196 pages
Français

Mythologie des Ingouches : peuple du Caucase central

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Description

Ce livre est consacré à la mythologie des Ingouches, habitants du Caucase central, qui partagent cette chaîne de montagnes avec une centaine d’autres peuples. Leurs langues et cultures gardent – les unes plus que les autres – des traces sur l’évolution du Caucase : depuis les premières civilisations de l’Humanité jusqu’à notre époque. Les chercheurs s’interrogent sur l’appartenance du Caucase à l’Europe ou à l’Asie. Les Montagnards répondent eux-mêmes : « Nous ne sommes ni Européens, ni Asiatiques. Nous sommes des Caucasiens ». Beaucoup de chercheurs considèrent que les fondateurs des premières civilisations – Sumériens, Hourrites, Ourartéens – sont originaires du Caucase. La mythologie, les croyances ancestrales et la langue des Ingouches ont conservé plus que d’autres peuples les empreintes des contacts du Caucase avec ces civilisations. L’auto-nomination des Ingouches, Ghalghaï, présenterait la dernière étape de l’évolution de l’ethnonyme Ghurghur, « Montagnards », donné aux Hourrites par leurs conquérants Hittites (R. Lebrun). La mythologie ingouche a des similitudes avec celle d’autres autochtones du Caucase, mentionnées aussi chez les Grecs et dans la Bible : les Amazones et les Gargaréens ; Prométhée, enchaîné à un rocher du Caucase ; la toison d’or faisant référence aux contacts de la Grèce avec cette montagne ; l’Ararat, choisi comme le lieu de salut de l’Humanité lors du Déluge… Cette mythologie contient, en outre, des motifs antiques perdus chez d’autres peuples caucasiens.

