41 pages
Français

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Mémoire

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Description

Tumeur au cerveau, paralysie, cancer, cécité, accident de la route. Sur le fil du rasoir, le récit bouleversant d’une vie remplie d’épreuves et la manière d’y faire face: une traversée du miroir de la souffrance débouchant sur une rencontre exceptionnelle! Si la résilience avait un nom, ce serait probablement "Mémoire - Une vie à toute épreuve". Un livre qui recule les limites du supportable et qui nous montre comment rebondir par-delà l’intolérable!

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2012
Nombre de lectures 20
EAN13 9782889135325
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0064€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait


Un papa discret parlant plus avec ses yeux et son sourire, une maman tendre et efficace, trois enfants, voilà une famille apparemment des plus banales. Pourtant elle est exceptionnelle. Exceptionnelle par-ce qu’elle est ma famille, celle où j’ai grandi. A Bordeaux, durant toute ma scolarité, je fréquente des écoles privées.

A 12 ans je fais ma communion, puis ma confirmation. Nous sommes une famille catholique plus par héritage que par conviction. Je suis donc la tradition de cette religion.

Pourtant, dans mon cœur, Dieu est bien autre chose qu’un Dieu de tradition. Il est mon Dieu, mon ami, mon refuge.

Je l’aime et n’ai aucun doute de son amour pour moi.

Ma vie se déroule ainsi, tranquillement, jusqu’à l’âge de 19 ans. Une vie sans histoire, entourée de gens qui m’aiment et que j’aime.

Mais, vous savez, même dans les plus belles histoires, il y a toujours un? MAIS!

Le 14 septembre 1974, à la suite d’une longue et grave intervention chirurgicale, le diagnostic du chirurgien est irréfutable et certain.

Aujourd’hui mardi, il affirme que samedi je ne serai sans doute plus là.

Alors contre quoi, contre qui me révolter, sinon contre Dieu, mon plus grand confident?

Désormais je ne lui parle plus, ou plutôt je lui crie ma colère, mon désespoir. Je l’accuse, le rendant responsable de ce qui m’arrive. C’est injuste! J’ai 19 ans. Je ne veux pas mourir. J’ai de multiples choses à faire, à découvrir, à vivre! Je n’ai rien fait de mal, pourquoi mon Dieu, celui que j’aime, veut-il me punir?

J’ai à peine 10 ans lorsque les premiers maux de tête commencent.

Un jour, maman me demande d’aller chercher notre femme de ménage, Madame D., qui habite non loin de chez nous. Je cours pour aller la prévenir. Sur le chemin du retour, la tête me fait si mal que je ne peux plus courir, à peine marcher. Arrivée chez moi, je m’assois par terre dans l’entrée, ne pouvant aller jusqu’à la chaise. La tête sur mes genoux, j’attends que la douleur passe; elle passe assez vite, elle disparaît même totalement.

Dans l’appartement du dessus vit un bébé. J’aime aller voir Eric. Parfois j’assure sa garde. Je me souviens de ce jour où, penchée sur son berceau pour le prendre dans mes bras, je ressens une douleur si forte que je dois m’agripper au mur pour me redresser. J’attends, là encore, immobile, que la douleur passe. Comme la première fois, elle passe relativement vite.


Ces douleurs ne sont qu’occasionnelles. Elles apparaissent aussi vite qu’elles disparaissent. Même lorsqu’elle ne dure que peu de temps, la douleur est forte, parfois très forte.

Ces maux de tête se reproduisent également au collège, notamment lors des cours de sport. J’aime le sport, tout particulièrement l’endurance. Il m’arrive plusieurs fois de ne pas pouvoir finir une course. Ça tape trop fort dans ma tête! Je m’arrête, m’assois là où je me trouve, sur le chemin, sur la pelouse. Je mets ma tête sur mes genoux, attendant que la douleur passe. Le médecin, à l’époque, conclut à des douleurs hépatiques.

Après un petit traitement, tout rentrera dans l’ordre.

Ma professeure de sport est intriguée par ce comportement. Je lui explique que parfois j’ai très mal à la tête. Elle me dit que sans doute je dois trop forcer, que je dois être raisonnable, ne pas aller au-delà de mes forces, arrêter à temps ce que je fais. Les deux ou trois années suivantes, il me semble que les maux de tête disparaissent «presque» complètement.

Ma scolarité se déroule normalement. Je grandis sans problème particulier, partageant les joies et les peines de ma famille et celles de mes amis. Je suis une enfant puis une adolescente en bonne santé, exceptionnellement peu malade. Pas de grippe, pas d’angine. Je n’ai, à mon grand désespoir, aucune maladie contagieuse qu’attrapent presque inévitablement tous les enfants, ce qui leur permet de manquer quelques jours d’école !