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Les temps de la fin dans le livre de l'Apocalypse

De
286 pages
Il existe pléthore d'ouvrages sur l'Apocalypse. Y sont massivement abordées les questions de la source du livre, de son contexte géographique et historique, de ses destinataires, de ses interprétations historiques, etc. Cet ouvrage espère donc que ses lecteurs puissent connaître avec exactitude la séquence des évènement des temps de la fin, ce qu'il en est réellement et précisément des enlèvements et que, dans son essentiel, l'Apocalypse soit rendue compréhensible pour tous.
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Bruno FlorentinLes temps de la in
dans le livre de l’Apocalypse
Il existe pléthore d’ouvrages sur l’Apocalypse. Y sont massivement
abordées les questions de la source du livre, de son contexte
géographique et historique, de ses destinataires, de son genre
littéraire, de sa structure, de ses interprétations historiques, etc.
Évidemment, ses symboles sont d’autant plus étudiés qu’il est facile Les temps de la inde pouvoir dire, à leur sujet, à peu près ce que l’on veut. Mais
s’agissant de la séquence précise des événements de l’Apocalypse ou
des différents enlèvements, il est difficile d’y trouver vraiment dans le livre de l’Apocalypse
quelque chose...
On explique alors que le livre de l’Apocalypse ne serait pas
ouvert et donc très peu compréhensible. Pourtant, l’Apocalypse,
elle, indique d’elle-même qu’elle n’est pas scellée (22:10). On
proclame enfin que l’Apocalypse serait principalement là pour
montrer que le bien triomphera du mal et aussi pour nous
encourager. C'est certes exact, mais tel n'est pourtant pas l'objet de
l'Apocalypse. L’objet de celle-ci est clair et nous est indiqué
d’emblée (1:1) : il s’agit de révéler aux chrétiens les événements
qui doivent arriver.
Le souci du présent livre est donc que ses lecteurs puissent
connaître avec exactitude la séquence des événements des temps de
la fin, ce qu’il en est réellement et précisément des enlèvements et
que, dans son essentiel, l’Apocalypse soit rendue compréhensible
pour tous, claire et même mémorisable. L’enjeu majeur pour nous
est, en effet, que nous puissions être prêts, lors du déclenchement à
venir des temps de la fin...
Bruno Florentin a déjà publié, chez le même éditeur : Appréciations et
réalisations dans le livre de la Genèse, L’avancement de Dieu dans le
livre des Actes des Apôtres, La révélation de Dieu et de sa dispensation
dans l’évangile de Jean, Vivre avec Dieu dans le livre du Lévitique.
Photographie de couverture : © Petr Kratochvil : Red clouds.
ISBN : 978-2-343-12041-6
28 e
Bruno Florentin
Les temps de la in dans le livre de l’Apocalypse








Les temps de la fin
dans le livre de l’Apocalypse





Religions et Spiritualité
fondée par Richard Moreau,
Professeur émérite à l’Université de Paris XII
dirigée par Gilles-Marie Moreau et André Thayse,
Professeur émiversité de Louvain

La collection Religions et Spiritualité rassemble divers
types d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes
questions fondamentales qui se posent à l’homme, des
biographies, des textes inédits ou des réimpressions de
livres anciens ou méconnus.

La collection est ouverte à toutes les grandes religions et
au dialogue inter-religieux.

Dernières parutions

Édouard DE RIBAUCOURT, Serf-arbitre et justification
selon Martin Luther, 2017.
Janine ELKOUBY, Chroniques talmudiques au féminin,
2017.
Francis WEILL, Le Naufrage des religieux, de la sainteté
au massacre, 2017.
Pierre EGLOFF, Pour des interpellations entre sciences et
spiritualités, Aux frontières de l’Homme et de l’Univers,
2016.
Benedicte Bernard, Laïcité française et sécularité
chrétienne, 2016.
Robert W.JENSON, Théologie Systématique, Volume 1,
Le Dieu Trine, 2016.
Daniel TRÉPIER, La passion de la liturgie, 2016.
Christian NGAZAIN NGELESA, La nature humaine
comme norme morale d'après Hans Urs von Balthasar,
2016.
Albert SOUED, Comprendre la Qabalah, 2016.


Bruno Florentin












Les temps de la fin
dans le livre de l’Apocalypse
























































































Du même auteur :
L’avancement de Dieu dans le livre des Actes des
Apôtres, L’Harmattan, 2012,
Appréciations et réalisations dans le livre de la
Genèse, L’Harmattan, 2013,
La révélation de Dieu et de sa dispensation dans
l’évangile de Jean, L’Harmattan, 2014,
Vivre avec Dieu dans le livre du Lévitique,
L’Harmattan, 2016.
© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-12041-6
EAN : 9782343120416
INTRODUCTION



Le livre de l’Apocalypse est certainement le livre de
la bible qui a suscité le plus d’écrits, chrétiens,
nonchrétiens, gnostiques, new-age, etc., et qui continue
toujours de fasciner mais aussi de générer les
spéculations, divagations et exagérations les plus
diverses.
L’exégèse s’est aussi saisie de l’Apocalypse mais,
outre qu’elle reste dans ses limites très peu productives,
elle aboutit, en sa tendance majoritaire, à borner ce livre
à un plaidoyer pro-juif, revanchard de la défaite de 70,
1et se limitant, en réalité, à la période romaine.
L’Apocalypse ne serait pas, en effet, une prophétie,
et donc pas une création, mais un écrit composé pour ne
pas dire compilatoire. Aussi ce livre n’aurait-il plus rien
à nous annoncer à nous, aujourd’hui, ne concernerait en
rien notre futur mais témoignerait seulement d’un passé
fantasmé des Juifs.
Sauf que la contradiction est évidente : soit
l’Apocalypse a été forgée au titre d’une seule
propagande, et mieux vaut s’intéresser alors à quelque
chose de plus sérieux, soit l’on donne sa chance à ce
livre, en recevant ce qu’il dit, et non en plaquant ses
2propres concepts ou ceux de sa discipline sur le texte ,
et force est alors de constater que celui-ci résiste.