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Date de parution 01 janvier 2017
Nombre de lectures 14
EAN13 9782849245026
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0142€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Mythologie des Ingouches
Peuple du Caucase central
Collection « Pensée »
Dans la collection :
L’amour pur selon Luther et Laurent de la Résurrection, Jad Hatem La pierre et le temps : Schelling, Vinyoli, Riba, Rodoreda, Vilanova..., Jad Hatem Eric Rohmer, Graham Greene et le pari de Pascal, Nicole Hatem De la citoyenneté : histoire et émergence d’un concept en mutation, Louis-Albert Serrut Laïcité et éducation : la trahison des valeurs,Jean-Christophe Torres La théophanie de l’impossible,Jad Hatem Jésus au désert : l’épreuve et la tentation,Jad Hatem Pour une philosophie du droit international,Valentin Tomberg Mysticisme et christologie,Jad Hatem Dieu et le songe sacré de la terre,Jad Hatem Écrits : histoire de l’élaboration d’une clinique et d’une éthique du soin,Claude Chassagny Questions éducatives : considérations sur une école en mutation,Jean-Christophe Torres Le traité christologique du calife Al Mu’izz, le druzisme et le nusayrisme, Jad Hatem Prokofiev : l’ange de feu et d’acier, Jad Hatem L’amour comme puissance et comme vérité, Jad Hatem Suramour : Ausias March, Ibn Zaydun, Ibn Arabi, Raymond Lulle, Jad Hatem Tusholi : la dernière déesse-mère du Caucase,Mariel Tsaroïeva Perspectives athéistes de l’Univers, Bruno Munier L’Islam et la Foi Baha’ie, Rowshan Muhammad Mustapha Du réel à la vie intérieure, Gérard Tiry Éthique ou morale de l’éducation ?, Daniel Gayet L’amour pur hyperbolique en mystique musulmane, Jad Hatem La rosace : prolégomènes à la mystique comparée, Jad Hatem Al Biruni, un génie de l’an mil, Laurent Herz Les Trois Néphites, le Bodhisattva et le Mahdî, Jad Hatem L’homme et ses origines, Robert-Jean Victor Satan : monothéiste absolu selon Goethe et Hallaj, Jad Hatem
Image de couverture : Kh-A. Imagojev,Amazone ghalghaïenne à l’attaque. Éditions du Cygne, Paris, 2017
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-502-6
Mariel Tsaroieva
Mythologie des Ingouches
Peuple du Caucase central
Éditions du Cygne
Du même auteur :
La déportation des Ingouches et des Tchétchènes : purges ethniques en URSS.Paris : Éditions du Cygne, 2016. Следы древних цивилизаций в языках и культуре ингушей и чеченцев. – ǧȉȌȅǽǻ: ǭȋȃуȇф, 2014. (en russe). Пантеон ингушей. – ǧȉȌȅǽǻ: ǭȋȃуȇф, 2014 (en russe).
Tusholi: dernière déesse-mère du Caucase. – Paris: Éditions du Cygne, 2011. Peuples et religions du Caucase du Nord. – Paris: Karthala, 2011. Тушоли – последняя богиня-мать Кавказа. – ǫȉȌȍȉǽ-Ȉǻ-ǟȉȈу: ǹȁȈыȄ ȃȂǿǻȍȀȆьȌȅȃȄ ǿȉȇ, 2010 (en russe). Mythes, légendes et prières ancestrales des Ingouches et des Tchétchènes. – Paris: L’Harmattan, 2009. Racines mésopotamiennes et anatoliennes des Ingouches et Tchétchènes. – Paris: Riveneuve, 2008. Anciennes croyances des Ingouches et des Tchétchènes : peuples du Caucase du Nord. – Paris: Maisonneuve et Larose, 2005.
À la mémoire de Madame Marie-Rose Simoni-Aurembou, ma professeure et amie
I. De l’histoire antique des Ingouches
Georges Dumézil considérait le Caucase comme l’« un des plus intéressants conservatoires de peuples et de langues qui 1 subsistent sur la terre » [39, p. 441]. Les Ingouches ou Ghalghaï , peuple autochtone du Caucase, habitent au centre même de ce « carrefour des civilisations ». L’ethnonyme ‘Ingouche’ apparaît pour la première fois au e XVII siècle. Il provient du nom de la grande bourgade d’An-gouchte /Angušt/, mentionnée dans les documents d’ambassa-deurs russes qui traversaient le territoire d’Ingouchie pour se rendre en Perse. Très souvent les peuples sont connus sous des ethnonymes qui leur ont été attribués par leurs voisins. C’est surtout notable dans le Caucase multiethnique. Eugène Kroupnov, un archéo-logue et historien russe, remarque aussi que « presque tous les peuples entrent dans l’Histoire sous les noms donnés par leurs voisins et non pas par eux-mêmes. Le nom ‘Ingouches’ a été donné aux tribus locales par les Russes. De la même façon, à des époques plus anciennes, les noms ‘Alans’, ‘Ovs’, ‘Yas’ ont été attribués aux ancêtres des Ossètes, peuplant une partie centrale du Caucase du Nord, par les Grecs byzantins, les Géorgiens et les Russes » [65, p. 24]. Les Ingouches s’appellent entre eux ‘Ghalghaï’ /H’alh’aï/. 2 Les Tchétchènes, peuple-frère, les nomment de la même façon . Les Ghalghaï étaient autrefois une tribu nombreuse, inuente, qui a donné son nom à toutes les tribus proto-ingouches, réunies sous son égide.
1. Le pluriel de ‘Ghalgha’. 2. Les ethnies géorgiennes (Khevsours, Pchaves, Touchines), voisines méri-dionales des Ingouches, les appellent ‘Gligvi’.
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La culture et la langue des Ghalghaï-Ingouches sont plus conservatrices que celles des autres ethnies nord-cauca-siennes : elles gardent plus de traces de l’histoire antique du Caucase. Comme tous les petits peuples menacés, inquiets quant à leur intégrité, ils ont développé un fort instinct de conservation, lequel leur a permis de garder leur identité. Le risque de se voir assimilé par des ethnies plus nombreuses leur a fait préserver leur modèle de société non hiérarchisée. Ce peuple considérait comme desïiši-vošisœurs-frères ») (« tous les membres de leur grande fratrie patriarcale, compo-sées de plusieurs familles. Le mariage entre les membres de la fratrie était interdit. Le terme « sœurs-frères » montre que les Ghalghaï-Ingouches donnaient la primauté aux « sœurs » de leur fratrie. Les Ghalghaï ont gardé le respect ancestral de la Femme et de la Mère. Ce respect date de la période matrilocale de leur histoire. En comptant les générations de leurs pères, ils comptaient aussi les générations des « mères de leurs mères » (E. Kroupnov). Les parents du côté maternel jouaient un rôle important dans la vie des enfants. Aucun événement notable ne passait sans leur participation. Au cours de leur évolution, les Ghalghaï-Ingouches ont côtoyé trois religions. Leur religion « naturelle » était le e e polythéisme. Ensuite Byzance, du V au VIII siècle, et la e e Géorgie, du VIII au XVIII siècle, ont essayé de les chris-tianiser. Cependant pour différentes raisons, cette religion ne s’est pas implantée dans ce peuple. Ils retournaient toujours à leur polythéisme. Certains attributs extérieurs du christia-nisme ont été seulement empruntés : respect de la croix et e des temples chrétiens, allumage de bougies... Dès le XVIII siècle, l’islam hanate a commencé à pénétrer en Ingouchie des plaines à partir des Kabardes. Dans la deuxième moitié e du XIXsiècle, ils ont adopté l’islam chaféite, sous l’inuence des cheikhs tchétchènes et daghestanais. Actuellement ils sont sunnites, chaféites.
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