente-trois heures sur la Méditerranée, cette mer devenue, comme on l’a dit justement, un lac chrétien à l’usage des missionnaires, des pèlerins, des artistes et des poètes. Ces charmes étaient principalement dans les eau-series franches, familières, instructives et attrayantes de tous ces hommes qui, venus de pays si divers, avaient tous cependant dans le cœur un même désir, une même affection : le triomphe de l’Eglise, le dévouement à son auguste Chef. Avec de tels points de contact, il est facile à, des pèlerins, quels que soient leur pays et leur langage, de se rapprocher, de s’unir, de deviser entre eux à cœur ouvert comme autant d’amis et de frères : il en fut ainsi dans cette matinée du dimanche pour les passagers du Capri. La mer était devenue clémente.... Plus ou presque plus de malades à bord... On se promenait sur le pont. On causait joyeusement, utilement, rangé par groupes autour de quelque personnage à la parole aimable et facile. C’était Mgr l’évêque de Terre - Neuve en Amérique, dont le langage charmait ou égayait par des récits divers et des anecdotes qu’on ne se lassait point d’entendre. C’était le pieux évêque de Mende à la voix pleine de mansuétude et de bienveillance cordiale. C’était un jeune prêtre hongrois à la tournure campagnarde, s’exprimant en latin avec une pureté et une grâce que je n’ai rencontrées nulle part ailleurs au même degré. Un groupe nombreux formé autour de lui prêtait une oreille avide à ses récits intéressants. Chacun s’émerveillait de l’entendre parler aussi bien dans une langue morte qu’il semblait rendre vivante. J’avoue, pour ma part, qu’il avait l’art de me rendre presque familière, après plus de trente ans de sortie du collége, la belle langue de Tite-Live, de Tacite et de Cicéron. Je ne pouvais me lasser d’écouter cet aimable enfant de la Hongrie.

Mais voici un éminent personnage autour duquel se pressent, plus nombreux encore, les groupes de pélerins, bien que sa voix fatiguée par les labeurs apostoliques soit moins sonore que celle du jeune prêtre de la patrie d’Hunyade et de Matthias Corvin. Il parle français, lui, du moins, quoique habitant le sol africain. Heureux les plus rapprochés de lui ! ceux-là seuls ont le privilége de l’entendre. On devine que je vais parler de l’évêque d’Alger.

L’infatigable et savant pontife qui gouverne depuis neuf ans l’Eglise d’Afrique, ne lira point ces pages sans doute ; je suis donc pleinement à l’aise avec lui, et ne dois point craindre de blesser sa modestie en exprimant ici avec franchise ce que j’ai vu et entendu.