1
Voir notamment Pierre Prigent : Les Secrets de l'Apocalypse,
Le Cerf ; L'apocalypse de saint Jean, Labor et Fides.
2 Apocalypse 1:3 précise d’ailleurs : Heureux celui qui lit. Pas :
Celui qui comprend ou croit comprendre ; encore moins, celui qui
plaque ses concepts sur le texte, mais : Celui qui lit, c’est-à-dire
qui reçoit du texte…
7 Non, durant l’époque romaine, pour laquelle nous
disposons de témoignages écrits pléthoriques, le soleil
n’est pas devenu noir, la lune ne s’est pas changée en
sang, des grêlons d’environ 50 kg ne sont pas tombés
sur la terre, tout ce qui est vivant dans la mer n’est pas
mort, il n’y a pas eu de sauterelles piquant comme des
scorpions au point que les hommes aient cherché à
mourir pour en éviter la douleur, les Romains n’ont pas
inventé la possibilité d’animer l’image d’un de leurs
empereurs, ils n’ont pas eu à porter une marque sur le
front ou un 666 sur la main etc.
Nous nous proposerons donc de laisser toutes ses
chances à ce livre, en nous donnant à le recevoir et à le
comprendre avec empathie, ce qui n’équivaut pas, bien
évidemment, à abandonner tout sens critique ou tout
3
recul.
Nous devrons nous référer à d’autres textes
« apocalyptiques » de la bible, tels Daniel et d’autres
prophètes pour les écritures hébraïques ; tels Matthieu
24-25, Marc 13, Luc 17 et 21, et plusieurs passages des
4
épîtres de Paul, pour les écritures grecques.
3
On relève quatre approches du livre de l’Apocalypse : 1) la
« prétériste » qui entend tous les événements de l’Apocalypse
ercomme ayant déjà eu lieu à la fin du 1 siècle), 2) « l’historiciste »
qui interprète l’Apocalypse comme un survol de l’histoire de
l’Église depuis les premiers temps jusqu’à aujourd’hui, 3)
« l’idéaliste » pour qui l’Apocalypse est une description
symbolique du combat du bien contre le mal), 4) la « futuriste »
qui voit l’Apocalypse comme la prophétie d’événements futurs.
Seule la futuriste interprète l’Apocalypse selon la même
méthode historique et grammaticale qui est utilisée pour le reste
des Écritures. Elle est surtout conforme à l’esprit du livre qui se
définit lui-même comme étant une prophétie (Apo. 1:3, 22:7, 10,
18, 19), et au simple bon sens…
4 Voir à la fin de ce livre, page 255.
8
Contrairement à la production littéraire sur
l’Apocalypse, nous ne nous attacherons qu’à l’aspect de
la fin des temps, négligeant par exemple les lettres aux
sept églises.
Nous ne nous attarderons pas non plus sur les
différents aspects exégétiques déjà abondamment
commentés, souvent en vain, tels que : la source du
livre, son contexte géographique et historique, ses
destinataires, son genre littéraire, sa structure, son
symbolisme, ses interprétations historiques etc.
En revanche, contrairement à la littérature déjà
existante sur le sujet, nous tenterons de donner un
schéma le plus clair possible de la progression de la fin
des temps, des points de correspondance entre ce qui se
passe au ciel et ce qui se déroule sur la terre, et
essayerons de clarifier le plus possible les questions
difficiles qui interpellent forcément, et notamment
celles des différents enlèvements.
Contrairement à ce qui est généralement admis, nous
ne pensons pas, en effet, que l’Apocalypse soit pour sa
plus grande part secrète et destinée à ne pas nous révéler
ses mystères (Dan. 2:28 ; Amos 3:7).
D’ailleurs, en 10:4, une voix du ciel dit à Jean :
Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres, et ne l'écris pas.
Si ce qu’ont dit les sept tonnerres doit être spécialement
scellé, c’est que le reste de l’Apocalypse ne l’est pas
(22:10), s’offre à nous – même si ce n’est pas de façon
nécessairement explicite –, et attend notre adhésion
empathique, notre ouverture de cœur, notre
discernement d’esprit.
On a donc voulu que Dieu, à travers ce modeste
commentaire, puisse parler, se révéler et agir sur l’esprit
du lecteur.
9 Et que celui-ci, en conséquence, puisse d’abord se
réjouir, être nourri et recevoir des réalisations
spirituelles.
L’Apocalypse, en effet, ne vise pas simplement à
nous éclairer sur le déroulement d’événements futurs,
mais également, par la narration de ceux-ci, à nous
alerter sur l’enjeu qui s’attache aux temps de la fin, de
façon à ce que nous réalisions ce qui est attendu de
nous, que nous prenions position pour ce qui dure, ce
qui exige, ce qui élève, et que, ce faisant, nous
devenions vainqueur du train naturel de ce monde, de sa
déchéance, de son effondrement, et qu’ainsi nous
puissions avoir part à la dispensation de Dieu, à
l’édification de l’Église, à la transfiguration ou la
résurrection des morts, et à la récompense qui s’en
suivra : la fusion en Dieu.
10
Quelques clés pour commencer



L’abord de l’Apocalypse est déroutant et difficile.
L’Apocalypse est, tout d’abord, un livre de signes.
Cet aspect basique, et signalé dès le début par le texte
lui-même, est pourtant souvent négligé.
Ainsi, la femme d’Apocalypse 12 ne peut pas être
Marie, d’abord et avant tout parce qu’elle n’est
simplement pas une femme physique.
De même, la Nouvelle Jérusalem n’est pas
simplement une ville matérielle comme Paris ou
Strasbourg.
Pour entrer utilement dans la lecture de ce livre, il
faut avoir préalablement en tête trois aspects et un
premier schéma très simple.
Le premier aspect indispensable à connaître est que
l’Apocalypse est un rouleau, un livre écrit en dedans et
en dehors (5:1), manifestant ainsi que certains passages
sont cataphoriques tandis que d’autres sont
anaphoriques.
Les premiers donnent, par avance et par un « effet de
loupe », des indications à propos de ce qui sera envisagé
par le ou les chapitres suivants ; les seconds, plus rares,
fonctionnent, eux, comme des retours en arrière, des
flash-back de cinéma.
Le deuxième aspect est que l’Apocalypse prend
souvent deux points de vue différents, relatant, d’une
part, ce qui se déroule dans les cieux, et décrivant,
d’autre part, ce qui se passe sur la terre, avec la
difficulté pour nous de situer dans le temps des points
de correspondance claire entre les deux.
11 Le troisième aspect est que l’Apocalypse concerne en
réalité trois époques.
D’une part, l’Apocalypse est l’accomplissement de
nombreuses prophéties de l’Ancien Testament, par
èmeexemple de la 70 semaine de Daniel.
D’autre part, l’Apocalypse renvoie presque
pleinement à l’époque romaine, et nous allons voir
pourquoi.
Enfin, l’Apocalypse concerne le futur, et nous
verrons, in fine, dans quelle mesure il est possible de
situer son avènement et son déroulement.
Pour comprendre pourquoi l’Apocalypse renvoie
autant, et pratiquant pleinement, à l’époque romaine,
induisant ainsi les exégètes en erreur, il faut connaître
5l’avancement de Dieu.
Jean-Baptiste et Jésus, alors sous la dispensation de
la Loi, prêchent la venue imminente du Royaume.
Celui-ci est pourtant refusé par les Juifs qui le
manifestent en crucifiant Jésus.
Par l’alliance passée avec eux à la croix, Dieu leur
donne une autre chance, que les Juifs repoussent encore,
ce qu’ils manifestent en lapidant Étienne.
Dieu ouvre alors cette dispensation du Royaume aux
Samaritains, en Actes 8, puis aux païens, en Actes 10 ;
d’une part, pour que ceux-ci aussi puissent entrer dans
cette nouvelle dispensation, mais également pour que
les Juifs, excités à la jalousie par ces païens qui, eux,
reçoivent l’évangile du Royaume, se remettent alors en
question, se repentent et entrent aussi, enfin, dans cette
dispensation du Royaume.
5 Voir : L'avancement de Dieu dans le livre des Actes des
apôtres, L'Harmattan 2012.
12
Mais si, massivement, les païens acceptent cet
avancement de Dieu, les Juifs le repoussent encore, ce
qu’ils manifestent en tentant de « lyncher » Paul, en
Actes 21.
Dieu passe alors à la dispensation du Nouvel
Homme. Les Juifs qui avaient eu l’exclusivité dans la
dispensation du Royaume : Le salut vient des Juifs, puis
seulement la priorité après l’ouverture de celle-ci aux
païens : Le Juif premièrement puis le Grec, sont alors,
dans la dispensation du Nouvel Homme, mis à l’écart
(Rom. 11:15), en tant que Juifs : Ni Juif ni Grec.
Également, le régime de cette troisième dispensation
n’est plus celui des précédentes : un Royaume physique,
matériel, avec pour capitale Jérusalem, n’a, en effet,
plus de sens dès lors que les Juifs sont mis à l’écart par
Dieu – jusqu’au retour de Jésus –.
Il en est de même de la Loi et du judaïsme.
Désormais, c’est notamment un principe de
dématérialisation (Col. 2:17) qui doit trouver à
s’appliquer.
Mais Dieu n’a pas triché : à deux reprises la
dispensation du Royaume a réellement été offerte aux
Juifs, et ceux-ci auraient pu, auraient même dû, la
recevoir, l’accepter et la faire leur avec enthousiasme.
Si tel avait été le cas, Jésus serait alors revenu pour
être le roi de ce Royaume d’abord terrestre, et les
événements décrits par l’Apocalypse se seraient alors
bien déroulés durant l’époque romaine (1 Cor. 1:7-8).
D’où les références, correspondances et coïncidences
claires avec l’empire romain de l’époque.
L’avènement du Royaume, attendu au début des
Actes, a donc dû être repoussé en raison du refus
persistant des Juifs.
13 Il viendra bien, en tant que le Millénium, le Royaume
des mille ans, mais après le déroulement de la
dispensation du Nouvel Homme, soit environ 2 000 ans
plus tard.
èmeRaison d’ailleurs pour laquelle la 70 semaine de
Daniel est « flottante ».
Que sont les 70 semaines (de 7 ans) de Daniel ?
Daniel (9:25-27) découpe deux périodes :
• du décret de Cyrus à la reconstruction du temple : 7
semaines,
• de la reconstruction du temple au retranchement du
Messie : 62 semaines.
Ces deux périodes donnent 69 semaines. Il reste donc
ème
encore une semaine, la fameuse 70 semaine de
eDaniel. La seconde partie de cette 70 semaine, soit 3
ans et demi, constituant la grande tribulation.
Cette semaine est « flottante » pour une raison simple
6que l’on comprend avec les Actes des apôtres. Si les
Juifs avaient effectivement reçu la dispensation du
Royaume, celui-ci serait alors advenu sans attendre, et
ème
la 70 semaine de Daniel se serait donc déroulée, sans
délai intercalaire ou presque.
Mais comme les Juifs ont rejeté continûment le
Royaume, Dieu s’est alors tourné vers quiconque, ce qui
est manifesté clairement, notamment en Actes 28:28, et
ème
a dû décaler la 70 semaine de Daniel de toute la durée
de la dispensation du Nouvel Homme…
ème
La 70 semaine de Daniel aura bien lieu, mais au
lieu d’être quasiment accolée aux 69 premières
semaines, elle ne s’appliquera que lors des temps de la
fin.
6 Voir L’avancement de Dieu dans le livre des Actes des
Apôtres, L’Harmattan, 2012.
14
Parce que Dieu, compte tenu du refus d’Israël, a dû
avancer dans sa dispensation.
C’est donc la dispensation du Nouvel Homme, qui
s’ouvre et s’intercale alors, qui décale et fait « flotter »
èmecette 70 semaine.
D’où la réponse de Jésus, en Actes 1:7, quand les
apôtres lui demandent : Est-ce en ce temps que tu
rétabliras le Royaume d’Israël ?
S’il ne leur est pas donné, alors, de le savoir, ce n’est
pas que Jésus soit un incorrigible cachottier.
C’est, au contraire, que tout dépendait de l’attitude
des Juifs. Si les Juifs avaient effectivement reçu cette
dispensation du Royaume, le royaume d’Israël aurait été
établi sans délai intercalaire, et les événements décrits
dans l’Apocalypse seraient alors advenus sans retard.
Mais comme les Juifs ont persisté à rejeter leur
royaume...
Le peuple d’Israël, mis à l’écart durant la
dispensation du Nouvel Homme, reviendra toutefois
plus tard sur la scène divine, puisqu’après cette longue
ème
parenthèse, la 70 semaine de Daniel se mettra en
mouvement : Israël sera envahi par les nations, dévasté
et anéanti, de sorte qu’il ne subsistera qu’un reste.
Mais Jésus reviendra alors, et les Juifs reconnaîtront
à ce moment-là celui qu’ils ont percé (Zach. 12:10,
Apo. 1:7). Et, puisqu'Israël acceptera, enfin, son Messie
et son Roi, adviendra, à ce moment-là seulement, l’âge
du Royaume, sous la forme du Millénium, royaume à la
fois terrestre et céleste.
Il y aura encore une alliance avec les Juifs (la
dernière : Jér. 31:31-34), mais là (Rom. 11:25, 26), tout
le reste d’Israël sera sauvé pour le Royaume des mille
ans !
15 Il est dès lors tout à fait cohérent de relever, dans le
livre de l’Apocalypse, des correspondances avec les
prophéties des écritures hébraïques, avec l’époque
romaine, et avec une époque à venir dans quelques
années...
Nous avons donc un rouleau, deux points de vue,
trois époques.
Enfin, le premier schéma, très simple, qu’il nous faut
maintenant avoir en tête pour aborder l’Apocalypse, est,
lui, le suivant :
• il y a sept sceaux ; le septième sceau contient les
sept trompettes,
• il y a sept trompettes ; la septième trompette
contient les sept coupes de la colère de Dieu,
• avec cette particularité que correspondent aux trois
dernières trompettes les trois « malheurs » (le premier
malheur équivaut à la cinquième trompette, le deuxième
à la sixième, le troisième à la septième). Et si les
cinquième, sixième et septième trompettes sont
qualifiées de malheurs, c’est, on l’a déjà compris, parce
qu’elles constituent la grande tribulation…
16
APOCALYPSE 4 et 5



On nous pardonnera d’oser passer les trois premiers
chapitres de l’Apocalypse, avec la vision magnifique
des chandeliers et du Fils de l’homme au milieu d’eux,
puis ces lettres fondamentales aux sept églises, mais
notre propos a trait aux seuls temps de la fin et non à
l’intégralité du livre de l’Apocalypse.
Quelques précisions néanmoins, parce qu’elles sont
utiles à la compréhension spirituelle du reste de
l’Apocalypse.
Apocalypse 1:4, 3:1, 4:5, 5:6 nous parle – pour la
première fois dans les écritures grecques – des sept
7
esprits. Ils correspondent sans aucun doute à l’Esprit
de Dieu puisqu’ils figurent au sein de la « Trinité » des
versets 4 et 5. Mais pourquoi sept esprits ? En nature,
l’Esprit est un pourtant. Mais, quant à sa fonction,
l'Esprit est, maintenant, sept, parce qu’en Apocalypse, il
y a sept églises locales ! Ceci pour montrer que le
« job » de l'Esprit, aujourd'hui, est d’édifier l'église
localement et pratiquement. Ce n’est plus de couver sur
les eaux ou de conduire un peuple dans le désert, ce
n’est plus d’amener le Royaume, c’est d’édifier le
Nouvel Homme concrètement, organiquement !
Les sept esprits renvoient ainsi à l’Esprit, mais dans
son aspect fonctionnel et opérationnel. Les sept esprits
sont l’Esprit en ce qu’il se constitue en des hommes, et
qu’il les édifie en des vainqueurs, sur la chair, sur le
monde, sur le moi, et ce, de façon corporative, au sein
des églises et des assemblées locales.

7 Dans l'Apocalypse, le chiffre 7 apparaît 49 fois (49 = 7 x 7).
17 Que le Fils de l’homme soit au milieu des sept
chandeliers montre que sa priorité a trait également aux
églises locales. Les chapitres 2 et 3, et les lettres aux
sept églises qu’ils contiennent, sont évidemment aussi
relatifs aux églises locales.
Pourquoi cette convergence ? Parce que c’est au sein
des églises locales que peuvent être suscités, formés et
obtenus les vainqueurs, c’est-à-dire ceux qui
obtiendront la récompense d’avoir part aux noces de
l’Agneau, et de régner, avec le Christ, dans la partie
céleste du Millénium.
Chaque lettre à chaque église comporte ainsi, au
final, un appel à vaincre. Ce d’autant plus que c’est
grâce aussi aux vainqueurs précoces que pourra être
déclenché le processus de la fin des temps. L’aspect de
vaincre et d’être trouvé vainqueur innerve ainsi
littéralement tout le livre de l’Apocalypse.
L’Apocalypse est aussi un livre de visions, de signes
et de réalisations spirituelles. Il nécessite donc du
lecteur d’être trouvé en esprit (1 Cor. 2:14).
Pour recevoir ces visions, Jean aussi a dû être au
préalable trouvé en esprit, au sens d’Éphésiens 3:5 (où
par l’esprit devrait être traduit en esprit), de Philippiens
3:9, Jean 15:4 et Colossiens 2:6.
1.9 : Moi Jean, votre frère, et qui ai part avec vous à
la tribulation et au royaume et à la persévérance en
Jésus, j'étais dans l'île appelée Patmos, à cause de la
parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je devins en
8esprit au jour du Seigneur (1.9).
8
Ce jour du Seigneur n’est pas le dimanche, qui ne sera un jour
er
de repos – et le jour du dieu soleil ! –, que sous Constantin 1 , en
321, mais correspond au grand jour du Seigneur, au grand jour du
Dieu tout-puissant (16:4) ; Jean y fut transféré pour pouvoir en être
le témoin pour nous…
18
4:1. Après cela, je vis, et voici : une porte ouverte
dans le ciel. La première voix que j'avais entendue,
comme le son d'une trompette, et qui me parlait, dit :
Monte ici, et je te montrerai ce qui doit arriver après
cela. Aussitôt je devins en esprit.
9Jean est à Patmos, et là, une porte va être ouverte.
Si une porte est ouverte dans le ciel, c’est pour
montrer que ce qui est céleste va être révélé. Et monter
dans le céleste, entrer dans ces réalités spirituelles, n’est
possible que par notre esprit régénéré. Les cieux ne sont
ouverts qu’à ceux qui sont trouvés en esprit, comme
Jacob (Gen. 28:12-17), Ézéchiel (Éz. 1:1), Jésus (Mat.
3:16), Étienne (Actes 7:56) ou Pierre (Actes 10:11). Tel
sera aussi le cas pour les croyants dans l’éternité
(Jean 1:51).
L’Apocalypse comprend quatre visions majeures : la
vision des églises (ch. 1-3), la vision du devenir du
monde (ch. 4-16), la vision de la Grande Babylone (ch.
17-20) et la vision de la Nouvelle Jérusalem (ch. 21-22).

9 L’époque de la rédaction de l’Apocalypse est située par la
tradition vers 90 de notre ère par un Jean devenu vieillard et aux
travaux forcés dans l’île. Pourtant, Jean n'indique jamais, à
l'inverse de Paul, qu’il ait été prisonnier mais qu’il était là (Patmos
est à moins de 100 km d’Éphèse) pour le témoignage, c'est-à-dire
pour y rendre témoignage, et, en définitive, y recevoir surtout le
témoignage de Jésus qu’est l’Apocalypse (1:2, 22:16, 20).
Le contenu de l’Apocalypse, fortement coloré de la dispensation
du Royaume (1:9), ne peut être qu’antérieur à l’évangile et aux
épîtres johanniques, et à la destruction de Jérusalem en 70 (cf.
Jean 5:2 : Il y a une piscine, et non : Il y avait…). On observera
aussi, avec Claude Tresmontant, que si Jean écrit aux sept églises
d’Asie mineure (et non : à sept des églises d’Asie mineure), en
omettant notamment Colosses et Hiérapolis, c’est, plus que
probablement, parce que celles-ci, à l’époque, n’étaient tout
simplement pas encore fondées…
19
Pour recevoir ces quatre visions, Jean a été, à chaque
10
fois, en esprit (1:10 ; 4:2 ; 17:3 ; 21:10).
2. …Et voici, un trône était là dans le ciel, et sur ce
trône quelqu'un assis. Celui qui était assis avait l'aspect
d'une pierre de jaspe et de sardoine ; et le trône était
environné d'un arc-en-ciel semblable à de l'émeraude.
Ce trône qui était un trône de grâce (Héb. 4:16),
durant l’âge de la grâce, est désormais un trône de
jugement. Après que les jugements de Dieu auront été
rendus, le trône sera alors un trône éternel de vie, duquel
sortira le fleuve d’eau de la vie, et à partir duquel
poussera aussi l’arbre de la vie (22:1-2).
Celui qui est assis sur le trône a l'aspect d'une pierre
de jaspe et de sardoine. Le jaspe biblique est une pierre
très précieuse, claire comme le cristal (21:11), et d’une
couleur verte soutenue voire sombre qui figure la vie
dans toute la profondeur de son essence, de sa richesse,
de sa puissance.
Dieu a également l’apparence d’une pierre de
sardoine, c’est-à-dire d’une couleur rouge, laquelle
renvoie à la rédemption.
A l’instar du pectoral d’Exode 28:17-20, où la
première pierre est une sardoine et la dernière un jaspe,
il est ainsi montré que le peuple racheté de Dieu trouve
son origine dans la rédemption pour la Vie, et sa
consommation dans la gloire de la Vie.

10
Cela n'implique nullement, comme il est fréquemment
enseigné, que l'Église serait enlevée à ce moment-là. Ce n'est pas
parce que Jean monte « ici » – parce que lui a été choisi pour
recevoir la vision – que toute l'Église en ferait de même, sans que
ce très léger détail ne nous soit de surcroît précisé. De même,
lorsque Jean sera enlevé au désert pour recevoir la vision de la
Grande Babylone, cela ne signifiera pas que l'Église sera exilée au
désert avec lui !
20
Si le jaspe, en tant que la source de la vie, se réfère
au Père, et la sardoine, en tant que la rédemption, au
Fils, l’arc-en-ciel semblable à de l’émeraude figure
l’Esprit. Bien sûr, l’arc-en-ciel renvoie aussi à l’alliance
passée par Dieu avec l’homme, en Genèse 9:8-17, et
assurant à celui-ci que la terre ne sera plus jugée par
l’eau. Mais, plus que cela, la garantie porte sur le fait
que la vie sur terre, symbolisée par l’émeraude de
couleur verte, sera préservée, au sens de n’être pas
entièrement détruite. Lorsqu’il exercera ses jugements,
Dieu se souviendra de son alliance et ne détruira pas
toute vie sur terre, comme il le fera pour la mer
(deuxième coupe).
4. Et autour du trône, vingt-quatre trônes, et sur ces
trônes vingt-quatre anciens assis, ayant été revêtus de
vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d'or.
L’exégèse retient majoritairement que ces 24 anciens
représentent la hiérarchie des anges. On relèvera
cependant que le terme même d’anciens, c’est-à-dire
d’âgés dans la vie, et d’abord de matures dans la vie
divine, n’aurait guère de sens s’agissant d’anges. Ces
anciens sont également couronnés, ce qui n’est jamais
indiqué pour des anges, et ce qui caractérise au contraire
11des saints vainqueurs. En 5:8, ils tiennent une harpe et
des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières
des saints, c’est-à-dire qu’ils servent en tant que prêtres
(cf. 1 Chro. 24-25), ce qui n’est pas non plus le rôle des
anges qui servent seulement en tant que serviteurs
(Mat. 4:6,11, Héb. 1:7 etc.).
Selon le texte reçu, en 5:9, ces anciens disent :
ἠγόρασας τῷ θεῷ ἡμᾶς ἐν τῷ αἵματί σου ἐκ πάσης φυλῆς.

11 Le terme utilisé est bien, en effet, stéphanos, soit une
couronne de vainqueurs, et non diadèma, soit une couronne de
souverain.
21 Soit : Tu nous as rachetés pour Dieu, par ton sang,
des hommes de toutes tribus…
En 5:11 et 7:11, est aussi précisée la présence de
beaucoup d'anges autour du trône, des êtres vivants et
des vieillards, ce qui semble redondant si les vieillards
représentaient déjà les anges…
Le problème est que s’il ne s’agit pas d’anges, les
exégètes ne voient pas de qui il peut s’agir, de sorte que
12
certains se réfèrent aux 24 patriarches. La lignée
desdits patriarches en fait apparaître, en effet, 23,
auxquels il convient de réintégrer Abel qui n’a pas eu de
fils.
Mais si cela paraît rationnel, il ne semble pas pour
autant que les 24 vieillards correspondent aux
patriarches, d’ailleurs visés en 12:1, en tant que les
étoiles couronnant la tête de la femme… ce d’autant
qu’il ne semble pas que tous ces patriarches puissent
être qualifiés d’anciens, c’est-à-dire de matures dans la
vie divine, encore moins mériter d’être sur des trônes...
En Jean 20:17, Jésus dit à Marie-Madeleine : Ne me
touche pas car je ne suis pas encore monté vers mon
Père. Mais, huit jours plus tard, il dira à Thomas :
Avance ici ton doigt… Avance aussi ta main, et mets-la
dans mon côté (20:27). C’est donc qu’entre ces deux
moments, Jésus est déjà monté au Père. C’est
l’ascension secrète. Jésus y est monté au Père comme
prémices, et pour offrir les prémices, en application du
type de Lévitique 23…
Or, les prémices sont une gerbe, pas un élément
unique. Certes, le Christ est la réalité des prémices (1
Cor. 15:20-23), mais il y a aussi l’aspect corporatif.
12 Adam, Seth, Enosh, Kénan, Mahalaleël, Jéred, Hénoc,
Méthushélah, Lémec, Noé, Sem, Arpacshad, Shélakh, Héber,
Péleg, Réhu, Sérug, Nachor, Térach, Abram, Isaac, Jacob, Joseph.
22
C’est pour cela que Matthieu 27:52-53 relate : Les
sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui
étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres,
après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville
sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes.
C’est avec eux que Jésus va monter, de façon à ce
que ce soit bien une gerbe qui soit offerte au Père
13comme prémices.
Puis, plus tard, à la fin de Luc et au début d’Actes, il
y aura ce qu’on appelle officiellement l’Ascension,
laquelle, publique, est individuelle alors que l’ascension
secrète était, elle, corporative.
Sauf d’ailleurs que ce qu’on appelle l’Ascension
n’est pas, en réalité, une ascension mais une
assomption !
Jésus, en effet, ne montera pas, mais sera alors
14enlevé, happé depuis le haut. Tandis qu’en Jean 20,
Jésus dit bien : Je ne suis pas encore monté. Même
secrète, il s’agit bien, là, d’une ascension (Ps. 2:7 ;
118:24 ; Actes 13:33 ; Héb. 1:5).
A la différence de l’enlèvement décrit en Actes 1:9,
l’ascension secrète est l’accomplissement de Jean 16:17
(peu de temps). C’est elle qui est figurée par la fête des
Prémices !

13 De sorte qu’Hébreux 11:39-40 ne leur est pas applicable…
14 Enlevé, en Marc 16:19 ; pris en haut, en Actes 1:22 ; porté en
haut, en Luc 24:51 ; élevé hors de terre, en Jean 12:32 ; élevé en
Actes 2:33 etc. Il s’agit donc clairement d’une assomption
(aspiration depuis le haut) et non d’une ascension (propulsion
depuis le bas) comme cela est habituellement enseigné. Actes 1:9
dira d’ailleurs : Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu'ils le
regardaient, et une nuée le prit en dessous à leurs yeux. Bref, le
Nouveau Testament ne nous parle explicitement ni d’une
assomption de Marie ni d’une ascension de Jésus !
23 Ainsi, lors de cette ascension secrète, le Christ est
monté avec une gerbe composée de saints ressuscités,
d’où les références d’Éphésiens 4:8 (et de Ps. 68:18) :
15
Étant monté en haut, il a emmené des captifs, et il a
fait des dons aux hommes… et d’Hébreux 12:23 :
L'assemblée des premiers nés inscrits dans les cieux…
les esprits des justes parvenus à la perfection.
Ce sont ces saints ressuscités (Dan. 8:13) qui
composent, au moins en partie, ce collège d’anciens.
Évidemment, peuvent y figurer Hénoch, l’anté-type
des vainqueurs (Gen. 5:24), Moïse, enterré secrètement
(Deut. 34:5) et visiblement récupéré (Jude 9) et
ressuscité avant la transfiguration (Luc 9:30), Élisée
(2 Rois 13:20-21), Josué visiblement appelé à en faire
partie (Zach. 3:7 : Si tu marches dans mes voies… je te
donnerai libre accès parmi ceux qui sont ici), Siméon
(Luc 2:29), ou d’autres illustres inconnus
16(Mat. 23:35).
En 11:18, les vingt-quatre anciens proclament que :
Le temps est venu de juger les morts, de récompenser
tes serviteurs, les prophètes, les saints et ceux qui
craignent ton nom, les petits et les grands, et de détruire
ceux qui détruisent la terre.
Ce qui ne semble pas devoir être le propos d’anges
serviteurs mais plutôt d’hommes concernés par le sort
des autres hommes… de surcroît, de Juifs, en tout cas de
croyants antérieurs à la dispensation du Nouvel Homme,
puisqu’ils utilisent encore le concept de nations qui n’a
17plus de sens depuis celle-ci.
15
Ici, c’est bien monter et donc une référence à l’ascension
secrète et non à l’assomption subséquente.
16 Ézéchiel, en 1 et 10, ne voit pas ces 24 anciens car il se situe
avant la résurrection…
17 Voir : L'avancement de Dieu dans les Actes des apôtres…
24
Ainsi, les vingt-quatre anciens sont représentatifs de
l’ensemble des croyants ; les quatre vivants, de
l’ensemble de la création.
5. Du trône sortent des éclairs, des voix et des
tonnerres.
Ces derniers accompagnent traditionnellement la
manifestation de Dieu (Ex. 19:16 ; Ps. 77:18 ; Apo. 8:5,
11:19, 16:18 etc.).
…Devant le trône brûlent sept lampes de feu, qui
18sont les sept esprits de Dieu.
Ces sept lampes renvoient à celles du chandelier
d’Exode 25:37 et de Zacharie 4:2, et correspondent aux
sept esprits dont nous avons parlé plus haut. Une quant
à la nature, sept quant à la fonction.
Ces lampes sont d’or, rappelant la nature de Dieu ;
leur design figure le Christ en tant que la corporification
de Dieu, et leur nombre renvoie à la fonction actuelle de
l’Esprit.
Enfin, ces lampes ne sont pas des chandeliers
(λυχνίαι) mais des λαμπάδες. Ce sont des lampes à huile,
et si elles brûlent de façon ardente, c’est parce qu’elles
sont pleines d’huile, remplies d’huile, c’est-à-dire
d’Esprit, à l’instar des vierges sages de Matthieu 25.
Encore une fois, ce qui nous est montré, par ce
symbole, est que les sept esprits sont là pour obtenir des
19
nés d’en-haut vainqueurs car constitués de l’Esprit.

18
Sans entrer dans les considérations exégétiques ne débouchant
sur rien, dites des septénaires : 7 églises, 7 esprits, 7 chandeliers
d’or, 7 étoiles, 7 sceaux, 7 trompettes, 7 coupes, 7 plaies, 7 cornes,
7 yeux, 7 tonnerres, 7 couronnes, 7 collines, 7 rois, et des
septénaires non-explicites et répartis : 7 béatitudes et 7 signes,
disons seulement que 7 est le chiffre du Christ, le plus haut chiffre
indivisible ; à la fois l’élément le plus complet et le plus élevé…
25
6. Et, devant le trône, comme une mer de verre,
semblable à du cristal.
Cette mer de verre semblable à du cristal doit être
magnifique. C’est même peut-être elle qu’Ézéchiel
qualifie de ciel de cristal resplendissant, étendu
audessus de la tête des Kérubim qui soutiennent le trône
de Dieu (1:22), et à laquelle Exode 24:10 fait aussi
référence : Ils virent le Dieu d'Israël. Sous ses pieds,
c'était comme un ouvrage de saphir transparent, comme
le ciel lui-même dans sa pureté.
Cependant, si cette mer de verre est semblable à du
cristal, c’est aussi parce que, sur elle, chacun se retrouve
comme transparent. Raison pour laquelle elle est aussi
comme une espèce de récipient-poubelle destiné à
recevoir tout ce qui sera jugé par Dieu. Plus exactement,
tous ceux qui ne pourront pas se tenir sur elle (15:2).
Cette mer, semblable à du cristal, n’est pas, en effet,
pour autant constituée d’eau. Au contraire, elle est
mêlée de feu (15:2), et deviendra même, en 20:14,
l’étang de feu ! Mer de cristal pour ceux qui pourront
s’y tenir debout dans la transparence (Luc 21:36),
poubelle de feu pour ceux qui ne le pourront pas…

19 Le terme « chrétien » est trop large car englobant ceux qui
sont de culture ou d’éducation chrétienne, même s’ils ne se sont
jamais tourné réellement vers Dieu dans leur expérience.
Les catholiques utilisent souvent le terme de « baptisés », mais
qui renvoie d’une part, à une conception anti-biblique du salut
initial par le baptême et non par la foi, et d’autre part, ne reconnaît
que le baptême catholique lequel est d’ailleurs majoritairement,
dans les faits, un baptême de nourrissons.
Les protestants préfèrent parler de « convertis », les
évangéliques de « nés de nouveau ».
Nous privilégierons la terminologie de « nés d’en-haut »,
simplement parce que c’est celle qui est employée par Jésus
luimême, avec Nicodème, en Jean 3.
26
Dieu s’est engagé, en suite du déluge, à ne plus juger
par l’eau (Gen. 9:15), de sorte qu’il juge désormais par
le feu (Gen. 19:24 ; Lév. 10:2 ; Nbr. 11:1, 16:35 ;
Dan. 7:11 ; Marc 9:49 ; Apo. 14:11, 18:8, 19:20,
20:910, 21:8). Le trône de Dieu est, à cette occasion, une
flamme de feu de laquelle s’écoule un fleuve de feu
(Dan. 7:9-10)…
…Et au milieu du trône et tout autour du trône, il y a
quatre êtres vivants pleins d'yeux devant et derrière. Le
premier être vivant est semblable à un lion, le deuxième
être vivant est semblable à un veau, le troisième être
vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant
20est semblable à un aigle qui vole.
Les quatre vivants, les Zoa, figurent toute la création,
ou plus exactement, manifestent la vie dans les
directions qu’elle prend et dans les formes dans
lesquelles elle s’incarne.
Visiblement, les Zoa font partie des Kérubim – terme
générique – tout comme les Séraphim d’Ésaïe 6:2 et les
Ophanim (ou Galgalim) d’Ézéchiel 1:5-6 et 10:14-15.
Ces derniers portent le trône vivant de Dieu, forment
sa « papamobile », avec leurs roues gigantesques,
pleines d’yeux au-dedans et au-dehors. Les Zoa
constituent ce même trône. Les Séraphim le couvent, tel
un baldaquin ou un dais vivant.
Et au milieu du trône et tout autour du trône, il y a
quatre êtres vivants pleins d'yeux devant et derrière.
Au milieu du trône et tout autour du trône, car, en
fait, les Zoa forment le trône.

20
Parmi ces créatures, seul le veau est pur, le lion et l’aigle étant
tout deux impurs (Lev. 11:3, 27, 13-19), ce qui confirme qu’un
animal n’est pas pur ou impur en soi, mais regardé comme pur ou
impur à des fins théologiques et pédagogiques (Vivre avec Dieu
dans le livre du Lévitique, L’Harmattan, 2016).
27